L'épreuve de l'Hydre de Lerne autrement

Chapitre 1 : L'épreuve de l'Hydre de Lerne autrement

Chapitre final

1578 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 04/05/2026 13:24


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Les combinaisons sont les suivantes : Caractéristique 4 — Débrouillard, Lieu 9 — Agité, Objectif 19 — Fin, Objet 19 — Bâton, Rencontre 20 — Cri, Obstacle 1 —Monstre.





Il était une fois, le héros Hercule, un homme barbu et costaud, célèbre pour ses exploits consistant en douze épreuves. Il avait à lui seul purgé la Terre des monstres, tels le Lion de Némée, l’Hydre de Lerne et la Biche de Cérynie. Nous allons vous raconter sa victoire sur l’Hydre de Lerne, qui était vraiment incroyable…

Hercule marchait d’un pas ferme, avec un simple bâton d’olivier à la main. Il savait qu’il aurait à tuer l’Hydre de Lerne, un animal formidablement géant à plusieurs têtes ophidiennes qui vit dans le fleuve traversant le dème de Lerne. Cet animal, selon les rumeurs, crachait un feu qui détruisait tout sur son passage.

Le héros regardait autour de lui. Tout n’était qu’un triste paysage, avec des troncs d’arbres calcinés, des fleurs noircies par le feu — preuves du passage de l’Hydre. L’herbe sèche sous ses pieds faisait un bruit horrible, lui donnant l’impression d’être entendu à des kilomètres à la ronde. Tout à coup, il vit des gens, des hommes, des femmes et des enfants, courir vers lui. Les femmes et les enfants criaient comme si le feu était à leurs trousses. Les hommes hurlaient :

— Hercule, notre héros ! Débarrasse-nous de ce monstre !

De son air le plus sérieux, l’interpellé les rassura :

— Ne vous inquiétez pas, Mesdames et Messieurs. J’arrive précisément pour affronter cette créature.

Il fit une courte pause, se retourna légèrement vers un homme imberbe d’un certain âge devant lui et demanda :

— Pouvez-vous me dire où se trouve-t-elle ?

En pointant d’une main tremblante vers sa gauche, le pauvre habitant s’écria :

— Continue tout droit ! Elle est près du lac !

Hercule remercia son informateur puis poursuivit sa route. Il voyait encore pendant un certain temps le même paysage désolant. Tout comme il entendait, au fur et à mesure qu’il s’approchait du lac, un grognement sourd. 

Aucun doute, conclut-il, c’est l’hydre.

Puis devant lui, près du lac, elle était là, en train de boire avidement en faisant beaucoup de bruit, comme un aspirateur devant la poussière. Effectivement, la bête ressemblait à une grosse dinde nourrie aux hormones de croissance avec des écailles vertes. Le héros tourna nerveusement son bâton dans sa main, en se demandant par quelle tête commencer. Les sept têtes aspiraient avidement l’eau, comme si elles menaçaient d’épuiser toute forme de vie. Ayant remarqué l’homme, les têtes se levèrent les unes après les autres. Elles fixèrent le héros puis hurlèrent, pour le dissuader de s’approcher. Ce rugissement inhumain aurait occasionné un mal de tête à n’importe quel autre homme.

Sauf que Hercule, lui, réfléchit, ne se laissant nullement intimider. Comment vaincre un tel monstre ? En tranchant les têtes une à une ?

Puis il se décida à passer à l’action : le héros agita son bâton pour frapper la première tête qui allait l’attaquer. Il frappa rapidement à la base du cou, le tranchant net. Sauf qu’à la place du moignon, voilà qu’une nouvelle tête poussa.

Hercule pensa : il s’agit peut-être d’une autre tête…

Mais l’hydre cracha du feu, faisant reculer le héros. Ce dernier, lorsque la flamme passa près de lui, se demandait, si les têtes repoussent à chaque fois que je les tranche, comment vaincre ce monstre ?

Hercule garda son sang-froid. Il trancha un autre cou, mais une nouvelle tête repoussa à sa place. Exaspéré, il jeta son bâton à côté de lui en se demandant comment la vaincre.

Peut-être en l’étouffant, comme le Lion de Némée ?

Il sauta sur le dos de l’hydre, la chevauchant. Il cherchait de ses bras puissants à saisir les cous de son ennemi. Mais des têtes se retournèrent vers lui, tentant de cracher du feu sur lui.

Au moment où il saisit fermement la base des cous de l’hydre, une lumière blanchâtre attira l’attention d’Hercule à sa gauche, comme si elle émanait du bâton. Intrigué, il vit que la lumière s'agrandit de plus en plus, jusqu’à devenir aussi grande que lui. Aveuglé par autant de clarté, le héros détourna son regard d’elle, tout en serrant fermement la base des cous de l’hydre, qui avait reculé, comme si elle était aussi surprise que lui de cette apparition soudaine.

Lorsque la lumière s’éteignit, ce n’était plus le bâton qui était là, mais un homme musclé vêtu d’une tunique blanche, qui tenait un flambeau à la main.

L’hydre, interdite, tourna trois têtes vers cet inconnu. Hercule fronça des sourcils.

Quel dieu me vient en aide ? pensa-t-il. 

Le héros tenta d’étouffer la bête, mais il comprit que ses efforts étaient vains. Il profita du moment où l’hydre regardait d’un air curieux cet inconnu pour descendre de son dos d’un bond. Il s’approcha de l’homme et chuchota :

— Pouvez-vous m’aider ?

Son interlocuteur approuva silencieusement. Il claqua des doigts ; aussitôt, un immense bâton en fer au bout aiguisé comme un pieu apparut entre les mains d’Hercule. Étonné, ce dernier réfléchit aux moyens de vaincre l’hydre.

Après un long silence, le héros fit un geste des mains pour dire : « Je tranche les têtes et vous, vous brûlez les moignons, afin qu’elles ne repoussent pas. »

Son aide hocha rapidement la tête.

Les deux hommes s’avancèrent d’un pas assuré vers l’hydre, qui cracha du feu à gauche et à droite, affolée. Hercule trancha une tête qui se dirigea dangereusement vers lui. Rapide comme l’éclair, son aide agita son flambeau vers le moignon. L’odeur de la chair brûlée envahit leurs narines, rendant l’air quasi irrespirable. Le cri de la bête blessée retentit dans l’air, comme une plainte, une supplication adressée aux deux hommes, qui l’ignorèrent. Hercule approcha sa massue de la prochaine tête, celle-ci cracha du feu vers lui, l’obligeant à reculer pour ne pas être brûlé. Son compagnon cassa une branche de l’arbre le plus près d’eux et la lui tendit. Intrigué, le héros l’interrogea du regard. Il répondit :

— Elle vous protégera du feu de l’hydre.

Hercule hocha la tête puis prit la branche, qu’il mania comme un bâton, en faisant des cercles dans les airs. 

L’une des têtes du monstre s’approcha de son compagnon d’infortune.

Le héros songea tristement nous n’avons aucune chance contre une telle bête… Plus redoutable que le Lion de Némée…

Mais son aide, comme s’il savait que l’hydre allait l’attaquer, claqua des doigts et un bâton apparut aussitôt dans son autre main — celle qui ne tenait pas le flambeau. Hercule réagit rapidement et trancha nettement la base du cou. L’homme le remercia d’un geste de tête et agita le bâton en décrivant des cercles autour de lui, tout en rapprochant son flambeau du moignon du cou de la redoutable bête géante. L’hydre, folle de douleur, cracha encore du feu sur les deux hommes, sauf que, à sa grande surprise, il ne les atteignit pas, comme s’ils étaient protégés par un cercle magique. Furieuse, la bête cracha un puissant jet de flammes rouge et or sur eux, mais Hercule et son aide, ne se laissant pas impressionnés, avancèrent bravement vers elle. Ils tranchèrent et brûlèrent toutes les autres têtes de l’hydre. Celle-ci, vaincue, s’écroula vers eux, mais les deux hommes s’écartèrent à temps pour ne pas être écrasés par le gigantesque corps. 

Haletant, Hercule contourna le corps de l’hydre et s’avança vers l’autre homme. Il dit :

— Merci de votre aide…

— Il n’y a pas de quoi, répliqua son interlocuteur.

— Aurai-je au moins l’honneur de savoir qui m’a aidé ?

— Oui, un jour, vous saurez mon identité, répondit-il avec un sourire énigmatique.

Puis, sous les yeux du héros, une lumière blanche entoura son allié. Elle brilla quelques instants avant de disparaître. À la place de l’homme se trouvait un simple bâton. Hercule le ramassa et l’emporta avec lui, tout comme les sept têtes de l’hydre, qu’il plaça dans une grande besace. Il revint vers les habitants, attroupés craintivement dans la ville la plus proche. Lorsque le héros leur annonça la fin de la terreur de l’hydre, ils manifestèrent bruyamment leur joie. Une fête avait été organisée en l’honneur d’Hercule. Le lendemain, il revint à Argos, pour apporter à Eurysthée les têtes du monstre comme preuve de son exploit.



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