JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby
Chapitre 121 : Birdland, le dernier Mystère (Partie 2)
1753 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 18/07/2026 20:26
Foule : Habemus Papam ! Habemus Papam !
Comme à la fin d’un concert d’une star de la chanson, une foule hystérique hurlait, totalement en liesse du sermon qu’elle venait d’écouter. Sous une musique classique à moitié étouffée par les cris de la foule, le cardinal rentra dans les coulisses, visiblement satisfait de sa prestation. Précédé par une quinte de toux, Sulpice accourut pour venir apporter sa veste à Zarathustra.
Zarathustra : Sulpice, tu es vraiment adorable…mais tu devrais être en train de te reposer ! Je savais que je n’aurais pas dû t’autoriser à venir avec moi…Tu aurais dû rester à Belfast !
Sulpice : Je…vous jure que ça va, Monsieur… je pense que j’ai simplement dû attraper froid…
Le cardinal posa sa large veste sur les épaules du garçon dans un geste tendre. À une allure modérée pour permettre au jeune enfant de suivre le rythme, ils se dirigèrent vers l’hôtel dans le centre de la métropole lyonnaise. A chaque nouveau mètre parcouru, la marche du jeune garçon se faisait de plus en plus chancelante. Son énergie s’évaporait petit à petit à chacun de ses pas. Le garçon finit par s’écrouler à genoux sur le bitume. Son confesseur se précipita vers son corps inanimé et, avec anxiété, vérifia son pouls. Après avoir poussé un soupir de soulagement, il lui posa la grande veste que lui avait amenée sur les épaules et le hissa sur son dos.
Arrivé à l’accueil de l’hôtel, il passa devant le gardien endormi à son bureau sans y prêter la moindre attention. Zarathustra posa avec précaution le corps de Sulpice sur le carrelage de l’ascenseur pour prendre le temps d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur. Sur le reflet de son visage visible dans le miroir mural de la cabine, des rides d’inquiétude se dessinaient sur sa peau parfaitement maquillée.
Les trois étages escaladés, l’ascenseur s’arrêta dans un silence déstabilisant que la modernité apportait dans toute son inhumanité. L’homme de foi se baissa pour ramasser la frêle silhouette endormie qui sortait parfois de sa torpeur pour cracher ses poumons. Dans la chambre du jeune garçon - où un désordre candide, composé de livres de prières entassés et d’habits de chœur éparpillés, régnait -, Zarathustra le déposa délicatement à l’intérieur des draps et le borda.
Zarathustra : C’était peut-être irresponsable d’amener Sulpice avec moi… Cela ne devrait plus tarder. Le dernier Mystère va bientôt tomber.
La fenêtre de l’hôtel donnait sur le Rhône et le vieux centre-ville au-dessus duquel les oiseaux volaient en cercle funestement, prêt à se jeter sur tous ceux qui voudraient porter atteinte au propriétaire des lieux. Le téléphone dans la poche de sa veste vibra. En sentant la vibration, il attrapa l’appareil avec appréhension. Un message apparut sur les pixels de l’écran, apportant l’unique lumière de la chambre. D’eux-mêmes, les yeux de Zarathustra se fermèrent et ses doigts perdirent leur emprise. Le vieux mobile percuta le sol en même temps qu’une larme qui n’avait pas coulée depuis bien longtemps.
***
Maneater : Surveillez le ciel ! Une nouvelle nuée arrive !
Sa phrase à peine terminée, un volatile descendit en piqué pour tenter de transpercer de son bec The Second Law et son manieur. Le stand doré se stabilisa en s’appuyant sur un lampadaire à proximité et prépara son attaque en plaçant ses mains en forme de porte-voix.
Maneater : Bouchez-vous les oreilles !
Shizuka et Job eurent tout juste le temps de placer leurs doigts dans leurs oreilles qu’une immense onde sonore chiffonna l’air ambiant, laissant les pigeons choir lourdement au sol. Leurs congénères, effarouchés par le bruit, s’éloignèrent et retrouvèrent leur perchoir un peu plus loin. La fillette profita de ce moment d’accalmie pour essuyer le sang et les entrailles sur son visage avec un mouchoir. Elle resta quelques instants à fixer le grumeau rouge avec un dégoût viscéral.
Shizuka : Comment on peut utiliser des êtres vivants comme de vulgaires outils comme ça…?
Job : On ne peut pas penser à ça, Signorina ! Il faut qu’on s’éloigne le plus vite possible de cette place !
Shizuka serra le mouchoir dans son poing avec rage. Achtung Baby apparut à ses côtés et d’un geste agile tira deux coups de pistolet sur ses deux alliés, disparaissant sous une gerbe d’invisibilité. La petite fille les suivit en se maquillant elle-même de la capacité de son Stand. Les trois présence s’éloignèrent de la place et traversèrent les rues de la vieille ville en trombe. Kiss from a Rose veillait à ce que les deux autres énergies vitales des fuyards ne s’égarent pas et les ramenait sur la bonne route d’une poussée épineuse.
Partout autour d’eux, les oiseaux s’agitaient. Leur maître leur avait visiblement ordonné de traquer leurs moindres mouvements. Dès qu’ils bousculaient un passant, une canette ou que le vent que leur course produisait faisait voler un papier, une nouvelle nuée de volatiles s’abattait sur eux. Un étrange phénomène se produisait également : plus ils s’éloignaient de la place, plus la taille des oiseaux qui les attaquaient grandissait, passant de simples passereaux à de petits rapaces. The Second Law faisait vibrer l’air autour des tympans de ses deux compagnons pour leur communiquer un message.
Maneater : Il faut qu’on trouve un endroit couvert au plus vite ! De préférence avec beaucoup de monde !
Après un kilomètre parcouru sous les chants discordants des oiseaux, ils atteignirent un bâtiment à la grande façade vitrée avec une horloge au-dessus de l’entrée. En se précipitant vers l’entrée, ils bousculèrent des passants, trahissant leur position. Les portes automatiques laissèrent les trois silhouettes invisibles pénétrer à l’intérieur de la gare. Au milieu des centaines de passants pressés, Shizuka lâcha, essoufflée, l’emprise de son Stand, révélant Job et elle, sans créer la moindre réaction.
Job : Tout va bien, Signorina ? On est à l’abri ici. Prenez le temps de vous reposer…La sardine, vérifie l’entrée ! Il ne faut pas qu’un oiseau puisse s’introduire !
Shizuka reprenait son souffle. Elle ne maîtrisait pas encore tous ses Stands à la perfection et les utiliser conjointement lui drainait beaucoup d’énergie. Sa main était posée sur sa poitrine pour contrôler le rythme de ses respirations.
Job, quant à lui, balayait l’environnement visuel et sonore de la grande salle à la recherche d’un indice ou d’une personne suspecte. Soudainement, un tintement venant d’une des façades attira son attention. Derrière la grande vitre, une chouette effrayante scrutait le petit groupe avec ses yeux sans tain. Un mauvais pressentiment traversa sa chair et un nouveau tintement se fit entendre. Des dizaines de mouettes s’écrasaient à tour de rôle sur les fenêtres des quatres coins de la gare, les fissurant davantage à chaque impact. Le ballet sordide s’accélérait, alternant son rythme avec le cri désespéré des volatiles.
Maneater : Job, vite, il faut les contrôler avec Check the Rythm ! Ils sont en train de forcer l’entrée !
Job : Je ne peux pas, ils sont trop nombreux. Au mieux, je pourrais les synchroniser pour les faire respecter la Mélodie du Monde mais impossible de les arrêter.
Maneater : Très bien, alors contente-toi de les faire tous approcher des fenêtres en même temps, je vais montrer à ces dinosaures dégénérés qui est en haut de la chaîne alimentaire ! Cachez vos yeux !
D’un doigté précis sur son clavier, Job enregistra les impacts sur chacune des fenêtres puis joua tous les sons en un seul accord. Au moment où les touches se baissèrent, les lumières de la salle se rejoignirent en une immense boule de lumière irradiante, aveuglant tous les occupants de la gare et les oiseaux qui fonçaient à l’unisson vers les fenêtres. Tout le groupe ferma les yeux pour ne pas subir l’éblouissement et se précipitèrent vers la sortie.
La ville était envahie de mouchards. Aucun temps mort n’était permis. Il leur fallait un endroit pour se protéger des bombardements.
Avec précipitation, Check the Rythm frappa avec hargne sur une plaque d’égoût pour la défoncer. Une fois réduite à du métal froissé, ils se dépêchèrent de descendre dans la cavité humide et répugnante en s’appuyant sur l’échelle de barreaux d’acier rouillés. Un par un, ils sautèrent sur l’amoncellement chaotique de pierres qui servait de sol dans ces galeries. La seule lumière éclairant leur nouvel abri était celle passant dans l’interstice entre la plaque et le bitume.
Job : On devrait être en sécurité ici…
Shizuka : Qu’est-ce-que c’est que ce Stand ? Il peut nous poursuivre partout dans cette ville ?! Comment on est censé s’approcher du Boss dans ces conditions ? Ou alors ce serait ça sa capacité ?!
Maneater : Il y a peu de chance que ça soit le cas ! Le Boss est censé être un quasi demi-dieu, pas un dompteur de cirque !
Job : Peu importe qui nous attaque, pour l’instant, il faut trouver un moyen de mettre le manieur de ce Stand-là hors d’état de nuire. Il nous faut un pl-
Dans le béton sombre, de petits cercles de lumière trouèrent le sol, ouvrant le ciel sous leurs pieds, pour laisser passer une nuée d’oiseaux qui écorchèrent les bras et le visage des trois prisonniers. Les serres et les becs formaient un mur de lames impénétrables qui harcelaient les nerfs de leurs corps. Même dans cette solitude silencieuse, le Stand du Mystère les encerclait du paradis jusqu’aux plus proches des enfers.