Thalasséa, Joyau des Abysses

Chapitre 3 : Chapitre 1

601 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 26/04/2026 14:58

La lumière filtrait doucement à travers une fissure dans la roche, dessinant des rubans scintillants sur les parois de la grotte. Chaque rayon illuminait les veines d'opale incrustées dans la pierre, qui captaient la lumière et la renvoyaient sous mille couleurs changeantes. L'air, humide mais tiède, portait le parfum salin de la mer qui se glissait à l'intérieur par de petits bassins naturels. Le murmure des vagues se mêlait au clapotis des eaux intérieures, créant une symphonie douce qui semblait parler directement au cœur de Thalasséa.


Elle se mouvait avec une grâce infinie entre les bassins, laissant ses doigts effleurer la surface miroitante de l'eau. Chaque geste faisait danser les reflets d'opale sur sa peau claire, qui brillait doucement comme une émanation de la mer elle-même. Ses cheveux blonds très clairs capturaient les moindres éclats de lumière, et ses yeux, semblables à des opales vivantes, changeaient de couleur selon l'angle et le mouvement des vagues. Dans ce sanctuaire créé par Poséidon, la déesse se sentait protégée, entourée de tout ce dont elle pouvait avoir besoin : nourriture abondante, eau douce et salée, et l'éternelle compagnie du murmure des océans.


Pourtant, malgré le confort et la beauté de ce refuge, une curiosité persistante commençait à naître en elle. Parfois, quand les vagues se faisaient plus bruyantes à l'entrée de la grotte, ou quand la lumière du ciel parvenait à travers la fissure, elle sentait une envie étrange de voir ce qui se trouvait au-delà de ses murs scintillants. La mer l'appelait différemment ces jours-là, comme si elle lui promettait des secrets qu'elle n'avait encore jamais vus.


Thalasséa passait ses journées à explorer chaque recoin de sa grotte : elle jouait avec l'eau des bassins, laissant parfois échapper un rire cristallin quand un poisson miniature surgissait pour attraper un reflet de lumière, ou lorsqu'une vague venait chatouiller ses pieds. Elle aimait contempler les pierres opalescentes, imaginer les histoires que chaque veine colorée pourrait raconter, et inventer des légendes sur les créatures qui vivaient dans l'obscurité des profondeurs.


Et toujours, au fond de son esprit, résonnait la prophétie de Poséidon, celle qui avait justifié son isolement :

"Cette enfant porte la vie des mers.

Si elle est vue, elle sera désirée.

Si elle est désirée, elle sera disputée.

Et si elle est disputée,

la mer se brisera contre le monde."


Elle savait que ce message ne lui interdisait pas de jouer, de rire, de s'émerveiller, mais qu'un jour, il la mettrait face à des choix plus grands que la lumière de la grotte ou le clapotis des bassins. Pour l'instant, cependant, il n'y avait que la curiosité, douce et insistante, qui la poussait à se rapprocher de l'entrée, à observer le monde extérieur sans oser le toucher. Elle s'imaginait les bateaux qui glissaient sur l'eau, les marins qu'elle ne connaissait que par le murmure des vagues, et le ciel immense qui s'étendait au-delà de sa cachette opaline.


Dans ce cocon façonné par Poséidon, Thalasséa sentait la vie palpiter autour d'elle. Le monde extérieur restait un mystère, mais chaque rayon de lumière, chaque éclat d'opale, chaque clapotis de l'eau lui rappelait que, malgré sa jeunesse et son isolement, elle était née pour bien plus que cette grotte. Et au fond de son cœur, un frémissement naissait : un jour, elle voudrait voir, comprendre, et peut-être toucher l'horizon que la mer lui offrait...


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