Le Dragon et le Poison

Chapitre 4 : Monsieur Poison

2959 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/10/2026 18:52

Tokyo — Résidence Nakao, 15 h 16


Il a fallu un temps interminable pour que la police en ait fini avec eux. Les dépositions se sont enchaînées dans la salle dévastée du Pavillon de Jade, entre les chaises renversées et la poussière de plâtre, sous l'œil furieux de madame Chen qui dressait à voix haute, et en mandarin, l'inventaire complet de ses pertes. Mei a disparu avec ses deux hommes en costume aussi vite qu'elle était venue, non sans avoir glissé à Gero un clin d'œil appuyé en direction de Lin Shu, et c'est finalement à trois qu'ils ont repris le chemin de Minato, à travers des rues que le soleil d'automne rendait presque insolemment paisibles.


Miyuki a parlé pendant tout le trajet, de l'explosion, de la louche de madame Chen, de la tête du policier quand Gero lui a expliqué « qu'il s'agissait d'un désamorçage improvisé », comme si le fait de raconter la journée suffisait à la rendre moins réelle. Lin Shu l'a écoutée en marchant à son côté, les mains dans les poches de son manteau, glissant de temps à autre une remarque qui relançait Miyuki pour dix minutes. Gero, lui, a fermé la marche, et n'a desserré les dents que pour signaler un feu rouge.


Devant les portes vitrées de la résidence, Lin Shu s'arrête et lève les yeux vers la façade, vers les caméras discrètes nichées sous l'auvent, vers le concierge qui les observe derrière son comptoir de marbre, puis elle se tourne vers Miyuki.


— Te voilà en sécurité. Je vais rentrer chez moi, maintenant.


Miyuki pousse un long soupir de soulagement.


— Enfin chez moi ! Quelle journée… Franchement, merci pour aujourd'hui, ajoute-t-elle avec un sourire reconnaissant. Même si notre déjeuner s'est terminé avec une explosion et une intervention de police.


— C'était un déjeuner mémorable, répond Lin Shu. Chez moi, on dit qu'une amitié qui commence dans le calme n'a rien à raconter.


— Encore un proverbe inventé ?


— Peut-être.


Miyuki grimace en riant.


— En tout cas, je crois que je vais éviter ce restaurant pendant quelque temps. Madame Chen risque de nous accueillir avec un rouleau à pâtisserie.


— Avec une louche, rectifie Lin Shu. Elle a déjà choisi son arme.


Derrière elles, Gero termine de vérifier les abords de la résidence.


— Les accès sont sécurisés. Nakao, je vous accompagne jusqu'à votre appartement.


— Oui, maman.


Gero ne relève pas, et Miyuki se tourne de nouveau vers Lin Shu.


— On se retrouve demain à la fac ? Et cette fois, promis, on essaiera de manger sans qu'un psychopathe débarque ! Rentre bien !


Elle lui adresse un petit signe de la main, et Gero s'avance à son tour pour incliner poliment la tête.


— Mademoiselle Lin. Merci encore pour votre aide. Vous avez fait preuve de beaucoup de sang-froid, tout à l'heure. Évitez néanmoins d'intervenir directement si une situation similaire se reproduit, ajoute-t-il après une courte pause. Vous pourriez être blessée.


Miyuki lève les yeux au ciel.


— Elle t'a quand même sacrément aidé !


— Je n'ai pas dit le contraire.


— Alors arrête de lui faire la morale !


— Ce n'était pas une leçon de morale.


— Avec toi, ça y ressemble toujours !


Lin Shu observe l'échange avec la mine réjouie de quelqu'un qui n'a aucune intention d'intervenir, et Gero soupire. Son téléphone vibre dans sa poche. Mei veut savoir s'ils ont raccompagné « les filles », et lorsqu'il répond que Miyuki est arrivée et que Lin Shu repart, la réaction ne se fait pas attendre : « ET TU VAS LA LAISSER RENTRER TOUTE SEULE ?! » Il objecte qu'elle sait manifestement se défendre, Mei rétorque que ce n'est pas la question, et Gero range l'appareil avant que le message suivant n'arrive.


Miyuki, qui a remarqué son expression, hausse un sourcil.


— Encore ton amie entremetteuse ?


— Oui.


— Elle est vraiment obsédée par ton mariage.


— Je sais.


Miyuki rit, puis pousse la porte du hall.


— Bon, Lin ! À demain !


Gero reste un instant sur le seuil, puis se tourne vers la jeune Chinoise.


— Vous avez un long trajet pour rentrer ?


La question est posée naturellement, sans arrière-pensée apparente, et il ajoute après une hésitation :


— Avec ce qui s'est passé aujourd'hui, je préférerais savoir que vous rentrez sans problème.


Derrière la porte vitrée, Miyuki s'est arrêtée net. Elle plisse les yeux, observe la scène, et un sourire malicieux s'épanouit lentement sur son visage. Tiens donc. Monsieur le garde du corps s'inquiète pour une autre fille ?


Lin Shu, elle, regarde Gero un long moment, avec cette attention un peu trop appuyée qu'elle lui accorde depuis le matin, comme si elle cherchait à déterminer de quoi il est fait.


— Je ne suis pas loin du campus. Et je pratique plusieurs arts martiaux, je n'ai aucun problème pour me défendre. Surtout en plein après-midi.


Elle fait quelques pas sur le trottoir, puis se retourne à demi, les mains toujours enfouies dans ses poches.


— Mais merci, Monsieur Poison. Je remarque que tes sorties sont plutôt animées.


Gero reste immobile une fraction de seconde, le temps que le surnom fasse son chemin jusqu'à son cerveau.


— Monsieur… poison ?


Derrière la porte vitrée, Miyuki éclate d'un rire si franc que le concierge relève la tête de son registre.


— AHAHA ! MONSIEUR POISON !


Gero tourne lentement la tête vers elle.


— Nakao. Vous êtes censée monter.


— ATTENDS ! CELLE-LÀ, JE LA GARDE ! Je vais même changer ton nom dans mes contacts !


— Ne faites pas ça.


— Trop tard !


Gero pousse un soupir et reporte son attention sur Lin Shu, qui attend sa réponse avec une patience amusée.


— Mes sorties ne sont pas toujours aussi mouvementées.


Il s'interrompt pourtant, le temps de faire honnêtement le compte. Hier, une cliente qui a failli lui jeter ses chaussures à la figure ; ce matin, un faux technicien armé d'une minuterie ; à midi, un homme équipé d'explosifs.


— ... Enfin, pas systématiquement.


— Tu viens de réfléchir avant de répondre, observe Lin Shu. Ce n'est pas bon signe.


Le rire de Miyuki redouble derrière la vitre. Gero choisit d'ignorer l'une comme l'autre et incline légèrement la tête vers Lin Shu.


— Bonne fin de journée, mademoiselle Lin. Et soyez prudente malgré tout.


Son expression reste sérieuse, mais son ton a perdu un peu de sa raideur, et Lin Shu le remarque.


— Toi aussi, Monsieur Poison. Essaie de ne rien faire exploser avant demain.


Elle s'éloigne cette fois pour de bon, d'un pas léger, sans se retourner. Gero la suit des yeux jusqu'à l'angle de la rue, par simple habitude professionnelle, du moins c'est ce qu'il se dit, puis rejoint Miyuki dans le hall.


— Nakao, nous montons.


— Oui, oui, Monsieur Poison !


Les portes de l'ascenseur se referment sur eux, et Miyuki observe son garde du corps du coin de l'œil pendant deux étages avant de craquer.


— Dis donc…


— Quoi ?


— Tu l'aimes bien, Lin, hein ?


— Elle est sympathique.


— Ooooh !


— Quoi, encore ?


— Rien, rien ! répond Miyuki avec un sourire insupportablement satisfait. C'est juste que tu n'as pas demandé à mes autres camarades s'ils habitaient loin.


Gero garde les yeux fixés sur les chiffres qui défilent au-dessus de la porte.


— Vos autres camarades n'ont pas neutralisé un homme armé devant moi.


— Ah ! Donc tu es impressionné !


— Par ses compétences, oui.


Miyuki ouvre de grands yeux.


— TU VIENS DE FAIRE UN COMPLIMENT À UNE FILLE SANS QU'ON TE FORCE !


— Nakao…


— Il faut que je raconte ça à Mei !


— Ne faites surtout pas ça.


Mais Miyuki a déjà sorti son téléphone, et ses pouces volent sur l'écran avec une rapidité qui ne laisse aucun doute sur l'issue.



Appartement Nakao — 15 h 27


Gero a à peine eu le temps d'inspecter les fenêtres du salon que son téléphone se met à sonner. Le nom de Mei s'affiche à l'écran, et il décroche avec la résignation d'un homme qui connaît d'avance le sujet de la conversation.


— Quoi ?


— Gero ! J'ai une question très importante !


— Miyuki est en sécurité.


— Ce n'est pas ça !


— Alors quoi ?


— Cette Lin Shu… Tu sais si elle a un petit ami ?


Gero ferme les yeux.


— Kinosaki. Nous avons deux tentatives d'assassinat à élucider.


— Trois, si on compte l'accident de voiture !


— Justement.


Mei laisse échapper un petit rire, puis son ton change du tout au tout, avec cette facilité déconcertante qu'elle a de passer de l'entremetteuse surexcitée à la professionnelle redoutable.


— D'accord, d'accord. Parlons travail. J'ai obtenu les premières informations sur le contrat visant Miyuki.


Gero se redresse.


— Je t'écoute.


— Il semblerait que plusieurs intermédiaires aient été engagés. Les deux hommes de ce matin et de midi n'appartiennent à aucune des grandes familles de spécialistes.


— Des exécutants ordinaires.


— Exactement. Mais il y a autre chose.


Un bruissement de papiers lui parvient à travers le combiné.


— Une prime beaucoup plus importante aurait été proposée à un spécialiste étranger. Le contrat aurait été accepté il y a environ une semaine.


Gero fronce les sourcils.


— Quelle spécialité ?


— On l'ignore encore.


— Tu as un nom ?


— Pas encore. Je cherche.


Un spécialiste étranger, arrivé depuis une semaine environ. Gero fixe la baie vitrée et la ville qui s'étend en contrebas, immense, anonyme, où n'importe qui pourrait se fondre sans laisser de trace. Quelque part, dans ce labyrinthe de rues et de visages, quelqu'un attend son heure.


— Ah, et Gero ? reprend Mei.


— Oui ?


— Miyuki vient de m'envoyer un message.


Il y a un bref silence, puis un éclat de rire explose dans le téléphone.


— MONSIEUR POISON ?!


Gero raccroche sans un mot et contemple l'écran pendant quelques secondes, en envisageant très sérieusement de changer de numéro.



Tokyo — quartier Minato, 15 h 32


À mesure que Lin Shu s'éloigne de la résidence Nakao, l'agitation des grandes avenues cède la place au calme de rues plus discrètes, où l'on n'entend plus guère que le ronronnement d'un distributeur automatique et les cris lointains d'un terrain de base-ball. Elle marche sans hâte, s'arrête devant la vitrine d'une pâtisserie pour en détailler les gâteaux avec un intérêt sincère, puis reprend sa route.


Ce n'est qu'au coin d'une ruelle déserte, à l'abri d'un mur couvert de lierre, qu'elle sort enfin le second téléphone, celui qui vit au fond de la doublure de son manteau et ne voit jamais la lumière en présence de qui que ce soit. L'écran affiche une messagerie chiffrée, un canal privé, et trois messages en attente, tous signés du même expéditeur.


13 h 48 — Intermédiaire 07 : Le contrat Nakao est toujours actif. Confirmation de l'élimination attendue sous 72 heures.


14 h 03 — Intermédiaire 07 : Deux équipes locales ont échoué. Le commanditaire exige désormais que les autres intervenants cessent leurs opérations. Vous disposez de l'exclusivité.


15 h 29 — Intermédiaire 07 : Information complémentaire : la cible bénéficie d'une protection rapprochée. Identité du protecteur : Hikaru Gero. Famille Gero. Spécialité : poison. Évitez tout contact physique non nécessaire. Individu particulièrement dangereux.


Lin Shu relit le dernier message, et un sourire étire lentement ses lèvres. Éviter tout contact physique. Elle repense à la clé de bras qu'ils ont tenue ensemble sur Takeda, à leurs mains qui se sont presque frôlées sur le poignet de cet idiot, au mouchoir qu'il a fini par accepter après une seconde d'hésitation, comme s'il soupesait le risque de mourir d'un carré de coton. Un peu tard pour les recommandations.


Une quatrième notification s'affiche.


15 h 33 — Intermédiaire 07 : Dernière précision : le commanditaire refuse toute négociation concernant la cible. La prime sera doublée si le contrat est exécuté avant minuit demain. Délai maximal : 72 heures. Ne sous-estimez pas Gero. Plusieurs spécialistes ont déjà échoué face à lui.


Elle n'a pas le temps de répondre que l'autre téléphone, le sien, celui de l'étudiante en échange, vibre à son tour dans sa poche. Elle le sort de sa main libre.


Miyuki — 15 h 34 : « Encore merci pour aujourd'hui ! J'espère que tu es bien rentrée. Et devine quoi ? J'ai officiellement renommé mon garde du corps Monsieur Poison 😂 À demain ! »


Pendant un instant, Lin Shu reste immobile au milieu de la ruelle, un écran dans chaque main. À gauche, la voix froide et sans visage de l'Intermédiaire 07, une prime, un délai, une cible. À droite, une émoticône hilare et une fille de dix-neuf ans qui lui a parlé de raviolis toute la matinée et l'a remerciée deux fois de lui avoir prêté un chargeur. Deux mondes qui n'auraient jamais dû se rencontrer tiennent dans le creux de ses paumes, et le commanditaire, lui, semble particulièrement pressé de voir le second disparaître.


Elle range le téléphone de Miyuki sans y répondre et tape sur l'autre, sans hésiter :


J'ai créé un début de lien de confiance entre la cible et son gardien. Laissez-moi agir à ma manière. Terminé.



La réponse du contact arrive moins d'une minute plus tard.


Compris. Vous disposez d'une autonomie opérationnelle complète. Aucune autre équipe ne sera déployée. Le commanditaire exige toutefois un résultat sous 72 heures maximum. Votre méthode ne le concerne pas, tant qu'elle aboutit. Fin de transmission.


Le statut de l'intermédiaire passe hors ligne. Lin Shu éteint l'écran et glisse le téléphone à sa place, au fond de la doublure, là où personne ne le cherchera. Puis elle s'adosse au mur couvert de lierre et lève les yeux vers le ciel d'automne, d'un bleu pâle et sans nuage.


Hikaru Gero. Monsieur Poison. Un garçon qui boit à même le goulot pour éviter un verre douteux, qui rougit quand on le qualifie de mignon et qui fait sauter une porte avec une capsule tirée de sa manche, sans perdre une seconde son air de fonctionnaire consciencieux. Plusieurs spécialistes ont échoué face à lui, prétend l'intermédiaire. Lin Shu veut bien le croire. Et c'est précisément ce qui rend l'affaire intéressante.


Son téléphone personnel vibre de nouveau.


Miyuki — 15 h 38 : « Au fait ! Demain, j'ai cours jusqu'à 16 h. Si ça te dit, on pourrait aller faire les boutiques après ? Promis, aucun restaurant explosif cette fois ! »


Lin Shu contemple le message un long moment, le pouce suspendu au-dessus de l'écran. Puis elle se redresse, réajuste ses lunettes et reprend sa route vers le campus, sans avoir encore répondu.



Résidence Nakao — 15 h 41


Gero s'est installé à la table du salon, devant son ordinateur, où s'affichent côte à côte les photographies des deux suspects neutralisés dans la journée. Le faux technicien au tatouage de scorpion, Takeda au sourire crispé : deux visages ordinaires, deux exécutants sans envergure, et quelque part derrière eux, la silhouette encore floue de celui qui tire les ficelles.


Miyuki, affalée de tout son long sur le canapé, fait défiler l'écran de son téléphone.


— Dis, Gero ?


— Oui ?


— Lin est vraiment sympa, tu ne trouves pas ?


— Oui.


— Et elle sait se battre !


— J'ai remarqué.


— Et elle est jolie !


— ... Vous me l'avez déjà dit.


Miyuki relève les yeux avec un sourire malicieux.


— Ah, donc tu confirmes ?


Gero cesse de taper.


— Nakao, pourquoi est-ce que vous me posez toutes ces questions ?


— Pour rien !


Elle retourne à son téléphone, et Gero soupire avant d'ouvrir un nouveau document, qu'il intitule Rapport d'incident "Pavillon de Jade".

Il y consigne méthodiquement les circonstances de l'attaque, l'arrivée de Takeda, l'aiguille, le dispositif explosif, jusqu'à ce que ses doigts s'immobilisent au-dessus d'une ligne qu'il vient d'ouvrir : Intervention d'une tierce personne : Lin Shu, étudiante étrangère, environ vingt ans.


Il reste quelques secondes à fixer le curseur qui clignote. Son niveau en combat rapproché est inhabituel, c'est indéniable. La vitesse d'exécution, la précision de la prise, ce calme absolu face à une arme et ce « RIP » lâché devant un homme qui croyait mourir. Mais elle a protégé Nakao sans la moindre hésitation, s'est placée devant elle au moment où la bombe allait exploser, puis l'a mise à l'abri derrière le comptoir. Personne ne fait ça pour une cible.


Il finit par taper simplement : Compétences martiales avancées. Aucune implication suspecte constatée. Puis il reprend l'analyse des deux agresseurs.


Sur le canapé, Miyuki sourit à son écran.


— J'espère qu'elle sera libre demain…


— Qui ? demande Gero sans lever la tête.


— Lin, évidemment !


— Ah.


Il laisse passer un instant.


— Vous comptez sortir avec elle ?


— Oui ! Faire les boutiques !


Gero ferme lentement son ordinateur.


— ... Dans ce cas, je vous accompagnerai.


Miyuki laisse retomber sa tête contre le dossier du canapé avec un gémissement.


— MAIS POURQUOI J'AI PARLÉ ?!


Son téléphone vibre à cet instant, et elle le soulève au-dessus de son visage pour lire la réponse qui vient d'arriver.


Lin Shu — 15 h 44 : « Avec plaisir. Monsieur Poison vient aussi, je suppose ? 🙂 »


Miyuki tourne l'écran vers Gero, accusatrice.


— Même elle sait que tu vas venir !


— Elle est perspicace, répond Gero.


Et quelque part près du campus, une jeune femme aux lunettes fines range son téléphone en souriant, avec au fond de la doublure de son manteau la promesse d'une prime doublée, un compte à rebours de soixante-douze heures et la ferme intention de faire les choses à sa manière.

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