Indiana Jones et la lance du destin
Dans les rues de Hong Kong, on trouvait souvent plus de gens assis la main tendue que debout en train de marcher.
- Ça me désole de voir des gens si malheureux.
- Cette guerre leur a enlevé tout ce qu’ils avaient.
Un jeune chinois d’une vingtaine d’années tomba devant Indiana, il le rattrapa de justesse, l’homme le regarda, le remercia et repartit.
- Pourvu que cette guerre cesse au plus vite.
- Souviens toi Sophia, nous sommes ici clandestinement.
- Une chance que cet avion ait accepté de nous emmener jusqu’ici.
- Oui, je ne donne pas cher de lui si il s’est fait prendre.
- Les chinois sont si impitoyables ?
- Les chinois ? Ce sont les japonais qui ont le pouvoir ici, ils sont aussi cruels que les allemands, si ce n’est pire.
- Ce sera difficile de trouver des informations en territoire ennemi.
- Pas sûr, avec père nous sommes allés en Allemagne, et nous en sommes revenus victorieux.
- Mais ici tu n’es ni en Allemagne, ni avec ton père.
- Ce sera juste un peu plus difficile.
Les japonais surveillaient les lieux en patrouillant par rangées de dix hommes, à chaque fois Indy et Sophia devaient se cacher. Les rations de riz furent apportées, ce fut la ruée la plus impressionnante qu’ils aient jamais vu.
- Ça me donne faim tout ça, dit Sophia.
- Garde ta faim pour plus tard, il est hors de question que je risque ma peau là-dedans.
Les gens se faisait renverser et piétiner par la furie des autres, c’était un spectacle effroyable et inhumain.
Dans toute cette mêlée, Indy vit le chinois qu’il avait relevé, il tenait un bol de riz dans ses mains et sourit en le voyant, il vint vers lui et tendit son bol.
- Non je n’en veux pas, tu en a bien plus besoin que moi.
Le chinois insista.
- Non vraiment.
Il confia son bol et s’engouffra de nouveau dans l’incroyable mêlée pour en ressortir quelques minutes plus tard avec deux autres bol de riz.
- Pour nous ?
Il acquiesça.
- Nous ne pouvons accepter.
Il les donna et les incita à le suivre.
- Si tu insiste.
Le jeune chinois habitait dans une ruelle tranquille mais odorante. Indy et Sophia y virent une femme et trois enfants en train de manger. Le chinois leur expliqua la situation et invita Indy et Sophia à prendre place.
- Yin Wu, dit-il en se désignant, Na Wa, en désignant sa femme, Wang Su, Yang sa, en désignant ses enfants.
- Indiana Jones.
- Idaya Yones ?
Ils éclatèrent de rire.
- Mangez, dit Yin Wu.
Ils durent manger leur riz avec leur doigts, c’était la guerre après tout, copia comprit bien cela et elle le fit sans broncher.
- Vous connaissez notre langue ? Demanda Indy.
- J’ai connais un peu. Cherchez-vous que ici ?
- Nous cherchons des étrangers, comme nous, vous en avez-vu ?
- Oui, rare ici, depuis deux jours, vingtaine soldats étrangers ici venus, regard méchant, partis sur grand bateau.
- Quel bateau ? Tu sais son nom ?
- Lin Fu.
- Merci.
- Je vous dois la vie, sur mon honneur.
- Pour une simple bousculade ?
- Ici, vous tombez sans pouvoir relever.
- Courage alors.
Le port contenait davantage de jonques que de grands mastodontes, parmi tous ces navires, aucun ne portait le nom de Lin Fu.
- Il n’est plus ici.
- Parfait, que fait-on ?
- Je dois savoir où il est parti.
- Tu a besoin des nazis maintenant ?
- Ce sont eux qui mènent le jeu.
- Tu cherche quelque chose étranger ?
Il se retourna et vit un officier japonais.
- Oh euh…je cherche mon navire de commandement, le Lin Fu.
- Il est parti ce matin pour Shanghai, je doute que tu puisse le rejoindre, si tu es toutefois un soldat.
- J’en suis un.
- Et cette femme aussi ?
Il ne répondit rien.
- Montrez-moi vos papiers.
- Bien sûr.
Indy lança son poing droit dans la tempe de l’officier qui s’effondra aussitôt.
- Tu es d’une telle subtilité, dit Sophia.
- Je sais.
Il alla cacher le corps derrière une caisse et emmena Sophia.
- Il faut aller à Shanghai le plus tôt possible.
- Et comment ? C’est impossible de quitter la ville.
- Sauf pour un japonais.
- Je doute que nous ayons le physique de l’emploi.
- Il nous faut juste le véhicule d’un officier.
- Pourquoi s’embêter à ça ? Le bateau allemand ne va pas rester à Shanghai éternellement, nous ferions mieux d’aller directement sur le site des ossements.
- Tu ne te rappelle pas de ce qu’a dit Stratner ? Valonius doit lui remettre les ossements à Shanghai après-demain. D’ici là nous avons une chance de les prendre.
- Et que fais-tu du reste des reliques ?
- Nous attendrons l’arrivée de Stratner pour les récupérer, avec mon père.
- C’est plus facile à dire qu’à faire.
- C’est pour cela que je dois être en forme, et acheter des munitions.
- Toujours la violence.
Ils revinrent à la ruelle de la famille chinoise, il y avait d’autres familles, la ruelle était bondée.
- Nous resterons ici pour la nuit.
- Ça change des hôtels et des huttes.
- Sophia…je voudrais m’excuser.
- Ça alors ! Ce serait bien la première fois ! Mais de quoi ?
- De tout ce que je t’ai fait endurer, je ne voulais pas que ça se passe comme ça.
- Oh tu sais, je l’avais plus ou moins prévu, et puis je n’ai pas trop à me plaindre, tu m’offre plus de voyages que n’importe qui, la seule chose qui es dommage avec toi, c’est que les jours normaux et tranquilles n’existent pas.
- Si tu le souhaite je peux te renvoyer à New-York dès que nous serons de retour en zone pacifique.
- Je suis très bien avec toi, et puis de toutes façons, tu n’a pas envie de faire ça avoue ?
- Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose.
- Moi non plus je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose Indy, tu me dis la même chose depuis le début de notre aventure, je suis contente de voir que tu te soucie autant de moi mais je pense que tu a autant besoin de moi que j’ai besoin de toi.
- Je me demande bien ce qui peux te motiver ainsi.
- Peut être ça.
Elle l’embrassa longuement et passionnément.
- En effet, c’est un argument largement convainquant.
La nuit était tombée depuis un peu plus de trois heures maintenant, les chinois de la ruelle s’étaient réunis entre eux pour discuter. Ils rirent, puis s’énervèrent, l’un d’eux se leva, Yin Wu, il était en colère, il se dirigea vers un tas de caisses pour en ouvrir une et en sortir une fusée.
- Que veux tu faire avec ça ? Demanda Indy.
- Fête.
Il alluma la fusée, elle partit éclater dans le ciel, le rendant multicolore.
- Tu es fou !
- Besoin fête !
- Pas avec l’armée dans le coin !
Des véhicules de l’armée ne tardèrent pas à faire irruption des deux côtés de la ruelle.
- Courez vous cacher ! Vite !!
Tout le monde se mit à fuir dans tous les sens complètement affolés.
- Il n’y a aucune issue ! S’exclama Sophia.
Indy chercha du regard, il vit la caisse ouverte.
- Si, viens.
Il enleva les quelques fusées restantes et ils se faufilèrent à l’intérieur, il referma le haut.
- On étouffe là-dedans, dit Sophia.
- Alors ne respire pas.
Ils entendirent la panique qui régnait, il y eut des coups de feu, c’était le chaos.
- Je ne pourrais pas rester dans cette caisse toute la nuit, dit Sophia.
- Ce n’est pas non plus mon intention. Il y a une voiture de chaque côté, si nous pouvions…
Le haut de la caisse se souleva, le visage d’un soldat japonais apparut, il baragouina quelque chose et brandit sa baïonnette, Indy prit vite son revolver pour lui ficher une balle dans le front, le soldat s’écroula en arrière.
- Derrière la caisse vite !
Indy remarqua les fusées par terre, il en prit une.
- Ce n’est pas vraiment le moment Indy.
- Quand je te le dirais, fonce vers la voiture de droite.
- D’accord.
- Tu a ton briquet ?
Elle râla et lui donna.
- Garde le.
- C’est trop gentil.
Il alluma la mèche de l’engin.
- Maintenant !
Ils détalèrent vers le véhicule. Une formidable explosion pétaradante se produisit. Tous les regards se détournèrent vers elle, excepté ceux d’Indy et Sophia qui prirent place dans la voiture noire. Indy démarra et recula pour se retrouver dans une rue adjacente, il fonça ensuite tout droit.
- Je te l’accorde Indy, c’était une très bonne idée !
- J’ignorais totalement qu’elle fonctionnerait !