HYDRA'S QUEST
Chapitre 8 : You shook Me all Night long
3783 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 21/09/2026 20:42
Tony s'approcha doucement de Natasha.
— Restez là-bas, dit-elle, le ton plein de rancœur.
Elle avait probablement pris un nouveau coup sur la tête.
— En fait, tout risque de s'enflammer ici, donc vaut mieux qu'on dégage, dit Tony.
— Je peux me débrouiller, dit-elle en commençant à se lever, non sans mal.
Tony commença à s'approcher. Elle prit un pistolet qui traînait par terre et le pointa vers lui.
— J'essaie encore de comprendre ce que j'ai fait de mal, dit-il.
En effet, il avait retardé Fury comme il avait pu.
— Vous avez mené Fury à nous.
Voilà la preuve ultime que cette femme avait une grande incompréhension de la situation.
— Je vous ai sauvé les fesses à Washington, commença Tony, mais il fut interrompu :
— Vous m'avez fait remarquer, c'est tout. L'Avenger capable de gérer une organisation terroriste à lui tout seul, capable d'établir une stratégie pour stopper une invasion alien, celui qui a construit un arsenal entier d'armures intelligentes… Où est Iron Man aujourd'hui, hein ?
Voilà qu'elle se montrait blessante. Soit. Tony sourit, souffla du nez et tourna les talons. Il alla au poste de commande et trouva la mallette.
Heureusement, Fury n'avait pas encore cherché à résoudre la question de savoir comment Tony avait rejoint l'Héliporteur, sûrement dans l'adrénaline de devoir rendre la capsule aux dieux de l'espace. Il prit la mallette. Elle était quand même sacrément endommagée et plutôt inutilisable, surtout maintenant qu'elle était déconnectée du système auquel Hank l'avait associée. Il la prit avec lui et alla dehors. Au diable Romanoff. Lorsqu'il sortit des ruines du Bus, il se retrouva dans une forêt. Il avait déjà compris cela en sortant de l'Héliporteur, maintenant, il fallait savoir dans quelle forêt il se trouvait. Natasha arriva, boiteuse.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle en montrant la mallette.
— Un des trucs qui faisaient de moi Iron Man, justement.
— Ça peut nous aider à retrouver Grant ?
Tony sentit son cerveau exploser.
— Grant ? Grant ? Grant Ward ? Qu'est-ce qui tourne pas rond chez vous ? Ce type m'a livré à Fury, c'est techniquement à cause de lui si
l'Héliporteur vous a retrouvés !
— Mais c'est justement lui qu'ils ont pris ! Et puis-je vous demander comment il se fait que vous soyez sorti de l'Héliporteur sain et sauf ?
— Écoutez. Si j'étais Iron Man, c'est que j'avais une équipe à mes côtés, d'accord ? Pepper, Rhodey, Happy, les Avengers. Iron Man n'a jamais été tout seul. Mais grâce au Prince, bientôt Roi de l'Amérique, tout ça n'a plus lieu d'être.
— Si Fury nous a atteints, c'est la faute de Grant, si vous n'avez plus personne, c'est la faute de Steve… Vous arrive-t-il parfois de vous remettre en question, monsieur Stark ?
Pourquoi Tony s'embêtait-il à essayer de débattre avec cette ingrate ? Il se mit en route.
— Vous comptez aller où ? cria Natasha derrière lui.
— Le plus loin possible de vous, puisque c'est ce que vous avez l'air de vouloir !
Tony s'assit au milieu de la forêt après vingt minutes de marche. Force était de constater qu'il n'avait aucun plan, aucune solution. La mallette ne marchait plus. Il n'avait aucun moyen de contacter qui que ce soit. Il regarda le sol pendant de longues minutes. Soudain, il entendit le bruit d'une voiture. Il se leva et, tel un animal traquant sa proie, suivit attentivement le bruit pour localiser la voiture. Il savait qu'il avait probablement l'air stupide, seul au milieu de la forêt avec sa mallette en main, mais peu importe. Il arrivait de plus en plus près du bruit. Il finit par trouver : un groupe de quatre voitures avançait très lentement aux abords de la forêt. Il cria en faisant des signes. Les voitures ressemblaient fortement à des voitures de police.
Elles s'arrêtèrent. Tony alla à la vitre de la voiture de tête. C'étaient effectivement des policiers.
— Bonjour, je… hum… comment je vais expliquer ça…
Le conducteur baissa ses lunettes de soleil.
— Iron Man ?
Tony sourit en entendant ces mots.
Quelques instants plus tard, Tony et Natasha étaient à l'arrière de la voiture de police, tandis que les trois autres étaient restées au Bus. Lors d'une discussion avec le policier, Tony avait appris qu'ils se trouvaient à Fontainebleau, en France. L'anglais du policier était approximatif, mais il avait réussi à lui expliquer que la police avait été appelée après qu'un appareil se soit vraisemblablement écrasé dans la forêt. Tony et Natasha se gardèrent d'expliquer la raison de leur présence, invoquant une promenade ayant mal tourné. Lorsqu'ils arrivèrent au poste, ce dernier récupéra la mallette et Natasha fut envoyée faire une déposition. Tony, lui, reçut un accueil particulier : ils étaient tous fans de lui. Il adorait toujours autant les acclamations. Tony sursauta lorsqu'un policier entra dans le poste de manière assez violente, en tenant par la nuque un jeune homme noir qu'il malmenait. Le chef du poste s'approcha de Tony.
— Ces étrangers, toujours à foutre le bordel, c'est une plaie pour ce beau pays. Alors, vous aimez la France, monsieur Stark ?
Tony comprit. C'était la police, quoi. Comme partout.
— Excusez-moi, est-ce qu'on pourrait libérer ma collègue rapidement ? On est sur une affaire importante, type Avengers, et j'ai besoin d'elle.
— Elle est russe, votre collègue ?
— Euh. Je sais pas, pourquoi ?
— On doit être sûrs que c'est pas de l'espionnage, vous voyez.
— Elle est avec moi.
— Peut-être pour vous espionner.
— Je vous assure que non, mais il y a des choses bien plus graves qui vont se passer si vous ne nous laissez pas travailler, et je vais aussi avoir besoin de ma mallette…
— Non. Notre président voudra la voir et, sans contre-ordre du vôtre, je ne peux rien faire. On va le contacter, si vous voulez.
— Non ! Non, surtout, n'appelez pas les USA, s'il vous plaît. En fait, personne ne doit savoir qu'on est là.
— C'était vous dans l'appareil, pas vrai ? Officiellement, ce truc appartient au FBI, on doit les appeler.
— Non, j'ai besoin que vous restiez discrets. On peut s'arranger, combien vaut ce secret pour vous ?
Le policier sourit.
Plus tard, Tony et Natasha furent amenés à un hôtel. Ils prirent chacun une chambre. Après avoir pris une douche, Tony alla toquer à la porte de Natasha. Elle lui donna l'autorisation d'entrer. Elle était en train de se sécher les cheveux.
— Vous lui avez promis quoi ? demanda immédiatement Natasha.
— Un casque d'armure Iron Man aux couleurs de la police, une fois que cette histoire sera finie.
— Et votre mallette ?
— Ils la gardent pour l'instant, je peux pas me balader avec, de toute façon. Dites, je voulais m'assurer qu'on était sur la même longueur d'onde pour la suite, dit timidement Tony.
Il ne savait plus à quoi s'attendre avec elle.
— C'est-à-dire ?
— J'aimerais qu'on se fasse discrets. Qu'on essaie pas de communiquer avec qui que ce soit que vous connaissiez. Je connais du monde dans la bourgeoisie française, ou même dans l'armée, on peut peut-être avoir…
— Donc, vous faites appel à vos contacts, et moi, pas aux miens ?
— En fait, vos contacts sont ceux qui veulent nous arrêter et nous mettre au trou, ce qui, si je puis me permettre, n'aidera certainement pas ce cher Grant.
— Et vous ne pensez pas qu'à la seconde où vous allez tenter quelque chose, le FBI va comprendre que Tony Stark est en France ?
— Ça dépend à qui on s'adresse. Ayez la foi, agent Romanoff.
— Je n'ai pas de très bons souvenirs de la dernière fois qu'on m'a dit ça.
— J'essaie juste de faire en sorte que tout le monde s'en sorte.
— Alors, il reste un peu d'Iron Man en vous.
Tony s'assit sur le lit en soupirant.
— Ce nom, c'est comme un écho. Mais il est infini, l'écho. Il se répète encore et encore autour de moi depuis la première fois que je l'ai dit. Et maintenant, j'arrive plus à m'en débarrasser.
Natasha se tourna vers Tony. Il détecta ce qui s'apparentait à de la tendresse dans ses yeux. Il l'espérait, du moins, il n'y avait plutôt pas intérêt qu'elle ait pitié de lui.
— Vous avez sauvé beaucoup de monde, quand même.
— Hm. Et dans quel état est le monde ? Parfois, c'est bien de s'interroger sur qui on sauve, pas vrai ?
— Non. Je ne pense pas que ça doive fonctionner comme ça.
— Par exemple, si on sauve Fury…
— Alors, on évitera de donner raison à ceux qui le suivent. Ensuite, on le punira.
Tony rit d'un rire léger, mais sincère, pas pour se moquer, mais parce qu'il trouvait réellement la situation amusante.
— Y avait donc un cours de compassion au KGB ?
Natasha sourit et vint s'asseoir à côté de lui.
— Le KGB nous forme à éliminer la menace. Il ne s'agissait jamais de sauver ou de protéger. Il y a quelque chose qui menace les intérêts de… on sait jamais de qui, en fait, on sait juste que c'est une menace, alors on l'élimine. Quel qu'en soit le prix.
Elle regardait dans le vide en parlant. Tony se rendait compte du poids du passé de Natasha à travers ses mots et ses yeux.
— Et le FBI est différent ?
— Pas tant que ça, à la fin. Il s'agit toujours d'intérêts, sans savoir vraiment lesquels.
— Ouais. Je me suis rappelé dans ce commissariat que « protéger et servir », ça s'applique pas à tout le monde.
— C'est pour ça que vous étiez important.
Elle dit ça en le regardant. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre.
— Moi ?
— Vous, les Avengers. Avant, les gens regardaient le ciel et y voyaient de l'espoir en voyant cet Héliporteur. On savait que Captain America, Iron Man, Hulk, Thor, Ant-Man et The Wasp arrivaient et que tout irait mieux. Maintenant… eh bien, le simple fait de lever la tête est angoissant.
— Pourtant, c'était pas de sauver des gens qui m'animait.
— Comment ça ?
— Les gens se disent que les super-héros font tous ça par pure bonté. Bon, certes, je faisais pas ça pour l'argent puisque c'est mon argent qui finançait l'équipe, mais c'était pas non plus pour sauver les gens. On met un A sur la poitrine et on se dit qu'on va en sauver parce que c'est le job.
Mais l'un des vrais plaisirs, c'était d'être acclamé. De sentir que vous répariez vos erreurs. Que les gens vous voyaient et voulaient crier votre nom. Et puis, faire partie d'une équipe. Un tout, un système qui fonctionne, et vous avez votre place dedans. Mais le vrai plaisir au-dessus des autres ?
— Dites-moi.
Elle l'écoutait attentivement, le sourire aux lèvres.
— La liberté. Tout le monde croit connaître Iron Man, celui qui défend les gens des armes qu'il avait créées. Mais beaucoup oublient pourquoi j'ai construit cette armure au départ.
Les yeux de Tony s'humidifiaient. Il fit de son mieux pour que Natasha ne le remarque pas.
— C'est pour ça que vous avez refusé la Loi de Recensement ?
— Ils allaient faire de nous des policiers. Enfin, j'ai pas besoin de vous le dire, vous voyez ce que ceux qui ont signé sont devenus.
— Vous avez fait le bon choix.
— Vous croyez ? J'ai plutôt l'impression d'avoir envoyé la meilleure période de ma vie dans la tombe.
Elle prit son menton pour qu'il la regarde dans les yeux.
— Vous avez sauvé le monde. Et vous allez le faire encore.
Tony vit une intensité nouvelle dans les yeux de Natasha. Ou peut-être n'était-ce pas nouveau et il ne le remarquait que maintenant. Peut-être ne remarquait-il que maintenant qu'elle était vraiment belle, ou peut-être l'était-elle plus que d'habitude à cause de ses cheveux mouillés.
— Et on va sauver Grant, dit Tony avec un léger regret dans la voix.
— Je ne fais pas ça pour Grant.
— Ah non ?
— Pas directement. Il a des informations dont nous avons tous besoin. Nous devons le récupérer vivant pour savoir ce qu'il sait.
— Oui, oui, c'est tout à fait logique. Et professionnel, dit Tony, probablement avec un peu trop d'entrain.
Ils restèrent à se regarder. Les secondes passèrent.
— Vous savez, si vous aviez des raisons personnelles de vouloir sauver Ward, ce serait compréhensible.
— Je sais.
— Mais puisqu'on est là et que ça va probablement être notre dernière nuit de repos avant un bail, je me disais qu'on pourrait en profiter.
— Ce serait pas du repos, alors.
— Au moins psychologique. Vous savez, le temps de recharger les batteries mentales, de penser à autre chose.
Natasha l'embrassa. Tony suivit et ils s'allongèrent sur le lit.
Le lendemain matin, alors que Tony dormait paisiblement, des bruits commencèrent à le réveiller. Il se retourna pour ne plus les entendre et sentit un peu trop d'espace. Natasha n'était plus là. Il ouvrit les yeux. Les bruits qu'il entendait étaient ceux de gens qui marchaient, parlaient fort, et même d'un hélicoptère. Il se leva du lit. Il alla ouvrir les rideaux. Il vit plusieurs voitures du FBI garées devant l'hôtel.
— Oh, la salo…
Ça toqua à la porte.
***
Natasha et Tony se trouvaient à bord de l'avion du FBI venu les récupérer. En effet, Natasha les avait appelés. Il n'y avait pas d'autre moyen de s'en sortir. Elle s'en voulait un peu d'avoir trahi Tony, mais une fois qu'il s'était endormi, Ellen avait compris que c'était sa seule chance d'agir sans qu'il n'essaie de l'arrêter. Coulson et Steve étaient là, car c'étaient eux qu'elle avait appelés. Elle se méfiait toujours de tous les autres.
— Vous m'avez secoué toute la nuit pour m'étourdir, hein ? dit Tony, de la colère dans la voix, en arrivant.
Mais Natasha n'écoutait pas, elle était en pleine dispute avec Coulson.
— Je pense que ce que nous pouvons faire de mieux, c'est rentrer nous mettre en sécurité, dit Coulson.
— On ne peut pas laisser Grant là-bas !
Elle vit Tony froncer les sourcils, mais elle préféra ne pas y prêter attention. Elle commençait à se dire que coucher avec lui n'était finalement peut-être pas une bonne idée.
— Le FBI commence à se rassembler à Washington, il faut qu'on y aille pour participer à la prise de décisions, dit le directeur adjoint.
— Quelles décisions ? Il n'y a qu'une seule décision à prendre, c'est d'aller chercher Grant, c'est un des nôtres !
— Si je puis me permettre, le Porteur dépend du bon vouloir des patrons de Fury. Si on débarque, je doute qu'ils puissent simplement fuir, dit Tony.
— Justement. Je ne vais pas risquer un affrontement contre l'Héliporteur, dit gravement Steve.
— La dernière véritable entrave à ta Loi de Recensement, et tu refuses d'aller la chercher ? Vision est à bord, je te rappelle. Ta suprématie n'atteindra pas son pic sans lui.
— Oui, je refuse. Parce qu'il ne s'agit pas de ma suprématie, Tony. Il s'agit de ne pas envoyer mes hommes en plein suicide.
Steve se retourna pour partir, mais Natasha ne pouvait pas le laisser aller donner l'ordre au pilote de rentrer à Washington. Elle le suivit.
— Captain !
— Ma décision est prise, Romanoff. Le président a demandé qu'on vous ramène tous les deux.
— Vous ne le feriez même pas pour moi ?
Steve s'arrêta et la regarda.
— C'est comme ça que vous fonctionnez, pas vrai ? Stark, Ward, maintenant moi ?
Natasha se sentit en colère. Elle n'aimait pas le ton de Rogers ni ce qu'il insinuait.
— C'est vous qui me disiez que tout le monde voulait nous caser.
— Oui. Ils ont fait erreur. Ils ne nous connaissent pas.
— Vous avez raison. L'Amérique aura bien fait erreur sur votre compte si vous laissez plusieurs personnes aux mains de terroristes.
— Quoi ?
— Auriez-vous autant hésité à l'époque des Avengers, quand vous n'étiez lié à aucun mandat ?
Natasha entendit Tony étouffer son propre gloussement. Elle sut, en voyant Steve baisser la tête, qu'elle avait visé juste.
— Agent Simmons, appela solennellement Steve.
Simmons arriva, l'air fatigué, mais prêt.
— Monsieur ? demanda-t-elle.
— Monsieur Stark, là-bas, va vous expliquer les spécificités de sa mallette pour pouvoir nous emmener là où se trouve l'Héliporteur. Après quoi, il fera vœu de silence, annonça Steve.
— Si je puis me permettre, j'ai toute confiance en l'agent Simmons et j'aurais besoin d'aide, mais j'aurais aussi besoin d'un expert en sciences mécaniques et technologiques pour m'aider à configurer la mallette, dit Tony.
Natasha comprit immédiatement de qui il parlait, et Steve aussi, visiblement, vu la manière dont il soupira.
— Blake. Ordonnez la libération de l'agent Fitz, ordonna Steve.
Blake hocha la tête et sortit son téléphone. Le visage de Simmons s'illumina et elle regarda Tony avec un grand sourire. Il le lui rendit et hocha la tête.
Peut-être n'était-il pas si mauvais. Coulson s'approcha de Natasha.
— Vous trouvez toujours un moyen, pas vrai ? dit-il avec le sourire.
— J'ai eu un bon mentor.
— Comment va Fury ?
Natasha ne savait pas quoi répondre. Elle savait qu'avant d'être son mentor, Coulson avait été le disciple de Fury. Cela rendait toute cette situation délicate.
— Je crois qu'il a besoin de notre aide, dit-elle simplement.
***
Ward, Rhodes, Clint, May et Hank étaient assis à une table dans l'Héliporteur, une assiette posée devant chacun d'eux. Hunter et Bobbi passèrent devant eux avec leur propre repas.
— Bande de beatniks, marmonna Hank entre ses dents.
Hunter et Bobbi s'arrêtèrent.
— Il vous trouve très élégants, dit Rhodes, ce qui provoqua le rire du groupe.
Hunter et Bobbi s'assirent avec eux.
— Vous croyez pas que vous devriez faire profil bas ? dit Hunter en les regardant tous droit dans les yeux.
— Donc, vous m'avez pris pour mon nom ? demanda Ward, curieux de savoir enfin pourquoi la simple évocation de son nom provoquait autant de grabuge.
— Tu te doutes qu'on connaît Sofia, répondit Bobbi. Elle bossait avec nous, du temps du SHIELD. Quand HYDRA s'est révélée, il s'est avéré qu'elle était l'une des leurs.
Grant baissa la tête en entendant ces mots. Ça ne pouvait pas être vrai.
— Ouais. Sofia la Nazie, dit Hunter.
— Tu crois que t'es quoi, toi ? demanda Rhodes en regardant durement le duo en face de lui.
Hunter se leva.
— Celui qui va te faire fermer ta bouche de gros dur, espèce de…
— Hunter. Calme-toi, ordonna Bobbi, et il se rassit.
— Vous vous trompez. Sofia ne pouvait pas travailler pour HYDRA, c'était notre mission de…
— La récupérer ? C'était du vent. Fury vous a envoyés droit dans un piège sans le savoir. C'est Sofia qui a ordonné la capture de l'unité. Puis la torture, l'exécution…
— Ce sont des appareils américains qui nous ont capturés.
— C'est justement grâce à elle qu'HYDRA les a eus, ces appareils. Elle a organisé son propre enlèvement en prévenant ses collègues au sein du gouvernement que le SHIELD allait envoyer son unité secrète.
Ward était abattu. Il restait persuadé, au fond de lui, que le camp de Fury essayait de le manipuler pour le rallier à leur cause.
— Vous avez fini par la retrouver ? demanda-t-il.
— Fury n'aime pas qu'on se moque de lui. Quand il a compris, il a retrouvé la trace de Sofia et on a bombardé le camp où elle se trouvait, comme on l'a fait à Washington. Parce que depuis le début, l'enjeu était cette foutue capsule. On pensait qu'elle l'avait. Et c'est plus tard qu'on a appris. Elle l'avait laissée à son frère.
Ward sentit le regard noir que Rhodes lui jeta. Il savait qu'il allait devoir s'expliquer ensuite. Mais il venait aussi d'en apprendre beaucoup. Cela remettait les trois dernières années de sa vie en perspective. Mais dans ce cas, pourquoi s'était-il retrouvé avec une fausse capsule ?
— Le truc, c'est que notre mission ne s'arrête pas à la capsule.
Ward allait poser la question, mais Fury arriva en trombe.
— Tout le monde aux canots, on arrive. Venez, Ward. À votre tour d'avoir la foi.
***
À Washington, dans le QG du FBI, Tony, Fitz et Simmons travaillaient sur la mallette. Steve était venu surveiller.
— Je n'aime pas la tournure que prennent les choses, dit Steve. Ils connaissent mieux le terrain que nous, ils peuvent nous prendre par surprise.
— Sauf si, en fait, on les emmène sur un terrain que nous, on connaît mieux. On ne va pas se téléporter à eux, j'ai ni la technologie pour ça ni Hank. On va ouvrir un portail qui sera franchissable des deux côtés. Moi, j'irai expliquer à Fury que ce dont il a besoin se trouve ici, base officiellement déserte, et vous, vous serez prêts à les accueillir, armés et dangereux, en bons serviteurs de la loi. Votre stratège vous avait manqué ? expliqua Tony.
Steve semblait chercher le piège dans les yeux de Tony. Mais ce dernier savait que ses arguments étaient imparables.
— Le stratège a plutôt intérêt à ne pas se rater.
— Mon besoin insatiable d'honnêteté m'oblige à vous dire que le SHIELD, même avec ses ressources actuelles, est bien armé, ce qui veut dire que cette opération représente un risque pour les agents physiquement diminués par de récentes blessures, dit Tony, en espérant que Steve capte le message immédiatement.
Fitz et Simmons les regardèrent, dans l'attente de voir ce que Steve allait répondre.
***
Blake essayait d'appréhender Natasha, mais elle ne se laissait pas faire.
— Vous ne pouvez pas m'enfermer, vous aurez besoin de moi quand le SHIELD va débarquer ici.
— Ce sont les ordres du Captain…
— Peu importe ! Vous ne savez pas ce qu'ils sont, ce qu'ils peuvent faire, je peux l'expliquer à Steve…
— Stark lui a donné toutes les informations nécessaires, agent Romanoff, vous devez vous calmer…
Natasha tenta d'envoyer un coup à Blake, mais sa vision, déjà troublée par le stress et probablement par les multiples blessures, s'obstrua encore plus. Elle manqua sa cible et tomba à terre.
— Vous vous faites manipuler par Tony Stark… dit-elle.
Alors que ses yeux se fermaient progressivement, elle vit Tony passer dans une armure, le sourire aux lèvres, et elle sombra en sentant Blake la soulever.