La fontaine de jouvence (Version alternative)
Il fallu plusieurs jours avant que Jack n'atteigne le premier port visible. Il faisait froid et il neigeait, il était donc bien heureux d'avoir son manteau de capitaine.
Quand il eut posé pied sur le ponton de bois, le gardien du port arriva.
- Bonjour monsieur, bienvenue à...
- Ne te fatigue pas mon ami, je te laisse mon bateau avec grand plaisir, tu pourra aller pêcher de belles sardines avec tes enfants pour les ramener à ta demoiselle qui en sera bien heureuse ! Marché conclu ? Demanda t-il en tendant la main.
- Oh euh... d'accord, merci.
Ils se serrèrent la main, après quoi Jack reprit son chemin vers la ville.
- Et bon séjour à Londres ! Lança le gardien alors que Jack avait déjà disparu.
Il s'enfonça dans les ruelles de la ville « toutes ces maisons se ressemblent, il y a de quoi devenir fou même si on l'est déjà ! » Pensa t-il. Néanmoins, il arriva sans encombre à destination. Il entra et entendit des rires de femmes. En poussant une porte plus loin, il en découvrit l'origine : une femme brune et une femme blonde avec entre elles...
- Monsieur Gibbs !
- Capitaine !! S'écria le vieil homme avec un air horrifié comme si il avait vu un revenant.
- Je vois que tu sais très bien t’accommoder de mon absence ! Mesdemoiselles... savez-vous que je suis capitaine ?
- Ah oui ? Répondit la blonde subitement intéressée.
- Oh oui et j'ai un très, très gros navire.
Elle regarda son amie et elles comprirent la même chose.
- Comment t'appelle tu, beau brun ?
- Je suis le légendaire et intrépide capitaine Jack Sparrow.
- Jack Sparrow ? Fit la brune d'un air choqué à l'annonce de ce nom. Ohhh !
Elle le gifla subitement.
- On se connaît ? Fit Jack en cherchant à comprendre.
- Marie d'Hastings ça te parle ? Répondit la brune.
Jack réfléchit un instant et trouva.
- Ah oui !
Et il reçut une autre baffe de la même femme.
- En effet, je comprends mieux !
Il releva la tête et vit la blonde.
- Et moi je suis sa sœur, Catherine.
- Enchanté !
Elle lui donna une autre gifle.
- Même pas en rêves, coco !
Gibbs sembla pressé de partir d'un coup.
- Capitaine, on ferait mieux d'y aller...
- Pour une fois je pense très sincèrement que je vais t'écouter !
Les deux hommes marchaient dans la rue, discutant de tout et de rien, surtout de rien en fait.
- Le temps a paru fichtrement long sans vous Jack !
- Avoue tout de même que tu espérais que je prenne mon temps pour revenir vu la charmante compagnie avec laquelle je t'ai retrouvé !
- Oui... enfin euh... non.
- Quelles sont les nouvelles ?
- Oh rien de terrible, tout est calme depuis que la ville a décidé de mettre à mort tout pirate posant pied sur son sol.
- Je te demande pardon ?
- Quoi vous n'étiez-pas au courant ? Et on vous a laissé entrer ainsi ! Vous avez eu un sacré coup de chance pour une fois ! Hier encore un pirate est parvenu à se faufiler mais les gardes l'ont démasqué et il a directement été mené à l’échafaud pour être exécuté ! Ça ne rigole vraiment pas, faut dire que la défaite de la Compagnie des Indes a été dure à digérer pour le roi Georges 2.
- Dis-moi plutôt si tu a vu le Black Pearl, çà m’intéresserai vraiment au moins.
- Je ne l'ai pas revu, désolé Jack.
Jack grimaça.
- Dans ce cas nous allons devoir improviser, comme toujours.
- Vous comptez toujours trouver la fontaine de jouvence alors ?
- Non ! Je veux d'abord trouver le navire et l'équipage qui me feront trouver la fontaine de jouvence sans quoi je ne pourrais la trouver réellement même si je sais où la trouver !
- Au moins vous semblez toujours aussi clair d'esprit ça fait plaisir à voir !
- C'est le manque de rhum.
- Ça je sais où vous en trouver, avec un équipage en prime !
- Alors je te suis mon cher Gibbs !
- Comme au bon vieux temps ! On se remet en chasse !
- Et on fait main basse !
Jack n'était pas passionné par l'étape du recrutement d'un équipage, surtout quand il se trouvait sans une taverne où le rhum coulait à flots ! C'était donc Gibbs qui se chargeait de la tâche. Trois marins s'étaient déjà engagés mais le quatrième sembla poser problème...
- Capitaine.
- Hein ? On est arrivé ? Parfait ! Jetez l'ancre !! Ramenez les voiles ! Et rendez-moi ma cacahuète !
- Capitaine, cet homme veut se joindre à nous mais... enfin regardez par vous même.
Jack distingua un homme d'une vingtaine d'années en soutane avec une crois en pendentif autour du cou.
- C'est une blague ? Lança t-il avec un regard méprisant.
- Monsieur...
- On dit Capitaine jeune homme, l'interrompit Gibbs.
- Capitaine... je m'appelle Philippe, je suis un missionnaire envoyé par Rome pour découvrir d'autres cultures dans le but de leur enseigner la religion de mes pairs. Je voudrais aussi établir la carte du monde la plus précise qui soit.
- Tu m'en dira tant. Mais ce que nous cherchons ce sont des marins, des vrais, des gaillards forts et costauds avec un esprit des plus endurant, de plus sache que notre voyage sera loin d'être de tout repos et que tu pourrais vraisemblablement très rapidement connaître une mort des plus atroces.
- Je sais à quoi m'attendre et ne vous fiez pas aux apparences, avant d'entrer dans l'ordre j'étais un gamin des rues et pour survivre seul à chaque jour, je vous assure qu'il faut la force et le mental d'acier dont vous me parler, donc je suis tout à fait apte !
Jack regarda Gibbs d'un air absent et se contenta de dire :
- Il est tout à fait apte !
La porte de la taverne s'ouvrit à la volée. Des soldats en jaillirent dont l'un d'eux qui avança droit vers Jack.
- Jack Sparrow ?
- Capitaine ! Capitaine Jack Sparrow ! Et vous ne devez sûrement pas être les danseuses du ventre que le tavernier nous avait promis !
- Qu'on l'emmène !
Les soldats le saisirent.
- Capitaine...
- Va m'attendre au port, ça ne sera pas long, j'ai l'habitude !
Il fut emmené jusqu'à une grande place publique où des centaines de gens étaient regroupées autour d'un grand échafaud de bois dressé sur lequel étaient attachés trois autres pirates. Jack fut installé sur la place restante. Il regarda ses camarades.
- Messieurs !
- Je te reconnais toi, tu es Jack Sparrow ! Dit l'homme attaché à côté de lui.
- En personne !
- Je suis Bill coupe-gorge !
- Ah oui, un autre pirate redoutable réputé pour couler les navires au lieu de les utiliser !
- Oui !
- Et comment tu t'es fait avoir ?
- Bah pour une fois j'en avais pris un pour remplacer le mien qui était trop vieux et la marine royale m'a eu.
- C'est regrettable !
- En effet.
Un soldat déplia l'acte d'accusation.
- Par décision de sa Majesté le roi Georges II d'Angleterre, les personnes nommées ci-après ont été reconnues coupables d'actes de piraterie...
Et il s'engagea dans la lecture détaillées des actes d'accusation et différents articles de loi, ce qui prit bien une bonne demi-heure en tout, sans oublier que les chefs d'accusation de Jack étaient bien plus fournis que ceux de ses collègues !
Puis les tambours accélérèrent la cadence, justice allait être rendue. Le bourreau s'approcha du levier pour exécuter son mouvement fatal. Jack avala la boule qu'il avait dans la gorge. La dernière sûrement. Plus que quelques secondes. La main du bourreau se posa sur le levier. Ça y était.
- ARRÊTEZ !!!
Tous les visages se retournèrent.
Un carrosse noir aux montants dorés s'arrêta devant. L'homme qui en descendit était typiquement le genre de personnes que Jack aimait fuir : grand, sombre, avec une corpulence normale mais également une stature qui imposait le respect. Il était vêtu tout de noir, ce qui en disait long sur sa personnalité... néanmoins, pour une raison encore totalement inconnue, il avait réussi à arrêter l’exécution et rien que pour cela Jack était prêt à se jeter à ses pieds... avant de prendre la fuite, bien entendu !
- Je suis le lieutenant Théodore Grooves de la garde royale de sa Majesté, je viens chercher le dénommé Jack Sparrow à la demande expresse de son Altesse.
Jack fut le premier surpris avant toutes les autres personnes présentes.
- Détachez-le, tout de suite !
L'ordre fut exécuté et Jack relâché. Il fut conduit devant le lieutenant qui le regarda sans un mot puis avec un petit sourire.
- Suivez-moi.
Jack obéit et il partit avec lui tandis que l’exécution reprenait pour les trois autres malheureux.
Le carrosse traversa toute la ville en direction du palais de Buckingham. Une fois arrivés, Jack et Grooves traversèrent les immenses salles du palais jusqu'à atteindre la salle du trône protégée par une bonne cinquantaine de gardes.
Le roi était sur son trône tout au fond. Il était tout ce qu'un roi pouvait avoir de banal : vêtements de cérémonie traînant sur des kilomètres, maquillage à outrance, perruque parfaitement artificielle... et très gros. Jack était pressé d'en finir. Surtout que pour une fois il faisait beau, le soleil brillait à travers les vastes fenêtres sur le côté tout du long.
- Alors ! S'exclama le roi. Voici donc le célèbre pirate fugitif dont j'ai tant entendu parler au cours de ces dernières années !
- Apparemment oui ! Répondit Jack, oubliant tout protocole royal.
- Vous devez sûrement vous demander pourquoi je ne vous ai pas laissé vous faire pendre comme la logique et le bon sens le voudraient ?
- Un éclair de bon sens peut être.
- En réalité, j'ai besoin de vous.
- De moi ?
- De vous.
- De moi !!
- ARRÊTEZ CELA !!!
- Pardon.
Le roi reprit.
- Nous avons appris très récemment que le roi d'Espagne avait pris la mer à la tête d'une flotte de navires en direction des Caraïbes. Apparemment, il serait à la recherche de la fontaine de jouvence. En avez-vous entendu parler ?
- Comme toute légende digne d'être entendue.
- L'immortalité... le pouvoir au delà de tous les pouvoirs... avouez que c'est très intéressant !
- Oui peut être pour vous, mais quel rapport avec moi ?
- Vous savez où elle se trouve.
- Moi ?
- Nous savons que vous possédez ce qu'il faut pour nous y mener, votre légende vous précède.
- Je ne vois pas vraiment de quoi vous voulez parler.
- Votre compas, celui dont Lord Cutler Beckett faisait tant d'éloges autrefois, ainsi que votre connaissance unique des Caraïbes. Vous pourrez nous y mener.
- Mais je n'ai pas dit que je le voudrais !
- Oh je pense que vous n'avez guère le choix !
- Je n'ai jamais le choix, ce n'est pas juste ! Je suis capitaine tout de même ! Et d'abord comment m'avez-vous trouvé ?
- Il se trouve que le lieutenant Grooves traque sans relâche l'un de vos collègues les plus redoutables : Edward Teach.
- Ce bon vieux Edward ! Ravi de voir qu'il a encore plein d'autres amis dans le coin !
- Il y a de cela quelques jours, l'un de nos navires a été coulé par le Queen Anne’s Revenge, il vous avait repéré dans les parages quelques instants auparavant, j'en conclus donc que vous avez échangé quelques paroles amicales, peut être même au sujet de la fontaine de jouvence.
- Vous n'êtes pas au courant de la règle d'or de tout pirate ?
Grooves lui répondit d'un regard d'incompréhension.
- Un pirate garde tout pour lui ! Donc je ne vais sûrement pas dire ce que je sais à cette vieille méduse de Barbe Noire !
- Vous admettez donc en savoir sur la fontaine de jouvence alors.
Jack s'était piégé lui-même sans le vouloir.
- C'est très simple, dit le roi. Où vous nous menez à la fontaine de jouvence. Où je vous donne l’exécution que vous méritez. Vivre ou mourir. A vous de choisir.
- Je préfère de loin la troisième option.
- La troisième option ? S'interrogea le roi.
- Oui ! Celle là !
Il frappa le garde à côté de lui et poussa l'autre sur le reste qui fonça sur lui pour l'arrêter.
- Arrêtez-le !! Ordonna Grooves.
Jack courut vers la cheminée derrière le roi et prit le tisonnier brûlant, il se retourna façe aux gardes, brandissant son arme redoutable.
- Ah !
Il avança en les menaçant.
- Je suis au regret de vous laisser ici Majesté, il se trouve que j'ai beaucoup à faire alors, que ce jour reste à jamais dans vos mémoires comme celui où vous avez failli...
Un garde l’attrapa par derrière mais le fit tomber. Très mauvais geste car le tisonnier brûlant entra en contact avec la cape du roi. Et voici que le souverain prit feu !
- A moi ! Je brûle !! A moi !!!!!
Jack lança se releva en un éclair mais il était cerné à présent.
- Tu n'ira pas plus loin !! Dit l'un des soldats heureux de sa prise.
- Désolé de te décevoir mon gars !
Il lança le tisonnier droit vers l'un des grands rideaux rouges qui prit instantanément feu. Pris de panique, tout le monde se mit à courir, cherchant à éteindre le feu ou à sauver sa vie.
Jack en profita pour courir droit vers l'une des fenêtres.
- Quand faut y aller !
Il passa au travers, bondissant au dehors avant de retomber en chute libre, chute heureusement ralentie par les nombreux vêtements royaux mis à sécher sur des cordes.
Il atterrit au sol et reprit son équilibre. Les voix des soldats hurlaient à l’intérieur.
- Rattrapez le !!
Il n'y avait pas de temps à perdre ! Il chercha un moyen de fuir sans être vu et arrêté de suite. Il vit sa porte de sortie : un carrosse mené par une vieille femme. Il se précipita vers elle.
- Oh mais que diable faites-vous içi mon brave ?
- Une malencontreuse infortune, j'étais venu faire profiter notre bon roi ainsi que toute sa garnison de mon rhum des plus appréciés dans tout le royaume lorsqu'un manant s'est faufilé pour me dérober mon carrosse ! Vous rendez-vous compte !
- Mais c'est affreux !
- Oui ! Affreux ! Comment vais-je m'en sortir ! Oh je suis perdu, perdu !!
- Vous habitez-loin d’ici ?
- Près du port à vrai dire.
- Montez donc ! Je vous y mène.
- Je ne voudrais pas vous importuner !
- Oh vous ne risquez pas, tant que vous n'êtes pas l'un de ces horribles pirates ! Je ne peux pas les voir ceux là oh mon Dieu !
- Moi non plus oulala, qu'ils aillent tous se faire trancher la tête, notre pays pourra respirer !
- Exactement ! Allez montez !
Jack ne s'y reprit pas à deux fois et monta se réfugier à l’intérieur.
- Vous ne venez pas devant ?
- Non, je suis malade sinon.
- Vous êtes bien fragile milord !
- Oh oui je ne pourrai jamais être marin !
Ils passèrent devant les gardes à l'entrée qui ne prirent même pas la peine de fouiller le carrosse grâce à la solide réputation de la noble femme. Jack avait réussi à fuir une fois de plus ! Sauf que juste après avoir franchi l'entrée...
- Attendez ! Revenez un instant madame ! Je suis désolé nous avons des ordres.
La dame commença à faire demi-tour. Jack sortit.
- Que faites-vous ? Partez !
- Je dois obéir à ces messieurs ils ne font que leur travail.
- Non il faut pas ! Partez !!
- Vous n'êtes pas si pressé tout de même !
- SI !!
Il tira la vieille femme hors de son carrosse, elle s'écrasa en plein dans une grande flaque d'eau boueuse.
- C'est lui ! Il est là !! Attrapez-le !! Hurla un soldat en le voyant.
- Sois maudit sale chien galeux ! Va en enfer !!
- Mes hommages, Madame ! Salua Jack de son tricorne avant de prendre le contrôle du carrosse pour foncer droit devant. Mais d'autres soldats apparurent devant lui, bloquant le passage et s’apprêtant à ouvrir le feu. Jack déporta alors violemment le carrosse sur le côté, le soulevant du sol brièvement, il faucha les soldats au passage... avant de se détacher des chevaux. Jack tenait les rênes qui baignaient dans le vide. Il réalisa la situation quelques secondes plus tard et hurla. Tandis que le carrosse plongeait dans la rue en chute libre, il partit se réfugier à l'intérieur, seulement, il réalisa vite que quelque chose n'allait pas car le carrosse prit subitement de la vitesse, BEAUCOUP de vitesse. Il sortit la tête pour regarder et vit qu'il dérivait droit vers un escalier donnant sur le port. Il hurla et rentra à l’intérieur.
Le carrosse fut brusquement secoué de toutes parts et Jack avec. Une des roues plia sous les chocs répétés, une autre partit à la volée. Le carrosse retrouva la route, produisant des étincelles sous le frottement avant de terminer sa course folle contre un muret qui expulsa Jack par le toit de toile. Il hurla, vola brièvement sur quelques mètres pour retomber dans l'eau du port.
Quand il émergea, il vit Gibbs arriver précipitamment vers lui sur le ponton.
- Capitaine ! Oh on peut dire que vous avez fait un sacrée balade !
- Oh la routine, les complications habituelles, mais comme toujours, je suis le plus fort !
Gibbs l'aida à sortir de l'eau mais Jack se figea brusquement.
- Capitaine ?
Il regardait derrière Gibbs. Il regardait quelque chose d'apparemment terrifiant, impressionnant... ou très surprenant. Gibbs se retourna et eut exactement la même réaction.
Ils étaient là : Cotton, Marty le nain, Pintel, Ragetti, tout l'équipage. Mais ce n'était pas cela qui attirait le plus l'attention des deux hommes.
IL était là. Majestueux, magnifique, beau, puissant. Il s'étendait sur des centaines de mètres, ses vastes voiles noires déployées au vent. Le Black Pearl.
- C'est...
- Oui Capitaine.
- C'est...
- C'est bien lui oui.
Jack se précipita vers son navire.
- Jack, attendez !
Il avait tant espéré ce moment ! Le Black Pearl était pour ainsi dire sa seule et véritable raison d'être. Et déjà un stratagème se mit en place dans son esprit pour quitter le port de Londres à la barre de son navire. Il fallait agir vite tant que l'équipage n'était pas à bord. Il était tellement perdu dans ses pensées qu'il ne vit pas l'homme qu'il bouscula.
- Fais attention charogne !
Il leva la tête et fut horrifié : c'était Barbossa !
Et il avait bien changé mis à part son éternelle et très vilaine barbe affreuse. Il portait un fier uniforme de la marine anglaise avec l'énorme tricorne assorti, mais aussi, il n'avait plus qu'une jambe à présent, détail qui amusa Jack l'espace d'une seconde.
- Jack Sparrow ! Toi ici ! C'est impossible !!
- Hector... grimaça t-il.
- Sois maudit misérable ! Dit-il en portant la main à son épée.
- Arrêtez Commodore ! Nous avons besoin de lui.
Jack se retourna et vit Grooves et ses soldats. Ils l'avaient retrouvés. Mais ce n'est pas cela qui le perturba le plus. Il se retourna de nouveau et regarda longuement Barbossa avant de s'exclamer :
- Commodore !?
- Tu croyais que j'allais me reposer sur une île en attendant que le temps passe peut être ? Le monde change Jack et nous devons suivre le mouvement.
- Tu travaille pour eux ?
- En passant comme corsaire au service de l’Angleterre j'ai obtenu la liberté de circuler sur les mers, ainsi j'ai pu réaliser des profits colossaux tout en possédant ma propre flotte de navires de guerre, sans oublier ce magnifique tricorne qui me sied à merveille.
- Ça t'a réussi à ce que je vois ! Dit Jack en désignant la jambe de bois.
- Un maigre sacrifice en contrepartie de ma situation actuelle.
- Si tu es Commodore et que tu dirige une flotte alors qui est capitaine du Black Pearl ?
- C'est moi, répondit Grooves derrière lui.
Jack eut une grimace affreuse.
- Maintenant j'ai une véritable raison de boire du rhum !
- Ça suffit Jack, reprit Grooves. Vous ne pouvez pas vous échapper, vous n'avez pas d'autre choix que de me suivre. Par ordre du roi.
- Vous voulez quoi au juste ?
- Vous le savez déjà : je veux Barbe Noire et je sais que la quête de la fontaine de jouvence amèneront nos chemins à se croiser et c'est là que je lui rendrais justice, une bonne fois pour toutes. Je veux aussi quelque chose que vous transportez et qui m’intéresse au plus haut point.
Les soldats le fouillèrent et prirent la carte chinoise qu'ils remirent à Grooves.
- Voici donc ce dont vous me parliez depuis tout ce temps Barbossa : la carte menant à la source de l'éternelle jeunesse.
Jack regarda les deux hommes et la carte.
- Je vois... dit-il. Malin, vieux bouc prétentieux ! En échange de quoi lui a tu promis la fontaine ?
- Mon indéfectible loyauté !
- Oh et nous savons parfaitement tous les deux que tu es un homme de parole, ou plutôt, un pirate devrais-je dire. A moins que les bonnes manières t'aient rendu... maniéré...
- Ça suffit, il n'y a pas de temps à perdre, interrompit Grooves. Nous partons dès maintenant, préparez le Pearl.
- A vos ordres mon lieutenant, répondit Barbossa en s'inclinant.
Grooves se retira, Jack se contenta de dire :
- C'est pitoyable !
Barbossa emprunta le pont menant au Black Pearl. Jack fit de même, non sans une certaine émotion. Lorsque ses pieds touchèrent le plancher de son navire, il se sentit redevenir qui il était vraiment.
- Paré à appareiller ! Tenez-vous prêts bande de chiens galeux ! Hurla Barbossa.
Jack vit la barre de commandement, il s'y précipita et l'empoigna amoureusement, l'effleurant, la caressant.
- Jack ! Qu'est-ce que tu fais !?
- C'est moi le capitaine, tu a oublié ?
- Oh je t'en prie, épargne-moi tes gamineries, je n'ai plus le temps pour ça !
- Tu n'as quand même pas fait tout ça juste pour la fontaine de jouvence j'espère ?
- Je suis un pirate, Jack !
- Non, plus maintenant. Tu n'es plus libre.
- Ça suffit !
Barbossa se retira. Grooves monta à son tour sur le navire avec un contingent de soldats transportant vivres et munitions.
- Sommes-nous parés à appareiller ?
- Oui Lieutenant, dit Barbossa avec un sourire quelque peu forcé.
- Alors levez l'ancre et cap au sud-ouest. En avant toutes !
Avant que la passerelle de bois ne soit retirée, Jack fit signe à Gibbs de le rejoindre à bord, il obéit sans attendre. Derrière lui, un autre homme se faufila à bord sans que personne n'y prête attention malgré le fait qu'il était très voyant avec sa soutane, Philippe le missionnaire venu de Rome. Un autre explorateur parti à la conquête de la fontaine de jouvence.
Quelques secondes plus tard, l'ancre fut levée et lentement, le Black Pearl s'engagea vers la sortie du port de Londres pour naviguer sur des mers plus ignorées...