JoJo's Bizarre Adventure : Lost Baby

Chapitre 117 : Chapitre 111 : Crazy on You (partie 5)

2379 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 03/05/2026 13:42



Normandie, 1er décembre, 18h43


Sous le ciel nocturne, les traces de pas laissées dans le sable par les deux silhouettes n’étaient visibles que quelques instants avant que la mer et l’obscurité ne les effacent. Sur leurs deux visages, des masques dissimulaient leurs identités et modifiaient légèrement leurs voix. Leurs longues capes noires se confondaient avec la nuit.


Iz : Docteur, je ne comprends toujours pas ce qu’on fait dans ce coin paumé. Est-ce-que vous êtes bien sûr que c’est ici que se cache la cible ? 


Wu : Abaddon, je t’ai déjà dit d’utiliser nos noms de code… Ce “coin paumé”, comme tu aimes à l’appeler, est Juno Beach. C’est là que la 3ème division d’infanterie canadienne et les Marine Royale du Canada et de Grande-Bretagne se sont opposés à la 716ème division d’infanterie allemande. Plus de 30 000 soldats ont foulé cette plage et de nombreux y ont également perdu la vie. Je suis sûr qu’en creusant quelques mètres, tu pourrais tomber sur une mine endormie depuis 65 ans. 


L’adolescent réalisa qu’il avait parlé avec irrespect et regarda honteusement le sable qu’il foulait. Quand il releva la tête pour contempler la plage, la beauté du paysage ne put éloigner l’image du cimetière à ciel ouvert aux épitaphes effacées par le ressac. 


Iz : Lilith, est-ce-que vous croyez que cette “guerre” qu’on cherche à lancer fera autant de victimes innocentes que les précédentes ? 


Le docteur se baissa pour se mettre à la hauteur de son petit protégé, retira brièvement son masque noir et, pour la première fois, baissa son masque chirurgical pour afficher un sourire bienveillant. Derrière ce premier aspect, Iz réussit à déceler, caché dans les rides de l’embouchure de la bouche, une profonde tristesse.


Wu : La plupart des victimes de cette “guerre” seront des membres de la mafia…L’objectif est de mettre leur boss face au mur et réduire les protections autour de lui. Il n’y aura sans doute que peu de victimes civiles…en tout cas, de civils innocents. Si on veut croire en l'avènement d’un Nouveau monde, ce conflit est la seule voie qu’on puisse suivre.


Iz avait fini par s’habituer à l’utilitarisme froid de son mentor. Cependant, maintenant qu’il avait pu rencontrer d’autres membres du Comité - totalement acquis à la cause de ce “Nouveau monde” - il ne pouvait s’empêcher de penser que le docteur ne semblait pas à sa place. Il était le seul qu’il avait vu sans masque et pourtant c’était de très loin celui dont les pensées étaient les plus insondables. 


Wu : Je pense que tu devrais arrêter de te poser des questions sur la justesse de la voie que tu as choisie, Abaddon. La justice est du côté des vainqueurs. Elle naîtra de notre travail et de notre inflexibilité, voilà tout. 


De toute façon, il était trop tard pour revenir en arrière. Depuis qu’il avait accepté ce nom d’ “Abaddon”, le jeune garçon avait fait le choix de marcher droit vers son objectif en oubliant sa vie passée. Honnêtement, si le Comité de Salut Public était le seul moyen d’obtenir ce qu’il voulait, il était prêt à avaler toutes les couleuvres imaginables.


Iz : Alors la cible qu’on est venu kidnapper, c’est un des fameux “Mystères ” dont vous m’avez parlés ? Ceux avec les Stands quasiment invincibles ? 


Derrière le masque qu’il avait remis à sa place, Lilith ne put réprimer un petit éclat de rire : même s’il était toujours impossible de distinguer, chez ce dernier, un accident d’un geste calculé. 


Wu : Un Mystère…non, notre cible est bien plus importante que ça. Sa capacité est une des principales raisons du lancement de cette guerre. C’est une arme qui assure la victoire du camp qui saura l’utiliser et il est hors de question de la laisser entre les mains de la Passio- 


Avant qu’il puisse finir sa phrase, une balle transperça sa main de part en part avant d’aller s’échouer au milieu de l’écume. Le docteur se précipita vers le sol en emportant le jeune garçon avec lui. Ils se retrouvèrent tous les deux sur le sable, haletant, craignant la prochaine attaque. 


Wu : Cache-toi ici ! On devrait être dans leur angle mort.


Iz : Mais on ne peut pas rester coincés ici ! Aucun de nos deux Stands ne peut les atteindre d’ici. Et dans quelques heures, des touristes vont affluer et faire échouer l’opération ! 


L’homme au masque de mains prit quelques instants pour réfléchir avant de commencer à dessiner dans le sable un plan de bataille. 


Wu : Écoute-moi, Abaddon. Nous sommes en position de force. Regarde, la plage est juste ici… et la colline où ils doivent se cacher est à ce niveau-là, à environ 300 mètres. D’ici, ils sont incapables de nous atteindre, même en se déplaçant d’Est en Ouest. Leur seul moyen de nous attaquer est de s’approcher en avançant vers le Nord. S’ils se contentent d’attendre l’aube, ils attireront inexorablement l’attention vers cette plage et ils n’ont pas intérêt à ce que l’emplacement de notre cible fuite. Autrement dit…


Iz : Cette bataille est une guerre de position…le premier qui s’approche est condamné. 



 ***


A quelques centaines de mètres de Juno Beach, 1er décembre, 22h57


Gaspar : Baltasar, est-ce-qu’il y a du nouveau ? Le premier bus de touriste arrive à 6h16. On a intérêt à ne plus trop tarder à se débarrasser d’eux si on veut tout nettoyer avant leur arrivée.


Gaspar jouait sur sa Nintendo DS noire en tournant ses cheveux blancs autour de son doigt. Baltasar, quant à elle, regardait dans une longue-vue avec son seul œil disponible. De la lunette de l’instrument, une balle de Stand filait sporadiquement pour tenter d’atteindre sa cible à plusieurs centaines de mètres.


Baltasar : Ces gars-là sont des pros. Ils ont directement déduit notre position et notre angle mort avec un seul tir. En plus, pour vérifier qu’on est toujours en train de les observer, ils font semblant de se relever à rythme irrégulier.


Gaspar : Pas étonnant que les précédents assassins aient échoué lamentablement. 


La femme asiatique se leva en un seul bond, ferma le clapet de sa console et la lança dans l’herbe, tranchant au passage une partie du gazon. Un brin d’herbe vola jusqu’à la tasse de thé - ou plutôt de liquide invisible - que Melchor servait à une peluche d’otarie avec un air ravi sur le visage. 


Gaspar : Je vais les déloger avec Juicy Panic et ensuite, Balta’, je compte sur toi pour les cueillir à ce moment-là !


Baltasar : De toute façon c’était pas prévu que je bouge d’ici. 


Sans se presser particulièrement, l’aînée des trois Généraux de la Corazon marchait vers la plage en sifflotant. Elle sortit un couteau de cuisine à la lame émoussée de son sac et passa sa langue sur le métal pour le couvrir de salive. L’arme qui quitta sa bouche était parfaitement aiguisée, brillant à la lumière de la lune. Quand la jeune femme arrivait à proximité de la plage, elle commença à ramper à terre, les herbes fouettant son visage à chaque mètre gagné. Prudemment, elle se saisit du microphone suspendu à sa ceinture et chuchota à Baltasar. 


Gaspar : Est-ce-que je suis bien à l’endroit où il se trouvait tout à l’heure ? 


Baltasar : Difficile à dire…je ne peux pas savoir s’ils n’ont pas rampé depuis tout à l’heure. Le mieux est que tu essayes de voir si un bruit les trahit. 


Gaspar avança à la force de ses bras sur les quelques mètres qui les séparaient de la plage, en contrebas. Quand elle vit le bout de la bande de sable entre les brins d’herbe, elle se mit à écouter attentivement le son du vent qui soufflait sur les côtes normandes, à la recherche d’un bruit trahissant la présence de ses deux cibles. Un bruissement de sable lui apporta la confirmation qu’elle attendait. 

Elle bondit vers les deux silhouettes allongées dans le sable et planta sa lame dans celle du jeune garçon. Iz tenta de l’attraper mais, dans sa lutte face à sa nouvelle adversaire, eut la main transpercée. Aiguisé par le Stand ennemi, le couteau n’eut aucun mal à traverser la paume de part en part et à être récupéré par la manieuse qui roula un peu plus loin avant de se relever. 


Iz : Aaaaah, Lilith ! Comment elle a pu nous approcher de si près. Je croyais qu’elle devait rester à distance pour nous abattre !  


Gaspar plaça son arme entre ses dents en laissant la salive le recouvrir. Iz restait accroupi pour rester hors d’atteinte des tirs. Un flot ininterrompu de sang jaillissait de sa plaie qu’il tentait vainement d’arrêter en maintenant son autre paume crispée. Le docteur lui lança un regard teinté d’impatience, hermétique à sa douleur. Le nouvel Abaddon ferma les yeux pour se concentrer et faire disparaître la douleur. Quand il les rouvrit, la membre de la Passione fonçait sur lui, l’arme à la main. Iz n’avait pas besoin de savoir comment son Stand fonctionnait pour triompher. Il servait une cause juste alors il triompherait. 


Le bras d’Iz se plaça entre la mort et son cou, arrêtant net l’assaut de son ennemi. L’assaillante resta interdite quelques instants qui suffirent au jeune garçon pour lui saisir le poignet. Dès que sa paume entra en contact avec le vêtement de la femme, il eut l’impression que des centaines de lames minuscules lui lacérèrent simultanément la peau mais, malgré la douleur, il ne lâcha pas son emprise.


Gaspar : Comment tu peux encore avoir ton bras indemne ?! Un couteau aiguisé avec Juicy Panic est capable de couper du béton comme du beurre ! 


Sans prêter attention à la question de son ennemie, Heart of Glass souffla un bras de verre à sa victime, laissant l’arme du crime à la vue de tous, prisonnière de doigts transparents. Le Général de la Passione poussa un hurlement strident, chassé aussitôt par le vent. Iz profita de l’inattention pour lui saisir le bras encore valide de la femme et le plaquer contre son dos. En maintenant son étreinte, il se releva, se servant de sa captive comme d’un bouclier face aux tirs ennemis. 


Iz : Maintenant, tu vas gentiment demander à ton complice de se ramener ici en neutralisant son arme - ou quoi que ce soit d’autre qu’elle utilise pour nous attaquer - Si elle se ramène pas ici, dans les 2 minutes, je fais la même chose au reste de ton corps qu’à ton bras, c’est bien clair ?


Gaspar : Tu me fais bien rire. Même si ton Stand est puissant, j’ai jamais vu un mec avec aussi peu de couilles que toi. Je suis sûr que derrière ce masque, t’es juste un gosse incapable de mettre tes menaces à exécution. 


Iz s’agaça. Il n’avait pas passé le test du patron du Comité pour se laisser ainsi traiter de faible. Il posa sa main sur la joue de la femme et commença lentement à la transformer en verre pour montrer qu’il ne bluffait pas. À mesure que la surface de sa peau devenait translucide, son profil laissait apparaître le blanc de ses dents et le rouge de sa langue de plus en plus clairement comme un cadavre décharné. Aux mouvements désespérés pour tenter de se dégager, le jeune garçon perçut de nouveaux tremblements dans le corps de la mafieuse espagnole : des frissons de peur. 


Gaspar : Ok, très bien ! A-arrête ça ! Je vais lui faire signe de venir ! 


Comme un membre engourdi, Gaspar amorça un mouvement de balancier avec son épaule pour soulever le bras de verre et le poser à la verticale. Le docteur Wu - qui s’était réfugié derrière l’otage - sourit un instant en constatant que la victoire était sienne. Par réflexe, son regard se porta vers la captive qui, étrangement, ne tremblait plus. L’homme comprit ce qui se jouait au moment où la femme captive ravala sa salive et hocha lentement de la tête. 


Wu : Abaddon, couche-toi vite ! 


Au moment où il prononça ses mots, une balle frappa le bras de verre et le brisa en centaines de morceaux qui vinrent, pour une partie, se planter dans la chair d’Iz. Pendant le court instant où le garçon eut les yeux ouverts, il distingua dans chacun des éclats de verre en suspension, le reflet du regard - ou plutôt du canon - fatal de la tireuse. L’instant suivant, le jeune manieur s’effondra, percé d’une trentaine de balles. 



Pierre Aznavour, 43 ans - mort 

Jonathan Sykes, 21 ans - mort

Alberta Flack, 56 ans - morte


Nom du Stand : Hot Stuff(ホット・スタフ)

Nom du manieur : Baltasar La Bamba 


“Hot Stuff” change la pupille d’un des yeux du manieur en canon d’arme à feu dont le calibre dépend de la dilatation de celle-ci. Tant que la balle n’a pas rencontré d’obstacle, elle n’est pas tangible et peut rebondir sur un miroir comme un rayon de lumière. Ainsi, si la personne ou son reflet est visible du manieur, elle peut être atteinte. Tout objet améliorant la vision du tireur (jumelles, loupe, lunettes…) augmente donc la portée du Stand. 



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