Un jeune sauvage

Chapitre 1 : Un jeune sauvage

Chapitre final

1081 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 27/03/2020 13:28

3 CORS


1. EXT. CAMPAGNE DU PAYS DE GALLES - JOUR


   LÉODAGAN et BOHORT sont en armes. Ils sont en mission pour le Roi.


LÉODAGAN – Non mais c’est quand même pas banal, vous l’avouerez !

BOHORT – Rien que de l’imaginer seul, égaré en ce pays me fait frémir. Ayez un peu de pitié, notre confrère n’est pas parmi les plus preux mais il a besoin de notre aide.

LÉODAGAN – Je dis pas qu’autour de la Table Ronde il faudrait que des gars comme Lancelot mais de là à ce que la connerie devienne une marque de fabrique, il y a quand même une marge !

BOHORT – Vous savez bien qu’Hervé est un … étourdi.

LÉODAGAN – Étourdi c’est vous qui le dites. Moi je l’ai toujours traité de connard.


   Plus loin ils voient un jeune homme se jeter à terre. Ils s’approchent.


BOHORT (entendant le jeune homme psalmodier) – Ne sont-ce donc pas le credo et les oraisons que le Père Blaise nous inculque lors des messes ?

LÉODAGAN (dégouté) – Parlez pas de ça. Rien que de vous entendre en causer j’ai le mal de crâne qui me vient. Mais qu’est-ce qu’il a lui ? On lui a fichu les miquettes ?

PERCEVAL LE GALLOIS (entendant Léodagan)- Je n’ai pas peur, non, par le Sauveur en qui je crois. Êtes-vous Dieu ?

OUVERTURE


2. EXT. CAMPAGNE DU PAYS DE GALLES - JOUR


BOHORT (dans l’incompréhension) – Que dites-vous là cher ami ?

LÉODAGAN – Eh bien. Ça picole toujours aussi sec dans chez les pécores. (moqueur) Dieu ? Non mais ça va pas ? Je vais vous mettre une tartine, ça va vous faire sonner les trompettes du Jugement Dernier tient !

BOHORT – Mais enfin vous n’allez pas frapper ce jeune homme. Peut-être aura-t-il quelque renseignement sur notre ami Hervé De Rinel.

PERCEVAL LE GALLOIS – Qui êtes-vous donc ?

BOHORT (affable) – Je me présente, je suis le seigneur Bohort et voici mon fier compagnon, vaillant combattant et roi de Carmélide, le seigneur Léodagan. Nous sommes chevaliers de la Table Ronde.

PERCEVAL LE GALLOIS (à Bohort)– Chevalier ? Je ne connais pas les gens de ce nom, je n’en ai jamais vu, de ma vie on ne m’en a parlé. Mais vous êtes plus beau que Dieu. Ah ! De quel cœur je voudrais vous ressembler, être tout brillant et fait comme vous !

BOHORT – Ma foi vous m’êtes bien aimable. Par les temps qui courent, on trouve peu de gens sensibles comme vous l’êtes.

LÉODAGAN – Ah bah oui forcément. Pour une fois qu’on en croise un qui parle comme un bouquin, ça vous plaît ça.

PERCEVAL LE GALLOIS (à Léodagan) – Beau cher sire, vous qui avez nom de chevalier, qu’est-ce que vous tenez là ?

LÉODAGAN (à Bohort) – Autant pour moi, j’ai cru qu’il était pété mais finalement il est juste con comme une chèvre.

BOHORT (au gallois) – Ce que porte le seigneur Léodagan à sa ceinture, c’est une épée.

PERCEVAL LE GALLOIS – Vous voulez dire qu’on la lance, comme moi mes javelots ?

LÉODAGAN (à Bohort) - Non mais là vous allez pas me dire qu’il le fait pas exprès ! (à Perceval) C’est une épée on vous dit pas un javelot !

PERCEVAL LE GALLOIS – Oh ! Alors j’ai mieux que vous. Vous voyez ces trois javelots : je n’ai qu’à en prendre un, je tue ce que je veux, oiseaux et bêtes, selon le besoin, et je les atteins d’aussi loin que le ferait le trait d’un arc.

LÉODAGAN – Et il se fout de ma gueule en plus ! Je vais lui montrer comment je m’en sers de mon épée.

BOHORT – Mais enfin, vous voyez bien que c’est un ignorant. Il ne cherche pas à mal, il est simplement …

PERCEVAL LE GALLOIS (le coupant pour aller regarder de plus près le bouclier de Léodagan)– Qu’est-ce que cela, dit-il, et à quoi cela vous sert-il ?


   LÉODAGAN le frappe avec le bouclier.


PERCEVAL LE GALLOIS (à terre) – Dites-moi beau sire, quel est ce vêtement que vous portez ?


3. EXT. CAMPAGNE DU PAYS DE GALLES - JOUR


PERCEVAL LE GALLOIS (continuant ses questions comme si de rien n’était alors que son nez saigne) – Est-ce que vous êtes né comme ça ?


   Léodagan ne l’écoute plus.


BOHORT – Ma foi non. Ce sont des armures que nous revêtons quand nous partons pour accomplir quelque quête. Mais dis-moi plutôt, jeune homme, n’aurais-tu pas vu un autre chevalier ces derniers jours ? On le prénomme Hervé De Rinel. Nous sommes à sa recherche.

PERCEVAL LE GALLOIS (ignorant la question) – Qui donc alors vous a vêtu de la sorte ?

BOHORT (commençant à se désespérer) – Mais cela n’a pas d’importance. Vous voulez vraiment le savoir ?

PERCEVAL LE GALLOIS – Certes.

BOHORT (soupirant) – Et bien c’est une servante du nom de …

PERCEVAL LE GALLOIS (le coupant) – Sire, regardez. Vous voyez cette haute futaie là-bas, qui couronne la montagne : c’est le col de Valdone.

BOHORT (parfaitement désespéré) – Pourquoi donc vous lancez-vous maintenant dans la géographie ?

PERCEVAL LE GALLOIS (continuant) – Là sont les herseu …

  

   LÉODAGAN l’assomme.

FERMETURE


4. EXT. CAMPAGNE DU PAYS DE GALLES – JOUR


   LÉODAGAN et BOHORT ont repris la route.


BOHORT – Tout de même je ne sais pas si vous n’y êtes pas allé un peu fort.

LÉODAGAN – Oui mais moi à un moment donné, il fallait trouver une solution.

NOIR

LÉODAGAN (OFF) – Et si on retrouve Hervé, il faudra qu’il fasse gaffe parce qu’il va pas en falloir beaucoup pour que ça pète.

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NDA : Les répliques en italique sont tirées directement et texto du Perceval Le Gallois ou le Conte du Graal, traduit par Lucien Foulet. Par soucis de transparence voici l'ouvrage dont je tire cette traduction : RÉGNIER-BOHLER D., La légende arthurienne, Robert Lafffont, 1992. Pages 1-115 pour le texte entier et pages 9-11 pour l'extrait choisi.


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