Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki
Note : Surprise ! Je n'avais pas prévu de sortir un chapitre aujourd'hui, mais puisque je suis actuellement en train d'écrire le tout dernier chapitre de l'histoire (🥹) et que je n'ai pas eu besoin de beaucoup de relecture pour celui-ci, je me suis dit que je pourrais bien faire une petite pause pour vous updater cette histoire ✨
Je vous offre donc le début du combat de boss final : Tōya versus Shigaraki/All For One ! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire "héros Tōya" qui, vous le verrez, est un héros quelque peu... chaotique 😂 il fait de son mieux, alors apportez-lui tout votre soutien ! Ça ne va pas être facile pour lui d'affronter un ancien camarade...
Petit rappel au passage, j'ai sorti un one-shot halloweenesque hier que vous pouvez retrouver ici : https://www.fanfictions.fr/fanfictions/my-hero-academia/19439_la-fin-d-un-monde/chapters.html. Il est classé en MA, donc malheureusement très peu visible sur le site :( N'hésitez pas passer jeter un coup d’œil si une autre histoire DabiHawks dans un univers différent vous intéresse ! ☺️
Bonne lecture aux côtés de héros Tōya !
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[La veille de l'Opération Troie]
Tōya tourne la tête de gauche à droite et pivote sur lui-même, contemplant avec attention le long et épais manteau blanc conçu spécialement pour lui, qu'il vient d'enfiler pour l'essayage.
« Nous avons tenté de respecter toutes tes demandes, dans la mesure du temps que nous avions à notre disposition », lui explique Power Loader, un prof de UA, où il se trouve actuellement.
Et oui, il a fini par y mettre enfin les pieds, dans ce fichu lycée. Sans menottes et sans aucune autre forme de restriction, d'ailleurs... franchement, le grand luxe. Bien sûr, il a beau ne plus être sous inhibiteur, il n'est pas libre d'agir à sa guise pour autant : il est actuellement confiné dans une salle d'entraînement sans fenêtres, sans possibilité d'échappatoire et, comme d'habitude, étroitement surveillée. À côté de l'unique porte de la pièce, une très grande vitre teintée parcourt la majeure partie du mur. Tōya ne voit pas qui se trouve de l'autre côté, mais il sait qu'il est férocement gardé par sa horde de policiers, prêts à le récupérer dès leur affaire terminée. Et parmi eux, Eraser Head, qui contrôle l'utilisation de son alter, et Yatagarasu, chargée de le ramener en prison au moindre faux pas.
Le costume est sobre, exempt de gadgets ridicules, et conformément à sa demande, blanc, jusqu'à la grosse ceinture qui maintient le manteau en place et aux épaisses bottines légèrement compensées. Un peu trop propre au goût de Tōya, qui s'était attaché à ce style imparfait et raccommodé qui faisait son identité de vilain, mais bon... il est du côté des héros, maintenant, et il doit faire bonne impression. De toute façon, cette tenue a beau être ignifuge, elle finira très probablement en lambeaux comme la précédente au terme du combat qui l'attend.
« J'y ai ajouté un régulateur thermique, qui fonctionne de la même manière que le costume de ton frère. Cela devrait te permettre de résister plus longtemps à la chaleur de tes propres flammes. Oh, et il y a ceci aussi. »
Power Loader lui tend deux petites oreillettes dont l'étrange vernis qui les recouvre brille à la lueur du néon au-dessus de leur tête.
« Ce sont des radios spécialement conçues pour toi. Ce serait dommage de perdre la connexion avec toi pendant la bataille parce que ton matériel a fondu dès ta première attaque. »
Tōya ricane, satisfait de toute l'attention qu'on lui porte actuellement. Le héros de la filière assistance termine de lui donner deux ou trois explications, puis lui indique qu'il va quitter la pièce pour laisser le jeune homme tester la résistance de son équipement en libérant son alter. Quand la porte claque derrière lui, Tōya s'exécute aussitôt : il s'enveloppe dans ses flammes, et le retour de son pouvoir lui procure une joie immense. Il a beau avoir été souvent malmené par son feu par le passé, il ne pourra jamais renier cette part de lui-même. Récupérer son alter revient à récupérer sa propre identité... ce qui le réchauffe bien plus en profondeur que la seule surface de son corps au contact du brasier.
Tant qu'il ne ressent pas la sensation familière de sa peau qui crépite, il n'hésite pas à faire monter la température. De l'autre côté de la vitre, il est certain que les héros chargés de sa surveillance sont sur les nerfs, tendus à l'idée de le voir perdre le contrôle ou se retourner contre eux. C'est pourquoi il n'insiste pas beaucoup plus longtemps. Il est agréablement surpris de constater que le costume fabriqué à la va-vite par la filière assistance de UA semble tenir le coup, et c'est tout ce qui lui importe.
Une fois la tension redescendue et la pièce revenue à une chaleur soutenable, la porte s'ouvre pour laisser entrer Yumei, qui a été autorisée à l'accompagner lors de sa première sortie de prison, maintenant qu'elle travaille avec la police et qu'elle est dans la confidence de sa mission suicide. Son amie lui adresse un petit sourire en lui montrant deux canettes de soda "Plus Ultra" qu'elle a récupérées au distributeur de l'école, et Tōya s'empare de la sienne avec plaisir. Ils s'asseyent tous les deux au sol contre le mur, profitant de ce bref instant qu'on leur laisse l'un avec l'autre en sirotant leur boisson.
« Ça fait bizarre. De te voir tout en blanc.
— C'est sûr, ça fait une sacrée différence, répond-il en croisant son propre reflet dans la vitre face à lui, contemplant son nouveau look avec un brin d'amertume.
— Alors... tu es vraiment sûr de toi ? Tu peux encore renoncer, tu sais... »
Mais Tōya secoue la tête, un petit sourire triste traversant son visage.
« Tu me feras pas changer d'avis, Yumei. Tu sais... Depuis que j'existe, je n'ai jamais fait que causer des problèmes autour de moi. Je te laisse imaginer... Quand la raison de ta naissance elle-même est un problème, c'est impossible de trouver un équilibre sans devoir modifier entièrement ton rapport au monde. Tout ça, j'ai fini par le comprendre depuis que je suis ici, dans votre camp, et qu'on m'a enfin laissé vider mon sac face à mon géniteur. D'ailleurs, toi aussi, Princesse, tu m'as aidé à ouvrir les yeux... »
Ils s'échangent un sourire doux, et il continue d'une voix plus grave.
« J'ai réalisé que j'ai jamais vraiment eu le contrôle... Ni sur ma vie, ni même sur la personne que je suis devenue au fil des ans. Et j'ai besoin de m'extraire de cette prison, enfin... Pas celle dans laquelle je suis enfermé toute la journée pour de vrai. Celle dans ma propre tête... Tu comprends ? Alors aujourd'hui, je veux prouver que je suis né pour une bonne raison. Que je peux trouver mon propre équilibre. Et en fin de compte... Pour la première fois de ma vie, c'est une décision que je prends pour les autres... et pas pour me défendre moi-même. »
Yumei pose sa joue contre l'épaule de Tōya. Il comprend directement à ses petits soubresauts qu'elle s'est mise à pleurer, et il l'entoure de ses deux bras pour la serrer contre lui.
« Et puis, ta vision m'a montré seul face à Shigaraki. Si ça se trouve, avec Midoriya, ça ira.
— Tōya...
— Et si vraiment je dois crever demain... au moins, on se souviendra de moi comme le héros le plus stylé de tous. Merci de m'avoir aidé à dessiner mon costume... Finalement, c'est un peu comme si on avait organisé cette fameuse séance shopping, tous les deux... »
La jeune femme se met à rire en même temps qu'elle pleure. Tōya la rejoint avant de terminer :
« Ça ira, t'en fais pas. De toute façon... qu'on sourie ou qu'on chiale, le monde continuera de tourner demain. Alors autant garder le sourire, Yumei. Tu feras ça pour moi ? »
Elle acquiesce silencieusement, se forçant à étirer ses lèvres, et ils restent comme ça encore un instant, profitant d'un dernier contact physique qui leur fait le plus grand bien. Puis, ils sont surpris par la porte qui s'ouvre à nouveau, laissant entrer un All Might au visage fatigué, qui leur adresse un petit signe de la main. Ils se relèvent tous les deux pendant que le vétéran vient se planter face à Tōya.
« Tōya Todoroki... Puisque ton amie Yumei m'a convaincu tout à l'heure de m'écarter des combats, je voudrais te faire une proposition... »
[Retour au Cercueil Volant, au moment du lancement de l'Opération Troie]
« Dabi... »
Tomura Shigaraki plonge son regard de sang dans le sien, sortant du portail qui l'a amené directement dans la gueule du loup. Le passage se referme derrière lui, et pendant que son adversaire découvre dans quel lieu il a été transporté, Tōya frémit. Tout dans son corps s'emballe : son cœur, sa respiration, le sang qui bat dans ses tempes, mais aussi ses émotions.
Depuis qu'il est tout gamin, il a cette petite voix dans sa tête qui amplifie ses humeurs. Qui le pousse à vouloir prouver un tas de choses à tout le monde, à vouloir qu'on le remarque. Il a toujours détesté son hypersensibilité, qui le complexait parce qu'elle le faisait pleurer à la moindre occasion. Il ne s'est jamais défait de cette honte, celle de ressentir les choses aussi intensément, et de ne jamais parvenir à cacher entièrement cette part vulnérable de lui. Même quand il essayait, son feu se chargeait de s'exprimer à sa place.
À l'inverse, ces derniers temps, il n'y avait plus rien du tout. Seulement le Vide et lui, perdu, essayant désespérément de retrouver "Tōya". Comme si on l'avait empêché pendant plusieurs longues semaines d'être lui-même.
Mais aujourd'hui, face à Shigaraki...Tōya a l'impression de s'être retrouvé, et de s'être compris. Et il se sent tellement bien. Tellement... complet ! Ses yeux lui piquent, et même s'il ne peut plus pleurer, il embrasse ce torrent d'émotions qui le prend à la gorge. Le voilà seul, fier et souriant, face au plus dangereux vilain de tous les temps. Le monde entier a les yeux rivés sur lui désormais. Et même si toute sa vie, il a demandé qu'on le regarde, qu'on fasse attention à lui... il a enfin compris que son besoin obsessionnel d'être validé, d'être le centre de l'attention n'était qu'une réaction au profond traumatisme que lui a fait subir son père.
Désormais, si son cœur bat aussi fort, c'est pour une toute autre raison. Les émotions intenses qu'il ressent... il les assume enfin, parce qu'il sait qu'elles font partie de lui. Qu'elles composent son identité. Et que celui qu'il est devenu sait désormais ce qu'il veut.
Il veut toujours autant changer le monde.
Mais il veut que ce nouveau monde permette à chacun de s'y retrouver et d'y vivre heureux. Que chaque individu puisse, comme lui, connaître un jour cette joie de s'accepter pleinement et puisse trouver son propre bonheur. Et ce n'est certainement pas en laissant Shigaraki et All For One tout détruire que ce futur pourra exister.
C'est pourquoi Tōya se tient aussi droit face à son adversaire. Aussi sûr de lui, dans son élégant costume confectionné par des héros, avec pour seule arme un attaché-case à la main. Le vilain a beau être son ancien camarade, leurs objectifs sont parfaitement incompatibles, désormais. Et même s'il n'a aucune envie de le tuer... il s'est déjà préparé à ne pas en avoir le choix.
Malgré une brève surprise quand il comprend qu'il se retrouve face à Dabi, Shigaraki n'attend pas une seconde : dès qu'il atterrit au sol, il pose sa main sur l'herbe qui a été transportée avec le lycée dans le Cercueil Volant afin d'y propager sa Désintégration... mais rien ne se passe.
« Que... ?! »
Le jeune vilain tourne vivement la tête vers une seconde plateforme en lévitation, juste à côté de celle où il se trouve. Dès qu'il comprend, son regard devient mauvais.
« Eraser Head... Évidemment... »
Au même moment, un portail s'ouvre derrière le professeur de UA, et un étudiant blond aux yeux rouges comme le héros effaceur et au rire retentissant se joint à la fête, visiblement beaucoup trop satisfait de la situation, accompagné de quelques autres héros professionnels qui ont l'air bien plus concentrés que lui.
« HA HA HA, t'aimes pas ça, l'Effacement, hein ?! »
Qu'est-ce que c'est que ce guignol... ?
Tōya et Shigaraki affichent un air consterné tellement similaire que, si leur combat n'impliquait pas une potentielle fin du monde, la situation aurait pu être comique. Même si ces héros l'insupportent, le manieur de flammes doit bien admettre que c'est pratique de les avoir comme alliés. Sans ses alters, Shigaraki ne possède qu'un corps ultra-résistant. Avec Midoriya, ce sera un jeu d'enf...
En parlant de Midoriya. Il est où, cet abruti ?
« Tōya. »
Saisi par le son soudain de sa radio à laquelle il n'est pas habitué, Tōya manque de lâcher sa mallette. Il reprend rapidement sa contenance, conscient que quelque chose ne s'est pas passé comme prévu, et se concentre sur les directives de Tsukauchi.
« Midoriya a été retardé. Désolé... tu vas devoir tenir jusqu'à ce qu'il puisse te rejoindre. »
Oh... bordel de merde.
Cet imprévu le contrarie énormément. Tōya comptait sur le gamin pour l'aider à raisonner son ancien camarade et trouver une manière de le neutraliser sans le tuer... mais il ne va pas pouvoir faire tout ça en évitant en même temps de crever. Putain... Ça veut dire qu'il va falloir qu'il sorte le grand jeu tout de suite.
« Bon Shiggy... ça va être un tête-à-tête, rien que toi et moi. J'espère que ça te met en joie ! »
En prononçant ces mots, il écarte les bras de façon théâtrale et appuie sur le bouton de la poignée qu'il tenait en main. La petite valise s'ouvre, révélant un tas de gadgets électroniques qui commencent à grimper sur le corps du jeune Todoroki...
« Tōya Todoroki... Grâce à ses visions, ton amie Yumei m'a convaincu tout à l'heure de m'écarter des combats. Je voudrais donc te faire une proposition...
— All Might... ? Qu'est-ce que... ? »
Le héros fait signe à Yumei de ne pas intervenir. Le visage grave et déterminé, il lève devant lui une mallette noire qu'il tend à Tōya comme si ce dernier devait comprendre de quoi il s'agit. Intimidé par son premier échange de sa vie avec le Symbole de la Paix, qui ne doit pas le porter dans son cœur pour avoir attaqué ses étudiants à plusieurs reprises, Tōya est complètement perdu. Mais il n'ose pas prononcer un mot, c'est donc l'homme qui continue.
« Je sais ce que tu penses de notre société héroïque, jeune homme. J'ai suivi ton histoire de près, depuis plusieurs semaines. Je sais aussi très bien que ce que je m'apprête à faire est un pari risqué... compte tenu que tu n'as pas encore fait tes preuves dans notre camp... »
Avant qu'il ne puisse en venir au fait, il est interrompu par la voix de Tsukauchi, qui s'adresse à lui par le biais d'un micro depuis l'autre côté de la vitre teintée.
« Toshinori... Si c'est bien ce à quoi je pense... Tu n'es quand même pas sérieux ?!
— Je souhaite lui faire confiance, Naomasa, rétorque calmement All Might sans détourner son regard de Tōya. Vu l'amour et la détermination de ses amis à le sauver, et sa décision aussi rapide de mettre sa vie en jeu pour nous... je vois un espoir en lui. Et je pense être bien placé pour reconnaître un vrai héros quand j'en vois un. »
Le contenu de la mallette prend forme, couvrant progressivement Tōya d'une étincelante armure hi-tech noire et jaune.
« Todoroki..., continue la voix d'All Might. Tu ne dois pas être un héros au sens où l'entend notre société, si cette idée te rebute. Ce que j'entends, moi, par le terme "héros"... C'est quelqu'un qui court au-devant du danger sans y réfléchir à deux fois, pour protéger ceux qui lui sont chers ! »
Recouvert entièrement de l'équipement dernier cri qu'All Might avait à l'origine destiné à lui-même, Tōya se sent parcouru d'une sensation bizarre. Quand le Symbole de la Paix lui a adressé ces mots, hier, il a eu bien du mal à y croire. Lui... un "héros" ? Validé par All Might lui-même ? C'est bizarre... mais après tout, pourquoi pas... S'il s'y habitue, peut-être que ce nouveau qualificatif pourra lui plai...
Mais il est brusquement freiné dans son enthousiasme. Alors que Shigaraki le dévisage toujours d'un air mauvais, incertain de ce qui l'attend maintenant que Tōya a enfilé ce nouvel équipement, le jeune Todoroki croise son reflet dans la façade brillante du bâtiment de UA qui se trouve à quelques mètres de lui.
Et son sang se fige.
C'est... C'est moi... ça ? Oh... oh bordel, quel enfer. Mais je ridicule, en fait !
Horrifié, Tōya se souvient que son combat est retransmis au monde entier par les caméras des drones qui gravitent autour du Cercueil, et cette situation lui est parfaitement insupportable. Et dire qu'hier, il a promis à Yumei qu'il serait le héros le plus stylé de tous... mais cette affreuse armure de justicier recouvre entièrement le magnifique costume blanc, métaphore du deuil et de la mort, dans lequel il était déterminé à se sacrifier. Toute sa symbolique, fichue en l'air en quelques secondes...
Et puis, on en parle de cette abominable casserole qui couvre son crâne ?
Sous le regard éberlué de Shigaraki, Tōya se débarrasse de son casque en grognant pour libérer sa fière tignasse blanche et ses chers piercings qu'on l'a autorisé à remettre le temps de la bataille, et il le balance au loin, son geste chargé de toute la frustration accumulée contre son nouveau look.
Hors de question que je mène le combat le plus épique de ma vie avec deux antennes jaunes sur ma tête, putain.
Franchement... Il n'y a que les bons vrais héros bien niais, ceux comme All Might, ceux qui sourient face à toutes les situations (et qui lui donnent envie de leur mettre des claques), qui peuvent avoir l'air stylés dans ce genre d'accoutrement. Très peu pour lui. Tōya n'entre malheureusement, ou plutôt heureusement, pas dans cette catégorie.
Keigo, par contre... Ouais... Il aurait pu être sexy dans cette armure moulante... ça lui aurait fait de belles...
« Eh ! »
Tōya se reconcentre tout de suite. Face à lui, Shigaraki semble commencer à perdre patience.
« C'est comme ça que tu me remercies d'avoir fui Jaku pour tes beaux yeux, Dabi ? En me trahissant, puis en me faisant perdre mon temps ? T'es là pour qu'on se foute dessus en 1V1, ou pour te donner en spectacle ?! »
Sur les nerfs, le manieur de flammes serre les dents, encore en train de se remettre de ce petit bout d'honneur qu'il a perdu depuis qu'il a choisi d'ouvrir cette mallette. Il clame, les doigts d'une de ses mains pointés contre son torse :
« Je suis là pour te tabasser la gueule, ouais ! Sauf si on peut trouver un arrangement ! Alors si tu veux pas finir en cendres et avoir une chance d'éviter de crever, je te conseille de m'écouter et de te rendre maintenant ! Après, je pourrai plus rien garantir. »
Il s'attendait à tout sauf à ce que son adversaire éclate de rire. Décidément... Pourquoi les gens doivent se foutre de sa gueule à chaque fois qu'il expose honnêtement ses plans ? Argh... il est vraiment pas fait pour être un héros, et encore moins un personnage principal.
« Ton rire, c'est nerveux ou c'est une piètre tentative de blesser mon ego ?
— Dabi... »
Le jeune vilain baisse la tête, dissimulant son visage derrière sa longue chevelure de neige, le corps toujours secoué de soubresauts de rire.
« T'as aucune crédibilité. Après tous ces héros que t'as brûlés vifs... t'as vraiment le culot de te prendre pour l'un d'entre eux ?
— Je me prends pas pour l'un d'entre eux, c'est ça que t'as pas capté, Shiggy ! Je suis simplement redevenu moi-même ! Alors si tu pouvais m'écou...
— Comme c'est beau... ça me ferait presque verser une larme. »
Shigaraki commence à s'approcher lentement de lui. Tōya jette un coup d'œil en coin à Eraser Head et son étudiant pour vérifier qu'ils sont toujours bien en train de supprimer les alters de son adversaire. Ok, tout va bien... Shigaraki cherche peut-être à gagner du temps, en bavassant comme ça. Et ça tombe bien : lui aussi.
« Je savais pas que t'avais la mémoire aussi courte, Dabi... Dans ce monde que tu cherches apparemment à protéger, on n'a pas le droit d'être nous-mêmes. C'était pourtant les revendications du Front... Fais-moi penser à mieux choisir mes Officiers, la prochaine fois, parce que là, tu me fais honte. Dans cette société pourrie jusqu'à la moelle, tout ce qui est différent, incompris, finit par être rejeté. Toujours. Tu as vraiment cru que les héros allaient te pardonner tes crimes aussi facilement ? »
Il interrompt sa marche, désormais à quelques mètres seulement, et le toise de son regard rouge hautement intimidant, qui n'a plus rien à voir avec celui du Shiggy que Tōya a pu côtoyer par le passé.
« Moi, j'ai plutôt l'impression qu'ils ont trouvé la parfaite stratégie pour envoyer au casse-pipe l'un de leurs plus grands ennemis contre le boss final. Tu vois le genre ? D'une pierre deux coups, et sans dommage collatéral. »
La prise de conscience est brutale. Tōya s'apprête à balancer un « ta gueule » à la figure de Shigaraki, mais son corps se fige d'un coup. Même s'il n'a aucune envie de l'écouter et de se laisser embobiner, il... Qu'est-ce que... Il ne trouve pas ça si... absurde ? Non... Non, c'est de la merde, ce qu'il raconte...
L'héritier du Roi du Mal continue sa tirade :
« Tu penses jouer au héros, prêt à te sacrifier pour une noble cause, Tōya Todoroki... Mais dans cette histoire, est-ce que ce ne sont pas plutôt les héros qui se comportent comme des vilains, en envoyant un élément gênant se sacrifier pour eux... ? »
Tout se brouille à l'intérieur de l'esprit du jeune Todoroki. Il voudrait rejeter en bloc les paroles de son ancien camarade, mais il est forcé d'admettre que sa manipulation fonctionne effroyablement bien. Tōya n'a rien à répondre à ce qu'il vient d'entendre. C'est vrai, lui aussi a trouvé que les héros lui ont fait rapidement confiance... étonnamment rapidement. Il a aussi trouvé ça suspect, mais il s'est laissé aveugler par son désir de sauver ses proches, et il ne s'est pas posé plus de questions. Non... Ils n'ont quand même pas... ?
« Tōya ? »
La voix de Tsukauchi résonne dans ses oreilles. Ce dernier doit se demander pourquoi, depuis plusieurs minutes maintenant, Tōya n'a toujours pas entamé son combat contre leur ennemi. Putain... Est-ce qu'il est en train de douter de sa loyauté... ?
« Tōya, qu'est-ce qui se passe ? Quelque chose ne va pas ? »
La respiration du jeune homme s'accélère quand il remarque une crainte évidente dans la voix de l'inspecteur. Non non non... Tout mais pas ça.
On ne peut pas s'être encore servi de lui. Pas comme ça. Pas maintenant...
Tōya baisse la tête et les épaules, une main sur le front, sous le regard hautement satisfait de Shigaraki, qui le dévisage avec un grand sourire tordu. L'ex-vilain répond à l'appel radio d'une voix faible et fatiguée, mais sans pouvoir dissimuler la colère qui commence déjà à gronder au fond de lui.
« Tsukauchi... Dites-moi la vérité. Pourquoi vous m'avez envoyé moi, ici ? Et pourquoi vous n'avez pas demandé à Yumei de prédire si Midoriya était capable de gagner sans moi ? »
Le silence qui suit est glaçant. Tōya voudrait se mettre à hurler, à paniquer, mais il a encore un maigre espoir que le policier soit en mesure de restaurer sa confiance, même si celle-ci est déjà en train de s'émietter. Même sans son pouvoir de Désintégration, Shigaraki est parvenu à dissoudre tous ses repères à une vitesse affolante, et il a plus que jamais besoin d'encouragements en cet instant.
Heureusement, Tsukauchi n'hésite pas beaucoup plus longtemps.
« Tu te demandes si on cherche à nous débarrasser de toi ? Tōya... tu y crois vraiment ? Écoute. Tout ce qu'on a voulu faire, c'est respecter ta propre décision. On voulait te laisser ta chance... Si on avait prédit une victoire à Midoriya, tu aurais été écarté de l'opération, et tu n'aurais pas pu offrir au monde la possibilité de voir tes progrès. Dès que tu as accepté notre offre, on a su que tu devais faire partie de ce combat, et que ça aurait été cruel de te l'enlever. »
L'émotion le frappe à nouveau, vivace, brûlante. Tōya se sent rassuré d'entendre ce témoignage, et il se sent aussi très bête. Les paroles de Tsukauchi résonnent beaucoup plus en lui que celles de son ancien camarade. Bordel... il faut absolument qu'il arrête de douter... de lui, et de ses alliés aussi. Shigaraki vient de lui prouver qu'il a encore beaucoup de chemin à faire pour régler ses problèmes de confiance... mais il vient également de lui donner une excellente leçon.
Tōya contemple une dernière fois son reflet en armure dans le bâtiment de UA. Pendant un bref instant, il essaie d'y imaginer Dabi à la place, dans son costume de vilain. Mais la bonne nouvelle, c'est que cette vision ne lui vient même pas.
Il n'y arrive pas.
Ce qui veut dire qu'il est enfin sûr de lui.
Alors il se penche en avant, préparé à bondir, pour signifier à son adversaire que sa tentative de manipulation n'a pas fonctionné. Ce dernier se tient prêt aussi.
« T'es mal placé pour parler d'être envoyé au casse-pipe, Shiggy ! Côté manipulation, y a pas pire que ce qu'All For One te fait subir !
— Peut-être... Oui, tu as sans doute raison. Mais au fait, Tōya. Depuis tout à l'heure, ce n'est pas avec Tomura que tu parles. Tu ne t'en es pas rendu compte ?
— ... ghn ! »
Merde... Alors, son ami est vraiment parti ? Quel enfoiré, cet All For One... il l'a vraiment mené par le bout du nez depuis le début. Ressaisis-toi, Tōya... C'est vraiment pas le moment de se faire ridiculiser devant tout le monde. L'armure fait déjà bien assez le travail. D'ailleurs, en parlant de cette armure... il est temps de la rentabiliser. Et surtout... De l'envoyer se faire réduire en miettes, parce qu'il commence à faire putain de chaud à l'intérieur.
« Eh ben, ça tombe bien que tu sois pas mon pote, trouduc ! Ça m'évitera de devoir retenir mes coups !! »
Au même moment, il tente de sortir ses flammes du creux de ses mains pour souligner ses propos, mais à sa surprise... elles se retrouvent étouffées par les gants de l'armure et provoquent seulement une désagréable vague de chaleur à l'intérieur de son costume. Putain... La voix d'All Might résonne aussitôt dans sa radio.
« Todoroki ! Puisque tu as fait la bêtise de balancer ton casque, le système ne peut plus te communiquer l'état de ton armure. Mais j'ai accès aux données depuis ma position, et je connais son fonctionnement puisque j'ai assisté à sa création. Je vais t'aider ! Rappelle-toi, elle n'a pas été conçue pour résister à tes flammes, alors attention à la surchauffe ! Tu vas devoir te battre sans ton feu pour le moment. »
Putain... Putain putain !
Quelle galère... Sans ses flammes, c'est son apprentissage entier du combat qu'il va devoir oublier pour s'adapter à ce nouvel équipement. Il a toujours été habitué à bouger très peu et à compter sur ses salves dévastatrices. Cette armure... elle est autant une bénédiction qui lui permettra de gagner suffisamment de temps pour l'arrivée de Midoriya, qu'un cadeau empoisonné.
« Et n'oublie pas que même moi, je n'ai pas eu le temps de la tester au préalable. Alors ne fais pas de folies avec, compris ?
— Ouais. Je dois juste me débrouiller pour pas crever tout de suite. C'est plutôt clair. »
De toute façon, ça ira. Parce que sans ses alters, Shigaraki ne peut pas faire gr...
Mais Tōya est interrompu dans ses pensées. Au moment précis où il s'apprêtait à passer à l'action, la main de son adversaire se met à muter, et c'est un amas colossal de doigts qui s'abattent sur lui sans qu'il n'ait eu le temps de comprendre d'où venait cette attaque.
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Note : Alors, vous pensez quoi de Armored Tōya ? 😆 Cette idée un peu saugrenue m'est venue quand je cherchais une manière d'éviter que le combat se termine en deux attaques... Il faut dire que le style habituel de notre cher Todoroki est de tout boucler le plus vite possible pour éviter de cramer son corps, donc il a fallu trouver un stratagème ahah
Comment pensez-vous que ce combat va évoluer ? Vous le saurez dimanche prochain, parce que mercredi, on revient au combat de Keigo versus Toga & Compress !
Bonne fin de week-end ~