My Hero Academia Unbreakable Links

Chapitre 1 : Le traumatisme originel

2058 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 21/08/2026 11:12

La visite dans le quartier de haute sécurité du centre de détention est oppressante. Les murs sont tapissés d'un matériau isolant pour les Alters, et l'air est lourd de culpabilité. Lorsqu'ils arrivent devant la cellule en verre renforcé, le Directeur est assis sur son lit, immobile. Il n'a plus l'aura de puissance qu'il dégageait, il semble juste être un vieil homme brisé par la chute de son empire.

En voyant Denki et Kyoka, il lève lentement les yeux. Il ne ressent pas de remords, seulement une amertume glaciale.

— « Vous voulez comprendre ? » demande-t-il d'une voix rauque. « Vous croyez que je suis né pour devenir le monstre que vous avez vu dans ce bunker ?

Il commence à parler, non pas pour se justifier, mais pour leur infliger le poids de sa propre vérité.

« Il y a quarante ans, avant que la société des héros ne soit aussi codifiée, mon père était un "justicier" indépendant. Pas un pro. Un type ordinaire qui pensait que son Alter médiocre pouvait changer les choses. Un jour, une attaque de vilains a frappé notre ville. Les héros professionnels étaient tous occupés à gérer une menace de grande ampleur à l'autre bout du pays, là où les caméras étaient braquées. »

Sa main tremblante trace des lignes invisibles sur la vitre.

« Mon père est intervenu, seul, contre des vilains de bas étage. Il a réussi à sauver deux personnes. Mais il n'avait pas la formation, pas le soutien, et surtout, pas la protection de l'État. Il est mort écrasé sous les décombres de l'immeuble. La Commission de l'époque a classé l'incident comme "perte collatérale". Ils ont dit que s'il n'était pas intervenu, les dommages auraient été moindres. Ils ont salué les héros officiels et ont oublié mon père comme on oublie une facture impayée.

Il regarde Denki droit dans les yeux.

« C'est là que j'ai compris. La société ne fonctionne pas sur la bonté ou l'héroïsme. Elle fonctionne sur la gestion. Si les héros ne sont pas contrôlés, s'ils ne sont pas des pions sur un échiquier, ils deviennent dangereux, imprévisibles, et inutiles pour la stabilité globale. J'ai juré de gravir les échelons pour devenir l'architecte de cette stabilité. »

« Je ne suis pas devenu un monstre par plaisir, » poursuit-il avec une froideur terrifiante. « Je suis devenu le monstre nécessaire pour empêcher le chaos. Grip, il était le symbole de l'indépendance sauvage, celle qui tue les hommes comme mon père. J'ai dû l'éliminer parce qu'il rappelait au monde qu'on pouvait agir en dehors des cadres. Le gaz, les éliminations... tout cela n'était que de la maintenance pour préserver la paix des citoyens qui, de toute façon, ne comprennent rien aux sacrifices requis. »

Kyoka, le visage fermé, ne lâche pas son regard.

Kyoka : « Vous n'avez pas préservé la paix, vous avez créé une peur qui est devenue pire que les vilains eux-mêmes, » répond-elle fermement. « Vous êtes devenu exactement ce que vous détestiez : un homme qui sacrifie les autres pour une vision qui n'appartient qu'à lui. »

Le Directeur esquisse un sourire triste.

« Peut-être. Mais en regardant le monde aujourd'hui, vous verrez que l'anarchie arrive. Quand vous aurez besoin de sacrifier un pion pour sauver dix mille personnes, vous penserez à moi. Et vous vous rendrez compte que vous n'aurez pas le courage de le faire. »

Il se détourne et s'adosse au mur, refusant d'en dire plus. En sortant du parloir, Denki et Kyoka sont silencieux. Ce qu'ils ont entendu est plus effrayant que les Nomus : ils ont compris que le mal ne naît pas toujours de la haine pure, mais parfois d'une conviction dévoyée, née d'une douleur qui n'a jamais guéri.

Leur combat ne consistait pas seulement à vaincre un homme, mais à prouver que cette vision du monde était obsolète. Une lourde responsabilité pour deux élèves qui, malgré tout, ont choisi d'être plus qu'un simple pion sur l'échiquier.

Le soir même, de retour au dortoir de la 1-A, l’ambiance est plus lourde que la veille. Denki et Kyoka sont assis au centre du salon, entourés de leurs camarades qui attendaient leur retour avec impatience. Sur la table basse, un dossier transmis discrètement par le détective Tsukauchi est ouvert.

Sur la première page, une photo d'identité en noir et blanc datant d'il y a trente ans, et un nom, le vrai, dépouillé de son titre de pouvoir.

Kyoka (posant sa main sur le dossier) : « Son nom c'est Jinjiro Sedo. Pas de titre ronflant, pas de "Directeur". Juste Sedo. »

Izuku s'approche immédiatement, ajustant ses lunettes de lecture, le regard rivé sur les détails de l'archive.

Izuku : « Jinjiro Sedo... J'ai cherché dans les vieux registres de rébellion et d'incidents non officiels après votre appel. Son père était répertorié comme un civil ayant violé la loi sur l'utilisation des Alters en public. L'histoire qu'il vous a racontée... elle est vraie. Son père s'appelait Kandi Sedo. Il est mort anonymement. »

Tenya Iida croise les bras, le visage sombre.

Iida : « C'est une tragédie. Mais cela n'excuse en rien le fait qu'il ait transformé la Commission en une machine à broyer les vies et à assassiner des héros comme Grip. »

Denki prend la parole, la voix plus basse que d'habitude. On sent que la confrontation en prison l'a profondément marqué.

Denki : « Ce qui m'a glacé le sang, c'est qu'il n'avait pas l'air d'un vilain qui veut juste détruire le monde pour le plaisir. Il est persuadé d'avoir fait le bien. Il nous a dit que sans un contrôle absolu et des "sacrifices de pions", la société s'effondrerait dans l'anarchie. Il a dit qu'un jour, on ferait face au même choix que lui. »

Un silence de plomb s'installe dans la pièce. Les mots de Sedo résonnent d'une manière étrange dans le cœur de ces apprentis héros, qui ont déjà tant sacrifié.

Katsuki Bakugo (crachant presque ses mots, adossé au mur) : « Ce vieux débris n'était qu'un lâche. Il a eu peur du chaos parce qu'il n'avait pas la force de le surmonter. Alors il a préféré enfermer tout le monde dans une cage et tuer ceux qui essayaient d'en sortir. Grip n'était pas un pion. C'était un mur. Et Sedo l'a brisé parce qu'il était trop faible pour regarder un vrai héros en face. »

Shoto Todoroki hoche la tête, le regard pensif.

Todoroki : « Mon père a longtemps cru lui aussi que le contrôle et la puissance absolue étaient les seules réponses pour maintenir l'ordre. Regardez où ça l'a mené. Sedo a laissé sa blessure d'enfance dicter la politique de tout un pays. C'est ça, sa véritable faiblesse. »

Momo Yaoyorozu s'approche de Kyoka et pose une main réconfortante sur son épaule.

Momo : « Qu'est-ce que vous lui avez répondu, Jiro ? »

Kyoka lève les yeux, une lueur d'acier brillant à travers ses doutes.

Kyoka : « Je lui ai dit qu'il était devenu le monstre qu'il prétendait combattre. Il pensait nous briser en nous racontant son histoire, mais il a fait tout le contraire. En sortant de là, j'ai compris une chose : on ne peut pas construire l'avenir en cachant les cadavres sous le tapis. »

Izuku Midoriya se lève, refermant le dossier de Jinjiro Sedo avec détermination.

Izuku : « Sedo pensait que la liberté des héros menait à la mort de son père. Nous, on va prouver le contraire. On va montrer qu'on peut être libres, forts, et protéger tout le monde, sans jamais avoir à choisir quel pion sacrifier. C'est ça, notre rôle. »

Les visages s'éclairent d'un nouvel élan. L'interrogation avec Jinjiro Sedo n'a pas affibli la 1-A ; elle a défini leur philosophie. Ils ne seront pas les chiens de garde d'un système corrompu, ni des justiciers aveuglés par la vengeance. Ils seront la génération qui soigne les blessures du passé, une étincelle de foudre et un battement de cœur à la fois.

La porte coulissante du dortoir s'ouvre à nouveau, mais cette fois dans un fracas beaucoup plus familier et chaleureux. Menée par leur déléguée Itsuka Kendo, la classe 1-B débarque au grand complet pour prendre des nouvelles de leurs camarades de la 1-A après cette folle journée.

Tetsutetsu Tetsutetsu fonce directement vers Kirishima et Denki, les saisissant par les épaules avec sa fougue habituelle.

Tetsutetsu (les larmes aux yeux, hurlant presque) : « Kaminari ! Espèce d'enfoiré d'éclair ! On a cru que t'allais y passer ! Quand on a vu l'explosion à l'infirmerie, j'ai cru que mon cœur en acier allait lâcher ! »

Denki (grimaçant mais mort de rire) : « Doucement, Tetsutetsu ! Mes os sont encore un peu en court-circuit ! Mais ouais, on est là, on tient debout. »

Itsuka Kendo s'avance vers Kyoka, un sourire plein d'admiration sur le visage. Elle pose ses mains sur ses hanches, observant les bandages de la rockeuse.

Itsuka : « Jiro. Ce que t'as fait sur ce toit... On était en bas, on se battait contre les Nomus, et d'un coup, on a entendu ta voix résonner partout. Tu as été incroyable. C'est grâce à ton courage si les flics et la bonne partie de la Commission ont ouvert les yeux. »

Neito Monoma, fidèle à lui-même, s'approche en réajustant sa veste. Tout le monde s'attend à une énième provocation de sa part pour prouver la supériorité de la 1-B, mais cette fois, son regard est étonnamment sérieux, presque humble.

Monoma (un sourire en coin, moins arrogant que d'habitude) : « Ne crois pas que vous avez le monopole de la gloire, la 1-A. Mais... forcer le Directeur de la Commission, cet homme qui se croyait au-dessus des lois, à révéler son Alter et à mordre la poussière ? C'était une stratégie magistrale. Pour une fois, je m'incline. Vous avez agi comme de vrais leaders. »

Yui Kodai, Reiko Yanagi et Ibara Shiozaki s'installent autour de la table basse, remarquant le dossier de Jinjiro Sedo encore ouvert.

Ibara (joignant les mains en prière) : « Nous avons appris que vous étiez allés le voir en cellule. Est-il vrai... que cet homme a agi par pure rancœur envers notre profession ? »

Kyoka hoche la tête, expliquant brièvement la discussion qu'ils ont eue dans le parloir, le traumatisme de Sato et sa vision tordue des héros « pions ».

Jurota Shishida : « C'est une terrible ironie. Vouloir réguler les monstres en devenant soi-même le plus froid des monstres de l'administration. »

Itsuka Kendo : « C'est pour ça qu'on est venus ce soir. On voulait vous dire que vous n'êtes pas tout seuls à porter ce secret et cette responsabilité. La Commission est dissoute, le pays est en pleine reconstruction, et la Ligue des Vilains court toujours. La 1-A et la 1-B... on a tous combattu côte à côte dans ces tunnels sous les ordres de Grip. »

Pour détendre l'atmosphère, Mangouste (Togaru Kamakiri) et Sato (de la 1-A) débarquent de la cuisine avec d'immenses cartons de pizzas et des boissons que la 1-B a ramenés en guise de cadeau de convalescence.

Kamakiri : « Allez, assez de philosophie sur les vieux corrompus ! On a faim, on a survécu à une armée et à des monstres génétiques, ça se fête ! »

Les rires reprennent de plus belle. Les deux classes se mélangent sur les canapés et à même le sol. Denki se fait immédiatement chambrer par Pony et Kuroiro sur son style de combat "suicidaire", tandis que Kyoka, assise entre Momo et Kendo, se fait servir une part de pizza par un Denki un peu trop attentionné, déclenchant une nouvelle salve de sifflets complices de la part des deux classes.

La tragédie de Grip et la folie de Jinjiro Sedo sont maintenant gravées dans l'histoire, mais ce soir, dans les éclats de rire et la solidarité des quarante élèves de Yuei, l'avenir des héros s'annonce bien plus lumineux que tout ce que l'ancienne Commission avait pu imaginer.

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