LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 227 : L’amour libertin ♡
Point de vue de Rinko
J’observe Mei, qui sirote un verre alors que je suis entouré par quelques filles. Elle n’a pas l’air jalouse, et c’est perturbant. Parce que je me pavane devant ces filles uniquement pour la rendre dingue, ce qui ne marche pas du tout, mais j’applique là un schéma classique, censé fonctionner sur des femmes « normales » et pas sur un esprit libre comme Mei. Alors je me décide à arrêter mon cirque et je la rejoins. La lune se reflète dans ses magnifiques yeux noirs, elle est sublime, c’est dingue.
- Qu’est-ce que tu fais toute seule ? demande-je.
- J’attendais que tu m’invites à danser, réplique-t-elle en me sortant son sourire dangereux.
Un sourire, un regard de sa part, et je suis à genoux. Voilà l’effet de Mei sur moi, l’effet qui ne cesse de croitre depuis que nous avons couché ensemble, depuis que je ne vois qu’elle quand je ferme les yeux le soir et que je les ouvre le matin.
J’attrape sa taille et je la tire contre moi tandis qu’elle éclate de son rire si élégant, si calme, si beau, en attrapant ma nuque. Je pose mes mains sur ses hanches, que je ne peux m’empêcher de caresser alors que nous dansons l’un contre l’autre, d’une façon un peu trop brûlante pour qu’elle ne me retourne pas des pieds à la tête. Elle passe lentement ses ongles le long de ma nuque et je resserre mes doigts sur elle, puisque la tension entre nous est déjà à son maximum, comme chaque fois que nous nous touchons. J’en ferme les yeux, je me plonge dans mes souvenirs d’elle, de sa peau nue, de la courbe de ses hanches lorsqu’elles ne sont pas cachées par sa robe et je ressens les griffures qu’elle m’a assénées toute cette jolie nuit.
- J’ai gardé les marques pendant des jours, commente-je en sachant qu’elle comprendra.
Elle rit une fois de plus, et j’ouvre les yeux pour ne pas manquer ça.
- J’y suis allée un peu fort, convient-elle en se mordant la lèvre.
Mei ne se mord pas la lèvre comme les autres femmes. Quand Hanako le fait, elle est adorable, quand Mei le fait, elle est irrésistible et je crois qu’elle le sait. Je me rapproche d’elle automatiquement, je la resserre contre moi, je passe mon nez contre le sien et je suis de plus en plus hypnotisé. Elle ferme à demi les yeux, pour m’offrir son regard charmeur, celui qui hante mes pensées.
- Tu recommences quand tu veux…, souffle-je.
- Ne me tente pas chaton, répond-elle à voix basse.
Je passe encore mon nez contre le sien, j’approche mes lèvres doucement des siennes, je tente ma chance encore une fois en lui laissant l’opportunité de se dérober, ce qu’elle fait en tournant la tête tout en tirant sur la mienne pour caler mes lèvres contre son cou à la place. C’est déjà très bien et je l’embrasse donc avec douceur en fermant les yeux, en glissant ensuite simplement mes lèvres sur la peau de sa gorge, l’esprit saturé par mes souvenirs coquins. Je la désire tellement que j’en ai mal au cœur, que chaque cellule de mon corps souffre de son absence, qu’elle me parait trop loin alors que je la tiens tout contre moi.
- Mei…, supplie-je contre sa peau.
- Chut…, répond-elle avec douceur.
Elle cale ses avant-bras autour de ma nuque pour me câliner plus tendrement et je fronce les sourcils en restant calé contre son cou, meurtri d’avoir eu si peu d’elle.
- Je t’aime, gémis-je au creux de nuque.
Elle rit encore et je souris face à ce si beau son dans mes oreilles.
- Je ne sais pas ce qu’est l’amour Rinko, je te l’ai déjà dit, finit-elle par répondre.
- Bien sûr que tu le sais, c’est ce qu’il y a entre nous, réplique-je en souriant un peu plus.
Son rire résonne encore et je reprends mes baisers contre sa gorge, puisque je n’ai le droit qu’à ça. Je devine qu’elle ferme les yeux, qu’elle brûle d’envie, je la connais déjà par cœur, parce que je n’ai jamais porté autant d’attention à une femme qu’à elle, et que le temps que nous avons passé tous les deux m’aura suffi à l’apprendre sur le bout des doigts.
- J’ai besoin de toi, dis-je encore.
Cette fois, je dépasse une ligne je crois, parce qu’elle recule sa tête de la mienne pour m’observer avec un visage fermé. Elle ne répond même pas, elle se détache simplement de moi pour s’éloigner et je l’observe faire, impuissant.
Quand je lui sors des conneries, ça passe, quand je la fais mourir de rire aussi, mais chaque fois que j’essaie de lui dire ce que je ressens, elle s’en va. Je ne sais plus si je devrais continuer… Ma conversation avec Hanako m’avait redonné confiance, mais je préfère largement être ami avec Mei que rien du tout, et je me demande si « rien » n’est pas tout ce que j’obtiendrai en me comportant comme je le fais...
Elle s’assoit sur le bord de la grosse fontaine du patio, pour observer les étoiles, l’air pensive. Elle est à l’opposé des invités, cachée derrière la structure en pierre et c’est ce qui me décide, parce que nous serons tranquilles, qu’il nous reste peu de temps ici, que j’ai besoin de lui dire les choses et que je serai bien content d’être entouré au cas où elle mette un terme à notre amitié. Je la rejoins donc avec détermination pour m’assoir à côté d’elle.
- Pourquoi tu te sauves à chaque fois que je t’ouvre mon cœur ? demande-je franchement.
- Parce que tu ne m’ouvres pas ton cœur Rinko, tu me dis ce que tu imagines que je veux entendre alors que tu te trompes complétement…, soupire-t-elle.
- Je ne te dis pas ce que tu veux entendre, réplique-je.
Elle tourne la tête vers moi pour vriller ses yeux dans les miens, et comme à chaque fois, je suis à ses pieds, muet et impressionné.
- Bien sûr que si, dit-elle avec assurance.
- Non, je te l’assure, murmure-je.
- Alors arrête…, insiste-t-elle en détournant la tête.
- Mais pourquoi… ? m’obstine-je.
- Mais que cherches-tu Rinko ?! demande-t-elle alors d’une voix désespérée en me regardant.
- Toi, juste toi… Je veux t’embrasser, je veux coucher avec toi, je veux te tenir la main, je veux dormir chez toi, rire aux éclats, discuter…
- Je ne veux pas d’une relation.
- Qui donc parle d’une relation Mei… ? Je te dis ce que j’aimerais faire, pas la case dans laquelle je veux te mettre.
Elle ne répond pas, elle m’observe simplement et ça m’encourage.
- Je veux faire toutes ces choses avec toi, aussi souvent que tu me laisseras le faire, parce que j’aime être avec toi, plus qu’avec n’importe qui…
- Nous discutons et nous rions, souligne-t-elle en haussant un sourcil.
J’hoche la tête et nous nous observons en silence une minute. Je ne sais pas par quel bout la prendre, je ne sais jamais, c’est elle qui commande entre nous, elle qui mène la danse, que ce soit au pieu ou au quotidien… Elle décide, elle ordonne, elle domine et j’obéis… Le contraire même de mon attitude habituelle, alors que je n’ai jamais autant pris mon pied dans une relation, que je ne me suis jamais senti appartenir autant à quelqu’un, alors que cette personne ne veut même pas de moi. Pourtant ça coule de source, comment peut-elle ne pas le sentir au fond d‘elle ? Comment pourrais-je me tromper à ce point ? Comment Kakashi pourrait-il se tromper ? La réponse est simple, il ne le peut pas.
Je me penche donc lentement vers sa gorge, qui frissonne déjà d’impatience et je m’y glisse pour l’embrasser encore. Dès qu’elle relève le menton, je sais que ma femme fatale est conquise une fois de plus, et que tant que je garde ma langue pour moi, elle le restera. Alors j’attrape ses cuisses et ses fesses pour la tirer tout contre moi, pour continuer mes baisers tout en caressant ce que j’ai entre les mains avec douceur. J’attrape son lobe entre mes dents, je le mordille, je tire dessus doucement parce que je sais qu’elle adore ça.
- Rinko…, me réprimande-t-elle malgré son souffle qui accélère.
Je me détache de son cou mais elle tourne son visage vers le mien dans la foulée, le ramenant bien trop proche pour que je ne sois pas tenté et je passe encore mon nez contre le sien, incapable de résister à la tentation, luttant de toutes mes forces pour ne pas encore essayer de l’embrasser alors que l’électricité entre nous est palpable.
Je glisse une main contre sa joue, j’attrape même sa tête pour la pencher, je passe le bout de mon nez sur ses lèvres, j’embrasse sa mâchoire avec douceur, je câline son visage autant que je le puisse sans passer la limite et elle me laisse faire. Elle ferme les yeux en confiance, elle se laisse séduire et ça me rend fou. Je sais qu’elle me désire autant que je la désire, nous avons déjà couché ensemble, je ne comprends rien.
- Pourquoi tu ne veux pas coucher avec moi ? demande-je dans un murmure.
- Parce que je ne veux pas t’embrasser… et qu’il est inenvisageable que je couche avec toi sans t’embrasser Rinko.
Je fronce les sourcils, de plus en plus perdu, mais je continue mes caresses sur son visage, je la câline toujours à ma façon alors que mon cœur bat trop vite et que mes envies me torturent. Je redresse finalement sa tête face à la mienne et ses yeux s’ouvrent, des yeux encore plus sombres, aux pupilles immenses.
Je me penche vers elle un peu plus près, je suspends mes lèvres à quelques millimètres des siennes, jouant décidemment avec le feu ce soir.
- Pourquoi refuses-tu de m’embrasser Mei ? souffle-je contre ses lèvres.
- Parce que si je t’embrasse encore une fois Rinko, j’ai bien peur de ne plus jamais vouloir te laisser partir…, avoue-t-elle finalement.
Mon cœur s’enflamme, il vibre et je manque de me jeter sur ses lèvres, mais je ne dois pas, c’est sa décision.
- Je ne veux pas partir Mei, pourquoi faudrait-il que je parte ? supplie-je.
- Parce que tout ça ne rime à rien… je ne veux pas de petit-ami, encore moins un beau jeune homme comme toi… mais pourquoi t’attaches-tu comme ça à moi… ?
- Parce que je t’aime, insiste-je.
- Arrête de me dire ça… Tu es jeune, tu es beau, tu es un homme formidable… Arrête de t’attacher à une fleur fanée…
- Une fleur fanée ? C’est donc ça le fond du problème ? demande-je en riant dans un souffle. Tu es la plus belle fleur qu’il puisse exister, tu es jeune, tu es belle, tu es une femme formidable… Mei… Embrasse-moi…, supplie-je.
Mais elle tourne finalement la tête à l’opposé, refusant une dernière fois, alors que j’ai cette fois tout donné. Je la lâche donc et je m’absorbe dans la contemplation des étoiles, car même si elle me repousse sans cesse, je suis toujours mieux à côté d’elle que n’importe où ailleurs, et je me plonge dans mes pensées. Elle n’est pas du genre à épiloguer trois jours, et je réalise donc que le fond du problème est bien qu’elle se pense « fanée » pour moi… Je fais le lien avec le nombre de fois où elle me dit que je suis « trop jeune », « trop beau » ou « trop fougueux » … Mais comment peut-elle s’attacher à ça ? Comment peut-elle imaginer que je la trouve « fanée » ? Bon sang, ça me dépasse, mais je n’ai pas le choix que d’accepter, elle ne veut pas.
- A quoi penses-tu ? demande-t-elle doucement.
- J’essaie d’abandonner la chose, mais ça me parait impossible…, avoue-je.
- Mais non, tu y arriveras… quand une jeune fille passera par là et volera pour de bon ton cœur, répond-elle gentiment.
- Mei, je peux comprendre que tu ne partages mes sentiments ou mes envies, mais je t’en prie, arrête de diminuer les miens, tranche-je avec fermeté.
Elle me lance un regard timide et nous reprenons notre observation des étoiles pendant que je réfléchis encore un long moment.
- Je vais arrêter de t’embêter, dis-je finalement en me résignant.
Elle pose ses yeux sur moi et j’hoche la tête pour m’en convaincre. Puisque je n’ai plus rien à perdre, je suis le conseil d’Hanako et j’ouvre mon cœur pour de bon, disant en toute transparence ce qui me passe par la tête :
- Je comprends, tu ne veux pas de moi… Je m’en remettrai je suppose… J’avais juste… je ne sais pas, comme l’impression que nous étions peut-être faits pour être ensemble. C’est Kakashi qui me l’a dit pour être honnête avec toi, qui m’a ouvert une porte à laquelle je ne pensais pas, la seule porte qui pourrait me rendre heureux, trouver la femme qui me ressemble… trouver une femme qui ne veut pas de case, pas de fidélité, pas de contrainte… juste le bonheur d’être ensemble, de se faire plaisir de mille façons, d’ouvrir toutes les portes de tout… mais qui soit là pour le reste, pour les câlins, pour les dimanches pluvieux, pour les soirées sous un plaid, pour les évènements barbants du village, pour le reste de mes jours… Juste ma femme, celle qui me correspond vraiment, celle que je vénère, devant laquelle je me prosterne… celle qui n’attend pas de moi que je change, dont je n’attendrais pas qu’elle change… celle qui me semble parfaite comme elle est, sans avoir l’impression qu’elle me bride… Je suis convaincu que c’est toi, mais ça passera sans doute, je me suis planté… Ce n’est pas grave tu sais… l’amour n’est peut-être juste pas encore fait pour moi, je me sens prêt, j’en meurs d’envie, mais ce n’est peut-être juste pas encore mon moment, peu importe à quel point j’aimerais que ce le soit avec toi…
Je tourne la tête vers elle et elle m’observe avec des yeux immenses, mais je continue :
- Je t’aime Mei, je respecte ta décision mais j’aimerais beaucoup que nous restions amis… J’aime passer du temps avec toi, j’aime tout ce que nous faisons tous les deux, même si c’est pour simplement discuter ou boire un café… Je ne veux pas que tu te sentes mal ou gênée avec moi… Tu penses que c’est possible ? demande-je avec espoir.
- Bien sûr…, répond-elle doucement.
J’hoche la tête en souriant, plutôt heureux d’avoir au moins ça, mais mes yeux tombent alors sur une fleur de nénuphar magnifique dans la fontaine derrière elle et je me penche pour la cueillir. Elle est tellement belle, parfaite… Naturellement, je me penche donc pour la coincer derrière son oreille et je ne sais plus laquelle des deux sublime l’autre à ce stade.
- Une fleur fanée…, ris-je encore en secouant la tête. Tu es la plus belle femme que je n’ai jamais vu de ma vie Mei, tu es parfaite, quand nous couchons ensemble, quand tu t’endors, quand tu te réveilles, quand tu sors d’une garde de trente-six heures, quand tu sors de la douche, quand tu bois ton thé… Tu es plus belle que toutes les femmes que j’ai croisé, plus belle que toutes les jeunes filles que j’ai fréquenté, que toute les fleurs fraiches selon toi… Tu es magnifique sous le soleil la journée, sublime sous la lune le soir… tu es encore plus belle sans cette robe d’ailleurs, avec la lumière allumée pour que je puisse voir ton corps, avec ces défauts que tu t’inventes mais qui m’apparaissent comme des trésors, avec ces petites marques qui soupoudrent ton corps de perfection, que j’embrasserais tous les jours de ma vie… une fleur fanée… quelle connerie, tu es la plus belle de toutes les fleurs de ce monde et ça me rend malade que tu doutes de toi, que tu ne te voies pas comme je te vois, tout simplement…
Je caresse sa mâchoire du bout des doigts en admirant une dernière fois la fleur dans ses cheveux qui la magnifie… mais au moment où je vais me redresser pour m’écarter d’elle, elle tourne la tête timidement vers la mienne pour me retenir. Nos yeux se croisent, mon cœur accélère comme chaque fois qu’elle est si proche et elle caresse mon nez du sien :
- J’ai peur Rinko…, souffle-t-elle. Peur que tu en attendes trop de moi, peur de m’attacher et que tu t’envoles, peur que tu me laisses alors que j’ai besoin de toi moi aussi… comme je n’ai jamais eu besoin de quelqu’un… J’ai besoin de tes sourires, de ton regard, de ta voix, de tes mains, de ton énergie, de tes bêtises, de ta bonne humeur… J’ai besoin de tout ce qui fait de toi le jeune homme extraordinaire que tu es, mais j’ai peur que tu me brises le cœur alors que je viens seulement de découvrir que j’en avais un…
- Je t’aime Mei, je ne m’envolerai pas.
- Tu n’es pourtant pas en cage…, murmure-t-elle.
- C’est parce que je ne suis pas en cage que je ne m’envolerai pas. Parce que je t’aime et que tu n’essaies pas de me changer, que tu me laisses être moi-même, et il n’y a rien de plus beau.
- Ça n’a pas de sens…
- Qu’y-a-t-il de plus beau qu’un amour aussi pur ? Aimer sans rien attendre de l’autre, aimer sans enfermer, sans contraindre, sans réprimander, sans peur, sans attente… Simplement s’aimer, tous les jours de notre vie ?
- Je ne te dirai pas que je t’aime…, chuchote-t-elle d’une voix tremblante.
- Non, mais tu m’embrasseras lorsque tu voudras me le crier sans y parvenir.
Et dans le moment le plus doux de ma vie, cette femme extraordinaire dont je n’ai jamais osé rêver franchit les derniers centimètres entre nous pour poser ses lèvres sur les miennes. A cet instant, je comprends tout, je comprends Kakashi et Hanako, je comprends l’amour pour de bon, la beauté de ce sentiment, la puissance de ce que je ressens. Je comprends que l’amour n’a pas de limite, pas de raison et qu’il est impossible de lutter contre ce que nous ressentons… Que j’irais chercher Mei dans les plus hauts sommets, dans les plus sombres dessous, dans les flammes de l’enfer comme dans les entrailles de l’océan, envers et contre tout.
J’attrape ses hanches pour la hisser sur mes cuisses, je relève le nez pour continuer de l’embrasser, je ressens chacune de ses caresses dans mes cheveux, ses ongles qui griffent doucement ma nuque en descendant, cette douce promesse de ce qui m’attend… J’en ai plus envie que je n’en ai jamais eu envie, je suis plus que prêt à être son jouet toute la nuit, à la laisser me faire tout ce qu’elle a envie de me faire, à lui donner tout ce qu’elle voudra que je lui donne, tout ce qu’elle m’ordonnera de sa voix douce et de ses yeux caressants.