Indiana Jones et la lance du destin
- J’admire ton courage, il a sacrément augmenté depuis la dernière fois, dit Indy.
- Disons que l’Atlantide m’a guérie de toutes mes phobies.
- J’espère que je n’en étais pas une.
- Difficile à dire, tu a toujours l’air d’être la même brute affligeante.
- Merci du compliment.
- Ça n’aurai jamais marché entre nous Indy.
- Tu aimerais t’en convaincre.
- Je suis une fille sage, et les fille sages se marient avec des garçons sages.
- Je pensais que tu ne voulais pas être une aristocrate.
- Je ne veux pas l’être, c’est pour cela que je resterais seule toute ma vie.
- Tu m’a eu moi.
- Mais je ne t’ai plus.
- Ça te manque ?
Sophia ne répondit pas, son regard s’était posé sur les étals. Indy regarda devant lui. Un instant il lui sembla voir un visage familier. Il regarda plus attentivement. Le visage gras, une barbe noire florissante…mais oui, c’était bien Sallah.
Leurs regards se croisèrent.
- Indy !
- Sallah ! Vieux chameau que fais-tu ici ?
- Oh Indy ! Mon vieil ami.
Ils s’étreignirent amicalement.
- Je suis si content de te revoir.
- Et moi donc mon ami.
- Allah soit béni !
Sophia se montra.
- Je te présente Sophia Hapgood, Sophia, voici Sallah, un ami de longue date.
- Je suis charmé, dit-il en lui baisant la main.
- Moi de même.
- Comme d’habitude tu sais dénicher les plus belles plantes dans le désert Indy.
Indy se contenta de grimacer.
- Et que devient ton père ?
- Les nazis l’ont capturé.
- Nom d’un chien !
- Tu peux nous aider ?
- Ça dépend pour quoi.
- Tu t’y connais en fleuves ?
- Dis toujours.
- As-tu déjà entendu parler d’un fleuve dans le désert ?
- Il ne peut y avoir de fleuves dans le désert Indy, le seul fleuve qui coule en Égypte est le Nil.
- Bon, et est-ce que le nom de Siouah te dit quelque chose ?
- Viens chez moi, nous y serons mieux pour discuter.
Sallah habitait une maison typique du pays : blanche, petite, avec beaucoup d’ouvertures. Ils allèrent s’asseoir sur la terrasse autour d’une table.
- Belle maison.
- Le commerce me réussit bien, pour l’instant, alors je profite. Mais tu me parlais du Siouah c’est bien cela ?
- Oui.
- C’est une oasis à l’ouest du pays, juste à côté de la grande dépression de Kat’tara, il y a un temple là-bas paraît-il.
- Pas de fleuve ?
- Non. Mais par ici, fleuve veut dire « chemin ».
- Les nazis sont dans le coin ?
- Oui, depuis hier, on m’a rapporté qu’il y en avait aussi à Alexandrie, ils sont à votre recherche ?
- Si on veut, nous devons récupérer un précieux document avant eux.
- Qu’est ce que c’est ?
- Un manuscrit magique ayant appartenu à Alexandre le Grand.
- Qui c’est ce bonhomme ?
- Laisse tomber, nous aurions besoin d’un moyen de transport.
- Pour ça je ne peux pas t’aider, la dernière fois tu a ruiné la voiture de mon beau-frère.
- Et les chameaux que tu lui a donné en compensation ?
- Il n’en a pas voulu, ces bestioles étaient trop lentes et trop têtues.
- Nous voudrions juste deux chevaux.
- Ça peut se trouver, je le ferai mais à une condition.
- Parle.
- Je viens avec vous.
- Les nazis ne font pas de cadeau tu sais.
- Moi non plus.
- Alors d’accord.
- Comme au bon vieux temps !
Ils se tapèrent sur l’épaule puis burent leur thé.
- Les nazis sont partis dans le désert avant hier, ils ont emmené des hommes à eux ainsi que des habitants.
- Ils ont trouvé quelque chose ?
- Je ne sais pas, je ne fais qu’écouter les rumeurs. Ils semblent qu’ils aillent vers l’ouest.
- Pourvu qu’ils n’aillent pas à Siouah.
- Je t’aiderai à trouver ton père Indy.
- Trouve déjà nos chevaux. La route vers Siouah est entièrement désertique ?
- Non, il y a des ruines, les ruines d’Abou Mena, des restes de monuments chrétiens.
- Intéressant, où est-ce ?
- Près d’El Alamein.
- Zut, ce n’est pas le coin idéal pour une visite.
- Si tu veux mon avis les nazis sont allés là-bas, Siouah est trop éloignée pour eux et il n’y a rien d’autre à voir à part ça.
- Sophia peut nous dire où ils sont allés.
- Je ne pratique plus la voyance Indy.
- Pourquoi ?
- Raisons personnelles.
- Dis plutôt que tu a perdu ton don en même temps que ton cher Nur-Ab-Sal.
Elle se tût.
- Nous partirons pour Siouah à l’aube, si nous devons nous arrêter en route, nous nous arrêterons.
- Tu a de l’argent pour les chevaux ?
- Je suis connu ici.
- L’autre argent s’il te plaît.
Ils passèrent la nuit chez Sallah, la Cité était silencieuse, personne ne parlait ou s’agitait, malgré tout, Indy ne parvenait pas à dormir, Sallah ronflait trop fort.
Alors il observait Sophia qui, elle, dormait paisiblement, il se demandait bien comment elle y parvenait. Quelques minutes plus tard, il la vit s’agiter et se réveiller.
- Cauchemars ?
- Oui.
- Comment peux tu dormir ainsi ?
- Je me force à rester éveillée, et à force, je m’endors, c’est aussi simple que ça.
- De quoi rêvais tu ?
- J’étais poursuivie par un fantôme, je voyais mon père se faire tuer.
- Il te manque toujours autant.
- Oui, heureusement que tu es là.
- Tu le retrouvera bientôt.
- Tu dis ça pour me réconforter ou c’est une affirmation ?
- Comme tu préfère, rendors toi maintenant.
- D’accord, mais fais en autant.
- Je n’y arrive pas.
- Viens contre moi.
- Quoi ?
- Allez, viens.
L’aube se leva de bonne heure. Sous la lueur orangée et monochrome du levant, on pouvait apercevoir trois chevaux quitter tranquillement Alexandrie encore endormie en direction du désert.
- La route ne sera pas longue, dit Sallah, nous arriverons à Abou Mena dans environ une heure.
- Nous allons à Siouah.
- Nous devrons nous arrêter pour prendre de l’eau, après c’est le désert à perte de vue.
- Je n’ai pas soif, dit Sophia, par contre j’ai très faim.
- Eh bien ici c’est le désert chérie, alors soit tu mange tes doigts ou l’un d’entre nous ou je te conseille de faire demi-tour sans tarder.
- J’ai donc une si grande importance à tes yeux ?
- Je te taquine.
- Alors met la en veilleuse, « Indiana ». Quel nom ridicule ! Quand j’y repense, s’appeler comme le chien.
Sallah éclata de rire.
- J’aimais beaucoup ce chien.
- Et alors ? Moi j’aimais beaucoup mon chat, ce n’est par pour cela que je m’appelle Miss poisse.
- Miss poisse ? Fit Indy intrigué. Ça t’irai bien pourtant.
Ils arrivèrent à Abou Mena. Une série de véhicules nazis étaient garés en périphérie du site. Il y avait là des églises, des monastères, des basiliques, comme si toute la chrétienté s’était rassemblée dans un seul endroit.
- Évitons de trop nous exposer, dit Indy. Sallah, amène les chevaux de l’autre côté de la ville en faisant le tour par le désert, nous te rejoignons dans dix minutes.
- Compris.
- Viens Sophia.
En entrant dans le site ils repérèrent une vingtaine de soldats en train de patrouiller ou de discuter. Ils se couchèrent par terre pour éviter de se faire repérer.
- Ça va être difficile de se frayer un chemin.
- Nous n’avons qu’à en assommer un ou deux et prendre leur uniformes, suggéra Sophia.
- D’habitude ce genre d’idée m’est réservée, mais il y a trop de nazis pour faire quoi que ce soit.
- Quoi que ce soit ?
- Je n’ai pas envie de rire, je réfléchis.
- Réfléchis vite alors, il y en a deux qui viennent vers nous.
- Reste couchée !
Les soldats s’arrêtèrent au sommet de la dune, Indy et Sophia étaient caché sur l’un des versant, si l’un des nazi se retournait ils étaient pris. Les soldats fumèrent. Une voix hurla, ils se mirent au garde à vous. L’homme qui avait aboyé l’ordre n’était pas totalement un allemand, ses mots avaient un accent américain. Valonius.
Les soldats se retirèrent, Valonius entra dans une église à quelques mètres de là.
Indy se leva et alla vers l’église.
- Où va tu ?
- Voir un vieil ami, toi reste là et attends-moi.
- D’accord, dit Sophia déçue.
Indy entra dans l’église, un lieu misérable et poussiéreux sans rien de valeur, elle était vide. Valonius priait devant une croix de Jésus Christ. Il lui demandait le pardon.
- Je ne pense pas qu’il t’écoutera, dit Indy.
Valonius se retourna.
- Indy. Quelle folie vous a faite revenir dans ce monde ?
- Mon heure n’était pas encore venue. Où est mon père ?
- Il n’est pas içi, Stratner le garde avec lui, avec la lance.
- Où est le manuscrit ?
- Nous le cherchons toujours.
- Dans ce cas rien ne me retiens davantage ici.
- Ça j’en doute.
Des soldats entrèrent.
- Parfois un fleuve de science peut se tarir en désert d’ignorance, la preuve « professeur » .