Katsuki x OC: Flamme et Marée
Fin de journée — sortie de Yuei
La pluie s'était calmée, laissant le sol couvert d'éclats mouillés. Katsuki descendait les marches quand il aperçut Shoto un peu plus loin. Sans réfléchir, il l'interpella :
— Hé !
Shoto se retourna.
— Quoi ?
Katsuki hésita une fraction de seconde. Ce qui l'énerva encore plus.
— Pourquoi tu t'intéresses à elle comme ça ?
— À qui ?
— Fais pas le con. L'infirmière-stagiaire.
— Ça ne te regarde pas.
Réponse plate. Porte fermée.
Quelque chose grinça dans la poitrine de Katsuki.
— Tch. C'est louche, c'est tout.
Shoto le fixa une seconde. Puis ses yeux se plissèrent légèrement.
— Bakugo...
— Quoi ?
— Tu serais pas un peu jaloux ?
Explosion immédiate.
— JALOUX ?! MAIS T'AS FUMÉ OU QUOI ?!
— D'accord, dit Shoto calmement. Donc oui.
— VA TE FAIRE GLACER LE CERVEAU !
Katsuki tourna les talons, furieux contre lui-même sans trop savoir pourquoi. Shoto le regarda partir, un souffle amusé dans la voix :
— Intéressant...
La pluie reprit doucement. Comme si le ciel venait d'appuyer sur "suite"
La journée à l’infirmerie s’acheva aussi, plus calmement qu’elle ne l’avait commencé.
Emi avait enchaîné les soins, les allers-retours, les petites urgences. Rien de dramatique, mais suffisamment pour lui laisser une fatigue douce dans les bras et dans l’esprit.
Quand Recovery Girl revint, elle la trouva assise derrière le comptoir, silencieuse.
— Tu t’en es bien sortie, petite.
Emi releva les yeux et sourit doucement.
— Merci.
L’air du soir était plus frais qu’elle ne l’avait imaginé.
Yuei semblait s’être endormi derrière elle, les bâtiments encore humides de la pluie de la veille reflétant les derniers éclats du jour.
Emi marchait lentement.
Elle passa une main dans ses cheveux, un peu distraite.
Shoto… Katsuki…
Elle s’arrêta une fraction de seconde, surprise par ses propres pensées.
Pourquoi eux, maintenant ?
Elle secoua légèrement la tête et reprit sa marche.
De retour chez elle, Emi laissa la porte se refermer doucement derrière elle.
Le silence de son appartement l’enveloppa immédiatement.
Elle posa son sac dans l’entrée, retira ses chaussures sans vraiment y penser, puis resta quelques secondes immobile.
La journée lui semblait encore flotter dans son esprit, comme un film dont certaines scènes revenaient sans cesse sans qu’elle les ait demandées.
Shoto.
Katsuki.
L’infirmerie.
Elle fronça légèrement les sourcils.
— Je réfléchis trop… murmura-t-elle pour elle-même.
Elle s’approcha de la fenêtre.
Et là, elle la vit la lune, pleine, parfaite, immense.
Elle s’y arrêta sans bouger.
Il y avait toujours quelque chose dans cette lumière qui l’apaisait immédiatement. Comme si le monde entier retenait son souffle sous sa présence.
Emi posa doucement une main contre la vitre.
La lumière blanche se reflétait sur sa peau.
Et pendant quelques secondes, elle eut cette sensation familière.
Une légèreté, comme si quelque chose en elle… se réveillait doucement.
Elle fronça légèrement les sourcils.
— Encore cette sensation…
Elle se tourna légèrement.
Son regard glissa sur son reflet dans le miroir et tourna légèrement le dos.
La marque brillait doucement sous la lumière de la lune.
Rien d’anormal mais elle savait. Elle avait cette marque dans son dos depuis toujours. Elle ne l’avait jamais comprise, ni son origine, ni sa fonction, ni pourquoi elle semblait parfois… réagir.
Elle n’aimait pas vraiment cette sensation d’incompréhension.
Pas parce qu’elle lui faisait peur.
Mais parce qu’elle refusait de lui donner un sens.
Plus tard, assise devant son repas simple, Emi alluma distraitement une tablette.
Elle mangeait lentement, sans vraiment prêter attention à ce qu’elle faisait, tandis que son autre main tapait déjà des recherches.
marques liées aux Alters
Aucun résultat clair.
Elle tapa autrement.
Alter marque naissance sens
Des articles vagues, des théories, des témoignages dispersés.
Rien de concret.
Elle soupira doucement.
Puis continua.
Alter plus puissant la nuit raison
Cette fois encore, rien de vraiment utile.
Juste des hypothèses générales sur la fatigue, les émotions, ou la concentration.
Emi posa sa cuillère.
— Donc… je suis la seule ?
Elle secoua légèrement la tête, refusant cette idée.
Impossible.
Elle changea de sujet de recherche.
Alter réagit émotions utilisateur
Là, les résultats étaient plus nombreux.
Certains Alters évoluaient selon le stress, la peur, la colère ou la sérénité.
D’autres dépendaient même de conditions extérieures.
Elle lut attentivement, ses yeux suivant les lignes sans cligner.
— Donc… ce n’est pas forcément étrange…
Mais quelque chose la dérangeait.
Ce qu’elle ressentait, elle.
Ce n’était pas lié à la peur.
Ni au stress.
C’était… autre chose.
Elle ferma la tablette un instant.
Le silence revint.
Et avec lui, une pensée plus lourde.
La solitude
Emi fixa son reflet dans la fenêtre sombre.
Sa silhouette se découpait doucement dans la lumière tamisée de la pièce.
Elle pensa à sa vie.
À son absence de famille.
À tout ce qu’elle ignorait d’elle-même.
Elle avait grandi avec des réponses partielles, des “on ne sait pas vraiment”, des “peut-être plus tard”.
Mais “plus tard” n’était jamais venu.
Elle se souvenait vaguement de l’orphelinat, des adultes bienveillants, mais prudents, des questions esquivées.
Et surtout…
De cette femme.
Celle qui avait pris soin d’elle quand elle était enfant.
Celle qui avait toujours semblé en savoir un peu plus qu’elle ne disait.
Emi serra légèrement sa tasse entre ses mains.
— Si quelqu’un peut savoir… c’est elle…
Mais cette femme n’était plus là.
Ou du moins… Emi n’avait plus aucun contact avec elle.
Elle baissa les yeux.
Une sensation étrange s’installa dans sa poitrine.
Pas de tristesse forte.
Plutôt un vide discret.
Celui des questions sans réponse.
Plus tard, lorsqu’elle se coucha, Emi resta longtemps les yeux ouverts.
Le plafond était éclairé par les reflets pâles de la lune.
Elle ne pensait plus à la journée, pas vraiment. Elle pensait à elle, à ce qu’elle était, à ce qu’elle ignorait et à cette impression persistante…
Qu’une partie de sa propre histoire lui échappait encore.
Avant de fermer les yeux, elle murmura doucement :
— …Je trouverai.
Mais sa voix manquait un peu de certitude.
Et dans le silence de la nuit, la ville continuait de dormir sans savoir qu’une fille, quelque part, venait de commencer à se poser les bonnes questions.