Sunburn : l'éclat du Zénith

Chapitre 1 : Premier rayon de soleil

1159 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 12/03/2026 08:41

CHAPITRE 1 : PREMIER RAYON DE SOLEIL


Le réveil sonna exactement à six heures du matin, mais Kaori était déjà réveillée depuis une bonne demi-heure.

Assise en tailleur sur son lit, elle tapotait nerveusement le bout de son stylo contre son menton. Son uniforme flambant neuf de l'Académie Yuei était soigneusement étalé sur sa chaise de bureau. La veste grise, la cravate rouge, la jupe sombre... Tout était parfait. Trop parfait. Elle lissa une énième fois un pli imaginaire sur le tissu.

Et si j'ai oublié un manuel ? pensa-t-elle, le regard rivé sur son sac à dos, déjà revérifié trois fois la veille. Et si je n'arrive pas à trouver ma classe? Le bâtiment est immense. Et si je donne une mauvaise impression dès la première seconde? Elle tritura l'ourlet de sa chemise. Elle avait réussi l'examen d'entrée haut la main, oui. Mais réussir un test n'était pas la même chose que devenir une héroïne à la hauteur de ce lycée de légende. La peur de décevoir lui nouait l'estomac.


— Kaori ! Tu vas être en retard !


La porte s'ouvrit à la volée sur un petit garçon en pyjama, les cheveux en bataille. Hibio la regardait avec des yeux ronds, visiblement plus stressé qu'elle par cette rentrée. La tempête sous le crâne de Kaori s'apaisa instantanément. Un sourire chaleureux étira ses lèvres, faisant pétiller ses yeux aux reflets dorés. Elle posa son stylo et sauta du lit pour aller ébouriffer un peu plus les cheveux de son petit frère.


— Ne t'inquiète pas, petite puce. Je suis largement dans les temps.

— Tu vas être la meilleure des héroïnes, ajouta Hibio avec un grand sourire édenté. All Might n'a qu'à bien se tenir !


Kaori sentit une bouffée d'amour lui serrer la poitrine. C'était pour lui, pour sa famille, et pour tous ceux qui avaient besoin d'être inspirés qu'elle s'était lancée dans cette voie. Elle attrapa rapidement un beignet de crevette froid qui traînait dans la cuisine, embrassa sa mère qui courait déjà partout pour se préparer, et fila vers la gare.

Le trajet fut une épreuve pour ses nerfs. Coincée entre les portes du métro et des salarymen pressés dans la pénombre des tunnels, Kaori sentait l'angoisse la guetter. Elle n'aimait décidément pas les endroits renfermés, car l'absence de lumière naturelle la coupait de sa source d'énergie.

Mais une fois sortie à la station la plus proche de l'académie, la lumière du matin l'accueillit comme une vieille amie.

Le soleil printanier brillait dans un ciel sans nuage. Instinctivement, Kaori ferma les yeux et prit une profonde inspiration. Au-dessus de sa chevelure rose, un fin halo doré apparut, flottant à quelques centimètres de son crâne. Il se mit à briller doucement, captant les rayons UV avec avidité. Une douce chaleur se diffusa dans ses veines, chassant le froid du métro, de sa tête jusqu'au bout de ses doigts. Son Alter, Solar Flare. Rien que de sentir cette énergie affluer la rendait invincible.

Devant elle se dressaient les immenses portes de verre et d'acier de Yuei. Le campus était gigantesque, presque intimidant avec ses allées bordées d'arbres et ses bâtiments d'une modernité écrasante. Des dizaines d'élèves affluaient vers l'entrée, tous porteurs d'espoirs et d'Alters incroyables.


On y est, songa-t-elle en réajustant fermement la lanière de son sac.


Trouver la classe 1-A ne fut pas difficile, les panneaux étaient si immenses qu'on aurait pu les lire depuis l'espace. Ce qui fut difficile, ce fut de franchir la porte coulissante démesurée. Kaori s'arrêta net devant. Elle voulait faire bonne impression. Elle devait se prouver, et leur prouver, qu'elle méritait sa place ici.


Je toque ? se demanda-t-elle, la main suspendue en l'air. Non, c'est une salle de classe, pas un bureau. Je l'ouvre doucement ? Mais ça va faire un grincement et tout le monde va me dévisager. Je l'ouvre d'un coup sec ? Mais si je cogne quelqu'un ?


Pendant qu'elle pesait le pour et le contre, s'enlisant inexorablement dans ses pensées parasites, la porte coulissa brusquement de l'intérieur. Une fille à la peau rose vif, dotée de petites cornes jaunes et d'yeux aux sclères noires, apparut de l'autre côté, faillant la renverser.


— Oups ! Pardon ! s'exclama l'inconnue avec un grand sourire éclatant. Oh ! J'adore tes cheveux, on est presque assorties ! Je m'appelle Mina Ashido !


Kaori cligna des yeux, violemment tirée de sa transe. La bonne humeur et l'énergie débordante de Mina étaient si contagieuses qu'elles balayèrent ses doutes d'un coup de vent.


— Salut ! Moi c'est Kaori Sterling. Merci, j'aime bien tes cornes aussi !


Kaori entra enfin, relâchant un souffle qu'elle ne savait pas avoir retenu. La classe était déjà bruyante. Au fond, un garçon blond aux cheveux en pétard hurlait sur un grand binoclard rigide qui lui reprochait avec des gestes robotiques d'avoir posé ses pieds sur le bureau. Un peu plus loin, un garçon aux cheveux verts marmonnait frénétiquement dans son coin en regardant une fille au visage rond, tandis qu'un autre élève, aux cheveux curieusement bicolores, regardait froidement par la fenêtre, isolé du reste du monde. L'ambiance était électrique, chaotique, et incroyablement vivante. Elle alla s'asseoir à sa place désignée, observant ses nouveaux camarades avec une curiosité avide.

Soudain, un silence de mort s'abattit sur la pièce.

Kaori se tourna vers l'entrée. Un homme à l'air profondément épuisé, les cheveux noirs ébouriffés et la barbe mal rasée, venait de se glisser dans la pièce... à l'intérieur d'un épais sac de couchage jaune fluo, tel une chenille géante.

C'est ça, un héros professionnel de Yuei ? s'étonna Kaori en papillonnant des yeux.


— Si vous êtes là pour vous faire des amis, vous pouvez faire vos valises, dit-il d'une voix traînante en sortant de son cocon, une brique de jus de fruit à la main. Il m'a fallu huit secondes pour que vous fassiez le silence. Le temps est précieux. Les héros professionnels n'en ont pas à perdre.


Il fouilla dans son sac de couchage et sortit un uniforme de sport bleu et blanc orné de bandes rouges.


— Je suis Shota Aizawa, votre professeur principal. Mettez ça et rejoignez-moi sur le terrain de sport. Tout de suite.


Kaori déglutit, sentant son cœur s'accélérer brusquement. Elle regarda ses paumes. Une étincelle de lumière dorée y crépita — suffisamment chaude pour faire fondre le métal d'une canette si elle en relâchait le contrôle. Fini de trop réfléchir. C'était le moment de prouver ce qu'elle valait.

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