Indiana Jones et la lance du destin
- Vraiment très intéressant, dit Henry en regardant le parchemin.
- Vous pouvez le dater ?
- Au vu de l’écriture je dirais qu’il date du Vème siècle environ. C’est une sorte de latin, je crois que je peux le lire. « En cet an de grâce 452, moi, Léon Le Grand, pape de l’Église de Rome, accepte d’entendre en ultime confession, Attila, chef des Huns… »
- Attila.
- Attends… « et le fragment maudit se trouve à Milan, sous la statue de César » voilà ce que nous cherchions.
- Donc Attila avait bien pris possession du fragment en fin de compte.
- Le fer de lance que tu a récupéré était une copie destinée à brouiller les pistes.
- Attila a caché le vrai fragment pour éviter que ses troupes ne le lui prenne par rébellion.
- Il est mort en 452, cette confession a du être constituée sur son lit de mort.
- Le fléau de Dieu avait un cœur.
- Barberousse dit-il quelque chose sur Milan ?
- Attendez.
Indy sortit les mémoires.
- Oui, il parle de Milan, pourquoi je ne l’ai pas vu avant ? Il dit qu’il a été repoussé là-bas par les Lombards après un long et rude combat, son armée a été balayée. Il dit aussi que les Italiens avaient un second fragment en leur possession, ils l’ont confié à leurs alliés de l’époque, les Byzantins. Il compte aller le leur reprendre pour que sa croisade soit victorieuse, et pour qu’il règne sur le monde avec la lance complétée.
- Dieu merci, il a échoué.
- Il était véritablement obsédé par la lance.
- Pas obsédé, fou.
- En tous cas nous savons où est le dernier fragment, en Turquie. Vous savez quelque chose sur Milan ?
- Une ville gauloise à l’origine, conquise par les romains en 196, elle fut capitale sous Maximilien Hercule. Constantin y a déposé l’édit qui y octroie la liberté de culte aux Chrétiens.
- Constantin, le souverain de Constantinople.
- La ville a ensuite été ravagée par les Huns en…
- 452 ?
- Oui, ils firent étrangement demi-tour avant d’avoir pû arriver à Rome, mais, nous savons les raisons maintenant. La ville passa ensuite entre les mains des Goths, puis des Lombards. Charlemagne la conquit en 774.
- Ce sacré Charlemagne.
- Milan ne retrouva une totale liberté qu ’au Xème siècle, mais la guerre contre Barberousse fit des ravages. Depuis, l’art s’y développa, y prenant une réelle importance. Après quoi, Louis XII gouverna deux fois la ville suivi de François Ier et de Charles Quint, la ville appartenu donc à l’Espagne de 1540 à 1714 avant de connaître un nouvel essor au XVIIIéme siècle avec les Habsbourg avant d’enfin rallier le royaume d’Italie.
- Les Habsbourg devaient savoir pour le fragment, ils voulaient poursuivre l’œuvre de Barberousse.
- Mais ils ont échoué. Pourquoi réussirions-nous ?
- Parce que nous sommes plus malins.
- Il y a quand même un point qui me dérange.
- Lequel ?
- Eh bien, dans mes recherches sur la lance, j’ai entendu parler d’un fragment caché quelque part dans la basilique Saint Pierre de Rome, la légende disait que le fer de lance fut brisé après la prise de Jérusalem par les Perses. La partie inférieure de la relique fut remise par un officier perse au patrice Nicetas qui l’apporta à Constantinople pour la déposer dans l’église de Sainte Sophie. En 1453, lors de la prise de la cité, elle tomba aux mains des Turcs. En 1489, le pape Innocent VIII passa un accord avec le sultan Beyozid II, il garderait son frère rival prisonnier en échange d’une rançon et de la lance. C’est ainsi que la relique arriva à Rome en 1492. Par la suite, Urbain VIII aménage une salle secrète sous la basilique…
- Je connais la suite père. Cette légende n’est pas fausse, mais elle mélange plusieurs éléments. Je veux bien croire que le fer de lance fut brisé à Jérusalem, après la crucifixion, le reste prête à confusion, je crois que le fragment mentionné est celui caché en Turquie, donc à Constantinople dans Sainte Sophie. Pour le fragment d’Italie, nous savons que c’est Longinus qui l’a remis à l’apôtre Pierre pour qu’il le transmette ensuite aux papes, et finalement à Attila, voilà la vérité. Votre légende mélange l’histoire de plusieurs lances, vraies et fausses, elle mélange fragment et véritable fer de lance.
- Comme toutes les autres légendes.
- Cela explique qu’il soit presque impossible de trouver les fragments.
- Tu crois que c’est intentionnel ?
- Probablement, pour brouiller les pistes.
- - C’est justifié, te rends tu compte de tous les malheurs que cette maudite lance a crée ? Des milliers de gens, peut être même des millions sont morts à cause de son pouvoir, en une seule fois. Depuis des siècles, les peuples du monde entier se sont battu pour avoir cette relique maléfique, et quand ils l’avaient, bien que ce n’était pas la véritable lance, ils ont cru être invincibles et ont voulu dominer le monde, allant en réalité droit à la mort. Vois ce qu’elle a fait de Barberousse, des Habsbourgs, voit ce qu’elle pourrait faire entre le mains des nazis, d’Hitler.
- Mais c’est le Christ qui a donné c pouvoir à la lance.
- Non, il n’a jamais demandé à ce que l’on lui perce le ventre, son sang apporte le mal si il ne le donne pas, c’est bien normal.
- La lance est comme l’Arche d’Alliance alors, un héritage maudit de Dieu à l’apparence bénie.
- La lance du destin est le pire objet jamais crée, elle est pire que l’Arche et le Graal, pitre que tout ce qui existe en ce bas monde. Nous ne pourrons jamais contrôler son pouvoir, ni nous, ni personne.
- Il faudra la détruire.
- On ne pourra pas, elle est indestructible.
- C’est ce qu’on verra.
Milan n’était qu’à quelques heures de route de Rome, ils furent vite arrivés.
- Si vous voyez une statue de Jules César, faites moi signe.
- Tu ne trouve pas que cette aventure est un peu trop tranquille ?
- Pas vraiment, vous savez j’ai eu ma dose de pièges, d’armes à feu et de roulades acrobatiques, et ce n’est sûrement pas encore fini.
- Je te parles des nazis, Stratner a l’air de nous avoir oublié.
- Vous oubliez ce qu’il nous est arrivé à Rome. Ils nous suivent.
- Mais pourquoi ne cherchent ils pas à nous doubler ?
- Ils n’ont pas notre expérience.
- Je pense plutôt qu’ils nous laisse faire pour mieux nous piéger.
- Dans ce cas pourquoi chercheraient-ils à nous tuer ?
- Pour nous presser un peu.
- vous savez bien que je ne les laisserai jamais s’emparer de la lance.
- Bien sûr, mais ils ont des arguments convaincants, par exemple…
- Je ne veux pas savoir, ça n’arrivera pas.
La voiture fit le tour de la ville, les rues étaient calmes, les marchands de tissus et de nourriture faisait leur marché. Il y a avait quelques monuments, mais rien de Jules César.
Ils firent trois fois le tour de la ville sans rien voir.
- Rien, vous êtes sûr que c’est ici ?
- Sois patient c’est tout…là…arrête-toi.
Indy obéit, il vit une église.
- Tu vois cette église ?
- Oui, et alors ?
- Tous les fragments ou indices que nous avons eu se trouvaient dans un lieu religieux, principalement une église. De plus, si Attila était dévoué au pape, ce qu’il a était vu qu’il s’est confessé avant de mourir, il n’a pu que cacher le fragment dans un lieu saint, là où personne ne pourrait le déloger.
- D’accord père, je vous suis.
Ils entrèrent dans les églises, comme dans toutes les église il y avait des statues, sauf que celles-ci ne représentaient pas des saints, mais des empereurs de Rome.
Indy passa devant chacune.
- Tibère, Claude, Caligula…Jules César.
La statue montrait l’empereur bras tendu, une couronne de lauriers sur son crâne dégarni, les yeux sans iris.
- Dans le socle, ça doit être dans le socle.
Indy chercha un objet, il vit un échafaudage de bois contre les vitraux de l’autre côté, il alla prendre un marteau.
- Attention père.
Il frappa trois fois, envoyant valser le marbre du socle, après quoi il plongea sa main à l’intérieur.
- Rien.
- Rien ?
- Rien.
- Attends…César…ce n’est pas forcément Jules, tous les empereurs s’appelaient César.
- Alors c’est celui de Léon Le Grand, ou de Longinus.
- Tibère.
Indy alla devant la statue de Tibère et fit les mêmes « travaux ».
- Rien non plus.
Il fit pareil à toutes les autres statues sans rien trouver de plus.
- Il n’aurait pas osé mentir à sa confession tout de même ?
- C’était Attila, l’honnêteté n’était pas son fort.
- Il a dû emmener le fragment ailleurs.
- Où ?
Henry réfléchit, Indy leva les yeux.
- Si seulement eux pouvaient nous le dire.
Henry le va les yeux et vit une fresque du jugement dernier, il fronça les sourcils.
- Je connais cette fresque.
- Quoi ?
- C’est Giotto qui l’a crée, je ne m’attendais pas à la voir ici.
- D’où vient elle ?
- De Padoue. Padoue est l’une des villes qui a combattue contre Barberousse.
- Alors c’est là-bas qu’il faut aller.
- Il y a beaucoup de palais là-bas, ils sont très intéressants à regarder.
- Père, pour la énième fois, nous faisons de l’archéologie, pas du tourisme. Cessez de mélanger le travail et le plaisir.
- Ah, tu peux parler !