My Hero Academia Lightning Sound

Chapitre 19 : L'Heure des Comptes

2155 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 08/07/2026 10:38

Le lundi matin suivant, la sonnerie de Yuei retentit, mais l'ambiance dans la classe 1-A est méconnaissable. Pas de rires, pas de bavardages, pas de Kaminari pour lancer une idiotie, ni de Jiro pour le remettre à sa place, sa chaise et celle de Denki restent désespérément vides au milieu de la rangée. Les élèves sont assis, le regard fixé sur leurs pupitres, plongés dans un silence de mort.

La porte s'ouvre d'un coup sec. Shota Aizawa entre dans la pièce.

Il s'avance vers le bureau, pose ses dossiers, et scrute ses élèves de ses yeux fatigués et injectés de sang. Pendant une semaine, il a volontairement fermé les yeux sur leurs allées et venues à l'hôpital. Il les a laissés tranquilles, sachant qu'ils avaient besoin de temps pour digérer le choc de la fusillade, le sacrifice de Kyoka et le coma de Denki.

Mais le temps du deuil cède la place à celui de la vérité.

Aizawa s'appuie contre son bureau, croisant les bras sur sa poitrine. Son écharpe de capture flotte légèrement autour de son cou.

Aizawa (la voix basse et grave) : « Bien. Je vous ai laissés respirer pendant sept jours. J'ai bloqué les rapports de la police et j'ai géré la Commission pour vous éviter d'être interrogés dans l'enceinte de l'hôpital. Mais maintenant, la récréation est terminée. Je veux des explications. »

Un frisson parcourt la classe. Izuku Midoriya redresse la tête, les poings serrés.

Aizawa : « Un commando lourdement armé qui infiltre une zone industrielle, un sniper qui tire à balles réelles sur mes élèves, Kaminari qui entre dans un coma neurologique après avoir rasé un bloc de bâtiments, et l'Ancre Noire impliqué au milieu... Ne me faites pas croire qu'il s'agissait d'une simple patrouille de routine qui a mal tourné. Qu'est-ce que vous me cachez ? »

Izuku se lève lentement de sa chaise. Il sait qu'il ne peut plus mentir à son professeur principal. Pas après ce qui est arrivé à Denki. Pas alors que la Commission retient les parents de son ami loin de son lit d'hôpital.

Izuku : « Monsieur... Ce n'était pas un accident. C'était un piège tendu par une faction dissidente de la Commission de Sécurité Publique. Et ils visaient directement Kaminari. »

Aizawa ne cille pas, mais ses yeux se plissent dangereusement.

Izuku : « Grip, de son vrai nom Ren Kurogami a reçu un ordre d'exécution officiel de leur part. Ils lui offraient l'amnistie totale s'il tuait Denki. Ils voulaient le faire taire parce que Denki avait piraté leurs fréquences pour protéger la pègre de Kyushu et qu'il en savait trop. Grip a refusé. Il a essayé d'utiliser le message comme un leurre pour protéger la classe, mais... le gouvernement avait anticipé sa réaction. Ils nous ont attirés dans un faux point de rendez-vous pour isoler Kaminari et l'éliminer eux-mêmes. »

Iida se lève à son tour, le corps rigide, l'émotion faisant trembler sa voix d'ordinaire si calme.

Iida : « Monsieur Aizawa ! Jiro a pris une balle destinée à Kaminari. Et c'est pour cela qu'il a perdu le contrôle de son Alter. La Commission essaie aujourd'hui d'étouffer l'affaire en interdisant à ses parents de le voir sous prétexte de "radiations électriques". C'est un mensonge d'État ! »

Bakugo, quant à lui, lâche un rire cynique en fixant le professeur.

Bakugo : « On ne s'est pas battus contre des vilains cette nuit-là, Monsieur. On s'est battus contre les types qui nous ont donnés nos licences. Alors maintenant, vous allez faire quoi ? Nous exclure parce qu'on a défendu notre peau contre vos boss corrompus ? »

Un silence pesant retombe sur la salle de classe. Tout le monde attend la sentence d'Aizawa. Va-t-il les punir ? Les dénoncer pour avoir agi hors du cadre légal ?

Aizawa reste immobile pendant de longues secondes. Puis, il lâche un profond soupir, passe une main fatiguée sur son visage, et active brièvement son Alter, ses yeux brillant d'un rouge écarlate alors que ses cheveux se dressent sur sa tête sous le coup d'une colère noire.

Aizawa : « Vous exclure ? Ne dites pas des idioties. Mon travail, c'est de protéger mes élèves. Si la Commission pense pouvoir utiliser mes gamin comme des pions jetables dans leurs complots politiques, ils vont apprendre à leurs dépens ce que signifie croiser la route de Yuei. »

Il éteint son Alter, ses cheveux retombant sur ses épaules. Son regard redevient froid et calculateur.

Aizawa : « Midoriya, donne-moi tout ce que vous avez sur les fréquences de cette faction. Hawks m'a déjà contacté de son côté, il mène l'enquête dans les hautes sphères. Restez focus sur vos cours et sur l'hôpital. Pour le reste... je m'en occupe. Plus personne ne touchera à cette classe. »

En sortant son feutre pour commencer le cours, Aizawa vient de tracer une ligne rouge. La 1-A n'est plus seule face au gouvernement. Leur professeur est prêt à entrer en guerre avec eux.

Tandis que la classe 1-A tente de retrouver un semblant de quotidien sous l'œil vigilant d'Aizawa, l'ombre de la Commission corrompue s'étend de nouveau, plus noire et désespérée que jamais. L'échec de leur commando dans la zone industrielle a laissé des traces. Pour ces politiciens de l'ombre, Denki Kaminari dans le coma reste une bombe à retardement, et Kyoka Jiro, par sa colère et ce qu'elle a compris du complot, est devenue un témoin beaucoup trop dangereux.

Pour régler définitivement le problème, ils n'envoient pas de soldats cette fois. Ils ont engagé un assassin professionnel, un spécialiste des exécutions discrètes en milieu hospitalier, connu dans le milieu de la pègre sous le nom de « Spectre ».

Il est un peu plus de deux heures du matin. Les couloirs de l'Hôpital Central sont plongés dans une pénombre clinique, rythmée par le ronronnement des purificateurs d'air. Les parents de Kyoka, épuisés par des jours de veille, ont été incités par les infirmières à aller dormir dans une chambre d'hôtes adjacente.

Une silhouette vêtue d'une blouse de médecin franchit le rideau de sécurité du service des soins intensifs. Ses pas ne font aucun bruit. Son Alter, Aphonie, lui permet de supprimer totalement le son de ses mouvements et des objets qu'il touche dans un rayon de trois mètres.

Le tueur s'arrête devant la porte de la chambre double. À travers la vitre, il voit les deux cibles : Denki, toujours sous respirateur, et Kyoka, endormie sur son lit, le bras en écharpe.

Le Spectre glisse une main dans sa poche et en sort deux seringues remplies d'un agent neurotoxique indétectable à l'autopsie. Une simple injection dans leurs perfusions, et les dossiers Kaminari et Jiro seront classés comme « arrêts cardiaques consécutifs aux séquelles de leurs blessures ».

Pendant ce temps, à l'autre bout de la ville, Ren Kurogami est assis dans une nouvelle planque de fortune, entouré d'écrans affichant les lignes de codes des fréquences de la Commission qu'il passe au peigne fin. Ses yeux fatigués se fixent soudain sur une anomalie.

Un ordre de virement crypté de plusieurs millions de yens vient d'être émis par un compte fantôme du gouvernement vers un compte numéroté lié à un tueur à gages. L'horodatage du contrat est immédiat.

Grip (se levant d'un bond, le sang se glaçant dans ses veines) : « Non... Ils ne vont pas attendre qu'il se réveille. Ils y vont maintenant. »

Ren attrape sa veste. Ses gantelets principaux sont détruits, mais il saisit une paire de prototypes plus légers, des versions d'urgence qu'il gardait en réserve. Il sait qu'il est trop loin pour arriver à temps en moto. Il active son transmetteur et force le canal d'urgence d'Izuku Midoriya.

Grip (hurlant dans le récepteur) : « Midoriya ! Réveille-toi ! Il y a un tueur à l'hôpital. Il est déjà là-bas pour Kaminari et Jiro. BOUGEZ ! »

Dans la chambre d'hôpital, la poignée de la porte s'abaisse sans un bruit. Le Spectre se glisse à l'intérieur. Il contourne le lit de Kyoka en premier, décidant d'éliminer le témoin éveillé avant de s'en prendre au garçon.

Il lève la seringue au-dessus de la tubulure de la perfusion de la jeune fille.

Dans son sommeil, les jacks de Kyoka, extrêmement sensibles aux variations de pression d'air même quand elle dort, vibrent soudainement. Ses yeux s'ouvrent brusquement. Dans la pénombre, elle croise le regard froid de l'assassin.

Kyoka (essayant de crier) : « Qui... »

Mais l'Alter du Spectre étouffe le son dans sa gorge. Aucun bruit ne sort de sa bouche. L'assassin plaque une main gantée sur son visage pour la maintenir au lit tandis que de son autre main, il dirige l'aiguille vers son cou. À deux mètres de là, le moniteur cardiaque de Denki continue de biper lentement, inconscient du drame qui se joue.

Le Spectre, savourant la terreur dans les yeux de Kyoka, appuie la pointe de l'aiguille contre la peau fine de son cou. Il sourit, un sourire carnassier caché par son masque chirurgical. Pour lui, c'est une exécution de routine.

Soudain, une ombre se détache du plafond, au-dessus du lit de Denki. Ce n'est pas Grip, et ce n'est pas Izuku.

Dans un claquement sec, une main gantée de noir, puissante, saisit fermement le poignet de l'assassin avant qu'il ne puisse enfoncer l'aiguille. L'intrus est immobile, masqué dans l'obscurité, mais la force de sa prise est telle que le Spectre lâche un cri étouffé (car son propre Alter l'empêche de faire le moindre bruit, ce qui rend sa douleur encore plus insoutenable).

L'assassin tente de dégager son bras avec une lame dissimulée, mais le visiteur est plus rapide. Il utilise ses bandes de capture pour enrouler violemment le bras du tueur et le projeter à travers la chambre. Le Spectre s'écrase contre le mur opposé, la seringue fracassée au sol.

L'intrus s'avance dans la lumière blafarde des moniteurs. C'est Shota Aizawa, le visage déformé par une fureur froide, ses yeux rougeoyants brillant dans l'obscurité. Il a passé la semaine à dormir dans son sac de couchage, caché dans le placard de la chambre voisine, anticipant ce moment précis.

Aizawa (la voix glaciale) : « Tu as fait une erreur monumentale en pensant que je laisserais mes élèves sans surveillance. »

L'assassin tente d'activer son Alter pour devenir inaudible et s'enfuir, mais Aizawa, ses yeux fixés sur lui, annule son Alter. Instantanément, le bruit de la respiration saccadée du tueur et le craquement de ses articulations envahissent la pièce, le rendant vulnérable.

Le Spectre, acculé, déploie un couteau de combat, mais Aizawa est une machine de guerre au corps-à-corps. En un mouvement fluide, il projette ses écharpes, immobilisant les jambes et le bras valide du tueur. Il le plaque contre le mur avec une pression qui fait gémir le béton.

Kyoka, retrouvant sa voix dès que l'Alter du tueur est annulé, halète, ses jacks s'agitant nerveusement autour d'elle, prêts à percer les tympans du meurtrier.

Kyoka (tremblante, pointant un jack vers le tueur) : « Qui t'a envoyé ?! »

Le Spectre ricane, du sang coulant sur son menton.

Le Spectre : « Ça n'a pas d'importance... Ils... ils sont déjà en route. Vous ne pouvez pas arrêter la Commission... »

Aizawa ne le laisse pas finir. Il serre ses écharpes, plongeant le tueur dans l'inconscience d'un coup de poing sec bien placé.

À peine Aizawa a-t-il neutralisé la menace qu'un bruit de pas lourds résonne dans le couloir. Izuku, Bakugo et Todoroki, alertés par le message de Grip, déboule dans la chambre, prêts à tout faire exploser. Ils s'arrêtent net en voyant le tueur ligoté au sol et Aizawa, debout, gardant la porte, le regard plus sombre que jamais.

Aizawa : « Bakugo, Todoroki, verrouillez l'étage. Midoriya, appelle la police spéciale de Tsukauchi. Pas les agents locaux, ils sont compromis. »

Il se tourne vers Kyoka, ses yeux rouges s'apaisant alors qu'il désactive son Alter.

Aizawa (d'un ton étrangement doux) : « C'est fini. »

Derrière la fenêtre, dans le lointain, on peut voir une silhouette sombre perchée sur un bâtiment adjacent : Grip. Il baisse son arme, observant la scène avec soulagement. Il savait qu'Aizawa ne laisserait pas ses élèves tomber. L'Ancre Noire range son matériel. Il sait maintenant que la protection de la 1-A est entre les mains d'un homme qui est prêt à brûler le système pour eux. La traque contre les commanditaires de cet assassin peut commencer.

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