Indiana Jones et la lance du destin
Ils entrèrent à Poitiers sous un ciel couvert. La pluie s’écrasait contre les vitres de la voiture.
- Quel temps de merde ! S’exclama Jacques.
A l’arrière, Henry racontait à Indy ce qu’il savait de Martel.
- C’était un bâtard, une personne de sang-mêlé si tu préfères, cette situation était très compromettante pour lui car cela lui empêchait d’accéder au trône. Si il a pû y aller, c’est par pur hasard généalogique. Il était le maire de l’Austrasie, un territoire qui englobait jadis l’Est de la France et une partie de l’Allemagne. Il commença la réunion des peuples que Charlemagne continua. Il n’hésitait pas à prendre possession des églises pour les donner à ses fidèles.
- Que s’est-il passé à Poitiers ?
- Il y a bloqué les offensives musulmanes, en faisant cela, il a sauvé le christianisme occidental.
- Rien que cela.
- Cet évènement est bien sûr sujet à controverse, certains disent que la bataille de Poitiers ne serait qu’une bataille parmi tant d’autres, d’autres disent qu’elle n’aurait pas eu lieu à Poitiers mais entre Poitiers et Tours.
- Vous êtes en train de dire que nous sommes au mauvais endroit ?
- Peut être, je ne sais pas, ce ne sont que des suppositions.
Ils arrivèrent sur la place publique et virent une immense église richement sculptée.
- Arrêtez-vous ici ! Ordonna Henry.
Ils descendirent tous.
- C’est « Notre Dame La Grande », elle date du douzième siècle.
- Martel a vécu bien avant cela. Quel rapport avec lui ?
- Aucun. Admirez ces sculptures, ne sont elles pas magnifiques ?
- Père, il pleut, je suis fatigué et j’ai faim, alors dites-moi vite où nous devons chercher.
- Je n’en ai aucune idée ! C’est toi qui a voulu venir ici, c’est à toi de jouer Junior !
- D’accord. Pompadour n’a pû cacher le fragment qu’à Poitiers, cette ville ayant été l’endroit le plus fréquenté par Martel. Il ne peut être que dans cette cathédrale aussi, étant donné qu’au moyen-âge, le christianisme avait un rôle prépondérant.
- Exact, dit Henry.
- Alors il n’y a pas de temps à perdre, entrons.
- Nous vous attendrons ici, dit David.
- Très bien, venez père.
L’intérieur de l’église était grandiose, illuminé, magnifique.
- Prodigieuse architecture, dit Henry.
- Elle me rappelle un autre endroit.
- Tiens, à toi aussi ?
Ils avancèrent lentement, regardant les vitraux et les plafonds peints.
- Junior, regarde les vitraux, tu ne remarques rien ?
- Un seul montre la crucifixion.
- Oui.
- Comme à Nuremberg. Cette cathédrale en est la copie conforme.
- Oui !
- Dans ce cas…
Indy alla voir la statue sous le vitrail du Christ.
- C’est Saint Christophe.
- Il faut trouver Longinus.
Ils cherchèrent.
- Ici ! Dit Henry. Sous le douzième vitrail.
- Douze, comme l’horloge de Versailles et la galerie des glaces.
Indy effleura la statue, il ne sentit aucun mécanisme. Sur le sol cependant, il remarqua des traces de couleur différente, il comprit.
Il tira la statue, dégageant un passage carré s’enfonçant dans les ténèbres.
Ils descendirent dans le passage. Indy alluma son briquet.
- de la pierre, je préfère cela.
- Junior, qui a construit cette galerie selon toi ?
- L’église datant du douzième siècle, ça ne peut être que la Pompadour.
- Mais c’aurait été considéré comme un sacrilège !
- Pas si cela se fait en secret, et pas si l’on a aucun respect de ce genre de lieux.
Ils arrivèrent à un cul-de-sac.
- Oh non ! Fit Indy.
Le sol s’ouvrit alors sous leurs pieds.
- Oh non ! Fit Henry.
Ils tombèrent en diagonale, des lames acérées jaillirent des murs. Indy vit une sorte de cheminée, un second conduit partant vers le haut, il s’y agrippa, Henry le percuta alors, le faisant lâcher. Son pied alla contre la base d lune des lame devant lui. Il lutta de toutes ses forces contre la pression du mécanisme. Il y eut un « CLANC ». La lame était bloquée. Indy remonta vers le conduit en rampant.
- Il y a un passage là-haut.
Il lança son fouet contre un barreau situé tout en haut du second conduit et grimpa. Il vit alors un passage vers la droite au sommet, il se balança pour l’atteindre. Henry l’imita, il manqua de dégringoler.
- Merci fils.
- Faites attention père.
- regarde, cette grille mène à l’air libre, si nous avions su…
- Mais vous ne saviez pas.
- Toi non plus.
Ils avancèrent dans la nouvelle galerie, elle s’inclinait de plus en plus.
- Soyez prudent père.
Indy dérapa brusquement. Il ne pû se rattraper à quelque chose. Sa chute s’arrêta juste au bord d’un gouffre paraissant sans fond. Il avait pû s’agripper in extremis au rebord.
- Père, surtout ne descendez pas.
Henry apparut brusquement des ténèbres et tomba, Indy le retint de sa main droite.
- Pardon fils, que disais-tu ?
- Rien, tenez bon.
- Je ne fais que ça.
Indy regarda derrière lui, il vit un tunnel de l’autre côté du vide.
- Il faut atteindre l’autre côté.
- Tu n’a qu’à faire le singe comme d’habitude.
- Et comment ? Vous êtes agrippé à mon bras je vous rappelle.
- Je tiendrais ton fouet.
- …tenez le bien alors.
Indy donna le fouet et s’accrocha à l’extrême, il prit appui sur le rebord et se poussa, un balancement en demi-cercle parfait plus tard, il s’agrippa de l’autre côté.
Henry lâcha alors prise et tomba, Indy attrapa la lanière, Henry avait attrapé le fouet.
- Tenez bon père !
Indy monta sur le rebord et aida son père à faire de même.
- Merci fils, sans toi je serai…
- Je sais, venez.
Ils avancèrent dans le tunnel et arrivèrent dans une salle ronde sans rien d’autre à l’intérieur qu’un piédestal avec un objet enveloppé dans une toile dessus.
- Ca y est père, nous l’avons trouvé !
Indy prit l’objet et retira la toile. C’était un fer de lance.
Indy prit son canif et trouva le point de rupture, une fois cela fait, le fer de lance se scinda en deux, révélant le fragment. La partie supérieure du véritable fer de lance.
- Et de deux, dit Henry. Il n’y en a plus que deux à trouver.
- Nous n’avons aucune piste pour cela.
- Tu oublie Barberousse ?
- Plus tard, pour l’instant je voudrais surtout sortir d’ici, cet endroit ne me rassure guère.
- Il va falloir franchir le gouffre.
Indy vit que le mur du fond était fissuré, il alla donner un grand coup de pied dedans, faisant tout s’écrouler.
- Il y a de la lumière, la sortie est par là père, aidez-moi à dégager ces pierres.
Une fois revenus à l’air libre, ils virent les agents les attendre.
- Ça fait plaisir de vous revoir les gars ! S’exclama Indy.
- Vous avez le fragment ?
- Oui mais…
- Bien, mains en l’air.
- Quoi ?
- Mains en l’air ! Répéta David en braquant un pistolet sur Indy.
- Qu’est-ce que cela signifie ?
- Que vous êtes en état d’arrestation.
- C’est une blague ? Demanda Henry.
- La ferme vieux croûton !
Henry se tut brutalement.
- Donnez moi le fragment.
- Que comptez-vous en faire ?
- Ce n’est pas pour nous, c’est pour le Général.
- Vous mentez.
- Il a entendu de grandes choses sur cet objet, et il compte bien l’utiliser.
- il ne lui sera d’aucune utilité sans les fragments manquants.
- Ne vous en faites pas, nous les trouverons, quant à vous…
- Rien du tout !
Indy donna un coup de pied au bras de David, lui faisant lâcher son arme. Jacques prit la fuite vers la voiture. Indy courut pour le rattraper.
- Junior attention !
Il se retourna, une balle lui frôla les oreilles, David avait repris son pistolet. Sans attendre Indy lanca son fouet sur lui, il le fit claquer six fois sur son dos, ses mains et son visage, le mettant k.o. Indy entendit alors un vrombissement. Il se retourna pour voir Jacques lui foncer dessus avec la voiture.
Il dégaina son revolver et tira deux balles dans le pare-brise avant de feinter sur le côté pour ne pas se faire écraser. Jacques reçut les deux balles en plein visage, sa tête tomba sur le volant, actionnant le klaxon. La voiture s’arrêta quelques mètres plus loin. Indy alla prendre David par le col.
- Les autres sont au courant ?
- Allez au diable !
Il le laissa tomber.
- Venez père, vite !
Indy entendit le déclic d’une arme, il se détourna et lança son fouet.
David tira contre sa propre poitrine et rendit l’âme.
Indy et Henry montèrent dans le véhicule et partirent en trombe.
- Nous devons vite quitter le pays.
- Pour aller où ?
- L’Italie.
- L’Italie ?
- Barberousse dit qu’il y a un fragment là-bas, et puis, Longinus était un Romain non ?
- Oui.
- Alors si nous devons aller chercher quelque part c’est bien à Rome.
- Peut être.
- Vous allez bien père ?
- A vrai dire je ne pensais pas vivre assez longtemps pour voir tout ce que j’ai vu.
- Et ce n’est pas fini. Vous ne trouvez pas que c’est encore mieux qu’au cinéma ?
- Je ne sais pas, je n’y suis jamais allé.
Indy se tut un instant et reprit :
- Je vous remercie père.
- De quoi ?
- D’être ici avec moi.
- Et moi je suis content que tu m’accepte enfin.
- Bien. Maintenant, nous allons pouvoir vérifier si tous les chemins mènent vraiment à Rome.