Périple à Johto

Chapitre 3 : Ville Griotte, village les pieds dans l'eau

6721 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 01/01/2021 19:48

Ville Griotte, village les pieds dans l’eau

 

Nous atteignons les abords de Ville Griotte vers 15 heures. A l’approche de la ville, Scarhino se fait nerveux. Je m’arrête et m’adresse alors à lui.

-         « Nous approchons de Ville Griotte. C’était ma première destination. Je pense que je vais y passer quelques jours pour visiter. »

-         « Scarhi ? » il prend un air interrogatif.

-         « C’était chouette de voyager avec toi. J’aimerai bien te revoir… Est-ce que ça te dit qu’on revienne s’entrainer par ici de temps en temps ? »

-         « Scarhi ! » l’idée à l’air de lui plaire.

-         « Spark, ça te va comme idée ? Scarhino est fort, peut-être que si on s’entraine avec lui, on gagnera un peu de sa force ? »

-         « Sala. » il hoche la tête. Visiblement, ça lui semble un bon compromis.


Spark et moi saluons Scarhino et continuons notre route vers la ville. Sur la dernière portion, la route traverse une forêt aux arbres touffus et aux troncs épais. Au bout de trente minutes, entre les arbres, les premières maisons au toits rouges apparaissent. Nous passons le panneau affichant « Ville Griotte ».

-         « Je te propose qu’on trouve déjà le Centre Pokémon et qu’on explore la ville après, Spark. »

-         « Salaaaa ! » 


Nous nous mettons en quête du Centre Pokémon. Nous le trouvons en plein centre de la ville. Le bâtiment est reconnaissable par son enseigne en forme de Pokéball. Il s’ouvre par une grande double porte vitrée. Nous sommes accueillies par l’infirmière d’accueil.

-         « Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ? » me demande-t-elle.

-         « Bonjour. Je m’appelle Ness et voici Spark. Nous venons d’arriver et ma mère m’a dit que les Centre Pokémons avaient des dortoirs pour les dresseurs ? »

-         « Tout à fait ! » me sourit-elle.

-         « J’ai un abonnement pour les services des Centres Pokémons. Ma mère l’a commandé à Kanto. C’est censé fonctionner aussi à Johto, n’est-ce pas ? »

-         « Bien sûr. As-tu ta carte ? »

-         « La voici. » dis-je en tendant la carte que ma mère m’a confiée.

-         « Je vais l’activer et elle fonctionnera dans tous les Centres. Tu n’auras plus qu’à la passer dans le lecteur au moment des repas ou pour commander une chambre. »

-         « D’accord, j’ai compris. »

-         « Combien de temps penses-tu passer à Griotte ? »

-         « Une semaine, je pense. Je ne sais pas trop ce qu’il y a à faire ici. » dis-je un peu au hasard.

-         « C’est une petite ville. A l’Ouest, il y a une jolie plage. C’est la principale attraction de la ville. Oh, et si tu cherches à t’occuper, tous les Centres Pokémons ont un panneau d’affichage. Les gens y déposent des demandes d’aides ou des offres d’emplois. »

-         « D’accord. Merci. »


L’infirmière me rend ma carte mise à jour. Après avoir déposé nos affaires dans notre chambre, je propose à Spark de faire un tour de la ville. Nous nous promenons dans les rues. Nous atteignons ensuite, la plage, elle est quasiment déserte. Le soleil brille bien haut et je m’empresse de retirer mes chaussures pour enfouir mes pieds dans le sable. Spark me suit et semble ravi du contact du sable sur sa peau. Nous marchons un peu le long de la plage mais nous trouvons un coin à l’ombre d’un palmier. Je m’y allonge, Spark vient s’assoir à côté de moi et se met à faire des pâtés de sable. Sans m’en rendre compte, bercée par le bruit des vagues et les souffles de l’air marin sur mon visage, je m’endors. Lorsque je me réveille, Spark est couché contre moi et s’est lui aussi assoupi. Lorsque je bouge, il se réveille, baille et me sourit. Il est environ 17 heures. Nous avons encore le temps de profiter de la plage. Nous nous mettons à faire un château de sable tous les deux. Lorsque nous sommes satisfaits de notre œuvre, nous cherchons quelque chose pour faire office de fanion afin d’achever le château. Spark trouve un joli coquillage, il le plante au sommet de la tour. J’applaudis et Spark laisse échapper quelques-unes de ses minuscules flammèches. Chercher le fanion nous à bien amuser et nous nous mettons en quête d’un trésor caché. Ça nous occupe toute la fin d’après-midi. Alors que je marche les pieds dans l’eau et que je scrute le sable autour de moi, je remarque un éclat lumineux dans les vaguelettes qui viennent me lécher les pieds. Je me penche et trouve une perle ! Je retourne vers Spark en courant et lui montre ma trouvaille. Il est tout content et la regarde briller sous le soleil couchant. Nous restons sur la plage le temps que le soleil se couche à l’horizon puis nous regagnons le Centre Pokémon. Je prends une bonne douche puis nous mangeons au réfectoire. Avant d’aller dormir, je passe un coup de fils à maman. Je lui raconte ma semaine et les progrès que nous faisons avec Spark. Je la rassure sur le fait que je fais bien attention de ne pas commettre d’imprudente ou de ne pas déranger des Pokémons sauvages qui pourraient m’attaquer. Lorsque je raccroche, j’ai pendant quelques minutes un sentiment de manque… Manque de ma maman et de ma famille… Je chasse ces pensées rapidement, je regarde Spark qui m’observe avec curiosité. Je le serre dans mes bras puis me mets au lit. Je suis contente de me coucher dans un lit, Spark dans mes bras.

 

Nous sommes lundi matin et j’entame ma deuxième semaine de dresseuse. Accompagnée de Spark, nous petit-déjeunons au réfectoire du Centre. Il y a très peu de monde. J’interroge l’infirmière à ce sujet. Elle m’explique que comme la ville n’a pas d’arène, rares sont les jeunes dresseurs qui s’y arrêtent. De plus, la rentrée a eu lieu il y a une semaine, donc les dresseurs débutants de la région, ont déjà démarré leur voyage et dépassé Ville Griotte. Je m’approche ensuite du panneau d’affichage. Il y a peu de petite annonce, quelques demandes d’aide pour du jardinage, des annonces pour des objets perdus, un rassemblement pour nettoyer la plage jeudi… Je remarque une affichette pour travailler dans un petit restaurant au bord de la plage pour assurer le service du midi.

-         « Regarde Spark. C’est rémunéré vingt Poknurs par jour. Ça peut être intéressant, non ? »

-         « Sala. »


Je prends cette réponse pour un « oui », et nous nous mettons en route de ce pas pour le « Flot des mers ». Nous n’avons aucune difficulté à trouver le restaurant. Il s’agit d’un petit établissement avec une jolie terrasse face à la mer. Les murs de bois sont peints de blanc et de bleu. Pour le moment, le restaurant est fermé. Par la fenêtre, j’aperçois de la lumière. Je toque à la porte d’entrée et attends quelques secondes. Une femme aux cheveux roux et frisés attachés en un chignon lâche, vient m’ouvrir.

-         « Bonjour. Nous ne servons pas à cette heure, je suis désolée. Que puis-je pour vous ? » me dit-elle.

-         « Bonjour. Je m’appelle Ness. J’ai vu votre annonce au Centre Pokémon pour une aide en cuisine. »

-         « Oh ! Quelle bonne nouvelle ! Je suis toute seule et ne m’en sors pas. Entre, entre ! »

J’entre dans la salle de restaurant. Il est parsemé de tables hétéroclites. Certaines sont bleus, d’autres blanches. Il y a même quelques tables basses entourés de gros fauteuils aux coussins moelleux. La décoration est dans des tons marins avec des morceaux de bois flottés ou de coquillages de ci de là. La femme s’appelle Mérine. Elle me fait faire le tour du restaurant. Elle se renseigne sur mes maigres connaissances en cuisine. Alors que je m’inquiète de ne pas avoir suffisamment de savoir-faire pour lui être utilise, elle me rassure.

-         « Tu seras aide-cuisine et pas chef. Je serai là si tu as le moindre problème. Nous faisons une cuisine traditionnelle et familiale. Avec de l’aide, je suis certaine que tu vas très bien t’en sortir. Je vois à ton Salamèche et à ton air, que tu es une jeune dresseuse. Je me trompe ? »

-         « Non, pas du tout. Nous venons juste de commencer notre voyage. Nous venons de Kanto. »

-         « D’accord, combien de temps penses-tu rester à Ville Griotte ? »

-         « Je ne sais pas encore… Une ou deux semaines. »

-         « Très bien, je te propose que nous fassions un contrat à la semaine et qu’on renouvellera en fin de semaine si tu restes ? »

-         « Ce serait parfait ! »

-         « Ha ! Ha ! Ne t’inquiète pas, j’ai l’habitude. J’embauche pas mal de jeunes dresseurs de passage. L’équipe tourne souvent. C’est enrichissant pour tout le monde. Tu rencontreras Marc à midi, c’est le serveur. Et sinon, tu seras juste avec moi en cuisine. Quand peux-tu commencer ? »

-         « Aujourd’hui. »

-         « En voilà une bonne nouvelle ! » me sourit-elle.

Mérine me confie un tablier et une charlotte. Elle m’explique tout le fonctionnement de la cuisine. Lorsque nous sommes prêtes à nous mettre aux fourneaux, il est déjà 10 heures 30.

-         « Il ne va pas falloir trainer ! Je te propose de découper les légumes. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Je me retrouve entourée d’une multitude de légumes différents que je m’applique à couper en dés, lamelles ou rondelles selon les indications de Mérine. Je m’applique et ne vois pas le temps passé jusque midi. Marc, le serveur, arrive un peu avant les premiers clients, se présente et me souhaite la bienvenue. A partir de là, le temps semble s’accélérer. Les clients arrivent et les tables se remplissent. C’est un petit restaurant et il accueille principalement des habitués. A la façon dont Mérine et Marc semblent les connaitre tous personnellement, je comprends qu’ils sont tous employés de Ville Griotte et que le « Flot des mers » est considéré comme la cantine de la ville. J’arrive à suivre le rythme. A la fin du service, Mérine me félicite pour mon implication aujourd’hui. Nous mangeons avec Mérine et Marc des plats du jour et je prends congés.

-         « Ça promet d’être une chouette semaine. A demain, 9 heures 30. » me salue Mérine.


Je la remercie et repars avec Spark. La cadence était dense et je suis un peu fatiguée. Je m’installe sur la plage avec Spark et m’accorde une petite sieste pour récupérer. Spark furette alentour. Je le retrouve en train de jouer avec des coquillages à mon réveil.

-         « Je suis désolée. Je ne me suis pas trop occupée de toi aujourd’hui. Ça te dit qu’on retourne Route 29 pour s’entrainer ? »

-         « Salaaa ! » son visage s’éclaire. Il semble ravi de cette proposition.

Nous traversons la ville et gagnons la route 29. Nous dépassons la zone de forêt et nous installons dans le champ où nous avions quitté Scarhino. A ma grande surprise, le Pokémon insecte est installé sous un arbre et frotte sa corne contre le tronc.

-         « Bonjour Scarhino ! Comment vas-tu ? » je demande.

-         « Sca ? » il se retourne surpris. « Scarhi ! scarhinoo ! » il s’élance vers nous en nous reconnaissant.

Scarhino me salue puis commence à discuter avec Spark. Ils semblent contents de se revoir.

-         « Nous sommes venus nous entrainer. Tu veux participer ? » je lui demande.

-         « Scarhi. »


Nous commençons à faire des étirements avec Spark et Scarhino suit le mouvement. Ensuite, comme la veille, je propose à Salamèche de s’exercer à griffe et rugissement avant que nous ne reprenions l’entrainement de l’attaque Flammèche. Scarhino nous imite et s’applique à me montrer toutes les capacités qu’il connait. Il recherche mon approbation et semble ravi dès que je le complimente. Spark fait de son côté des progrès. Il réussit à produire de belles langues de feu. Elles s’éteignent très vite et il n’arrive pas encore à les diriger mais c’est un bon début. Il semble motivé par la présence de Scarhino et fait beaucoup d’efforts pour impressionner son ami. Lorsque le ciel s’assombrit, je rappelle Spark auprès de moi. Je plonge mon regard dans le sien.

-         « Qu’est-ce que tu en penses ? Je pense qu’il peut nous apporter beaucoup. »

-         « Sala. » il ne baisse pas le regard, confiant.

-         « Ça ne t’embête pas ? » 

-         « Mèche. »

-         « Scarhino, veux-tu venir avec nous ? faire partie de l’équipe ? »

-         « Scarhi ?... Scarhino ! » d’abord surpris, il s’élance vers moi en souriant.

Je sors ma Pokéball et la dirige vers lui.

-         « Scarhino, vient ! »

Dans un rayon de lumière rouge, il disparait. Au déclic, j’ai la sensation que tout mon corps se rigidifie, mes muscles se durcissent, ma peau semble s’épaissir quelques instants. C’est indéniable, j’ai établi un nouveau lien avec un Pokémon.

Je rappelle Scarhino. Il tourne sur lui-même visiblement ravi. Nous rentrons au Centre Pokémon et passons une soirée tranquille. Scarhino n’est pas encore habitué à la ville et je suis obligée de le laisser dans sa Pokéball lorsque nous allons au réfectoire. Il se mettait à courir partout et à toucher à tout. Il est fini par se calmer lorsque nous sommes dans la chambre. Je lui choisis un nom qu’il apprécie, Dhuki. Puis nous nous couchons.

 

Le lendemain matin, Spark et Dhuki sont surexcités. Ils semblent ravis d’être devenu camarades. Je suis, une nouvelle fois, obligée de rappeler Dhuki dans sa Pokéball pendant le petit-déjeuner car il fait des réserves de baies, dévalisant le buffet. L’infirmière d’accueil me lance un regard compatissant mais sévère. L’ordre doit régner dans son centre. Je me prépare rapidement et arrive au restaurant à l’heure. Le temps s’est couvert mais semble vouloir se maintenir pour aujourd’hui. Nous commençons la préparation du plat du jour. Mérine a pris le parti de ne proposer qu’un plat à sa carte les midis avec uniquement des produits frais et locaux. Comme la veille, le temps passe très vite et j’apprécie le travail des produits que je ne connais pas. Je suis bien la recette que Mérine m’a confiée et les clients sont ravis. A la fin du service, nous partageons le pourboire. Je gagne ainsi 10 Poknurs de supplément. Après le repas, j’emmène Dhuki et Spark à la plage. Scarhino peut ainsi courir sans gêner personne. Nous faisons la course. Mes pieds s’enfoncent dans le sable, me ralentissant. La force nécessaire pour me mouvoir, tire sur mes cuisses. Spark avec ses petites pattes n’est pas plus avantager et Scarhino avec son poids s’enfonce d’autant plus. Aucun de nous n’est avantager. Nous rigolons bien. Scarhino, plus rapide que nous, prend de l’avance. Il se retourne pour voir où nous en sommes sans pour autant s’arrêter. Il ne voit pas le Krabby qui fait des bulles juste devant lui. Il lui rentre dedans. Krabby le pince fermement. Spark et moi le rejoignons. Scarhino vient se placer devant moi, pas franchement décidé à combattre. Krabby s’avance vers nous, menaçant. Spark n’a aucune chance contre le pokémon eau. On va devoir essayer avec Dhuki.

Alors que Dhuki s’élance vers Krabby pour faire Koud’Korne, ce dernier fait Armure à deux reprises. L’attaque de Scarhino se heurte à la carapace du Pokémon crabe et ne fait pas de dégât. Cela semble décourager mon Pokémon qui se désintéresse du combat et ne m’écoute plus. Krabby lance alors son attaque Pistolet à O. Heureusement que Dhuki est résistant, ça ne lui fait rien. En tout cas, Krabby a attiré à nouveau l’attention de Dhuki qui fait Groz’yeux. S’ensuit alors un combat de Groz’yeux et Armure, peu palpitant… Jusqu’à ce que Krabby lance une puissante attaque Pistolet à O qui brise un peu les défenses de mon Pokémon. Dhuki en voulant répliquer se blesse sur des coquillages coupants. Krabby tente de l’intimider mais Scarhino rispote avec une belle attaque Tranche-nuit, bien que ce ne soit pas ce que je lui ai demandé et enchaîne avec Charge. Krabby bat en retraite.

Je m’approche de Dhuki.

-         « Il va falloir qu’on travaille notre communication tous les deux… »

-         « Scarhiii. » il prend un air faussement contrit, malgré tout assez fier de lui d’avoir gagné.

Scarhino retrouve sa Pokéball. Je rentre au Centre Pokémon avec Spark et nous passons une soirée tranquille.

 

Le lendemain matin, je suis réveillée par le bruit de la pluie sur les carreaux. Salamèche est d’une humeur maussade, surement à cause du mauvais temps. Je lui propose de rester dans sa Pokéball pour la matinée ce qu’il accepte avec soulagement. Je permets à Dhuki de m’accompagner sur le chemin du restaurant. Il se tient à carreau et reste à côté de moi. Arrivée dans le restaurant, je le rappelle, enfile mon tablier et me mets au travail. On forme une bonne équipe avec Mérine et les clients sont contents. Certains ont retenu mon nom et un petit papi vient déposer un Guérison pour moi à la fin du service. Je le remercie du fond du cœur. Je sais que c’est un objet qui n’est pas donné et que des Villes comme Griotte s’en font rarement livrer. Alors que le range dans mon sac, il remarque mes Noigrumes vertes caler dans un coin.

-         « Tu peux demander au Centre Pokémon qu’ils contactent Fargas, le tailleur de Noigrumes. Ils peuvent lui envoyer tes Noigrumes et lorsque Fargas les a préparés, il peut te les renvoyer au centre. »

-         « Vraiment ? » je demande, étonnée.

-         « Oui, bien sûr. Il y a un peu de délai parce que les commandes en direct sont sa priorité mais il fait un peu de travail à distance. »

-         « Super. Je vous remercie. »

Je suis rassurée, j’avais peur que les fruits pourrissent avant que je n’atteigne Ecorcia, la ville où vit le célèbre frabriquant de Noigrumes balls. Pendant que je mange avec Mérine et Marc, nous évoquons le rassemblement pour nettoyer la plage qui a lieu demain.

-         « J’aimerai bien y aller. Est-ce que vous connaissez les horaires ? » je demande.

-         « Une session commence le matin mais il y en a une autre l’après-midi. Je pensais y aller aussi après le service. »

-         « On pourrait y aller tous les trois ? » propose Marc.

-         « Oui, bonne idée. Je propose que demain, on prépare un menu sandwich pour le midi. On aura moins de vaisselles et on pourra plus vite s’occuper de la plage. » renchérit Mérine.

-         « Ça me va ! »


Après manger, il continue de pleuvoir à sceaux. Je rentre au Centre Pokémon, Spark n’appréciant pas du tout l’humidité. Je demande à l’infirmière d’accueil s’il serait possible d’envoyer des Noigrumes à Fargas. Elle approuve. Je lui confie mes Noigrumes. Elle me promet de me tenir au courant dès qu’elles reviennent. Leur transformation me coutera 10 Poknur par Noigrumes avec le transport et devrait prendre une semaine. Si j’ai déjà quitté la ville, l’infirmière me demande juste de la prévenir pour qu’elle les transfère au Centre le plus proche de là où je serai. Au Centre, il existe une vaste pièce à vivre avec des canapés, fauteuils, bibliothèques et une grande table… Des livres et des jeux de société sont laissés à la disposition des dresseurs. Je libère Dhuki et Spark. Nous passons l’après-midi à nous détendre et à jouer. Je lis un livre sur les Pokémons Insectes. Maintenant que je suis accompagnée de Dhuki, il faut que j’en apprenne plus sur son mode de vie. Il évolue généralement vite. Cependant, les Scarhinos n’ont pas d’évolution hormis une méga-évolution. Ils sont combattifs et font preuve d’une force impressionnante si le besoin s’en fait sentir. Le reste du temps, ils sont d’un naturel calme et pacifique. Un jeune dresseur du nom de James vient nous proposer de faire un jeu de société avec lui et son Granivol. Nous acceptons. Dhuki a du mal à rester en place au départ mais il est malin et une fois lancé dans le jeu, il s’investit complètement. Il réfléchit et aide son équipe à gagner avec adresse. Spark est plus discret. Lorsqu’il trouve un placement stratégique, il me donne un petit coup de coude de me montre ce qu’il veut faire. Il ne prend jamais la parole lui-même. Nous gagnons la partie. James n’est pas très bon perdant, il nous salue et quitte la pièce. Je passe la fin de l’après-midi à brosser Spark puis à jouer à faire rouler une balle au sol avec Dhuki.

 

Jeudi matin, je suis contente de constater que le soleil brille à nouveau sur Ville Griotte. Dhuki est un peu plus discipliné aujourd’hui et a pu rester avec moi pendant tout le petit-déjeuner sans faire de désordre dans le réfectoire. Sur le chemin pour aller au « Flot des mers », la route est encore humide des pluies de la veille. Spark grimace en marchant. Je le prends dans mes bras et le porte jusqu’au restaurant. Il m’en semble reconnaissant. Je salue Mérine et Marc. Ce dernier est venu plus tôt pour nous aider à préparer les sandwichs, nous attendons plus de passage que le service habituel. J’ai laissé Spark et Dhuki hors de leurs Pokéballs pendant que nous cuisinons. Ce n’était sûrement pas une bonne idée, puisque je passe la matinée à surveiller que Dhuki ne se serve pas dans les réserves de baies. Mérine finit par me faire une remarque. Je m’excuse et rappelle Dhuki et Spark. Par la grande baie vitrée, j’aperçois les habitants et quelques visiteurs des villes voisines s’activer sur la plage. Vers midi, les premières personnes se présentent pour commander des sandwichs. Nous faisons la distribution. Une fois que le flot de client se tarie, nous dégustons chacun les encas que nous nous sommes gardés puis rejoignons les travailleurs sur la plage. Je libère Dhuki et Spark pour qu’ils nous aident. Dhuki semble particulièrement content de cette activité. Il aime la nature et participer à sa préservation semble d’une grande importance pour lui. Il trouve une potion non utilisée dans le sable et me la rapporte. Je le remercie et conserve précieusement l’objet. En fin d’après-midi, de gros sacs s’empilent et rassemblent tous les détritus que nous avons pu trouver. Je regarde la plage et admire le sable fin débarrassé de la pollution. Je suis super contente d’avoir participer à cette activité. Un jeune dresseur d’une quinzaine d’années s’avance vers moi et me propose un combat. Il vient de quitter Bourg Geon où il a reçu son premier Pokémon du Professeur Orme. Je propose de lui opposer Spark qui est aussi mon premier compagnon ce que le garçon accepte. Il appelle Héricendre, le Pokémon de départ de la région.

 


Héricendre tente d’impressionner Spark avec Groz’yeux mais mon Pokémon se jette sur lui et lui assène son attaque Griffe. Héricendre recule de quelques pas, tente une nouvelle intimidation. Spark garde confiance et est sur le qui-vive. Héricendre et lui se tournent autour pendant un moment, esquissant des attaques charge et griffe qui ne font qu’effleurer leur adversaire. Héricendre réussit, finalement, à charger Spark qui prend appuie sur une de ses pattes pour limiter son recul et se propulser vers l’avant. Il touche Héricendre avec une attaque Griffe d’une force impressionnante ! Les flammes sur le dos d’Héricendre se font plus intense. Il a aussi le talent Brasier.

-         « Attention, Spark ! »

Salamèche réussit à éviter la charge du petit Pokémon feu in extremis et clôt le combat par une dernière attaque Griffe.

-         « Bien joué ! Revient Héri, tu t’es bien battu. »

Le garçon nous remercie pour ce combat et ajoute qu’il espère avoir l’occasion de prendre sa revanche. Nous rentrons au Centre Pokémon et passons une soirée tranquille. Demain, il faudra que je dise à Mérine si je reste à Ville Griotte ou si je poursuis ma route. La ville est agréable mais j’ai bien envie de découvrir d’autres paysages… Et puis, nous pourrons poursuivre notre entrainement sur la route avec Spark et Dhuki…

 

Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner, je rejoins le restaurant. Je reprends notre petite routine et le service du midi se passe à bon rythme. Notre opération sandwich de la veille a attiré plus de clients qui sont revenus aujourd’hui pour tester nos plats chauds. Le rythme est intense et j’ai parfois un peu de mal à suivre mais Mérine me soutient. Après le service, je lui annonce que je ne renouvellerai pas mon contrat la semaine prochaine. Elle me remercie de mon aide cette semaine et de l’avoir prévenue. Cet après-midi, je décide d’aller nous entrainer sur la route 30 qui quitte Ville Griotte par le nord. La route traverse une zone de pré puis de forêt de feuillus. Nous ne nous aventurons pas trop loin de Ville Griotte. Les Pokémons sauvages sont nombreux et il y a pas mal de dresseurs qui souhaitent mettre à l’épreuve leurs Pokémons. Nous trouvons un espace dégagé. Après une session d’étirement, Scarhino et Salamèche passent en revu leurs attaques. Dhuki imite un peu Spark mais dès que je lui demande quelque chose, il se déconcentre complètement, va chercher des fruits ou réclame des câlins. Je le laisse donc en autonomie et reprend l’entrainement avec Spark. Nous poursuivons son travail sur l’attaque Flammèche. A la fin de la session, il parvient à faire de belles flammèches. Il n’arrive encore pas à les diriger avec précision. Il nous faudra encore un peu de travail. Nous nous promenons un peu sur la route 30. Un vieux monsieur accompagné de son épouse m’interpelle.

-         « Bonjour demoiselle ! J’ai vu ton entrainement. Mon Dracaufeu ressemblait comme deux gouttes d’eau à ton Salamèche quand on était jeune. Tu viens de Kanto, n’est-ce pas ? »

-         « Bonjour. Oui Monsieur. Je suis venue faire mon voyage initiatique à Johto avec Spark. »

-         « J’ai fait comme toi à mon époque. J’y ai rencontré Judy, ma femme et regarde où j’en suis. Ha ! ha ! je ne suis jamais reparti ! »

-         « Vous vous êtes installés à Johto du coup ? »

-         « Oui. Tient, prend ceci pour t’aider dans ton voyage. » dit-il en me tendant un antidote.

-         « Je ne peux pas accepter. » dis-je, gênée par tant de générosité.

-         « C’est pour vous remercier, toi et ton Salamèche, de m’avoir rappelé mes jeunes années. » insiste-t-il.

Je finis par accepter et le remercie. La soirée au Centre Pokémon est calme. Demain sera mon dernier jour de travail au restaurant.

 

C’est le début du week-end et je me presse pour aller au travail. J’ai loupé le réveil ce matin, Dhuki m’a réveillé juste à temps et en me dépêchant, je devrais arriver dans les temps au « Flot des mers ». Nous travaillons efficacement ce matin, les clients sont satisfaits. Après le service, je mange avec Marc et Mérine. Ils m’ont fait un gâteau pour fêter mon départ et me remercier de la semaine que nous avons passée. Dhuki est vraiment un gourmand et est fan du gâteau aux baies. Je dois le limiter à deux parts sinon il engloutirait tout. Nous retournons sur la plage l’après-midi et commençons par notre entrainement. Scarhino a envie de participer et semble écouter ce que je lui dis. Je pense qu’il s’adapte progressivement et me fait suffisamment confiance pour se laisser guider. Nous nous concentrons sur sa défense pendant que Salamèche poursuit son travail avec l’attaque Flammèche. Spark stagne sur cet entrainement. Nous passons la fin de l’après-midi à jouer dans le sable. Dhuki va même tremper ces pattes dans l’eau salé. Avant de nous coucher le soir, je propose à mes Pokémons que nous fassions une randonnée sur la route 30 demain si le temps se maintient. Spark et Dhuki sont enthousiastes.

 

Un beau soleil se lève le dimanche matin. Super, nous allons pouvoir aller randonnée. Spark est ravi du programme, il tient difficilement en place et lance plein de petites flammes dans les airs. Au petit-déjeuner, je demande à l’infirmière si elle peut me conseiller un itinéraire de randonnée pour la journée. Elle me conseille un tour sur la route 30 qui passe à proximité de la résidence de Monsieur Pokémon, un ami du Professeur Orme. Je passe à la superette nous prendre de quoi faire des sandwichs pour ce midi puis nous nous mettons en route. La route est balisée et aisée à suivre. Nous marchons d’un bon rythme toute la matinée. J’ouvre l’œil et observe les Pokémons sauvages s’ébattre dans les près. Dhuki va spontanément vers des Chenipans qui malgré leur appartenance au même type, sont impressionnés par mon imposant compagnon. Vers midi, j’aperçois la demeure de l’ami du Professeur, il s’agit d’une maisonnette modeste encerclée par de grands arbres. La vie a l’air paisible dans cette demeure, loin de la foule, du bruit, au calme… Pendant que Dhuki et Spark cueillent quelques baies pour le dessert, je consulte le Pokédex. Monsieur Pokémon est assez connu dans la région d’après les informations collectées. Il travaille en collaboration avec le Professeur Orme et centre surtout ces études sur la reproduction des Pokémons. Après manger, je range dans mon sac les quelques baies qui restent. Nous reprenons la route et longeons un petit lac. Soudain, trois ptitards nous barrent la route. A leur attitude, il ne fait aucun doute qu’ils vont attaquer. C’est étonnant, ils ne sont pas connus pour être des Pokémons agressifs.

-         « Spark, Dhuki ! »

Mes Pokémons s’interposent.

 

L’un des Ptitards attaque avec Pistolet à O et réussit à toucher Dhuki. Mon Pokémon ne recule même pas et réplique avec Tranche-nuit qui envoie bouler le ptitard dans l’herbe. La différence de force est énorme ! Seul leur nombre peut leur donner l’avantage sur un Pokémon comme Dhuki. Spark met KO avec Griffe le Ptitard que Scarhino a touché. Les Ptitards se concentrent sur Spark, ils ont bien compris que c’était lui le plus facile à mettre en déroute. Spark esquive une attaque Ecume, un Pistolet à O et résiste à la tentative d’hypnose du troisième Ptitard. Dhuki vient à la rescousse de son ami et blesse un deuxième Ptitard. Spark essaye de le mettre KO mais Ptitard se met hors de portée d’une glissade qu’il achève avec Tourniquet. Le second Ptitard encore debout refait hypnose mais Salamèche se retourne et ne cache les yeux. Dhuki réussit une nouvelle attaque Tranche-nuit. L’un des Ptitards lance écume, Spark roule pour passer sous l’attaque et réussit à se rapprocher suffisamment du Ptitard pour le mettre KO avec Griffe. Le dernier Ptitard s’entête à essayer d’endormir ses adversaires mais il semble complètement perdu sans ses compagnons. Dhuki le charge mais Ptitard saute sur le côté. Il se retrouve juste devant Spark qui l’envoie au tapis.

 

             Je rappelle mes Pokémons auprès de moi. Le premier Ptitard à avoir été mis en déroute, s’est relevé. Il regarde avec insistance mon sac à dos puis se tourne vers le lac, l’air triste. Ces deux autres compagnons ne réveillent aussi et reculent doucement vers le lac en jetant des coups d’œil sur mon sac.

-         « Dhuki, tu peux savoir ce qu’ils veulent ? » je demande.

Scarhino s’approche des Ptitards et se met à converser avec eux. Il revient quelques instants plus tard vers moi et il tend la patte vers mon sac. J’ouvre le sac et Dhuki se saisit du sac de baies qu’il nous restait de ce midi.

-         « Tout ce cirque pour quelques baies ? Oui, tu peux leur donner. » je dis en haussant les épaules.

Les Ptitards se partagent les baies avec avidité et retournent dans les profondeurs du lac. Je reprends ma marche avec Spark et Dhuki. Nous arrivons au Centre au moment du repas du soir. Après manger, je m’installe dans un fauteuil de la salle commune avec un livre, une tasse de thé et Spark lové sur mes genoux tandis que Dhuki s’est allongé sur un gros cousin à côté de nous. Je leur fais doucement la lecture. Une histoire de Pokémon légendaire aux ailes si grandes qu’elles libèrent des arc-en-ciels qui habillent le ciel de mille couleurs lorsqu’il parcourt les cieux… Spark s’endort sur mes genoux. Je tends le livre à Dhuki qui le range dans la bibliothèque et porte Spark jusqu’à la chambre. Dhuki et moi rejoignons Spark au pays des rêves.


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