Indiana Jones et la lance du destin

Chapitre 53

1786 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 19/07/2026 08:39

Le parc de Queenstown n’était pas vraiment très éloigné de Christchurch, mais l’atteindre relevait d’un véritable parcours du combattant car en plus des obstacles naturels et des routes sans issues, la pluie battait comme jamais, à côté de cela, une averse n’était strictement rien.

Quand ils atteignirent enfin l’entrée de la forêt, ils coururent s’y précipiter pour y être à l’abri. Hélas ce fut une pensée trop naïve car même sous les arbres la pluie était aussi intense.

- Nous avons intérêt à vite trouver un coin au sec sinon je crains le pire, dit Indiana.

Les arbres tremblèrent.

- Ça ne va quand même pas…

Ils cédèrent, certains se fracassèrent lourdement sur le sol boueux. Un vent glacial soufflait et les arbres continuèrent de s’affaler les uns après les autres.

- Eh bien si c’est cela la Nouvelle-Zélande, je me demande ce qui pousse les gens à y habiter.

- La beauté du paysage sûrement, dit Indy tout en regardant à travers la brume naissante.

- Venez, il y a une grotte là-bas.


Une grotte isolée dans un mur calcaire, sans aucune source de lumière réellement éclairante, le soleil s’étant comme éclipsé.

- Je n’ai jamais vu un tel temps, dit Henry.

- Attendons que ça se calme.

- A mon avis nous pouvons attendre longtemps.

Indy s’enfonça un peu plus dans la grotte et il alluma le briquet de Sophia.

- Père, venez voir ça.

Le mur était surchargé de gravures mettant en scène des personnages et des animaux.

- Des gravures préhistoriques ? Demanda Henry.

- Non, elles sont bien trop récentes, pas plus d’un mois à mon avis.

- Alors qui les a dessinées ?

- Les Maoris.

- Elles ont l’air de symboliser la destruction si l’on se réfère aux éclairs et aux flammes. Feraient ils allusion à ce climat ?

- Je les comprends. Il y a de quoi s’interroger. Mais où sont-ils ?


L’averse cessa enfin.

Ils sortirent de la grotte, l’air était très humide.

- Au moins la question de l’arrosage est réglée ici, dit Henry.

La plupart des arbres étaient allongés.

- Ce n’est plus une forêt, dit Indy.

Ils marchèrent à travers les branchages et les feuillages éparpillés, le soleil était revenu, il n’y avait plus aucun nuage ni brouillard. Indy entendit un bruit.

- Père, arrêtez.

Le son continua, un son de branches cassées. Ils virent quelque chose bouger dans les feuillages en face d’eux.

- Nous ferions mieux de partir, suggéra Indy.

Un gros insecte jaillit alors sur lui, il se débattit dans tous les sens et parvint à attraper la bestiole après une lutte acharnée. Il la jeta par terre et l’écrasa. D’autres surgirent alors des feuillages, il dégaina son revolver.

- Non Junior, ne gaspille pas tes munitions pour rien.

Indy acquiesça et ils prirent la fuite, Indy prit beaucoup d’avance sur son père mais il dut s’arrêter car le chemin se terminait au bord d’une pente de terre. Henry arrivait droit sur lui, poursuivi par les insectes rampants à une vitesse phénoménale, ils ressemblaient à d’énormes cigales avec des antennes horriblement longues.

- Père, arrêtez-vous !

Les insectes doublèrent Henry qui leur marcha alors dessus, le faisant déraper. Il percuta Indy de plein fouet et ils dégringolèrent d’une dizaine de mètres. Les anciennes blessures furent réveillées par la souffrance de la chute.

- Ne vous en faites pas, père, le plus dur est passé.

Henry s’apprêta à répliquer mais il fut interrompu par un grognement. Les deux regards se tournèrent dans la même direction : un grand ours se tenait devant eux, sur ses quatre pattes.

- Pourquoi n’avons nous jamais de chance ? Dit Indy en grimaçant.

L’ours s’avança lentement vers eux, Indy prit son fouet.

- Junior, je te déconseille de faire ça.

- Ça marchera, ça à toujours marché.

- Tu va le regretter.

Il fit claquer la lanière sur le museau de la bête. L’ours furieux se dressa sur deux pattes et grogna encore plus fort.

- Quand m’écoutera tu enfin ?

- Fuyez !

Ils détalèrent, poursuivis par l’ours. La forêt s’étendait à perte de vue.

- Il faut rejoindre la gr…

Ils furent brusquement arrachés du sol pour se retrouver prisonniers dans un filet suspendu à un gros arbre. L’ours s’était arrêté et attendait impatiemment de déguster le premier qui tomberait du piège.

- Nous voilà bien, dit Henry. Pour un archéologue tu me déçois beaucoup Junior.

Une lance passa soudain en dessous d’eux, l’ours prit la fuite, effrayé, d’autres lances suivirent la première.

- Oh oh.

Des indigènes surgirent des feuillages, ils étaient vêtus au minimum et leurs corps étaient recouverts de tatouages circulaires.

- Ce sont des Maoris, dit Indy.

Ils se rassemblèrent autour du piège, le leader leva son sabre (sûrement dérobé à un colon) au-dessus de la corde qui suspendait le filet.

- Mauvaise idée !

Il la trancha. Ils s’écrasèrent lourdement sur le sol, l’un sur l’autre. Le maoris pointèrent leurs lances.

- Nous ne sommes pas vos ennemis et opus ne voulons pas le devenir, dit Indy, alors pointez ça sur autre chose.

Le chef parla dans la langue locale puis il fit signe de les saisir pour les emmener.


Le village Maori était très petit et très pauvre, il n’y avait que quelques huttes vraiment primitives construites avec les moyens de la nature. Indy et Henry furent amenés jusqu‘à un feu de camp éteint au-dessus duquel se trouvait un bâton noirci. Ils y furent suspendus.

- J’ignorais qu’ils étaient cannibales ! S’exclama Henry.

- Eh bien nous le saurons pour la prochaine fois.

Un Maori s’approchait déjà avec une torche à la main.

- Nous avons intérêt à trouver un arrangement convenable à cette situation très rapidement.

- Dis-leur que je cuis très mal à mon âge.

Indy parla alors dans un langage étrange, rien n’y faisait. Les flammes furent allumées. Il se balança alors intensément.

- Mais qu’est-ce qui te prend ? Arrête de faire le singe !

Les reliques tombèrent de sa poche. Immédiatement les Maoris cessèrent de s’agiter et éteignirent le feu pour ensuite vénérer à genoux les aventuriers.

- Que leur as-tu dit ?

- Rien, je me suis juste dit que si ils connaissaient Longinus, ils devaient aussi connaître les reliques.

- Et Dieu merci tu a vu juste.

Le chef s’avança pour leur parler, Indy tenta d’assimiler le dialecte.

- Je vois ce que c’est.

Il dit une phrase, le chef répondit avec un air étonné.

- Bien. Maintenant nous allons pouvoir nous entendre.

- Vous avez les reliques sacrées. Vous êtes des grands-prêtres. Pardonnez-nous.

- Ça va aller. Nous nous excusons aussi d’avoir violé votre territoire mais nous avons absolument besoin de votre aide.

- Vous êtes les bienvenus.

- Vous êtes sur ?

- Oui, ce que nous vous avons fait nous le faisons à tous les intrus, mais vous, vous êtes différents.

- Vous les mangez ?

- Non, nous les donnons aux animaux de la forêt, ils s’en régalent.

- Ouf, j’ai bien cru que vous étiez des cannibales.

- Pas maintenant, mais ça peut venir.

- J’espère que vous n’aurez pas oublié nos visages alors.

Le chef éclata de rire et se reprit.

- Bien. Alors quelle aide pouvons-nous vous apporter ?

- Nous cherchons le sanctuaire de Longinus.

- Vous possédez les reliques sacrées et vous ignorez où se trouve le sanctuaire ?

- Eh bien…oui.

- Nous ne pouvons hélas pas vous être d’une grande aide, l’emplacement du sanctuaire était seulement connu de mes ancêtres, aujourd’hui il est oublié de nous tous.

- Vous êtes le peuple de Longinus pourtant ?

- C’est exact, c’est lui qui a donné cette terre à notre peuple, il y a près de deux mille ans, alors que mes ancêtres étaient persécutées à mort en Asie.

- Vous venez d’Asie ?

- Oui.

- Les Austronésiens, c’était donc vous.

- Longinus est venu et a dit à mes ancêtres : « suivez-moi et je vous offrirai une terre où vous serez tous libres et pardonnées ». Tous l’ont suivi et ont vécu librement ici, en paix, jusqu’à la venue des étrangers, et du grand massacre.

- Je suis désolé.

- Ce n’est pas de votre faute, et puis, de toutes façons, tous ont été damnés.

- Mais vous n’avez aucune idée de l’endroit où Longinus s’est retiré ?

- Il a juste dit qu’il serait toujours près de nous.

- C’est vaste.

- Il aimait bien le Te Anau si l’en on croit les écrits anciens.

- Qu’est ce que c’est ?

- Un lac situé à l’ouest, juste avant les montagnes. Il y passait beaucoup de son temps à le contempler, à y méditer. Les écrits mentionnent même qu’il aurait bâti un sanctuaire dans les montagnes, dont l’accès se trouverait quelque part près du lac, mais nous n’avons jamais rien découvert de tel.

- Nous irons là-bas alors.

- Pourquoi cherchez vous le sanctuaire ?

- Pour rétablir la paix.

- C’est une noble tache bien que je doute qu’elle soit possible à accomplir.

- Nous n’avons pas le choix, d’autres nous suivent, ils veulent s’emparer de reliques pour plonger le monde dans le chaos.

- N’ayez crainte, Longinus veille sur son sanctuaire, il saura utiliser sa justice.

- Je l’espère.

- Je vous souhaite bonne chance, et que votre esprit reste toujours fort.

- Merci beaucoup. Oh, une dernière chose, si nos adversaires passent par ici, pourriez-vous les retarder ?

- Nous leur ferons ce que nous ne vous avons pas fait.

- Non, ils ne doivent pas mourir.

- Nous serons juste. Partez en paix.  

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