Roi Lion Multivers. Univers A-2026 : La destinée parralèle de Scar.

Chapitre 7 : Arc 1 : L'enfance. Chapitre 7 : Rencontre avec les Clans

13209 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 04/10/2026 18:48

Mufasa et Taka couraient à travers les hautes herbes de la savane, se dirigeant vers le Rocher des Lions. Ils avaient joué une partie de la journée avec leurs amis, et maintenant ils devaient rentrer pour s’y reposer. Car en fin d’après-midi, ils allaient assister pour la première fois au Grand Conseil.

Le Grand Conseil réunissait les Chefs des Clans et leurs Emissaires qui représentaient chacun leur famille, ainsi que le Conseil, composé des différents Ministres et Chefs et leurs Seconds. La présence des deux Princes à ce Grand Conseil n’était pas un hasard. Ils allaient être officiellement présenté en tant qu’Héritier du Trône à l’ensemble des représentants des Clans.

C’était leur deuxième présentation. La première étant celle qui avait eu lieu environs une semaine après leur naissance, au promontoire du Rocher des Lions. Une cérémonie qui les dévoilait à l’ensemble des représentants du Royaume. Toutes espèces confondues. Mais aussi et surtout, aux Anciens, demeurant dans les Nuages, permettant à ces derniers de les accepter en tant que membre de la famille Royale de la Terre des Lions et Héritier du Trône. Mais cette cérémonie-là, ils n’en gardaient aucun souvenir. Ils étaient bien trop jeunes quand elle avait eu lieu.

Là où Mufasa et Taka étaient contents, c’était que cette présentation aux Clans signifiait qu’ils avaient atteint l’âge où ils allaient pouvoir assister aux différentes fêtes et cérémonies du Royaume, où les lionceaux trop jeunes ne sont pas conviés.

Tout excité par cette idée, les deux Princes filaient à tout allure, traversant un petit bois. Mais ils stoppèrent net en rejoignant la plaine. A plusieurs mètres face à eux, se trouvaient des Hyènes, dévorant une carcasse. Ils furent cependant vite rassurés. C’était des Hyènes Rayées. Une espèce venant de loin depuis le Nord, arrivée depuis peu sur la Terre des Lions. Il n’était pas fréquent d’en croiser en pleine journée. En général elles ne sortaient de leur terriers ou grotte qu’à partir du crépuscule. Seule, en couple, ou en petit groupe familiaux. Vivant sur de petits territoires qui se chevauchaient. Il arrivait souvent qu’elles se rassemblent pour former un plus grand groupe le temps d’une chasse. De tendance plutôt pacifique, aussi bien avec leur espèce qu’avec les autres, elles avaient le droit de chasser et de vivre sur la Terre des Lions et y étaient dispersées un peu partout. Ce qui n’étaient pas toujours le cas des Hyènes Tachetées…

Ces dernières, vivant hors du Royaumes, aux alentours des Frontières, en clan bien plus nombreux, ne respectaient pas toujours les règles de chasses. Voir même, celle de non-agression entre carnivores et envers les jeunes. Quelques Clans avaient interdiction de venir sur la Terre des Lions dont ils n’en respectaient aucune loi. La plupart, plus respectueux, avaient l’autorisation d’entrer dans le Royaume par petit groupes pour finir des carcasses. Et certains, de confiance, avaient même le droit d’y chasser. C’était le cas d’un Clan qui vivait sur le Mont Ndefu que Mufasa et Taka avaient déjà croisé en allant sur les territoires des Clans Ambre et Lazuli.       

Les deux Princes passèrent donc non loin des Hyènes Rayée sans aucune crainte. La plupart d’entre elles les saluèrent, avant de se remettre à manger.

Les lionceaux s’éloignaient lorsque tout à coup, ils virent les Hyènes passer à côté d’eux en courant, semblant fuir quelque chose. Ils se retournèrent aussitôt pour voir quel danger les menaçaient. Un jeune lion filait un coup de patte à une Hyène qui tenta de lui résister. En vain, elle esquiva avant de s’enfuir, rejoignant les autres.

Spontanément, Mufasa se dirigea vers le lion, dont la crinière tout juste formée indiquait qu’il s’agissait d’un jeune d’environs quatre ans. Elle était bouclée et rousse, et son pelage était blond avec des tâches aux pattes.

— Hé ! T’as pas le droit de les attaquer elles n’ont rien fait ! répliqua le lionceau, timidement suivit par son frère.

— De quoi j’me mêle les minus ? répliqua le lion qui commença à grignoter la carcasse.

Il jeta un rapide coup d’œil aux deux lionceaux et s’arrêta net. La surprise laissa rapidement place à un sourire mesquin. Il délaissa la carcasse et s’approcha lentement des deux Princes.

— Oh mais je vois que j’ai l’immense honneur de rencontrer le futur Roi de la Terre des Lions ? fit-il, le ton moqueur, en leur tournant lentement autour. Laissez-moi me présenter, l’humble petit sujet que je suis… Je me nomme Baselus… Retenez bien ce nom, croyez-moi…

— Et pourquoi devrait-on le retenir ? demanda Mufasa.

— Parce que nos chemins sont amenés à se croiser… « Futur Roi », expliqua le lion d’un ton moqueur. Maintenant allez jouer ailleurs…, ajouta-t-il d’un ton agacé.

— Et les Hyènes ? Elles ont le droit de manger aussi, t’aurais pu manger avec elle !

— Et puis quoi encore ?! Je ne vais pas m’abaisser à fréquenter ces carnassiers de bas étages…, répliqua Baselus en mordant férocement dans la carcasse, avalant un bout de chair avant de poursuivre : Il fut un temps ou un grand Roi avait chassé tout autres carnivores de la Terre des Lions. Pas de Hyènes, pas de Léopards, pas de Chacals, de Lycaons…  

— Oui c’était Mohatu 2 qui les avaient chassés car ils considéraient que la Terre des Lions ne devait appartenir qu’aux lions, intervint Taka. Mais notre arrière-grand-père, Mohatu 3, a fait revenir les autres carnivores qui ont maintenant le droit de vivre et chasser sur la Terre des Lions, à condition qu’ils respectent nos lois. Et selon nos lois, ils ont le droit de manger et toi t’as pas le droit de les virer comme tu viens de le fai…

Il stoppa net sa phrase lorsqu’il croisa le regard menaçant de Baselus qui cessa de manger et s’approcha d’eux.

— Serais-tu en train de me dire ce que je dois faire ?

— N… Non je… Je ne faisais que d’énoncer les lois du Royaume…, balbutia Taka qui, peu rassuré, se cacha à moitié derrière son frère.

— Moi pas contre oui je vais te dire ce que tu dois faire ! répliqua Mufasa. Obéir à nos lois !  

Baselus se mit à ricaner.

— A ta place je ferai attention à la manière dont tu t’adresses aux autres…, fit le lion en leur tournant sinistrement autour. Tu pourrais tomber sur quelqu’un qui risquerait de se mettre vraiment en colère…

— Et alors ? Je suis le futur Roi, personne n’a le droit de me faire du mal !

Le regard de Baselus s’assombrit encore plus.

— C’est vrai… Mais, tout le monde n’obéit pas toujours au loi…, menaça-t-il, avançant lentement face aux lionceaux qui reculèrent. Et je ne comprends pas comment… On peut laisser quelqu’un d’aussi important que notre futur Roi… Se balader… partout… Et seul… Un accident… pourrait si vite arriver…

— Baselus !

Le lion stoppa net et recula alors qu’en quelques secondes il se retrouva cerné par les lionnes de la Patrouille de la Fierté Royale, dirigé par Tazama, et accompagnée par Artémis et certaines lionnes du Groupe de Chasse.

Tazama, était une lionne au pelage ocre jaune clair, aux yeux noires, et dont la touffe de poil au bout de la queue était de couleur châtain. Bien que de taille moyenne, elle était connue pour sa grande force et sa férocité. Lors de ses patrouilles, elle était parvenue à repousser un grand nombre de lions étranger, venus s’attaquer au Royaume. Avec sa patrouille de la Fierté Royale, elle était considérée comme la digne défenseuse du Royaume, à l’instar d’Asante et la Garde du Roi Lion. Proche d’Ahadi et d’Uru, elle était particulièrement fidèle et protectrice envers eux, et envers leurs deux fils. Aussi, elle alla aussitôt se poster auprès d’eux, s’assurant de leur bonne santé, alors qu’Artémis s’approcha de Baselus, poursuivant :

— Sais-tu ce que tu risques en menaçant ces lionceaux ? Tu sais qui ils sont ?

— Oh oui Artémis je sais très bien qui ils sont… Et je ne vois pas ce que je risque étant donné que je ne leur ai rien fait de mal, expliqua Baselus qui s’éloigna de la lionne. Je n’ai fais que de parler de ce qu’il risque de se passer en laissant des lionceaux aussi importants se balader seuls…

— Ne commet pas l’erreur de croire qu’ils sont toujours seul ! répliqua Tazama qui s’avança vers le lion avec agressivité, le faisant reculer de quelques pas, avant de commencer à lui tourner autour. Oui, ils parcourent librement le Royaume à leur guise, mais en vérité ils ne sont jamais seul. La Garde du Roi Lion. La Fierté Royale. Les Eclaireurs… On est tous jamais loin d’eux et près à vite intervenir en cas de danger… Alors prend garde à ce que tu fais. Certes tu ne leurs as rien fait de mal, mais ton comportement était limite, surtout envers des Princes… Et je pense que ses Majestés seront du même avis que moi… Mais tu veux peut-être que je leur demande ? 

Elle s’arrêta face au lion qui se braqua, reculant d’un pas. Il finit par difficilement répondre :

— Non ça ira…

— Ta Cheffe de Clan sera avisée de ton attitude envers les Hyènes. Elle prendra les mesures qui s’imposent avec le Ministre Porte-Parole des Autres Animaux. Je pense qu’il est inutile de te dire qu’à l’avenir si tu croises à nouveau les Héritiers de la Terre des Lions, t’as intérêt à faire très attention à ton comportement.

Baselus afficha un sourire narquois.

— Oh mais je peux vous assurer qu’ils ont auront droit à tout mon respect…, dit-il en se tournant vers les deux lionceaux, les saluant en s’inclinant tout en disant : Vos Altesses…

Il se retourna ensuite, quittant lentement les lieux sous le regard sévère des lionnes de la Fierté Royale.

— Artémis, visiblement tu le connais lui, c’est qui ? demanda Tazama.

— Oui je l’ai déjà croisé dans mon Clan. C’est qu’un petit crétin arrogant trop chouchouté par sa mère. Fais pas attention à lui…

— Ah ça oui, pourris gâté. On dirait qu’il se prend pour un Prince…, répliqua sa camarade avant de se tourner vers deux lionnes : les filles, allez voir les Hyènes pour leur dire qu’elles peuvent revenir manger en toute tranquillité. Artémis, je te laisse accompagner nos Altesses. Je vais continuer à patrouiller.

— Oui je les emmène. Mufasa, Taka. Venez, on vous escorte jusqu’au Rocher.  

Les deux lionceaux contre celle de Tazama puis reprirent leur chemin, entourés par les lionnes du Groupe de Chasse.

— Vous avez faim tous les deux ? demanda Artémis.

— Non.

— Moi si ! fit Taka.

— Toi t’as toujours faim…, répliqua Mufasa.

Artémis se mit à rire.

— Il y a une carcasse sur le chemin on s’y arrêtera avant de rejoindre le Rocher.

— Artémis, c’est vrai que t’arrive à faire tomber un Buffle ? Toi toute seule ? demanda Taka.

— Oui bien sûr. Il suffit de l’attraper au niveau de la tête et de le déséquilibrer pendant qu’il court…

— Nous aussi on pourra faire ça ?

— C’est bien possible oui avec de l’entrainement.

— Et surtout avec l’autorisation de Sa Majesté, intervint une lionne. Tu sais bien qu’il est très protecteur avec ses lionceaux…

— Oui ça m’étonnerait qu’il les laisse se mettre en danger ainsi…, ajouta une autre.

— C’est pas faux… Vous vous entrainerez en cachette avec votre mère, conclus Artémis le sourire espiègle.

 

Un peu plus tard, la Reine Consort Uru vint réveiller ses deux lionceaux après leur sieste. Ils étaient tout excité.

Ils suivirent leur mère, sautillant joyeusement, descendant du Rocher des Lions. Ils longèrent le pied de l’édifice naturel pour arriver à l’arrière où se trouvait un ensemble rocheux avec plusieurs grottes et cavernes. La Tanière de la Garde du Roi Lion, dont l’entrée était dissimulée par la végétation, s’y trouvait également. Leur oncle leur avait fait visiter une fois. Ils passèrent d’ailleurs devant. Mais aujourd’hui leur mère les mena à une autre caverne, un peu plus loin. Celle du Grand Conseil.

Grande, lumineuse, ouverte sur la plaine, en demi-cercle. Le fond de la caverne était constitué de plateforme rocheuse en escalier où se trouvait déjà les membre du Conseil, allongé ou assis de part et d’autre en petit groupe. Les Ministres et Chef, et auprès d’eux, leurs Seconds qui les assistaient dans leurs fonctions.

Les lionceaux les connaissaient déjà tous, ainsi que leurs différentes fonctions :

Il y avait les Eclaireurs, dont le travail consistait à patrouiller et avertir la Garde du Roi Lion ou la Fierté Royale de toutes intrusions ou attaques. Leur Chef, Pemba, était un vieux lion au pelage roux clair, et à la crinière rousse sombre. C’était le père de Kitwana et Tambo. A ses côtés, quatre Seconds : Zuri, une lionne au pelage brun très sombre et aux yeux saphir. Ua, une autre lionne, âgé, au pelage crème. Eleika, une lionne au pelage sable clair et aux yeux châtains que certains appelait « Princesse » pour la taquiner. Et le quatrième Second qui n’était pas encore arrivé mais que les lionceaux connaissaient très bien, était le propre fils du Chef des Eclaireurs et le frère de Kitwana : Tambo. 

Non loin d’eux se trouvait le Prince Kijivu, Ministre de la Gestion des Clans, et Jafara, Ministre Porte-Parole des Autres Animaux. Chacun entouré de deux lionnes. Leurs Secondes.

Les lionceaux reconnurent également Moyo, la tante de Kitwana et Tambo. Avec deux autres lionnes, elles étaient les Ministres Chargée de l’Evènementiel : organisation des fêtes, des tournois, des cérémonies et du protocole. Moyo, plus particulièrement, était la Grande Chambellan. Ambassadrice, chargée des cérémonies et du protocole, elle assistait le couple Royale dans de nombreuses tâches que leur père qualifiait d’ennuyeux. A ses cotés se trouvait Furaha, une lionne au pelage gris clair qui s’occupait d’organiser les fêtes. Avec elles, normalement, une autre lionne, Asmamaw, qui organisait et arbitrait les tournois. Mais elle n’était pas encore arrivée. Derrières les deux Ministres Chargée de l’Evènementiel, leurs Seconds : deux lions et quatre lionnes.

Non loin, les lionceaux reconnurent Basma. Une petite lionne au pelage crème et au visage doux. Elle était la Ministre Responsable des Ressources du Royaume. Aussi gentille que sérieuse dans son travail, elle était très appréciée, autant par les lionceaux, que par leurs parents.  

Ce n’est pas le cas d’une autre lionne qui lui ressemblait beaucoup, allongé tout près d’elle. Même pelage crème, mais plus grande et athlétique. L’air assuré et fier. C’était Coumba. La Seconde de la Fierté Royale. A ses côtés, les Troisièmes de la Fierté Royale qui dirigeaient chacune un groupe : Safi, qui gérait le Groupe de Garde du Rocher. Artémis, le Groupe de Chasse. Tazama, le Groupe de Patrouille et de Surveillance. Derrière elles, étaient allongées certaines des Quatrièmes de la Fierté Royale qui s’occupaient des Groupes en leur absences. Les autres étaient de surveillance.  

Et enfin, les quatre membres de la Garde du Roi Lion s’étaient regroupés sur le même rocher plats : Jelani, Lion Fort et Second de la Garde. Jahi, Lion à la Vue Perçante, également, frère de Safi. Doté du même pelage terne que sa sœur, des yeux orange et une crinière grise et sombre. Uzoma, le Lion Rapide, cousin de la mère de Sarabi. Et Dahabu, le Lion le Plus Courageux. Un lion au pelage et à la crinière rousse clair, cousin éloigné d’Uru et d’Asante, comme le rappelait souvent ce dernier, l’appelant fréquemment « mon cousin ».

Tous saluèrent d’un signe de tête la Reine Consort et les deux Princes à leur arrivé. Ahadi et Asante, discutant au centre de la caverne, se retournèrent. Un sourire éclaira le visage du Roi qui s’approcha de sa petite famille, saluant également Uru d’un signe de tête :

— Ma Reine…

— Mon Roi…, fit la lionne le saluant également.

Ils se frottèrent la tête puis Ahadi demanda :

— Bien dormit mes fils ?

— Oui Papa, répondit Mufasa alors que son père frotta sa tête contre lui.

Ahadi eu le même geste envers Taka, mais plus bref, au cas où ce dernier, supportant peu les contacts, ne décide de reculer.

— Asma n’est pas là ? remarqua Uru.

— Non elle règle un souci d’inscription, répondit Asante.

— Une ado s’est inscrite pour la prochaine compétition, sauf que son père est venu se plaindre car il ne veut pas qu’elle participe, et il a demandé à ce que son inscription soit annulé. Et sa mère au contraire veut qu’elle y participe…, ajouta Ahadi.

— Quelle histoire pour un simple tournois…, fit Uru avant d’ajouter : Tam est allé chercher Kit mais ils vont avoir un peu de retard aussi car je l’ai envoyé transmettre un message aux lionnes de la Fierté actuellement en patrouille.

— Ah ? Un souci ?

— Non rien de grave. Une coalition a été vu par des Eclaireurs en train de roder vers la Frontière Sud. Tam est allé avertir la Fierté d’aller y patrouiller au cas où. Venez les garçons, ajouta-t-elle à ses deux lionceaux.

Uru mena Mufasa et Taka jusqu’à un rocher plat, au milieu des autres lions et lionnes, où elle s’allongea, ses fils auprès d’elle. A leur droite, la Garde du Roi Lion, à leur gauche, la Fierté Royale, derrière eux, les autres Ministres.   

— Tu veux que j’aille vérifier que tout se passe bien avec Asma ? demanda Asante.

— Non, elle a du caractère elle peut gérer la situation, dit Ahadi qui ajouta : D’ailleurs j’entends ses pas. Elle arrive.

Quelques secondes après, une lionne arriva en courant. Pelage blond avec des yeux jaunes et des tâches rondes aux pattes. Mufasa et Taka l’avaient déjà aperçu de temps à autres lorsque les adultes se regroupaient pour discuter.

Elle ralentit sa course en arrivant devant Ahadi.

— Désolée pour le retard, fit-elle en le saluant.

— C’est rien t’inquiète pas. Le problème est réglé ?

— Oui. L’adolescente reste inscrite, confirma-t-elle avant de s’écarter, s’apprêtant à rejoindre les autres lions. 

Un comportement de fuite que la lionne avait adopté depuis peu. Précisément, depuis que Tigisi, Meselesh et leur fils Tafarik et Taj avait été banni. Elle avait tendance à le fuir, à écourter les discussions, à les simplifier afin de passer le moins de temps possible avec lui.  

— Asma…, interpela Ahadi.

— Oui ? demanda la lionne qui s’arrêta, quelque peu sur la défensive.

Ahadi se déplaça, se postant entre elle et les autres lions, comme pour s’assurer qu’elle n’essaie pas de fuir.

— Il faut qu’on parle de ton frère…

La lionne soupira, visiblement agacée.

— Oh Ahadi il n’y a rien dire. Tigisi t’as trahi, il a été banni, c’est bien fait pour lui. C’est pas moi qui vais le pleurer. Tu sais que, mes deux sœurs et moi, on n’a jamais été proche de mes deux frères de toute manière…

— Oui je le sais. Et en aucun cas tu n’as à te reprocher ce qu’ils ont fait.

— Je ne me le reproche pas, assura-t-elle.

— Toi non… Mais d’autres peut être ? devina le Roi.

— Non personne ne…

Elle se tut aussitôt alors qu’Ahadi, le sourire espiègle, leva un sourcil.

— Je pense qu’il est inutile de dire que je sais que tu mens…, devina-t-il.

— Non inutile en effet… Ta capacité à savoir quand on ment est agaçante…

— T’es pas la seule à me le dire… Alors qu’est-ce qu’il y a ?

— Rien de grave c’est juste que… Certains membres de mon Clan ont commencé à… Rejeter quelque peu certains membres de ma famille, à cause de ce que Tigisi a fait. Tu sais comment ça se passe… Rejeter notre famille permet au reste du Clan de dire aux autres qu’ils ne sont pas en accord avec les actes de mon frère… Afin d’éviter d’être eux même rejeté…

— Et que font-ils pour vous rejeter ?

— Rien de très grave, ça va passer de toute manière…

— Asma…, répliqua Ahadi levant un sourcil.

La lionne soupira, exaspérée, comprenant qu’il n’allait pas la lâcher. Elle expliqua :

— C’est principalement des regards. Et on nous évite. Quand on arrive tout le monde part. On a aussi eu des remarques... Qu’on devrait avoir honte… Que notre mère a mal éduquer nos frères… Et… Certaines lionnes ne veulent plus que ma fille et ses cousines jouent avec leurs lionceaux, parce qu’elles sont les cousines de Tafarik et Taj. Du coup je les laisse avec les lionceaux de la Fierté, ils ne savent pas qu’elles sont leurs cousines. Et dernièrement, quand les volontaires du Clan sont allés à la chasse, ils y sont allés plus tôt pour que l’on ne soit pas avec eux, et on a dû attendre qu’ils finissent de manger, pour manger à notre tour.

— C’est une blague ?

— Non, fit la lionne en secouant la tête. Quand on est arrivé ils ont prétexté que, comme on avait pas participé à la chasse, on devait attendre… Il ne restait plus grand-chose alors on a demandé une autre chasse, exceptionnellement, ils ont refusé en disant qu’on n’était plus dans les heures de chasses autorisés sur notre territoire. On est allé voir le Clan Grenat, ils nous ont laissé chasser et manger avec eux.

Ahadi soupira et ajouta :

— Et Serwa ? Tu ne vas quand même pas me dire qu’elle tolère ça ?!

— Non pas du tout, assura aussitôt la lionne. Elle… Elle n’est au courant de rien. On… On ne lui a encore rien dit et… Quand elle, ou sa famille, sont là, les membres du Clan agissent normalement avec nous. Et l’incident de la chasse s’est produite hier soir, quand elle n’était pas là.

— Ok je vois…, comprit le Roi. Et Moja ? J’imagine que certains ne sont pas tendre avec lui non plus étant donné qu’il est consigné sur le territoire du Clan pour ne pas avoir dénoncer les agissements de Tigisi ?

— Oui… Il a eu le droit à… Quelques insultes… Certains lui ont dit qu’il… Aurait dû être banni lui aussi…

— Comment réagit-il ?

— Il les ignore. Depuis le départ de Tigisi il s’est enfermé dans le mutisme. Ils n’ont jamais été séparés tous les deux, je pense que c’est un coup dur pour lui… Il reste surtout avec notre mère…

— Ok… Tu fais bien de me parler de tout cela car ça fait partie du sujet du jour… Je vais régler ça ne t’inquiète pas, ajouta-t-il en frottant sa tête contre la sienne. Rejoins les autres, les Chefs et Emissaires des Clans vont bientôt arriver.

La lionne le salua à nouveau puis marcha vers ses camarades. Elle salua Uru, qui fit de même avec un sourire, avant de s’installer à côté de Moyo.

Ce fut ensuite au tour de Tambo d’arriver, avec sa sœur Kitwana.

— Vous êtes en retard, taquina Ahadi.

— C’est la faute de ta Reine, elle m’envoi jouer les messagers à la dernière minute, répliqua Tambo.

— Ah bon j’ai fait ça moi ? taquina Uru.

— Anh… Tu oses accuser ta Reine à tort ? ajouta Ahadi, le sourire espiègle.

— Ahah c’est bon vous avez fini de vous payer ma tête tous les deux ? répliqua Tambo.

— Je crois que oui, dit Ahadi en frottant sa tête contre la leur avant d’ajouter : allez rejoindre les autres. Kit, prends place à côté d’Uru.

La lionne alla rejoindre sa Reine, mal à l’aise. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas pris place au sein du Conseil, car depuis qu’elle n’était plus Seconde de la Fierté, elle n’y avait plus sa place. Et elle se doutait qu’une certaine lionne n’allait pas se priver de le faire remarquer :

— Kit ne fait plus parti du Conseil, elle n’a pas à être ici ! répliqua Coumba.

Ahadi se tourna vers elle, le sourire espiègle, avant d’interpeller l’un de ses Ministres :

— Mon cher Jaf…. Veux-tu bien rappeler à notre Seconde de la Fierté les règles qui régissent le Conseil ?

— Bien sûr Majesté, répondit aussitôt le lion qui récita : sont admis aux réunions du Conseil, les Ministres et leurs Seconds, les membres de la Fierté Royale, de la Garde du Roi lion, ainsi que tout lion ou lionne invité par le Roi ou la Reine en titre, leurs Consorts, ou les Régents, sans qu’aucun motif n’ait à être fournis.

— Des questions Coumba ? demanda le Roi.

— Non… Majesté…, répondit la Seconde de la Fierté Royale visiblement contrarier.

Kitwana s’installa à côté d’Uru qui frotta sa tête contre la sienne, lui chuchotant :   

— Ignore-là…

— Mais elle a raison, j’ai pas ma place ici…

— Kit on t’en a déjà parlé avec Ahadi… Tu dois continuer d’assister aux réunions car t’es la mieux placer pour reprendre la régence en cas de soucis…, lui rappela Uru. Et ne discute pas les directives de tes Souverains…, ajouta-t-elle d’un ton faussement impérieux.

— Bien ma Reine, répondit Kitwana d’un ton ironique.

Uru lui ébouriffa la tête avant de blottir la sienne contre elle. 

— Maman… C’est quand qu’ils vont arriver les Clans ? demanda Mufasa.

— Bientôt mon chéri, bientôt.

— Il y a combien de Clans sur la Terre des Lions ? demanda Taka.

— Euh… Kiji ? demanda la Reine qui se tourna vers le cousin du Roi, allongé sur un rocher derrière elle.

— Actuellement il y a exactement vingt-et-un Clans, répondit Kijivu. La majorité sont de petits Clans composés d’une ou de plusieurs familles, d’une dizaine à une vingtaine d’individus qui partagent un même territoire. Parfois ces Clans s’assemblent, certains se divisent aussi. Puis il y a les Huit Grands Clans. Les Clans les plus anciens et les plus influent. Ils comptent en moyenne deux cents individus. Et environs trois cents pour l’un d’eux. Ils sont composés de plusieurs petits groupes familiaux, chacun représenté par un Émissaire.

— Mais… Ça fait combien de lions en tout ? demanda Mufasa surpris.

— Environs deux milles lions. Un chiffre qu’on a atteint au début du règne de votre grand-mère, la Reine Amani, et qui est resté stable depuis.

— Ça fait beaucoup de lions, fit remarquer Taka.

— Et ouais. La Terre des Lions fait partit des Royaumes qui comptent le plus d’individus.

Les deux lionceaux tâchèrent de retenir principalement les Clans les plus importants. Ils étaient faciles à reconnaitre : c’était ceux qui comptait le plus d’Emissaire, en plus des Chefs. Les petits Clans n’avaient qu’un, deux, ou trois émissaires. Plusieurs Clans étaient également accompagnés de jeunes lions et lionnes, qui venaient pour assister à la réunion dans le but d’être plus tard également des Chefs ou des Emissaires de leur Clan. 

Le premier grand Clan qui arriva avait pour Chef un vieux lion à l’air grincheux. Les six lionnes et quatre lions qui le suivaient, et lui-même, avaient tous un pelage ocre plus ou moins clair, et une crinière noire ou brune. Ils s’arrêtèrent face à Ahadi et Asante, saluant le Roi en inclinant leurs têtes. Ce dernier, avec un sourire, leur rendit leur salut d’un signe de tête, avant de la frotter contre celle de certains d’entre eux avec qui il était proche. Notamment avec l’un des Emissaires, Apesi, qu’il connaissait bien car c’était le meilleur ami d’un de ses cousins : Masego. Fils d’Ayo, le frère du père d’Ahadi, il avait fini par quitter la Terre des Lions pour rester au Royaume de l’Arbre de Vie, il y a de cela plusieurs mois, afin d’être auprès de la lionne qu’il aimait. La Princesse Afia. Ahadi avait des contacts réguliers avec lui via des oiseaux migrateurs, et avait également gardé de bon contact avec Apesi, qui venait régulièrement le voir au Rocher des Lions. Il commença à discuter avec lui et d’autres lions et lionnes du Clan.

— Ça c’est le Clan d’Ambre, dit Uru. Celui dont fait partie Jelani. C’est aussi dans ce Clan que votre grand-père Tendaji, son frère Ayo, et son fils Masego, ont grandis.

— Masego c’est le cousin de papa qui va épouser la Princesse Héritière du Royaume de l’Arbre de Vie ? demanda Mufasa.

— Oh c’est pas encore officielle, répondit Uru. Mais… ils devraient bientôt nous annoncer leur Union oui…

— Il y a beaucoup d’Emissaires dans ce Clan…, fit remarquer Taka.

— Le Clan Ambre est l’un des plus grand Clan du Royaume, expliqua Kijivu. C’est aussi un des Quatre Premier Clans.

— Quatre Premiers ? interrogea Mufasa.

— Les Quatre Premiers Clans qui ont été fondé dans le Royaume, précisa le Prince, expliquant : Quand la Reine Bara et ses frères et sœurs sont revenus dans la Vallée des Fiertés pour combattre la coalition qui les avait chassés, ils restaient dans les environs des lions et lionnes des anciennes Fiertés qui avaient survécus, éparpillés un peu partout. Une fois la coalition vaincue, ils se sont rassemblés et ont formé trois Clans qui se sont installés à des endroits stratégiques pour la défense du Royaume. Celui du Clan d’Ambre est au Nord. Il y a le Clan Thulite à l’Est. Et le Clan des Rives Calcaire au Sud. Puis le Quatrième Clan, le Clan Cornaline, s’est formé à l’Ouest avec les lions et lionnes venant du Royaume de l’Arbre de Vie qui ont accompagnée Bara et sa fratrie et ont décidé de rester ici.

— Et de par leur ancienneté c’est les quatre Clans les plus influent du Royaume, ajouta Uru.

— Hé t’as vu Kit, y-a ton ex…, taquina Tambo.

— Roh tais-toi… râla sa sœur.

— Qui ça ? demandèrent les lionceaux, curieux.

— Mon cousin, Baako…, intervient Jelani. Le lion qui est là-bas, un peu à l’écart des autres…

C’était un lion que Taka avait repéré rapidement dès son arrivé car il avait tendance à boiter d’une de ses pattes arrière. Et le comportement qu’il avait envers son père ne lui était pas passé inaperçu non plus : Distant. Froid. Avec un air plutôt hautain, tout en veillant à ne pas être irrespectueux envers Ahadi qui lui, ignora complètement son comportement.

— Il a quoi contre papa ? demanda Taka.

Les adultes s’échangèrent un regard, visiblement mal à l’aise, semblant se demander qui allait répondre. Kitwana se décida :

— Autrefois c’était un proche ami de votre père. Lorsqu’Ahadi est devenu Chef de la Garde, il a fait de lui le Lion Rapide de la Garde de la Reine Lionne. Mais un jour, Baako s’est blessé à la patte en participant à un tournois. Une course rapide. Une blessure qui risquait de le mettre en danger lors de ses missions. Ahadi voulait donc qu’il quitte la Garde. Baako a insisté pour y rester, assurant qu’il était toujours apte à en faire partie. Alors Ahadi a eu l’idée d’organiser une course exceptionnelle : le vainqueur deviendrait le Lion Rapide de la Garde. Une course que… Baako n’a pas pu terminer à cause de sa blessure. C’est Uzoma qui a gagné et qui est devenu le Lion Rapide de la Garde. Baako en a voulus à Ahadi de ne pas l’avoir gardé. Il s’en est suivis une dispute et, il lui fait la tête depuis.

— Il en a aussi voulu à Kit de ne pas l’avoir soutenu, alors qu’à l’époque elle sortait avec lui, ajouta Tambo. Ils se sont disputés, et il lui a demandé de choisir entre lui et Ahadi… Donc elle l’a quitté…

— Et oui… Grosse erreur de me demander de choisir entre lui et mon petit frère…, confirma sa sœur.

— Je n’ai pas le souvenir que la Reine Amani ait eu une fille, commenta sournoisement Coumba à voix basse.

Ce fut Uru qui répondit aussitôt :

— Oui il est vrai que le terme exact qu’elle aurait dû utiliser est « beau-frère »… Mais autant simplifier et se contenter de dire simplement « frère ».

Leurs discussions terminées avec le Roi, les membres du Clan Ambre allèrent s’installer sur des rochers entourant l’extérieur de la caverne en demi-cercle. Ahadi, qui avait entendu le commentaire de Coumba, ne manqua pas d’ajouter :

— L’actuelle Seconde de la Fierté aurait-elle un problème avec ma belle-sœur ? demanda-t-il avec un sourire mesquin tout en s’approchant nonchalamment du groupe formé par mes Ministres et Chefs. 

— Non aucun Majesté, répondit aussitôt Coumba.

— Tant mieux…

D’autres, petits Clans firent suite, rapidement suivit par un grand groupe. Menée par Zola, une lionne rousse terne aux yeux vert foncé, que Mufasa et Taka connaissaient bien car son frère Aravid et elle, faisaient partie du groupe d’adulte qui côtoyait souvent leurs parents. Elle était accompagnée de son frère, Emissaire de leur famille, et de neuf lionnes et cinq lions, tous dotés de pelages ou de crinière allant d’une sorte de roux clair rosé, à un roux sombre.

La discussion s’engagea rapidement avec Ahadi, bien plus détendu qu’avec le Clan Ambre, échangeant des rires avec eux, voir des taquineries.

— Ça, c’est le Clan Cornaline, présenta Kijivu. Celui qui compte le plus grand nombre de lions et de lionnes. Plus de trois cents…

— Et c’est l’un des Quatre Premier Clan, c’est ça ? Celui qui se trouve à l’Ouest ? se rappela Mufasa.

— Oui c’est bien ça.

— Oh mais y-a Mamie Ayoka ! s’exclama Taka, reconnaissant sa grand-mère par mis les lionnes qui accompagnaient Zola, qu’Ahadi enlaça d’une patte.

— Et oui. Le Clan Cornaline est aussi votre Clan maternelle, les Princes, expliqua Kijivu. C’est dans ce Clan que sont nés votre mère, votre oncle et votre grand-mère Ayoka.

Asante se détacha du groupe, accompagnant sa mère jusqu’à Uru et ses neveux. C’était une lionne âgée au pelage aussi roux sombre que ses deux enfants, avec quelques taches brunes aux pattes, hérités de son père qui était issu d’un autre Clan. Elle vint frotter sa tête contre celle des deux lionceaux.  

— Comment vont mes deux petits-fils ?

— Bien Mamie…

Elle venait régulièrement les voir au Rocher des Lions, car ces derniers quant à eux, n’avaient pas le droit de venir la voir là où elle vivait. Son Clan se trouvait dans une des zones où ils avaient interdiction d’aller. Ils ne savaient même pas exactement où il se trouvait. Du moins jusqu’à maintenant…

— Donc Mamie Ayoka tu vis dans le territoire à l’Ouest où l’on a pas le droit d’aller ? compris Taka.

— Oui mon petit futé, c’est dans ce Clan que je vis…, confirma sa grand-mère en lui ébouriffant affectueusement la tête.

— Mais attention Taka, c’est pas parce que tu sais où elle est que tu as le droit d’y aller, intervint Uru. Ce territoire vous est toujours interdit, pour votre sécurité.

— C’est pas juste. C’est le territoire de notre grand-mère et on peut même pas y aller…

— Vous irez un jour, soyez patient les garçons, fit sa mère qui taquina son fils en lui mordillant l’oreille.

— Maman !..., repoussa-t-il d’une patte avant de demander, incrédule : Mais… Oncle Asante… Tu m’avais dit que Maman et toi vous étiez nés dans le Clan d’Askari ? Pas dans le Clan Cornaline…

— Oui c’est le cas. Le Clan Cornaline a plusieurs surnoms. Il est aussi appelé, le Clan d’Askari ou des Descendants d’Askari, le Clan de l’Arbre de Vie, le Quatrième Clan, le Clan des Lions roux…, expliqua Asante.

— Le Clan des bannis ou des traitres aussi, ajouta Uru d’un ton amer.

— Pourquoi tous ces noms ? demanda Mufasa.

— Le Clan de l’Arbre de Vie car les lions et lionnes de ce Clan descendent de ceux qui viennent du Royaume de l’Arbre de Vie qui ont accompagnée Bara et sa fratrie et sont restés ici. Clan d’Askari ou Clan des Descendants d’Askari car son épouse se trouvait dans ce Clan et les filles et fils qu’il a eu avec elle sont nés dans ce Clan. Beaucoup de lions et lionnes de ce Clan ont un lien de parenté avec lui.

— Dont votre mère et votre oncle qui font partie des descendants d’Askari, ajouta Kijivu.

— Alors c’est vrai ce que disait Oncle Asante ?

— Oui c’est vrai. Tous les deux vous êtes les descendants de la Reine Bara par votre père, et vous êtes aussi les descendants d’Askari par votre mère.

— Ouha trop cool ! fit Taka.

— Et pourquoi le Clan des traitres ? demanda Mufasa.

— Le Clan des traitres et des bannis à cause des fils d’Askari qui ont trahis leur cousin, le Roi Mohatu 1er, qui les a confinés dans leur territoire et les as bannis des affaires de la Famille Royale durant un certain temps, expliqua Uru. Bon le Clan des lions roux pas besoin de vous expliquer pourquoi...

— Non, se mirent à rire les lionceaux.

— Ah… Ma sœur, notre Clan arrive, fit Tambo, visiblement tendu.

Levant les yeux, tous constatèrent en effet l’arrivée du Clan suivant. Ayoka frotta une nouvelle fois sa tête contre celle de ses enfants et petits-enfants, puis alla rejoindre le siens. Ils allèrent s’installer sur les rochers à l’extérieur de la grotte, alors que le Clan de Kitwana et Tambo approcha.

Leur tante, Maza, arriva à la tête d’un groupe de quatre lionnes et trois lions au pelage beige, yeux bleu clair et crinières châtaines. Telama, sa fille, la suivait de près. Uru nota à quel point elles semblaient fières d’être à la tête du Clan. Kitwana et Tambo les fixèrent avec méfiance.

— Ah ! Le Clan Lazuli ! Celui de Maka et Sarafina ! s’exclama Taka.

— Exact, fit Kijivu. Un vieux Clan aussi, le cinquième je crois ?

— Oui c’est bien ça, confirma Tambo.

— Les premiers membres de notre Clan ont fui leur Royaume et sont venus se réfugier sur la Terre des Lions. C’était sous le règne de Zawadi, ajouta Kitwana.

— Pourquoi ils ont fui leur Royaume ? demanda Taka.

— Et bien… Disons qu’ils ont… essayé de renverser leur Roi…, avoua Tambo.

— Quoi ?! s’étonnèrent les lionceaux. Mais pourquoi ?

— Principalement à cause d’une famine…

— Le Royaume où nos ancêtres sont issus se nomme le Lagon Lazuli. Il est situé en bord de mer, expliqua Kitwana. De ce qu’on nous a raconté, il s’agit d’une immense lagune, entourée de roche et de sable. Les lions et lionnes qui y vivent se nourrissent principalement de poissons et d’autres animaux marins. Mais un jour, une immense vague a déferlé sur le Royaume et l’a en partie ravagé. La majorité des sujets ont survécu, mais une famine s’est ensuite abattue sur le Lagon Lazuli, à cause du manque de poisson. Les Clans ont demandé au Roi de l’époque, le Roi Mawimbi, de rationner les ressources afin que tout le monde puisse, ne serait-ce que, survivre le temps que les eaux se renouvèles en poisson. Mais il a refusé. Il a choisi de privilégier ses sujets les plus influents qui mangeaient, plus qu’à leur faim, au détriment des autres qui finissaient par mourir. Ces derniers se sont révoltés et ont attaqué la lagune, dans le but de voler de la nourriture et se nourrir. Mais leur attaque a mal tourné. Certains ont été tué. Les autres ont fuis, loin du Lagon Lazuli. Considéré comme des traitres, ils ont voyagé, cherchant un Royaume qui voudrait bien les accepter. Mais personne ne voulait les accueillir… Ils avaient attaqué un Roi. Ils pouvaient très bien en attaquer un autre. Et celui qu’ils avaient trahit risquait de s’attaquer à ceux qui les hébergerait… Il n’y a qu’un Royaume, déjà suffisamment puissant à l’époque pour faire face au Lagon Lazuli, qui les accepta.

— La Terre des Lions !   

— C’est bien ça. A l’époque c’est le Roi Zawadi qui y régnait. Il a accepté d’écouter leur version de l’histoire. Car bien entendu, le Roi Mawimbi n’a pas expliqué pourquoi il avait été attaqué. Il s’est juste contenté de dire qu’un groupe de lions et de lionnes a tenté de le tuer pour lui dérober son Royaume… Le Roi Zawadi les a finalement accueillis sur la Terre des Lions car il avait jugé que leur attaque envers leur Souverain était une question de survie et a décidé de leur laisser une chance.

— Et si je me souviens bien cette décision a occasionné une guerre entre le Lagon Lazuli et la Terre des Lions ? demanda Kijivu.

— Oui. Le Roi Mawimbi a exigé que les lions et lionnes qui ont fui son Royaume lui soit livrer, afin qu’ils soient jugés, et bien sûr exécuté pour trahison… Mais le Roi Zawadi a refusé. Mawimbi a cependant attendu le début du règne d’Hakimu pour attaquer la Terre des Lions. Il s’est dit que Hakimu étant une jeune Reine, elle serait surement plus facile à influencer… Mais c’était mal la connaitre car elle s’est farouchement opposée à lui. Du coup il est revenu avec une petite troupe, comptant sur le fait qu’Hakimu, fraichement couronnée, était surement inexpérimentée, pour s’emparer de la Terre des Lions.

— La pire erreur de sa vie…

— Et pas qu’un peu. Elle a stoppé leur attaque en un clin d’œil et les as forcer à se rendre. Certains sont restés en temps qu’otage quelques années sur la Terre des Lions. D’autres sont retournés au Lagon Lazuli qu’Hakimu a annexé pendant plusieurs années pour avoir attaqué la Terre des Lions.

— Ah mais oui ! La tortue m’a raconté cette histoire aussi ! s’exclama Taka. Quand il est venu attaquer la Terre des Lions Hakimu lui a tendu un piège. Avec une escorte elle a fui dans les Gorges de Kebah. Elle les a attirés à un endroit précis où, sa sœur Wema avec la Garde, et leur cousine qui menait la Fierté Royale, sont arrivés. Elles ont cerné le Roi et sa troupe.

— Oh tu vas pas te remettre à parler d’elles ? s’exaspéra Mufasa.

— Bah… Si…, répondit son frère d’un ton taquin.

— Mufasa tu devrais t’intéresser un peu plus à leurs histoires. Hakimu était une vraie stratège qui a repoussé bon nombre d’ennemis avec sa famille… Son histoire peut t’être utile quand toi aussi tu deviendras Roi et que tu devras affronter des ennemis.

— Mouais mouais…

— Bof, tu sais avec la carrure qu’il risque d’avoir une fois d’adulte je ne pense pas qu’il y aura beaucoup de lions qui voudront l’affronter…, intervint Tambo.

— Pas si sûr. Le Royaume a eu pour Roi des lions grand et costaud qui ont eu, eux aussi, leurs lots d’ennemis…, rappela Uru.

— Le Clan des Rives Calcaires arrive…, intervint Kijivu. L’un des Quatre Premiers clans du Royaume. Celui situé au Sud.

— C’est le territoire où il y le Delta du Fleuve Sinueux ?

— Oui c’est celui-là.

Quatre lions et cinq lionnes au pelage crème, et aux crinières couleur blanc cassés, parfois avec des mèches brunes claires, firent leur apparition. Une lionne plutôt âgée à leur tête.  

— C’est le Clan de Minha et Badou non ? demanda Mufasa.

— C’est bien ça.

Ahadi comme à son habitude engagea la conversation avec certains des lions et des lionnes du Clan. Taka, les observants, croisa le regard d’un vieux lion dont la crinière était moitié brune claire, moitié blanche. Ce dernier les fixa à moitié, avec un certain mépris.

— C’est qui ce vieux lion là-bas qui nous fixe ? 

— Oh…, chercha Uru qui répondit à voix basse. C’est Baridi. Le père de Coumba, Basma, Khany et Yoka. Et le grand-père de Mhina, Atsu, Badou et Sekou. Il a une… certaine animosité envers la famille Royale.

— Pourquoi ?

— Il a voulu épouser votre grand-mère, la Reine Amani, pour devenir Roi, chuchota sa mère. Mais votre arrière-grand-père le Roi Mohatu 3 a refusé. Il a alors commencé à essayer de séduire Amani, mais elle a rejeté aussi ses avances. Baridi qui a… une haute opinion de lui-même, l’a très mal pris. Depuis il voue une certaine haine envers la famille Royale et entre souvent en conflit avec nous.

— Ça veut dire qu’il faut qu’on évite aussi d’aller sur leur territoire ?

— Non mes fils, vous ne risquez rien en allant sur le territoire des Rives Calcaires… il n’est pas assez stupide pour s’en prendre à vous…

Leurs discutions terminées, les membres du Clan allèrent s’installer à leur tour sur les rocher extérieur.

— Le Clan qui est à l’Est c’est lequel déjà ? demanda Mufasa.

— Celui de la Thulite voyons ! Tu sais, le Clan de Sarabi, rappela Taka.

— Exact. Tiens d’ailleurs ils arrivent aussi.

Ce fut sept lionnes et quatre lions aux pelages rose terne, plus ou moins foncé, et à la crinière couleur chocolat qui arrivèrent. A leur tête, Jalia, la mère de Sarabi, avec qui Ahadi engagea rapidement la conversation.

Vint ensuite un groupe de trois lions et six lionnes, tous similaire à Asmamaw : pelage et crinière blonde, plus ou moins foncé, et tachetés aux pattes. Ils étaient menés par Serwa, une lionne que Mufasa et Taka avaient également déjà aperçus avec leurs parents, ainsi que d’autres lions du Clan.

— Le Clan du Jaspe Tacheté…, annonça Kijivu. Comme le Clan Lazuli, ils sont aussi originaires d’un autre Royaume situé bien loin au Nord, sur une terre où il y a une saison chaude et une saison froide. Leur Royaume, les Presqu’île du Jaspe Tacheté, a été envahi par un autre. Ils ont fui et sont venus se réfugier sur la Terre des Lions, le temps de pouvoir reprendre leur Royaume. La plupart sont ensuite retournés sur leurs Presqu’îles. Et d’autres sont restés et ont formé le Clan du Jaspe Tacheté.  

La discussion s’engagea rapidement entre le Roi et Serwa, la Cheffe du Clan, ainsi que certains Emissaires. Asante quant à lui discuta avec un autre lion dont un œil était rouge.

— Le lion à l’œil rouge il est aveugle ? Comme Moja ? demanda Taka.

— Le lion à l’œil rouge ? chercha Kijivu. Oh ! C’est Enzi, le cousin de Serwa. Il est l’Emissaire de leur famille. Et il n’est pas aveugle non.

— Avant Enzi faisait partie de la Garde de la Reine Lionne, en tant que Lion à la Vue Perçante, expliqua Uru. Ahadi en était encore le Chef. Ils ont eu pour mission d’attraper un lion dans les Terres Sauvages, non loin du Royaume. Mais il y a eu une tempête de sable. Enzi les a guidés, les menant à un abri, mais le sable qu’il a reçu dans ses yeux, surtout le droit, a endommagé sa vue. Il décidé de lui-même de quitter la Garde, et c’est Jahi qui l’a remplacé.

— Taka regarde, chuchota soudainement Mufasa. Il y a le lion qu’on a vu tout à l’heure !

Son frère, le cherchant du regard, repéra rapidement Baselus par mis les jeunes lions accompagnant les Emissaires. Il leurs lança un sourire narquois avant de discuter avec la lionne qui était à ses côtés.

— Vous parlez de Baselus ? demanda Uru.

— Oui. Tu le connais ?

— Pas personnellement non. Je sais juste qu’il est le fils de Vasillissa, l’Emissaire de sa famille. Et ses deux oncles, les frères de Vasillissa, Agon et Machi, sont les deux lions qui se sont portés volontaires pour escorter Omari hors du Royaume…

— D’ailleurs on n’a toujours pas de nouvelles d’eux ? s’étonna Kijivu. Normalement ils devraient être arrivé au Royaume de l’Arbre de Vie…

— Sauf si ils ont décidé de passer par le chemin le plus sûr qui est plus long, rappela Uru. 

— Oui c’est pas faux. Etant que trois, ils ont surement choisi ce chemin… Ah et voici mon Clan. Le Clan d’Argent… Dont le Chef de Clan est Datia. Le père de Jahi et Safi. A coté de lui il y a aussi leur mère, Mwamba, qui est aussi ma tante

Un lion plutôt âgé mais souriant arriva, suivit par cinq lionnes et trois lions au pelage allant du gris taupe clair à foncé, avec des crinières grise ou blanche.

— Nos anciens ennemis, taquina Asante.

— Asante…, répliqua Ahadi relevant un sourcil l’air exaspéré.

— C’est bon je plaisante, c’est juste pour embêter Kiji…

— Kiji tu voudras que je te venge ? demanda Ahadi le sourire espiègle.

— Oui je veux bien, répondit sournoisement le Prince.

— Ah non ! C’était pour plaisanter… Je m’excuse…, se rattrapa aussitôt le Chef de la Garde.

— Trop tard… fit Ahadi le sourire mesquin.

Ils cessèrent leurs chamailleries alors que les membres du Clan d’Argent s’arrêtèrent face à eux, saluant Ahadi qui entama aussitôt la conversation avec certains d’entre eux, dont leur Chef et son épouse, Mwamba, qui lança un sourire à ses enfants Jahi et Safi, ainsi que son neveu Kijivu.

— Pourquoi il a dit ancien ennemi ? demanda Mufasa se tournant vers sa mère.

— Et bien, en fait… Quand la Reine Bara et sa fratrie sont revenus et ont repris la Vallée des Fiertés, ils ont banni les lions de la coalition qui les avaient chassés, ainsi que les lionnes qui leurs étaient restés fidèles, et leurs lionceaux. Ces derniers ont grandi dans les Terres Sauvages, à la Frontières du Royaume. Puis ils ont eu des lionceaux à leurs tours, et ainsi de suite. Jusqu’à former plusieurs petits groupes de familles. Certains d’entre eux considéraient que le Royaume appartenait aux lions de la coalition, autrement dit, à leurs pères, ou grand-père, et donc, que le Royaume leurs revenait de droit, et qu’ils devaient le reprendre. Durant les règnes de Mohatu 1er, Zawadi, et Hakimu, beaucoup se sont mis à essayer d’attaquer la Terre des Lions ainsi que ses Clans. Et le plus souvent, ils y entraient pour chasser illégalement. Ils étaient alors appelés les Hors-la-loi. D’autres en revanche, étaient des lions et lionnes tout à fait honnête qui se contentaient de vivre tranquillement au niveau des Frontières, négociant parfois pour avoir l’autorisation de venir chasser dans le Royaume. Mais un jour, un des Hors-la-loi finit par devenir un vrai dictateur. Il rallia tous les autres groupes familiaux, en les manipulant, ou en les menaçant. Les obligeant à attaquer tous ensemble le Royaume.

— Hé ! Ça c’est passé sous le règne d’Hakimu ça aussi ! s’exclama Taka.

— Tu connais bien ton histoire toi…, fit sa mère. Oui c’est sous son règne que cela s’est produit. Sa sœur Wema et elle, ont combattu et tué le dictateur. Durant le combat, beaucoup d’Hors-la-loi se sont détournés de lui. Certains avaient même prévenu Hakimu de ses intentions. Alors elle a décidé d’accorder une place à ceux qui voulaient venir dans le Royaume, à condition d’en respecter les lois. Ceux qui ont accepté de la reconnaitre comme Souveraine sont restés et lui ont juré allégeance. D’autres sont parties loin du Royaume. Et quelques-uns sont restés non loin de la Terre des Lions, continuant de tenter de le reprendre de temps à autres… Les Hors-la-loi qui sont restés dans le Royaume ont formé le Clan d’Argent.

— Ce qui a ensuite causé quelques soucis à Hakimu…, ajouta Kijivu.

— Pourquoi ?

— Beaucoup de lions des autres Clans ont gardé en mémoire la haine des lions de la coalition qui ont attaqué la Vallée des Fiertés, expliqua le lion. Haine qui s’est reportée sur leur descendants. Le Clan d’Argent a été pas mal rejeté au début. Insultés. Les jeunes lions étaient agressés, voir attaqués, par les autres. Mais Hakimu, avait… un fort caractère…

— Un peu comme votre père…, taquina Uru.

— Je t’ai entendu…

— Oups…, fit faussement la Reine le sourire amusé.

— Elle ne s’est pas laissée intimidée par les lions des Clans qui se sont opposés à elle, reprit Kijivu. Elle a imposé sa décision à tous en protégeant le Clan d’Argent et en punissant sévèrement ceux qui les attaquaient. Dont le Clan Cornaline, n’est-pas Asante ?

— Ouais, ouais…

— Le Clan Cornaline s’est attaqué au Clan d’Argent ?

— Oui. Certains lions ont considéré que Hakimu n’était pas apte à bien protéger le Royaume, qu’elle faisait une erreur. Ils n’avaient pas encore compris à qui ils avaient affaire… Elle les a condamnés pour trahison. Certains ont été bannis. Définitivement. Ce qui n’a pas plus à d’autres qui ont considéré qu’elle n’avait pas le droit de bannir des descendants d’Askari…

— Et elle a banni ceux-là aussi, devina Taka.

— Oui. Après cela plus personnes ne s’est opposées à elle, poursuivit Kijivu. Les choses ont ensuite fini par se calmer avec le temps. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment d’animosité envers le Clan d’Argent. Même si certain aime bien rappeler tout cela… N’est-ce pas Asante ?

— Roh c’est bon ! Je te l’ai dit, je te fais mes plus plates excuses, mon Prince…, fit le Chef de la Garde en s’inclinant.

— Laisse tomber Asan, je ne changerai pas d’avis, fit Ahadi qui ajouta d’un ton taquin : tout à l’heure à l’entrainement je m’occupe de ton cas…

— Roh t’es vraiment pas gentil…

— Ouais, j’assume…

D’autres Chef et représentant de petits Clans arrivèrent, petit à petit. Taka continua de s’amuser à bien observer le comportement des lions, afin de repérer ceux qui avaient surement eu des ennuis avec son père dernièrement. Ils étaient faciles à reconnaitre : c’était ceux qui inclinaient la tête plus bas que les autres en le saluant. Ils faisaient également particulièrement attention à leur attitude et à ce qu’il disait en sa présence. Taka observait également le comportement de son père. Soit il était distant et froid avec eux, et cela signifiait qu’il n’avait toujours pas pardonné ce qu’ils lui avaient fait et qu’ils avaient intérêt à faire attention à leur attitude. Soit au contraire il se montrait accueillant et rassurant, signe qu’ils ne leur en voulaient pas ou était passé à autre chose.  

Ce fut le cas pour le dernier grand Clan qui arriva, au loin dans la savane.

— Ah, voilà le Clan Grenat qui arrive…, indiqua Kijivu. Le dernier des Huit Grands Clans du Royaume… Ils sont principalement issus d’un métissage entre le Clan d’Ambre, le Clan Cornaline et Lazuli. Ils sont vite devenus un Clan important du Royaume. Et depuis quelques semaines ils sont au cœur des conflits des Clans du Royaumes…

— Pourquoi ? demanda Mufasa.

Taka observa au loin les lions et lionnes qui arrivaient d’un pas lent. Pelage sable, avec un trait plus sombre au milieu du dessus de la tête et le long de la colonne vertébrale. Le bout des pattes plus sombre. Les lions avaient des crinières bicolore, rousse puis brun ou noir.

— Oh c’est le Clan de Tafarik et Taj ! comprit-t-il.

— Exacte. Et suites aux méfaits commis par Tigisi, Meselesh et leurs deux fils, le Clan est rejeté par plusieurs lions et lionnes…

— Mais pourquoi ? demanda Mufasa. Ceux qui ont fait une bêtise ont été banni… Et c’est pas la faute de leur Clan…

— Non tu as parfaitement raison, confirma Kijivu. Mais certains lions et lionnes reprochent au reste du Clan de ne pas nous avoir prévenus plus tôt du complot que Tigisi et Meselesh tramaient. Sans oublier qu’ils étaient aussi parfaitement au courant que Tafarik et Taj malmenaient les lionceaux des autres Clan, en plus du leurs, et que cela aussi, ils ne l’ont pas signalé. Pour cela ils sont considérés par des traitres pour certains

— Il faut aussi savoir que certains ont tendance à vouloir se faire justice eux même, ajouta Uru. Des parents dont les lionceaux ont été attaqué par des jeunes lions du Clan Grenat, vont s’en prendre à ceux qu’ils croisent, qu’il soit coupable ou non. Ça s’appelle la discrimination.

— Il y a aussi ceux qui vont juger que ceux qu’ils considèrent comme coupables n’ont pas été assez puni et vont s’en charger eux même en les agressant.

— Ou pire…

— Mais… Il n’y a que Papa qui a le droit de juger non ? demanda Taka.

— Oui mon fils, confirma Uru. Mais cela n’empêche pas certains de se croire au-dessus des lois…

— A leurs risques et périls…

— Et faut pas oublier le conflit qu’il y a aussi entre le Clan Grenat et le Clan du Jaspe Tacheté, ajouta Jafara.

— Pourquoi ils sont en conflit ?

— Tigisi est né dans le Clan de du Jaspe Tacheté. Quand il a épousé ma sœur Meselesh, il a décidé de rejoindre le Clan Grenat. De la même manière que moi je suis né dans le Clan Grenat, mais j’ai décidé de rejoindre le Clan d’Argent quand j’ai épousé Safi.

— T’es né dans le Clan de Tafarik et Taj ? s’étonnèrent les deux jeunes Princes.

— Et ouais… Comme vous le savez dans les Clans les lionceaux naissent et grandissent dans le Clan de leurs mères. Les pères, si ils sont issu d’autres Clans, se contentent de rendre visite plus ou moins régulièrement à leurs fils et filles. Comme c’est le cas de Kijivu qui est resté dans son Clan mais vient souvent voir son fils. Et il y a d’autres pères qui vont intégrer le Clan de leur épouse. Ce qui a été le cas de Tigisi, et aussi le miens, car je voulais pleinement participer à l’éducation de mes lionceaux.

— Parfois il y a aussi des lionnes qui intègrent le Clan de leur époux, ajouta Uru.

— Oui c’est vrai aussi mais c’est plus rare… Et le soucis, repris Jafara. C’est que Tigisi a encore de la famille dans le Clan du Jaspe Tacheté. Des parents, des oncles et tantes, des cousins, cousines, des sœurs et un frère, des neveux et nièces, qui, ces derniers temps, sont progressivement rejeté par le reste du Clan.

— Pourquoi ? Ils ont comploté eux aussi ?

— Non, pas du tout. Mais ils sont apparentés à Tigisi. Un traitre. Et le reste du Clan a peur d’être rejeté aussi par les autres si ils les soutiennent. Donc ils les rejettent aussi pour que les autres Clans comprennent qu’ils ne sont pas des traîtres…

— C’est toujours aussi compliqué entre les Clans ? demanda Mufasa.

— Oh que oui, confirma Kijivu exaspéré.

— Et Baraka ? Comme c’est le cousin de Tafarik et Taj, il est rejeté par le Clan ?

— Non pas du tout. A dire vrai le Clan Grenat, après le départ de Tigisi et Meselesh, s’est vite ranger du côté de mon épouse, la Princesse Tabia. Mon fils est parfaitement à l’abri dans son Clan ainsi que dans le mien. Personnes ne le rejettent. Les membres du Clan d’Argent étaient au courant que mon épouse et moi nous avions mis Baraka à l’abris dans le Clan car Tafarik et Taf s’en prenaient à lui, donc il le considère comme victime de leur agissement, et non comme un complice. En revanche, il s’est pris des réflexions par des lionceaux d’autres Clans...

— C’est pour ça que Baraka n’est pas revenus jouer avec nous ces derniers jours ?

— Oui. Pour le moment je préfère qu’il soit à l’abri dans ses deux Clans. Et il n’est pas le seul, les membres du Clans Grenat évitent de quitter le territoire maintenant. Aussi bien les lionceaux que les adultes…

Alors que plusieurs lions et lionnes discutaient entre eux, un silence pesant se fit lorsque les huit Emissaires du Clan Grenat et leur Cheffe approchèrent. Uru remarqua que plusieurs familles avaient choisis de nouveau représentant… Lors de la dernière réunion, les Emissaires étaient principalement des lions, la pluparts fidèles envers Tigisi, pour une seule lionne. A présent, il n’y avait que deux lions, et six lionnes. Visiblement le départ de Tigisi et Meselesh avaient apporter bien des changements…

La tension était bien visible. Si certains demeuraient neutre, d’autres les fixaient d’un regard remplit de mépris. Et les Emissaires n’en menaient pas large. Regroupé, serré les uns contre les autres. La tête baissée, et évitant soigneusement de croiser les regards des membres des autres Clans. Ils restèrent bien derrière leur nouvelle Cheffe, élue récemment par le Clan. Mufasa et Taka reconnurent la Princesse Tabia.

L’épouse du Prince Kijivu, mère de Baraka, sœur de Jafara, mais également de Meselesh et tante de Tafarik et Taj. Malgré son lien de parenté avec les lions qui ont trahit le Roi, elle avait une tout autre attitude que ses Emissaires. Elle marchait d’un pas assuré, la tête haute, et n’hésitait pas à fixer ceux qui la méprisait du regard. Ces derniers, peu nombreux, avaient tendance à détourner le regard. La plupart des lions la saluèrent d’un signe de tête, notamment les Chefs de Clans, préférant éviter tout hostilité. Après tout, elle était l’épouse d’un Prince, et par conséquent, une Princesse.

Ahadi ne manqua pas de remarquer cela, ce qui était rassurant. Asante de son côté décida de s’éloigner de lui, s’approchant machinalement de la Garde pour leur parler de chose et d’autres. Un comportement loin d’être non réfléchit. Si le Chef de la Garde restait auprès du Roi, c’était bien évidement pour assurer sa protection face à une éventuelle attaque. Le fait qu’il s’éloigne ainsi à l’approche du Clan Grenat indiquait que, loin de les considérer comme des traitres, il ne voyait en eux aucun danger et qu’il leur faisait confiance.

Mais ce que tous attendaient surtout, c’était la réaction d’Ahadi. Les Emissaires, peu rassurés, s’arrêtèrent, gardant une distance de plusieurs mètres avec le Roi, inclinant leurs têtes bien basses. Tabia à l’inverse s’approcha d’Ahadi jusqu’à se retrouver en face de lui, le saluant d’un simple signe de tête comme à son habitude. Ce dernier répondit à son geste en frottant sa tête contre la sienne tout en l’enlaçant d’une patte. Un message fort qu’il envoya aux autres Clans, rappelant que Tabia faisait partie de sa famille, et qu’ils avaient donc intérêt à la laisser tranquille.

— Je croyais que tu ne voulais pas prendre la tête du Clan ? s’étonna Ahadi. T’avais dit que ce serait mauvais que quelqu’un de ta famille soit de nouveau Chef ?

— Oui c’est vrai, confirma Tabia qui se tourna vers les membres de son Clan. Allez prendre place sur les rochers, je vous rejoins.

Les Emissaires saluèrent à nouveau le Roi avant de partir s’allonger sur les roches les plus éloignés des autres Clans. Tabia poursuivit :

— Je n’ai pas postulé, mais la grande majorité des membres du Clan a insisté pour que je devienne Cheffe. Ils espèrent ainsi éviter les tensions. Beaucoup se sentent coupable de ne pas avoir dénoncé les agissements de Tigisi et ils ont peur d’être considéré comme des traitres. Ils ont bien compris que, étant l’épouse de Kijivu, être à la tête du Clan allait me permettre de mieux les protéger des autres Clans. Et ils espèrent aussi que cela atténuera l’animosité que tu pourrais avoir contre eux…

Ahadi ne put s’empêcher d’avoir un petit rire.

— Un choix tout à fait logique. Tu pourras rassurer ton Clan et leur dire que je n’ai aucune animosité contre eux. A dire vrai, je pense plutôt que ce sont des victimes. Je sais qu’ils ont agis sous la menace de Tigisi et Meselesh… Je ne les considère pas comme des traitres. Y compris ceux que j’ai consigné sur le territoire du Clan jusqu’à nouvel ordre parce qu’ils ont participé de loin au complot de Tigisi. Ils ont souhaité rester ici, je leur laisse une seconde chance. N’hésites pas à rassurer les tiens à ce sujet.

— Entendu je leur passerai le message.

Ahadi frotta à nouveau sa tête contre la sienne, ajoutant :

— Je suis content que tu sois à la tête du Clan, ça va nous faciliter les choses. Surtout veille bien sur eux.

— Tu peux compter sur moi.

Elle le salua respectueusement avant de rejoindre son Clan. Ahadi de son côté alla rejoindre les siens, s’adressant à Jafara :

— Ta sœur a du caractère. J’adore…

— Ah ça elle ne se laisse pas intimider non, confirma le lion.

— Et elle n’a aucune raison de l’être, ajouta Kijivu. Après tout comme elle m’a dit : « nous deux, on n’a rien à se reprocher ».

— Et vous avez bien raison, confirma Ahadi. Au fait Kiji, tu m’as pas dit qu’elle avait changé d’avis et qu’elle avait accepter de devenir Cheffe du Clan…

— Bah quoi ? Je n’ai pas le droit de faire des surprises à mon Roi ? fit son cousin avec un sourire amusé.

— Cachottier va… En tout cas c’est une très bonne chose qu’elle soit Cheffe du Clan, elle saura veiller sur eux et tenir à distance les autres Clans…

— Ah bah ça, étant donné que c’est une Princesse il y en ils vont réfléchir à deux fois avant de s’en prendre à elle…, confirma Asante.

Ils restaient encore trois petits Clans, qui arrivèrent les uns après les autres. L’un d’eux, au regard des discutions qui cessèrent aussitôt, sembla plus important que les autres.

Un lion arriva au côté de deux lionnes. L’une, plutôt âgé, qui menait le groupe, avait le pelage très sombre, presque noir. C’était également le cas du lion qui était à ses côtés, et dont la crinière était noire. La seconde lionne avait un pelage brun très sombre. Elle ressemblait beaucoup à Zuri, l’une des Secondes chez les Eclaireur. Leurs yeux à tous les trois étaient bleu saphir.

— C’est quel Clan celui-là ?

— Le Clan d’Obsidienne. Le Clan le plus récent. Il compte deux familles : La première est arrivée il y a quelques années. La seconde est arrivée peu après votre naissance. Ce sont tous des réfugier venant d’un autre Royaume situé loin au Sud du notre.

Le Clan s’arrêta face à Ahadi, le saluant d’un signe de tête qu’il leur rendit. Mufasa et Taka reconnurent le lion, il était souvent avec le groupe d’adulte que leurs parents retrouvaient le soir au Rocher.

— Prince Bahati…

— Ahadi… Je te l’ai déjà dit je ne suis en aucun cas un Prince ici, rectifia le lion.

— Pas un Prince de notre Royaume c’est vrai, mais tu restes un Prince…

— T’es vraiment têtu…

— Si tu savais à quel point…, intervint Uru.

— Roh Asante tu ne pas tenir ta sœur sérieux… ? râla Ahadi.

— Euh… Non. Impossible. Je te laisse la gérer tout seul…

— Lâche, fit Jafara.

— Toi-même…, répondit le Chef de la Garde.

— Ne commencez-pas à vous chamailler vous deux, s’exaspéra leur Roi avant de poursuivre : Alors Bahati, comment vont tes deux Princesses ?

— Très bien. Bientôt neuf mois.

— Oh elles pourront bientôt assister à leur premier tournois alors.

— Oh pire que ça, elles veulent carrément y participer…

— Ah ? J’ai hâte de les voir à l’œuvre alors. Et toi Kahawia, ta famille et toi vous arrivez à vous acclimater ?

— Oui ça va mieux. Son Altesse Royal le Prince…

— Kaha…, coupa Bahati avec un sourire exaspéré.

— Oui pardon c’est l’habitude… Bahati et les siens nous aide beaucoup à nous adapter à notre nouvelle vie.

— Ils ont eu du mal à s’acclimater aussi au début, rassura Ahadi. Surtout avec le protocole qui est bien moins strict ici. Bahati tu te souviens combien de temps t’as mis avant d’arrêter de toujours m’appeler par mon titre complet ?

— Oula… Des semaines, ria le lion.   

— Des mois tu veux dire…, rectifia Ahadi avant de se tourner à nouveau vers Kahawia. Et ton fils ?

— Oh il va très bien. Il s’est assez vite habitué à sa nouvelle vie. L’atmosphère ici est plus détendu, il a beaucoup plus de liberté. Même si il a encore du mal à se mêler aux autres lions de son âges… Son jeune cousin Zuberi, et les Princesses Neema et Ndzilla l’aide beaucoup aussi. Ils sont tous les trois nés sur la Terre des Lions, ils n’ont pas vécu ce que… Watoma a vécu au Royaume de l’Oasis de l’Etoile du Désert…  

— Tant mieux. J’ai appris que ça fait un moment que tu fréquentes un certain lion du Clan du Jaspe Tacheté et que tu attendais surement un heureux évènement…

— Comment tu…, s’étonna Kahawia qui regarda aussitôt l’autre lionne au pelage sombre, riant à côté de Tambo. Zuri ! C’est pas vrai que t’en a parlé !

— Bah quoi ? Une telle nouvelle faut en parler ma soeur…, répondit la lionne le ton espiègle.

Ahadi se mit à rire avant de reprendre plus sérieusement :

— Rassure-moi t’en a parlé à ton fils quand même ?

— Oh oui bien sûr. Watoma est très content, il a hâte d’avoir des petits frères et sœurs.

— Et entre Njano et ton fils ça se passe bien aussi ?

— Oui. Watoma l’adore. Et Njano est vraiment formidable avec lui. Il se comporte comme un père et… En vérité il envisage même de l’adopter officiellement.  

— Un comportement qui est loin d’être communs à tous les lions, ajouta la mère de Bahati.

— Oui c’est vrai qu’il n’y en pas beaucoup qui adopte les lionceaux des autres, confirma Ahadi. On dirait que t’as trouvé la perle rare Kahawia… Vous comptez vous unir tous les deux ?

— Oui c’est prévu. On comptait t’en parler dans quelques jours.

— Njano envisage aussi de rejoindre notre Clan pour être auprès des futurs lionceaux et de Watoma, ajouta Bahati.

— J’espère que vous allez lui faire un bon accueil…, plaisanta le Roi.

— Ahadi… tu nous prends pour qui ? répliqua Bahati le ton amusé.

 Ils poursuivirent leur discussion, le temps que le dernier Clan arrive. Taka qui avait réussi à écouter la conversation demanda à sa mère :

— Bahati c’est un Prince ? C’est un cousin de Papa alors ?

— Non mon chéri. C’est un Prince qui vient d’un autre Royaume situé au Sud, le Royaume de l’Oasis de l’Etoile du Désert.

— Mais si c’est un Prince pourquoi il a quitté son Royaume ? demanda Mufasa.

— Il a été banni ? demanda Taka.

— Non. Son… Son Roi. Ulagarech, Est… Un méchant Roi qui… a voulus le tuer. Donc Bahati a fui le Royaume et il est venu se réfugier ici avec sa famille…

— Mais pourquoi son Roi a voulu le tuer ?

— Hum… Vous êtes un peu trop jeune pour entendre cette histoire. On vous la racontera quand vous serez plus grand.

— Oh allé Maman…

— Non Taka vous êtes trop jeune.

— Allé Uru, insista Asante. T’es pas obligé d’entrer dans les détails. Y-a juste à dire que Ulagaresh avait peur que Bahati lui dérobe le trône et que du coup il a voulu le tuer…

— Quoi ? Juste pour ça ? s’étonna Taka.

— Bahati a voulu le détrôner ? demanda Mufasa.

— Non, même pas, répondit son oncle. Il n’a jamais été intéressé par ces histoires de succession. Il n’aime même pas qu’on lui rappelle que c’est un Prince…

— Bah alors pourquoi le Roi il a cru qu’il voulait le détrôner ?

— Parce qu’il est parano c’est tout.

— C’est quoi parano ?

— C’est quelqu’un qui se sent persécuté même si c’est pas vrai et qui doute de tout le monde, résuma Asante avant d’ajouter : un comportement assez courant chez les tyrans comme Ulagaresh…

Taka regarda son frère, méfiant :

— J’espère que toi tu ne deviendras jamais parano...

— Pourquoi ? T’as peur que je te tue ? se moqua Mufasa le sourire taquin.

Uru l’attrapa entre ses pattes avant :

— Ah ça non ! Vous le savez, vous avez interdiction de vous entre tuer…, leur dit-elle en mordillant doucement le cou de son fils qui se mit à rire.

— Ah mais je plaisante Maman ! ria Mufasa. Jamais je ne tuerai Taka.

— Et jamais je ne tuerai Mufasa, ajouta Taka.

— J’espère bien, fit leur mère.

Ahadi, toujours aux cotés des membres du Clan Obsidienne, avait entendu la discussion. Il ne put s’empêcher de tourner ses yeux vers ses fils, le regard soucieux. Repensant à quelque chose que lui répétait souvent son grand-père.

Tournant à nouveau la tête, il vit le dernier Clan arriver. La réunion allait pouvoir bientôt débuter. 


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