JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 126 : Don’t fear the Reaper

2262 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 05/10/2026 15:19


Bien que son sommeil était parfois perturbé par la toux, Sulpice restait lourdement endormi depuis plusieurs heures. Malgré l’approche du grand final, Zarathustra était resté le veiller toute la journée pour s’assurer qu’il ne manquait de rien. Il ne savait pas quel mal le rongeait mais le jeune garçon semblait profondément souffrir. Le cardinal lui tendait régulièrement une soucoupe pour accueillir les glaires qui fuyaient l’enfer qu’étaient devenues ses bronches. En tenant la main affaiblie pendant si longtemps, l’homme de foi avait entendu le pouls faible traversant le corps de son disciple progressivement diminuer, passant d’un soupir à un murmure afin de, lentement et paisiblement, définitivement se taire. La mine baissée d’émotion, il enduisit les mains du petit avec de l’huile avant d’en apposer quelques gouttes sur son front. De ses doigts tremblants, Zarathustra se signa en évitant du regard les yeux clos de Sulpice. 


Zarathustra : Ainsi…vous ayant libéré de vos péchés…que le Tout-Puissant vous sauve et vous relève… 


Le cardinal attendit quelques secondes, espérant un “Amen” de la bouche de son disciple qui n’arriva point. Son âme voulait pleurer mais ses yeux restaient asséchés. D’une main hésitante, il fouilla son sac et accrocha ses doigts à la crosse de son arme. L’écho d’un unique coup de feu fut la dernière chose brisant le silence de la chambre. 




***



La pression autour de la gorge de Shizuka se renforçait à chaque seconde. Les serpents autour de son corps bloquaient la circulation du sang dans la plus grande artère comme dans le plus petit capillaire. Lentement, tandis que sa conscience vacillait, ses extrémités engourdies picotaient faiblement pour garder contact avec le reste de ses organes.


Giorno Giovanna : Ce n’est pas de ta faute, tu t’es contenté de choisir le mauvais camp. Tu n'es qu’une enfant mais je vais te donner un échantillon de la souffrance qu’ont ressentie tous les êtres vivants morts par ta faute. Une centaine devrait suffire. 


La surface blanche et lisse du mur se mit à frémir aux ordres du Boss de la Passione. Le crépi vibra pour former une nuée d’ailes battant chaotiquement. Les phalènes s’envolèrent en direction de la petite fille. Elle crut d’abord à une hallucination liée au manque d’oxygène mais, lorsque les picotements furent remplacés par les milliers de piqûres des pattes duveteuses, elle comprit que ce cauchemar était bien réel. La jeune Joestar ressentait les insectes s’enfoncer progressivement sous sa peau sans la blesser comme si sa peau n’était qu’une pellicule d’eau. Sous sa chair, elle sentait les insectes grouiller voracement. Sa bouche se déforma dans un cri d’horreur aussi fort que ses poumons vides lui permettaient. 


Maneater : Lâche la petite humaine ! 


The Second Law posa ses deux mains sur les oreilles de l’hippopotame-piano et envoya une vibration si puissante dans son crâne qu’elle forçât l’animal à ouvrir grand sa gueule et le libérer quelques instants. Le Stand doré emporta son manieur vers le Stand de son adversaire qui lui avait dérobé ses couleurs. Après un éclair de lumière, Maneater sentit une présence frôler sa chrysalide aquatique, le renvoyant, en un instant, à sa position initiale dans les cordes du piano qui avait perdu sa forme animale. Sous l’effet de la capacité mystérieuse, la réalité commençait progressivement à se distordre autour du petit squale. L’eau rassurante de son Stand se mit à bouillir, brûlant ses écailles. Ses nageoires ne le portaient plus et ses branchies ne captaient plus la moindre molécule d’oxygène. Il se noyait. 


Giorno Giovanna : Tu as causé tant de morts innocentes, Mystère. Tu vas revivre ce que tu leur as fait subir. 


Un bruit de lame traversa la pièce. Une silhouette apparut derrière le Boss de la Passione. Les traits déterminés de Job, libérés de ses entraves végétales, s’illuminèrent quand le Stand solaire lui fit face. Giorno Giovanna s’attendait à une attaque directe mais, le colosse et son génie bleu se baissèrent soudainement à une trentaine de centimètres de leur objectif. L’ancien Chef d’Orchestre profita de cette diversion et du temps gagné par Maneater pour se saisir d’HOPE qui traînait toujours au sol, près de la fenêtre barricadée. Comme une guillotine sur la nuque d’un condamné, le tranchant de la main de Gold Experience s’abattit sur le bras de Job, l’arrachant du reste de son corps dans un bruit répugnant de chair et d’os broyés. HOPE resta prisonnier des doigts de la main tranchée, à demi-ouvert, baignant dans une mare de sang noir de la mauvaise engence.


Zarathustra : Dieu dit à Adam : “C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain, jusqu'à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été pris.”


Le visage de Shizuka fut arrosé d’un torrent de sang noir issu de la plaie ouverte. Sa gorge faible poussa à nouveau un cri de terreur devant ses deux amis gisant au bord de la mort. 

Avec ses dernières forces, Achtung Baby déploya ses ailes et asséna un coup de poing violent en direction du meurtrier. Il le bloqua. 

La rage de la fillette animait son Stand, le Boléro que lui avait transmis Guns se mit en branle et décupla la force de sa nouvelle attaque. Il la bloqua. 

Le manque d’air troublait sa vision mais sa colère guidait ses poings pour la 3ème mesure de la mélodie. Il bloqua de nouveau. 

Dans un monde de silhouettes vagues, Kiss From a Rose fit apparaître le long de son bras de fines ronces guidant les dernières traces d’énergie vitale vers les muscles de son avant-bras pour livrer le dernier assaut, deux fois plus puissant que le précédent. En ombre chinoise derrière le voile de sa vision, Shizuka vit le crâne du Boss encaisser violemment le coup. Une gerbe - probablement composée de sang et liquide cérébro-spinal - jaillit du point d’impact. Mais cette vision de soulagement ne dura pas. En un instant, le visage brisé reprit sa position initiale, parfaitement intacte.


Giorno Giovanna : Mon Stand supprime toutes conséquences. Toutes vos tentatives sont vouées à l’échec comme l’était votre voyage dès le départ. 


Shizuka sentit les doigts du Boss s’enfoncer profondément dans sa gorge, menaçant sa carotide tout en bloquant le dernier filet d’air qui se faufilait discrètement vers ses poumons. 


Giorno Giovanna : Dis moi, Shizuka Joestar. Comment tu pensais que tout cela finirait ?! Tu pensais qu’une enfant comme toi avait la moindre chance de renverser mon organisation ? Tu n’es qu’un poisson-volant qui a voulu s’approcher trop près de Dieu ! 


Job : Batya, maintenant ! 


Job, feignant l’inconscience depuis que son bras avait été sanctionné, hurla à en faire trembler les murs de la pièce. Avant que le Boss n’ait pu le faire définitivement taire, un énorme fracas traversa le plafond du bâtiment. Des débris du toit chutèrent au milieu d’un nuage de plâtre. 


Picture of Home : DA-I-DO ! 


Le Stand de Batya brisa d’un coup de poing les restes de la toiture, laissant un trou béant dans le plafond. Elle s’était montrée suffisamment discrète pour les oreilles de Giovanna mais les subtils craquements du toit et les chuchotements n’avaient pas échappé à Job. 


Giorno Giovanna : La protégée de Polnareff ! Qu’est-ce-qu’elle fait là ?! Saba ne me l’a pas signalé ! 


Batya avait savamment calculé la distance qui les séparait pour se protéger du Stand du Boss. Le flash de son appareil instantané et l’éclair de lumière de Gold Experience s’affrontèrent sans pouvoir se toucher. L’image sortit presque immédiatement et le pantin la replia en un instant. D’un regard rapide, Giovanna balaya la pièce des yeux mais aucun de ses occupants n’avait été déplacé par la capacité de l’intruse. Il comprit alors la véritable cible de l’attaque. HOPE avait atterri entre les mains de la jeune femme. 


Giorno Giovanna : Toutes vos petites ruses sont inutiles ! Requiem, remise à zéro ! 


En un instant, le cahier disparut des mains de la photographe pour retrouver sa position initiale. Le Boss s’apprêtait à se lancer vers son point faible pour définitivement le détruire quand un son provenant de la protégée de Polnareff troubla sa préparation : le claquement de main typique de Picture of Home pliant une image en deux. Les planches recouvrant la fenêtre obstruée volèrent jusqu’au mur au bout de la pièce, atterrissant à côté du corps tremblant de Maneater. Giovanna esquiva les projectiles de bois sans difficulté en décalant instinctivement sa tête légèrement sur le côté. Émergeant de la fenêtre, le fils Polnareff se tenait droit, lançant au Boss un regard de défi. Les deux hommes se lancèrent des regards de haine et de défi. Giorno s’apprêtait à jouer de son Requiem pour célébrer les funérailles de son nouvel adversaire mais il ressentait une menace au fond de ses tripes, une peur viscérale qu’il n’avait pas ressentie depuis très longtemps. La main d’Adam se tenait au-dessus de HOPE, de retour à sa position initiale, et des gouttes de sang noir - assurément celui de Saba - tombaient lentement sur les pages blanches. 


Shizuka : A…Adam…


Adam ne lâchait pas Giovanna du regard. Aucun de ses compagnons blessés ne pouvait le détourner de la cible de sa haine, un sourire sadique déforma son visage dans une expression que ni Job, ni Shizuka n’avaient jamais vue. 


Adam : C’est fini, Giovanna. Tu vas mourir ici, aujourd’hui ! Tu vas payer pour tout ce que tu as fait jusqu’à présent. Maintenant que HOPE est complet, le Voyageur arrivera bientôt et se débarrassera de toi. 


L’expression du Boss de la Passione avait changé dès l’instant où la goutte noire avait rencontré le carnet. Il laissa tomber lourdement Shizuka au sol et se précipita vers Saba qui était toujours évanouie et la secoua pour tenter de la réveiller. 


Giorno Giovanna : Saba, il faut que tu te réveilles ! Il faut fuir d’ici au plus vite ! 


La sueur coulait le long de la chevelure dorée et du visage sombre du Boss. Il savait qu’il ne lui restait que peu de temps avant que la fatalité ne le frappe. Le Voyageur devait déjà connaître sa position maintenant que le sang noir l’avait mis sur la voie. Il était peut-être déjà devant l’immeuble. 


Zarathustra : “...Car tu es poussière…” 


Adam avait tant voulu voir la peur de la Mort se lire sur le visage du meurtrier de son ami. Cette pensée l’avait obsédée pendant les derniers jours mais un sentiment étrange d’inquiétude persistait en lui. Le jeune vengeur se décida enfin à affronter la réalité de l'état de ses compagnons, qu'il avait laissés seuls affronter le danger. En les voyant gisant au sol, son cœur se serra mais il tenta malgré tout de modeler un sourire rassurant sur son visage.   


Adam : Jojo…C’est bon, le Voyageur arrive ! On a gagné ! On est tous sauvés ! 


Saba : “Sauvés” ?! Qu’est-ce-que vous racontez ?! Vous ne réalisez toujours pas ce que vous avez fait ?!


La Mystère s’était enfin réveillée de son inconscience et fixait Adam de son visage ensanglanté avec un regard noir, crachant sa haine entre deux halètements. 


Saba : Le Voyageur n’a jamais sauvé personne : ni les Mystères, ni vous ! Tout ce qu’il fait, c’est tuer ! C’est un meurtrier ! 


Zarathustra : “...Et tu retourneras à la poussière.”


Un Stand de pierre s’accrocha au cou du cardinal en déployant son aile unique constituée d’une myriades de mains suppliantes. Zarathustra pivota lentement sa main droite devant la façade de l’immeuble et, en un instant, la moitié supérieure s’effondra en grains de poussière. La totalité des occupants chutèrent de plusieurs mètres pour atterrir sur le sol d’un étage inférieur. D’un bond doublé d’un battement angélique, le Voyageur les rejoignit et ramassa HOPE qui traînait négligemment sur les lattes poussiéreuses du parquet. Il avança lentement, sans prêter attention au reste des occupants de la pièce, vers celui qu’il cherchait inlassablement depuis si longtemps. Après une éternité de pérégrinations et de chasse, la Vie et la Mort se faisaient enfin face.


Saba : C’est un Faucheur. 



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