Shadow Protocol : La 21e Ombre

Chapitre 12 : Le choix du stage

1247 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 05/09/2026 19:32

Still Life - RM


Le silence de l'infirmerie était presque aussi lourd que le fracas du stade quelques minutes auparavant. Akari était allongée sur un lit, une perfusion de glucose dans le bras et des compresses chauffantes sur les membres pour stabiliser sa température interne. Recovery Girl l'avait forcée à un repos total pendant la finale. Elle n'avait vu le duel titanesque entre Todoroki et Bakugo que sur le petit écran accroché au mur de la petite salle blanche. Elle avait vu Shoto hésiter, refuser d'utiliser ses flammes jusqu'au dernier moment, et Bakugo hurler de rage devant une victoire qu'il jugeait incomplète, son trophée entre les dents comme un animal sauvage.

— « Ils sont tous les deux idiots, » murmura Akari, sa voix encore enrouée par le froid qui avait saisi ses cordes vocales.

— « Ils sont jeunes, » corrigea Recovery Girl en ajustant son oreiller avec une rudesse maternelle. « Comme toi. Tu as frôlé l'arrêt cardiaque avec ton coup d'éclat des "fils d'obsidienne". Ne refais jamais ça, Kageyama. Ton corps n'est pas une forge, c'est un temple. Si tu le gèles trop, il finira par se briser en mille morceaux. »

Akari ne répondit pas. Elle ferma les yeux, sentant le poids de la médaille de bronze virtuelle peser sur son esprit. Elle se déconnecta doucement des machines, s'habilla avec des gestes lents, chaque muscle protestant contre le mouvement, et se dirigea vers la pelouse pour la cérémonie de clôture.

Le podium était déjà installé au centre de l'arène. Bakugo était enchaîné à un poteau, un bâillon sur la bouche, s'agitant comme un démon en cage malgré sa médaille d'or. Todoroki, à la deuxième place, fixait le vide avec un regard qui semblait voir à travers le béton. Akari monta sur la troisième marche, à côté de Tokoyami. Le vent soufflait sur ses cheveux bleu nuit, et pour la première fois, elle ne sentait pas le froid comme une menace, mais comme une cicatrice de guerre.

— « ET MAINTENANT, POUR REMETTRE LES MÉDAILLES... LE VOICI ! LE SEUL, L'UNIQUE ! ALL MIGHT ! »

Le Symbole de la Paix tomba du ciel avec un impact qui fit vibrer le sol. Il s'approcha d'Akari après avoir consolé Todoroki. Son ombre immense la couvrit, protectrice. En lui passant la médaille autour du cou, il posa une main massive sur son épaule.

— « Jeune Kageyama ! » tonna-t-il, mais avec une lueur de fierté sincère. « Ton combat contre Bakugo a montré une maîtrise tactique exceptionnelle. Tu as su transformer l'attaque de ton adversaire en ta propre défense. C'est l'essence même d'un grand héros ! Mais n'oublie pas... une ombre ne peut exister sans lumière. Ne te laisse pas consumer par le froid qui entoure ton nom. »

— « Merci, All Might, » répondit-elle, la gorge serrée. Elle jeta un coup d'œil furtif vers la loge VIP. Le siège de Reina Kageyama était vide. Elle était déjà partie.

Le trajet retour dans la berline familiale fut un calvaire. Reina ne dit pas un mot, les yeux fixés sur la route, son profil de porcelaine plus dur que le diamant. Ce n'est qu'une fois arrivées dans le manoir silencieux que la sentence tomba.

— « Une troisième place est une place de figurante, Akari, » dit Reina sans se retourner. « Tu as utilisé les techniques "souples" de ton père. Celles qui l'ont mené à sa perte. Il pensait lui aussi qu'il pouvait manipuler l'ombre avec sentimentalisme. Il est mort parce qu'il n'était pas assez froid. »

— « Il est mort en protégeant des gens ! » répliqua Akari, sa voix tremblant de rage. « Et je découvrirai comment, maman. Je découvrirai ce que tu caches derrière tes grands principes de discrétion. »

Reina se tourna vers elle, un sourire glacial aux lèvres. « Alors mérite la vérité. Pour l'instant, tu n'es qu'une enfant qui joue avec des reflets. »


Une semaine plus tard. Le lundi matin à Yuei avait une saveur différente. L'excitation du tournoi était retombée, laissant place à une tension plus professionnelle : l'avenir.

Akari franchit le seuil de la classe 1-A. Le brouhaha était à son comble. Kaminari et Mineta se plaignaient de ne pas avoir été assez vus, tandis que Momo et Ochaco discutaient des offres de stage. Akari s'installa à son bureau, sentant immédiatement le regard de Bakugo dans son dos. Il ne criait pas, ce qui était presque plus inquiétant.

La porte coulissa. Aizawa entra, moins bandé, mais toujours aussi épuisé. Il ne perdit pas de temps.

— « Bien. Le championnat est fini. Le monde pro a rendu son verdict. Voici les offres de stages. »

Il pressa un bouton. Les chiffres s'affichèrent.

  1. Todoroki Shoto : 4123
  2. Bakugo Katsuki : 3556
  3. Kageyama Akari : 2890

Le silence tomba, puis les murmures explosèrent. Près de trois mille offres pour la "nouvelle". Akari sentit son cœur battre contre ses côtes.

— « Trois mille offres... » souffla Izuku en regardant Akari avec fascination. « C’est presque autant que Bakugo ! »

— « C’est à cause de sa finale, » intervint Tsuyu. « Les agences adorent les Alters polyvalents et les esprits tactiques. »

Aizawa distribua les catalogues. Akari ouvrit le sien. Elle vit les annotations de sa mère sur une feuille jointe, ordonnant de choisir l'agence de renseignement de Kyoto. Un lieu où elle serait cachée du monde, enterrée sous le secret professionnel.

À la pause déjeuner, le groupe se réunit.

— « Alors, Akari ? Où vas-tu ? » demanda Momo.

Akari sortit son formulaire. Elle avait déjà griffonné un nom au stylo noir, ignorant les ordres de Reina.

— « Ma mère veut m'envoyer dans l'ombre, » dit Akari, sa voix ferme. « Mais mon père disait que pour comprendre l'ombre, il fallait regarder la lumière en face. J'ai choisi l'agence de Best Jeanist. »

— « QUOI ?! » hurla Bakugo depuis la table d'à côté, renversant presque son plateau. « Tu te fous de moi ?! C’est là que je vais, la bourge ! Tu vas me coller aux basques même en stage ?! »

— « Apparemment, Bakugo, » répondit Akari en le fixant droit dans les yeux, un petit sourire de défi aux lèvres. « Best Jeanist est le maître de la précision. Si je veux polir mes fils d'obsidienne et découvrir ce qui est arrivé à mon père, je dois apprendre du meilleur en termes de structure. Et si ça te dérange de partager l'affiche avec moi, tu n'as qu'à essayer de me surpasser là-bas aussi. »

Bakugo grinça des dents, une explosion étouffée crépitant dans sa main. « Je vais t'écraser, Kageyama. Jeanist va voir que ton ombre n'est qu'une pâle copie de ma puissance ! »

Akari ne recula pas. Elle savait que ce stage chez le Numéro 3 était sa porte d'entrée vers les archives de haut niveau. Elle allait apprendre l'élégance, la force et, peut-être, les secrets que sa mère gardait sous clé.

— « Akari-san, c'est génial ! » s'enthousiasma Izuku. « Jeanist est ultra-strict, mais avec ton Alter, tu pourrais faire des progrès phénoménaux ! »

Akari hocha la tête, mais son regard se perdit vers la fenêtre. Elle avait signé son arrêt de mort avec Reina, mais elle avait signé sa naissance en tant qu'héroïne indépendante. Le festival était fini. Les stages commençaient. Et à Hosu, une ombre bien plus sombre que la sienne commençait à s'étendre.

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