La fontaine de jouvence (Version alternative)

Chapitre 9 : La mine fantôme

1933 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 04/08/2026 08:15

Ils traversèrent l'île jusqu'à la cavité rocheuse dissimulée par la brume épaisse de la matinée.

Quelques instants plus tard, ils se trouvaient dans la salle du trésor de Barbossa qui était bien vide à présent.

- Ça alors ! Ils n'ont même pas laissé une cacahuète ! Dit Jack.

- Quand je pense que tout a commencé ici, avec cette malédiction, dit Barbossa.

- Et tout a fini là, reprit Jack en montrant le point précis du sol où Barbossa gisait autrefois mort. Que de souvenirs !

Les soldats semblèrent avoir trouvé quelque chose, ils hurlaient dans leur langue, le groupe les suivit. Ils avaient trouvé un passage à une extrémité renfoncée de la salle. Un passage où un homme pouvait ramper, Jack se retourna vers Barbossa.

- Et tu n'avait jamais remarqué ça !?

- Non.

- Et ils t'ont mis commodore hein !

L'un après l'autre, ils se faufilèrent dans le passage pour ressortir sur une vaste galerie plongée dans l'obscurité. Les soldats allumèrent des lanternes. Grooves prit la tête du groupe.

- En avant !


Plus ils avançaient dans l'obscurité, plus il faisait froid. Angelica commençait à frissonner sérieusement dans sa tenue légère plus adaptée au soleil des Caraïbes, ce qui n'échappa pas à Philippe qui lui proposa son manteau.

- Puis-je me permettre ? Vous semblez en avoir besoin.

- Oui, je vous permets, merci.

- Vous pensez que nous allons trouver quelque chose d’intéressant là-dedans ?

- Il vaudrait mieux, je déteste marcher pour rien ! Répondit-elle en souriant.

- Au moins vous ne vous laissez pas impressionner par la situation !

- Ce n'est pas dans mes habitudes. Mon père m'a appris à rester forte quelle que soit la situation.

- Vous aimez votre père ?

- Quelle question, je... non.

- Non ?

- Si il n'avait pas sombré dans la piraterie ma mère serait encore en vie. Elle me manque tellement. Cela fait deux ans qu'elle a disparue.

- Je suis désolé.

- Ce n'est pas de votre faute.

- Pourtant vous ne semblez pas le haïr.

- C'est Barbe Noire, même moi je le crains, seulement j'ai appris à rester forte en moi.

Il n'insista pas davantage dans ses questions, préférant laisser la jeune fille dans ses pensées.

- Angelica.

Elle se retourna, son père l'avait appelée.

- Ma fille, vient me soutenir, je me sens meurtri.

Elle vint auprès de lui pour l'aider un peu.

- Alors même le cruel Barbe Noire a ses faiblesses.

- Méfie-toi de cet homme, je sais qu'il ne te laisse pas indifférent.

- Comment peux tu savoir qu'il est dangereux ? Tu ne lui a jamais parlé !

- Et je ne le ferai jamais ! C'est un homme d’Église, d’ici peu il t'aura envouté avec ses sottises.

- Jusqu'à maintenant nous n'avons jamais parlé de religion.

Pourquoi pense-tu qu'il est ici ? Ce n'est pas un hasard, il poursuit le même but que nous tous : il veut la fontaine de jouvence !

- Je ne pense pas qu'il en ai besoin vu son âge.

- Il ne va pas l'utiliser mais la détruire car aux yeux de l’Église, elle représente une hérésie, c'est la source de la vie éternelle, le pouvoir qui transforme un simple mortel en dieu !

- Et c'est ce que tu veux.

- Je le fais pour toi aussi, imagine tout ce que nous pourrions vivre !

- Un vrai dieu ramènerait ma mère à la vie, si tu veux vivre à jamais, je te souhaite de vivre avec la souffrance de l'acte que tu a fait, moi je n'ai pas peur de mourir.

Elle partit en avant, Barbe Noire se contenta de la regarder sans chercher à la retenir.


Jack, lui, marchait côte à côte avec le mort-vivant, cherchant un moyen d'engager la conversation.

- Alors comme ça vous êtes mort ?

- C'est ce qu'il paraît en effet...

- Quelle coïncidence ! Je le suis aussi, techniquement.

- Je suis ravi de le savoir.

- Nous pourrions débattre énormément sur l'au-delà mais le temps manque apparemment. Je ne sais même pas votre nom.

- Mon nom est sans importance.

- Dites-moi... avez-vous vu réellement la fontaine de jouvence ?

- Non je n'ai pas eu cette chance, je suis mort ici.

- Mais vous êtes toujours là et en pleine forme même !

- Vivre avec une malédiction est pire que la mort elle-même.

- Et comment se lève votre malédiction ?

- A votre avis ?

- Où alors vous n'êtes pas qu'un guide...

- Loin de là. Mais pourquoi désirez-vous tant le pouvoir de la fontaine ?

- Moi ? Pour être libre de vivre.

- Libre de vivre ? Vous verriez tous vos proches et mourir, les guerres se succéder, le monde changer sans que vous ne puissiez rien y faire. Il n'y a absolument rien d'attirant là-dedans !

- Et pourtant c'est ce que tout le monde veut ici, même vous.


Grooves vit quelque chose : une lumière bleutée au bout du tunnel.

- Nous y sommes enfin ! Dit le roi Ferdinand.

Ils pénétrèrent tous dans une immense salle contenant des milliers de petites pierres scintillant comme des diamants. Immédiatement, armes, épées et tout objet métallique furent aspiré.

- Que se passe t-il ? Demanda Grooves.

- C'est ici, dit le mort-vivant. C'est ici que je suis mort.

- C'est de la roche, mais elle semble attirer tous les objets métalliques contre elle, dit Philippe. Si l'île en est recouverte, cela expliquerait pourquoi les navires s'échouent ici. C'est prodigieux ! Je dois en ramener une avec moi.

- Non ne touchez pas... commença Barbossa.

Trop tard. Philippe détacha une pierre. Il y eut une brève secousse puis plus rien.

- Vous êtes perdus, dit le mort.

Les pierres s'agitèrent, des pattes en jaillirent brusquement, rappelant à Jack les crabes dans l'antre de Davy Jones sauf que là ils étaient plu gros, beaucoup plus gros ! Ils avaient neuf pattes , des pinces monumentales avec des antennes très grandes, un corps noir et velu, repoussant et aucun œil mais une mâchoire redoutablement acérée.

- Si je puis me permettre, dit Jack, nous ferions mieux de... fuir.


Et ils fuirent.

Courant à travers la galerie par où ils étaient arrivés, poursuivis par ces drôles d'insectes terrifiants.

Les plus lents furent les premiers à être emportés, tout comme les soldats qui perdaient une seconde fatale à regarder derrière eux, les insectoïdes leur sautaient dessus pour les dévorer ou les entrainer dans les ténèbres. Aucune riposte n'était possible étant donné que toutes les armes avaient été subtilisées par le matériau magnétique. L'une des bestioles fit un bond qui la propulsa devant le groupe où Jack se tenait en tête. Il bougea sur le côté, elle l'imita, il bougea dans l'autre sens, elle fit de même. Jack se trouva à court d'idées et ne trouva comme défense qu'un sourire stupide. La bestiole lui sauta dessus, il repoussa ses crochets salivants et se mit à tourner sur lui-même avec elle. Quand le tournis devint insupportable, il la lança de toutes ses forces et elle alla s'écrouler au loin dans le noir.

Jack chercha ses compagnons du regard, sans succès, ils avaient tous fui sans lui. Il entendit alors plein de cris d'insectes venant de l'obscurité derrière lui, il se retourna et vit une centaine de ces horreurs foncer droit sur lui, il hurla et courut à toute allure, si bien qu'il en oublia de voir le grand trou béant dans lequel il tomba.


Il chuta sur des centaines de mètres comme sur un toboggan géant avant de s'écraser la tête la première contre le sol boueux.

- Jack ! Tu tombe à pic ! Comme toujours !

Il releva sa tête couverte de boue et vit Hector.

La nouvelle salle dans laquelle ils se trouvaient était une immense caverne où coulait paisiblement un petit fleuve, jusque là rien d'étrange... sauf que sur ce fleuve flottait une trentaine de cercueils visiblement là depuis un bon moment.

- Où suis-je encore tombé ? Demanda Jack.

- C'est la salle des morts, répondit le mort. Tous ceux qui ont péri sur cette île ou pendant le voyage ont été mis ici.

- Une simple tombe dans la terre ne suffisait pas ? Demanda Philippe.

- Nous estimions qu'ils seraient plus tranquilles ici, près de la source.

- Tout cela est bien lugubre, dit Grooves.

Le roi Ferdinand regarda les tombes une à une, ses yeux se fixèrent brusquement.

- Madre de Dios !

Le groupe vint voir ce qui l'avait perturbé à ce point :

Le cercueil avait tout de banal à première vue. Le nom dessus était Juan Ponce de Léon.

- Alors c'est vrai, dit Barbossa. Il n'a jamais trouvé la fontaine.

Le mort regardait le cercueil avec admiration. Le roi Ferdinand s'en prit brusquement à lui en le saisissant par le bras.

- Tu m'a menti depuis le début ! Tu n'a jamais été en Floride ! Pourquoi m'avoir menti ? Pourquoi ??

- Je devais revenir avec vous.

- Quoi ?

- Vous comprendrez très bientôt.

Il relâcha sa prise.

- Elle est ici ! Lança Ferdinand.

- Quoi ? Fit Jack.

Barbe Noire ouvrit l'un des cercueils et y trouva un squelette avec son épée, il fit signe à un de ses hommes.

- La fontaine de jouvence est ici, reprit Ferdinand, et tu va m'y amener comme tu me l'avais dit

- Bien sûr Majesté ! J'obéis !

- Méfiez-vous, je doute fortement de sa bonne foi, dit Grooves. Vous semblez effrayé par ce que ce cercueil contient, puis-je...

- Non ! Hurla le mort.

Grooves l'ouvrit. Il n'y avait personne à l’intérieur.

Tous les regards se tournèrent vers le mort.

- C'est vous... Ponce de Léon

Le mort sembla se décharner subitement, sa peau craquela et tomba pour laisser place à un corps dont le squelette ressortait par endroits.

- A quoi jouez-vous ? Demanda Grooves. Pourquoi nous avoir amenés tous jusqu’ici ?

- Vous le saurez bientôt.

- Non ! Tout de suite !

- Arrêtez ! Dit le roi. Lui seul sait où se trouve la fontaine de jouvence.

- Et il sait bien d'autres choses.

- N’avancez plus lieutenant.

- Vous n'avez aucune autorité à me donner, et en plus, vous êtes désarmés !

- Pas moi ! Dit une voix derrière eux.

Barbe Noire et ses hommes apparurent, braquant sur l'ennemi les armes et munitions qu'ils avaient pris dans les tombes.

- Puisque vous êtes incapables de décider quoi que ce soit, je prends le commandement et gare à celui qui marche de travers !

Ponce de Léon regarda Barbe Noire, l'épée qu'il lui tenait lui échappa et vint se loger dans la main cadavérique de l'être.

- Il est temps que je vous montre ce que vous voulez Monseigneur !

- Non ! Vous n'irez nulle part ! Lança Grooves en s'interposant.

- Assez !

Ponce de Léon leva le bras et ils furent tous poussés en arrière. Des rochers s'écroulèrent devant eux, bloquant le passage, Jack fut stupéfait.

- J'espère avoir sa force quand j'aurais son âge !  


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