Noriko

Chapitre 83 : Post Enies Lobby (2)

4407 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 24/04/2026 14:32

— T’es venue me dire au revoir, la fille ?


Noriko n’avait pas relevé le surnom et avait souri. Elle avait souhaité récupérer quelques-unes de ses affaires au sein de la Galley-La Company, mais la menace de Pauly qui consistait à l’abandonner dans un coin reculé de l’île ligotée à un arbre l’avait convaincue de faire demi-tour.



Elle était donc tombée sur Franky qui s’affairait toujours au chantier et avait senti un pincement au cœur à l’idée de ne plus le revoir. Il avait été un allié précieux et surtout, avait été le seul à ne jamais l’avoir jugée.



Il l’avait vue se faire rétamer, avait voulu l’aider, mais n’avait pas été assez rapide. Cela avait donc été devant ses yeux que Noriko avait torturé son ennemi. Elle avait agi avec une cruauté sans nom en tant que monstre, et pourtant, pas une seule fois Franky ne l’avait considérée comme tel.



Aucun de ses autres amis n’était au courant de sa conduite. Elle pourrait bien évidemment toujours compter sur leur soutien sans faille, mais la crainte qu’elle avait vue dans leurs regards lors de sa perte de contrôle ne quittait pas son esprit. Pour ainsi dire, seule la présence du cyborg apaisait ses songes et l’empêchait de cogiter. Toutefois, elle s’était fait un point d’honneur à ne jamais lui faire part de ses pensées, ne souhaitant pas lui imposer ce fardeau. Elle s’était donc simplement contentée d’espérer à voix haute qu’il assisterait à leur départ.




Les Chapeaux de Paille avaient vaqué à leurs occupations jusqu’à ce qu’on leur annonce que le navire était terminé et qu’il avait été mis à l’eau. Ils avaient emballé leurs affaires et s’étaient dirigés vers le point annoncé. Le Log-pose étant rechargé depuis plusieurs jours, le départ était imminent.



Zambai était vivement venu à leur rencontre, paniqué et brandissant des avis de recherche.



Les nouvelles primes étaient enfin là et chacun y était allé de sa réaction personnelle : Zoro et Luffy avaient affiché un grand sourire, très fiers du montant de leur prime ; Robin l’avait été également mais surtout pour avoir réussi à échapper au funeste destin qui l’avait menacée ; Nami avait été effarée d’être considérée comme une criminelle mais s’était rassurée en se trouvant mignonne sur sa photo et Ussop manquant toujours à l’appel, personne n’avait osé réagir en voyant celle de Sniperking. Quant à Chopper et Sanji, tous deux avaient été frappés d’une humeur dépressive.



Le médecin avait été pris pour la mascotte de l’équipage et n’était recherché que pour la modique somme de 50 Berrys tandis que la photo du cuisinier avait été ratée et remplacée par un vulgaire dessin.



Les avis avaient divergé à ce dernier propos. Luffy et Zoro – surtout Zoro – le trouvaient très ressemblant alors que le principal intéressé y avait vu un inconvénient concernant sa côte de popularité auprès de la gente féminine qui risquait de baisser drastiquement selon ses dires.



Noriko avait partagé la joie de ses amis et réconforté ceux qui en avaient besoin, tout en s’efforçant de rester impassible à son propre avis de recherche. L’échange avec Garp et son second concernant l’influence de Mihawk était irrémédiablement revenu dans son esprit au moment où ses yeux s’étaient posés dessus.



Sa photo était identique et la représentait toujours à Arlong Park, mais sa prime avait doublé depuis Alabasta et s’élevait maintenant à 400 millions de Berrys : une somme astronomique. Elle avait esquissé un sourire aux bouderies de Luffy concernant le fait qu’il ne l’avait pas dépassée – sa prime étant de 300 millions de Berrys – mais n’avait pas continué la conversation et avait préféré faire la sourde oreille aux félicitations des uns et à l’inquiétude des autres.



« Morte ou vive ». Ces caractères imprimés la préoccupaient plus que le montant promis pour sa capture.



Garp avait peur que Mihawk ne provoque un déséquilibre mondial s’il devait lui arriver quelque chose. L’information était désormais publique. Comment le Grand Corsaire allait-il réagir en apprenant que le Gouvernement Mondial n’avait officiellement plus cure de ses menaces ? Ses menaces étaient-elles non seulement réelles ?



Persuadée d’être insignifiante à ses yeux, elle n’avait pas vraiment envie de connaître la réponse. Même si l’imaginer déchaîner sa puissance suffisait amplement à la faire frémir, elle refusait surtout de lui être davantage redevable. Envisager de compter sur son aide avait le don de l’irriter au plus haut point et lui rappelait de douloureux souvenirs : le jour de sa fugue, elle avait décidé de se débrouiller seule et avait tout bonnement échoué.



Ibuki. Même mort, il continuerait de la hanter.



Elle avait réprimé un frisson en le visualisant dans son esprit, puis avait froissé la feuille entre ses mains. La Marine avait tenté de l’abattre sur le Pont de l’Hésitation à cause des dégâts qu’elle causait et la considérait désormais comme une menace. Une menace dangereuse. Il lui faudrait redoubler de vigilance. Ne pas se mettre en danger. Devenir toujours plus forte.



Garp avait raison : Mihawk devait à tout prix rester à sa place. Il ne pouvait pas de nouveau intervenir dans sa vie pour la sauver. Il ne devait pas être impliqué. Les répercussions n’en seraient que terribles.



Elle avait longuement dégluti en comprenant ce que ça signifiait : il fallait le revoir pour lui faire entendre raison. Et le plus tôt serait le mieux.



Zambai avait interrompu ses pensées en tendant un dernier avis de recherche représentant Franky, et avait supplié Luffy de le forcer à partir avec eux car Water Seven était devenue trop risquée pour lui.



Pour étouffer l’affaire du Buster Call, le Gouvernement Mondial avait fait mentir les journaux. Officiellement, l’équipage du Chapeau de Paille avait détruit l’île et provoqué les incendies. Le cyborg déjà recherché pour ses crimes était maintenant accusé de complicité.



Zambai avait insisté, prétextant que son patron ne partirait pas de lui-même car il refuserait d’abandonner la Franky Family.



Il avait recruté tous les voyous et petites frappes de la ville afin de leur offrir une meilleure vie et garantir leur protection ; mais ce que tout le monde se gardait de dire cependant, c’était qu’il les avait surtout recrutés pour protéger la cité et préserver l’héritage de son défunt maître Tom. Il avait formé la Family, puis s’était forgé une réputation de renégat et de désosseurs de navires dans l’unique but de faire peur aux éventuels pirates et ainsi assurer la sécurité de la ville. Son devoir avait été accompli et il était temps désormais qu’il passe à autre chose, qu’il prenne la mer pour vivre pleinement sa vie.



Luffy avait souri et assuré qu’il comptait déjà en faire son charpentier.



Il avait ensuite été convenu que Zambai et ses hommes iraient le chercher et trouveraient un prétexte pour l’amener à eux avant qu’ils ne prennent la mer.




Les Chapeaux de Paille avaient retrouvé Icebarg qui leur avait présenté leur nouveau navire et l’équipage en avait été subjugué.



Parfait à leurs yeux, répondant aux demandes de chacun et promettant de merveilleuses aventures ; le bateau pirate offrait une magnifique figure de proue qui ressemblait vaguement à une fleur de tournesol selon les charpentiers mais à un lion selon Franky. Deux fois plus gros que le Vogue Merry, il était serti de plusieurs voiles permettant une grande maniabilité. Toutes étaient érigées sur un pont recouvert d’une pelouse accueillant déjà les mandariniers de Nami et permettant d’y planter un potager.



La visite avait été couronnée de succès et de nombreuses surprises avaient été découvertes.



Sanji avait été ravi de découvrir un réfrigérateur avec un cadenas afin d’empêcher un certain goinfre de se servir derrière son dos ; Zoro avait trouvé l’immense salle d’entraînement faisant également office de poste de vigie parfaitement à son goût ; la navigatrice et le médecin de bord avaient leurs propres bureaux et une salle de travail indépendante ; Robin avait eu droit à une grande bibliothèque qui lui permettrait de passer des heures à étudier et Noriko – qui, comme tous les autres, avait sa propre chambre – avait été soufflée de constater que la sienne était équipée d’un système d’évacuation d’eau automatique qui permettrait d’assurer la sécurité de tous dans le cas d’une perte de contrôle.



De ce qu’ils avaient vu d’autre, une immense salle de bain surplombait l’arrière du navire, tandis qu’une autre plus petite se trouvait non loin des dortoirs et qu’une troisième était adjacente à la salle d’entraînement.



Un atelier construit à l’écart permettait à qui le souhaitait de bricoler tout un tas de gadgets et de faire des travaux en tout genre.



Au centre du pont, un vivier donnait l’accès à un aquarium géant qui lui-même donnait directement vue sur la cuisine, promettant ainsi d’avoir du poisson frais à disposition.



Pour finir, une immense cale – le Système Soldier Dock – avait été aménagée dans la coque. Selon la position d’un levier près du gouvernail, deux grosses roues à eau pouvaient sortir sur les parties latérales du navire pour se déplacer en cas de tempête ou d’absence de vent. On pouvait également accéder au Waver de Nami, à une sorte de pédalo nommé le Mini-Merry dont la figure de proue représentait celle de ce dernier et à un sous-marin qui avait la forme d’un requin.



Après les réjouissances et tandis que l’équipage faisait leurs adieux à leurs nouveaux amis – Pauly et les charpentiers, Kokoro et ses proches – Icebarg s’était longuement entretenu avec eux pour demander le même service que Zambai. Selon lui, Franky mourrait d’envie de les rejoindre et ne pouvant refuser une telle offre, avait préféré ne pas se montrer.



Au même moment, la Franky Family avait fait son apparition, poursuivie par le principal concerné. Le groupe avait réussi à l’attirer en lui volant ce à quoi il tenait et qui était irremplaçable : son slip.



Loin d’être pudique, Franky avait parcouru la ville à moitié nu, se moquant toutes les personnes présentes autour du nouveau navire qui tentaient vainement de détourner le regard de son entre-jambes. Hors de lui, il avait assuré vouloir rester ici, souhaitant qu’on le laisse tranquille et avait refusé d’écouter qui que ce soit, surtout pas son plus proche ami : Icebarg.



La situation n’avait pas dû être assez chaotique pour Robin qui avait eu une drôle d’idée. Elle avait fait apparaître des mains à l’intérieur des cuisses du cyborg, puis avait saisi avec vigueur les deux bourses composant son service trois-pièces.



Douloureusement recroquevillé au sol, il avait finalement consenti à écouter ce que le maire avait à lui dire.



Celui-ci lui avait juré qu’il prendrait soin de sa famille et qu’il les engagerait officiellement au sein de son entreprise. Tous assureraient ainsi la sécurité de Water Seven et travailleraient ensemble sur son nouveau projet : un plan pour transformer la ville en île flottante. Celle-ci s’enfonçait de plus en plus dans les fonds marins et pourrait ainsi définitivement échapper à l’Aqua Laguna dans les années à venir.



Le cœur allégé, le cyborg avait ainsi – non sans peine et pleurant à chaudes larmes – accepté de rejoindre les Chapeaux de Paille.



Son slip avait atterri devant ses yeux et Luffy avait hurlé qu’il avait un nouveau compagnon.



Tous s’étaient ensuite dit au revoir avec émotions.



Pauly avait fait promettre une dernière fois à l’homme aux cheveux bleus de veiller sur tout le monde avant de vivement rabrouer Noriko. Suite à un faux mouvement, son haut trop grand pour elle avait glissé, permettant à son épaule dénudée de laisser entrapercevoir une bretelle de son soutien-gorge. En retour, la manieuse d’eau s’était simplement contentée de l’embrasser sur la joue en guise d’adieu et de monter à bord.



Le charpentier avait frôlé la syncope. Franky avait ri. Les Chapeaux de Paille avaient embarqué.



Prêts à lever l’ancre, il avait fallu baptiser le navire afin de prendre un bon départ et la suggestion d’Icebarg avait été retenue : Thousand Sunny – à défaut d’avoir vu la figure de proue comme un lion ou un tournesol, celui-ci y avait vu un soleil.




Le Sunny avait longé la côte, sans pour autant s’en éloigner. Personne n’avait demandé mais tous avaient sû pourquoi. Luffy avait attendu Ussop, persuadé qu’il allait se montrer pour revenir parmi eux.



Quelques jours plus tôt, Sanji avait en effet vu le tireur d’élite s’entraîner à trouver la bonne répartie pour justifier son retour.



Cependant, Zoro ne l’avait pas entendu de cette oreille. Si Ussop ne s’excusait pas pour son comportement, il était hors de question qu’il revienne dans l’équipage. Luffy était peut-être un idiot, mais restait leur capitaine et chacun lui devait le respect. Ils étaient pirates et n’étaient pas là pour rigoler. Personne ne pouvait partir et revenir comme bon lui semblait sans aucune justification. Le bretteur avait ensuite été très clair : si Ussop revenait sans remplir sa condition, c’est lui-même qui quitterait l’équipage.



Tous avaient été tendus depuis et évitaient d’aborder le sujet.



Une annonce faite au mégaphone avait interrompu leur attente.



Au large, le navire de Garp leur fonçait dessus. Selon ses dires, l’Amiral Commandant en chef Senkoku s’était fâché et lui avait ordonné de faire demi-tour pour réparer ses erreurs : prétexter ne pas vouloir arrêter son propre petit-fils n’était pas passé.



La somme totale pour la capture intégrale de l’équipage dépassait les 660 millions de Berrys. Avec de telles primes et les évènements d’Enies Lobby, la Marine ne pouvait plus ignorer la menace qu’ils représentaient.



Les Chapeaux de Paille avaient mis les voiles et une course poursuite s’en était suivie.



Le Vice-Amiral avait fait part de sa puissance en les bombardant de boulets de canon à main nue et tous s’étaient activés pour contrer les attaques.



Il avait fallu protéger le navire le temps pour Franky de mettre au point la défense ultime du Sunny : un coup de Burst qui les expulserait dans le ciel et les propulserait à plusieurs kilomètres de là. La coque faite de bois d’Adam avait été justement travaillée pour résister au choc.



La lutte avait été acharnée et au moment où le cyborg avait indiqué être prêt, Ussop avait fait son apparition.



Agenouillé sur un quai, il avait d’abord expulsé toute sa rancœur envers lui-même concernant sa manière d’avoir agi, puis avait finalement explosé en sanglots. Assumant enfin son erreur, il s’était excusé.



Il n’en avait pas fallu plus à Luffy pour craquer et pleurer à son tour. Il avait immédiatement étendu son bras jusqu’au tireur d’élite et lui avait ordonné d’attraper sa main.



L’émotion avait été vive au sein de l’équipage, soulagé de retrouver leur ami.



À peine Ussop avait douloureusement rejoint le pont que Franky actionnait son arme secrète. Tous s’étaient accroché à ce qu’ils pouvaient, le Sunny avait décollé et Water Seven avait disparu de leur champ de vision.


-----------------------


Noriko fit apparaître une bulle d’eau à ses pieds qu’elle remonta le long de son corps jusqu’à la pointe de ses cheveux. Parfaitement sèche, elle attrapa une serviette épaisse pour se couvrir et retourna dans sa chambre, son pyjama sous le bras.



À travers un hublot, elle aperçut Luffy, perché sur la figure de proue, certainement impatient à l’idée d’apercevoir une île.



Elle sourit, puis sortit de la salle de bain. L’âme du Vogue Merry se trouvait dans le Thousand Sunny et certaines habitudes inchangées avaient tendance à le lui rappeler.



Noriko referma la porte de sa chambre derrière elle et jeta ses habits sur son lit. Elle ouvrit son armoire pour se changer et tomba assise par terre, hurlant de terreur.



À moitié enseveli sous ses vêtements, un squelette était recroquevillé à l’intérieur.



Avec une respiration rauque, ce dernier fit craquer ses os les uns après les autres, et se releva lentement, un doigt menaçant pointé vers elle.



Puis se mit à rire aux éclats.



Une main sur la poitrine pour se calmer, la manieuse d’eau se releva, furibonde.


— BROOK ! Je peux savoir ce que tu fiches là-dedans !?



Il avait fallu quelques jours à Noriko pour qu’elle arrête d’être surprise par l’apparence de leur nouveau camarade, recruté depuis leur halte à Thriller Bark. Elle avait trouvé en lui un joyeux compagnon qui s’était rapidement intégré à l’équipage et était, de manière générale, toujours ravie de discuter avec lui.



Brook avait mangé le Fruit de la Résurrection, ce qui expliquait son physique. Décédé il y a plus de cinquante ans avec le reste de son équipage à cause d’un empoisonnement commun, son âme avait mis trop de temps à retrouver son corps et n’avait pu reprendre vie qu’à travers ses ossements – ainsi que sa coupe afro, ce qui constituait un véritable mystère pour tous.



Désormais un véritable squelette vivant, il en impressionnait plus d’un de par sa grande taille qui dépassait les deux mètres et passait son temps à rire de sa condition ; précisant par exemple qu’il voyait très bien sans ses globes oculaires ou qu’il pouvait avoir froid et même s’enrhumer.



C’était un très bon musicien – sa qualité principale selon Luffy – et un excellent escrimeur. Élégant et raffiné, il rangeait son arme à l’intérieur de sa canne qui ne le quittait jamais.



Les Chapeaux de Paille avaient découvert à travers son récit qu’il faisait partie de l’équipage ayant laissé Laboon derrière eux. La vérité était toute autre : ils comptaient bel et bien venir le récupérer mais étaient tous morts avant d’avoir pu honorer leur promesse.



Brook avait été anéanti en apprenant que son ami était toujours en vie et s’était mis en tête de le retrouver. Luffy l’avait ainsi invité à les rejoindre afin qu’ils y aillent tous ensemble.



Ému, le squelette avait immédiatement accepté, jurant qu’il ferait tout pour protéger ses nouveaux compagnons et assurant avec le plus grand des sérieux qu’il leur en serait éternellement reconnaissant de l’avoir délivré de sa solitude.



D’humeur taquine en attendant, il ne manquait pour ainsi dire jamais une occasion de terroriser quelqu’un, comme en témoignait cette nouvelle blague.



Celui qui avait été autrefois composé de chair surplombait Noriko de toute sa hauteur et la détaillait de la tête aux pieds, remarquant qu’à cet instant qu’elle n’était vêtue que d’une serviette. Il reprit son sérieux, arrangea son jabot de soie et se pencha vers elle.


— Très chère Noriko. Mes plus plates excuses si je me trompe, mais il me semble qu’avec la tenue que tu portes, je puis aisément dire que tu viens de te laver. Dis-moi, est-ce que tu portes une culotte ?


Furieuse et avec une série d’insultes, la principale intéressée lui répondit par un coup de poing qui l’envoya valser à l’autre bout de la pièce. Si cet homme était en apparence un gentleman, il avait une fâcheuse tendance à demander à voir les sous-vêtements des demoiselles.



Un cri de rage accompagné de pas précipités provint du couloir et la porte de la chambre manqua de voler en éclat lorsque Sanji la défonça.


— Nori-jolie ! Je suis là, je réponds à ton appel à l’aide !


Les pieds de la jeune femme décollèrent du sol et elle se retrouva dans les bras du cuisinier avant qu’elle ne puisse réagir.


— Ne t’en fais pas, je te protègerai, je…


Sanji se tut et son nez se mit à saigner abondamment. La serviette que Noriko portait avait glissé et laissait apparaître une partie de sa poitrine.



Luffy passa devant la porte au même moment et se précipita vers eux avec un grand sourire innocent.


— Eh, vous jouez à quoi ? Je peux venir ?


Les poings serrés, une veine battit furieusement la tempe de la jeune femme tandis qu’elle grinçait des dents.



La seconde d’après, un énorme fracas secouait le navire suivit d’une immense vague qui s’échappa de sa chambre pour terminer sa course dans l’océan.




La manieuse d’eau sortit sur le pont quelques minutes plus tard avec un grand sourire. Vêtue d’une salopette kaki et de ses éternelles bottines noires, elle avait même pris le temps de se coiffer et arborait une queue de cheval haute.



Ussop passa devant elle sans la voir, armé de tout un tas de gadgets depuis qu’il s’était mis en tête d’améliorer le Climat-Tact de Nami et marmonnant de nouvelles idées incompréhensibles.


— Noriko !


Prenant un thé avec Robin, la navigatrice lui faisait signe pour l’inviter à les rejoindre.



À leurs côtés, allongés dans l’herbe se trouvaient Brook et Luffy. Trempés et ayant manqué de se noyer, ils se confondaient en excuses, sans vraiment savoir à qui ils s’adressaient, ni ce qui s’était passé – surtout le capitaine qui n’avait qu’être au mauvais endroit, au mauvais moment. Sanji était également présent, le visage en sang et affichant toujours un air béat.



— Eh, la fille, héla Franky à bout de souffle et également trempé. La prochaine fois que je dois aller les repêcher, préviens-moi.


Noriko afficha un air gêné. Si elle avait fait en sorte de n’emporter que les trois garçons sans rien abimer d’autre sur le navire, elle n’avait pas pensé que Sanji serait à moitié inconscient et qu’il ne pourrait pas porter secours aux deux autres.


— Ces crétins n’ont que ce qu’ils méritent, bougonna Nami, je devrais leur faire payer des intérêts pour les calmer.


Robin rit aisément et Noriko sourit. La dernière fois que Sanji et Brook avaient tenté d’espionner la rouquine dans son bain, ils s’étaient retrouvés électrocutés.



Zoro se hissa à son tour sur le pont, Chopper accroché à sa tête et l’étouffant presque. Le bretteur bougonna quelque chose d’inaudible et réussit finalement à jeter le petit renne aux côtés des autres.


— Cet abruti s’est jeté à l’eau pour les sauver, expliqua-t-il en essorant son t-shirt.


— Mais… c’est moi le médecin, couina ce dernier.


Le jeune homme à la chevelure verte le rabroua de sa mauvaise humeur, lui rappelant qu’il était une enclume.



Noriko se fit toute petite et tenta de s’éclipser discrètement, mais fut interceptée par Zoro et invectivée à son tour. Elle venait tout de même de manquer de tuer la moitié de l’équipage.



Sans se préoccuper des plaintes qui fusaient entre les deux amis, Robin sirota tranquillement son thé avant de porter son attention sur Nami.


— Ton Log-Pose pointe toujours vers le bas ?


— Tu sais ce qu’il te dit le râleur de service ? pesta Zoro.


— Oui, confirma la navigatrice après un bref coup d’œil à son poignet. Kokoro a dit qu’il s’agissait de l’île des hommes-poissons, mais a ri quand je lui ai demandé de m’en dire plus.


— Elle avait déjà descendu trois bouteilles, bougonna Franky qui s’était approché, tu t’attendais à quoi ?


— Que sa bonne humeur est à la hauteur de son sens de l’orientation ? devina Noriko avec un sourire narquois.


Irrité par les jérémiades incessantes, le cyborg attrapa les deux compagnons par leurs nuques et les sépara comme s’il s’agissait d’enfants.


— C’est pas bientôt fini !?


Tous deux protestèrent d’une seule voix, l’un accusant l’autre d’avoir commencé.


— Un mot de plus et c’est moi qui vous balance à la flotte !


Le cyborg les relâcha, puis reprit le cours de la conversation tout en les toisant sévèrement.


— Je suppose qu’il va falloir plonger, s’amusa l’archéologue comme si de rien n’était.


— Tu crois pas si bien dire, Robin ! s’extasia l’homme robot en levant un pouce. C’est l’occasion parfaite pour utiliser le sous-marin que…


Il n’en fallu pas plus pour que Luffy se relève comme si de rien n’était et se précipite vers la cale, bousculant Zoro et Noriko au passage qui tombèrent à la renverse.


— Moi d’abord, moi d’abord ! hurla-t-il.


— Reviens ici, espèce de crétin, cria Franky en se lançant aussitôt à sa poursuite, tu sais bien que t’as pas le droit de toucher quoi que ce soit sans mon autorisation !


Noriko se frotta le crâne, douloureux après avoir percuté celui de Zoro.


— Il pourrait faire attention, marmonna-t-elle en se relevant.


— Mais comment une tête peut-elle être aussi dure alors qu’elle est vide ? se lamenta le bretteur en l’imitant.


Noriko mit quelques secondes à comprendre qu’il l’insultait.



Robin porta sa tasse à ses lèvres. Nami soupira.



Une nouvelle dispute éclata.

Laisser un commentaire ?