Indiana Jones et la lance du destin
Quand Indy émergea il faisait jour. Il fut aveuglé quelques instants puis il se leva. A côté de lui, son père dormait toujours. Lentement il alla vers la salle de bain. Il ouvrit la porte. Sophia était dans son bain.
- Oh, pardon.
- Non attends ! Tu peux entrer.
- Tu es sûre ?
- Oui.
Il entra en s’efforçant de ne pas regarder malgré toute la mousse qui la recouvrait.
- Bien dormi ? Demanda t’elle.
- Ca peut aller. Et toi ?
- J’ai fait un très beau rêve.
- Ah.
- Tu étais dedans.
- Ah.
- Dis-donc, tu as grossi !
- Tu trouves ?
- Tu prends de l’âge aussi, un jour tu va te faire un sacré tour de reins à force de faire toutes ces cabrioles.
- Justement, j’en profite.
- Penses un peu à ceux qui t’entourent, de temps en temps.
Henry se leva un peu plus tard. Après s’être habillés et restaurés, les deux hommes dirent au revoir à Sophia.
- Je dirais à Trottier que vous viendrez le voir, il sera ravi.
- Merci Sophia, c’est gentil.
- Mais de rien professeur Jones, dit-elle en l’embrassant sur la joue.
- Junior, nous avons un long voyage à faire.
Indy regarda Sophia et s’éloigna.
- Tachez de revenir entier surtout, dit-elle.
- Ne t’inquiète pas, j’ai l’habitude.
- Mais ton père…
- Oh c’est vrai que tout cela n’est plus vraiment de mon âge mais, je préfère accompagner Junior plutôt que de m’ennuyer tout seul chez moi, et puis, il n’irait pas très loin sans moi.
- Tu ira à New-York ? Demanda Indy.
- Dès que possible, je vous attendrai au musée.
- Très bien. Nous ferons vite, je te le promets.
- Tes promesses ne valent rien Jones, je le sais depuis le temps.
- Mais tu ne sais pas encore tout.
Et il s’éloigna.
- Jones.
Il se retourna.
- Merci.
Il inclina la tête et disparut avec Henry.
Ils avancèrent d’un pas marqué dans la rue.
- L’avion pour Nuremberg part dans une demi-heure, il n’y a pas une minute à perdre.
Tout en avançant, Indy remarqua un homme en noir derrière lui.
- Pourvu qu’ils n’aient pas la vraie lance, tu imagine sinon ?
Un autre homme rejoignit le premier.
- Et si ils ont l’incantation et le sorcier ?
Indy fut alerté par son sens irréfutable du danger.
- Père, surtout ne vous retournez pas.
- Pourquoi ?
- Nous sommes suivis.
- Par qui ?
- Des nazis, ils nous ont retrouvé.
- Des nazis ? Mais comment ont-ils pû savoir que nous étions ici ?
- Ils nous suivent depuis le début.
- Mais alors…Sophia…
- Il est trop tard pour faire demi-tour, mais elle saura se défendre, j’en suis sûr.
- C’est un peu rapide comme affirmation !
Une rame de tramway passa devant eux.
- Voilà notre chance, venez père.
D’un pas vif, ils atteignirent la rame et montèrent dedans.
Les deux hommes s’arrêtèrent.
La rame aussi, quelques mètres plus loin.
Indy regarda la foule qui montait et descendait, il vit les deux hommes aller vers la rame.
- C’est pas notre jour.
- Alors quoi ? On saute ?
- La foule nous protège, ils ne tenteront rien ici.
- C’est toi qui le dis.
Indy réfléchit quelques instants tandis qu’il voyait les nazis arriver vers eux. Il vit alors une autre rame passer à contresens.
- Venez père !
- Mais…
Ils sautèrent par-dessus la rame pour se précipiter vers l’autre, le policier de bord les interpella. Indy donna une pièce.
- Désolé pour le retard.
La rame ne s’arrêta pas et continua son chemin.
- Maintenant nous sommes tranquille, dit Indy.
Mais à peine eut-il dit cela qu’elle s’arrêta, deux hommes s’étaient mis sur la voix. Ils montèrent à bord et payèrent le chauffeur. L’un d’eux dit ensuite avec un accent allemand :
- Mesdames et messieurs, cette rame est réquisitionnée, veuillez en sortir.
Les gens quittèrent le tramway en rallant, Indy et Henry allèrent aussi vers la sortie, l’homme brandit un pistolet.
- Pas vous professeur Jones. Vous, vous devez nous suivre.
- Et en quelle occasion ?
- Herr Stratner nous a chargé de vous remettre un cadeau, avec ses sincères salutations.
- Eh bien je suis désolé mais ça devra attendre.
Indy donna un coup de pied à l’homme, l’autre lui tomba dessus, Henry fut projeté hors de la rame. Indy jeta son assaillant par terre et dégaina son revolver. Il tira.
Un clic. Pas de coup.
Plus de balles !
Il grimaça.
Les autres sourirent et brandirent leurs armes. Indy se hissa alors au rebord de la rame pour flanquer un double coup de pied dans les deux hommes qui furent alors projetés contre le conducteur. Il se hissa ensuite sur le toit de la rame. Un nazi monta. Indy décrocha une gauche qui n’atteignit pas son but. Le nazi répliqua d’une droite en pleine mâchoire. Indy fut renversé. La rame trembla. Le nazi perdit l’équilibre et tomba également. La rame avait quittée les rails ! Indy donna un coup de pied, puis un autre, le nazi fut K.O, mais l’autre apparut derrière et ouvrit le feu. Indy roula sur le côté et s’accrocha au rebord de la rame. Il alla vers l’arrière, et lâcha.
Le nazi se laissa retomber et se retourna. Mais il ne vit personne. Il s’approcha alors de l’autre extrémité et regarda la voie, personne non plus. Mais alors où était-il ?
Il se retourna, son cou fut aussitôt saisi par la lanière d’un fouet, il fut tiré en arrière contre Indy qui le saisit par le col.
- Fin du voyage !
- Nein !!
Indy le jeta par dessus-bord, la rame l’écrasa en dévalant une descente. Indy sauta du véhicule qui alla s’écraser un peu plus loin en contrebas contre une voiture qui alla s’écraser contre une boutique de souvenirs.
Indy se releva et regarda la poussière s’élever de l’endroit du crash. Il siffla et remit son chapeau droit sur sa tête avant de calmement ranger son fouet et revenir vers son père qui courrait vers lui.
- Junior ! Tu n’a rien ?
- Ca va, et vous vous n’avez rien ?
- Non, partons vite d’ici mon fils.
- Pour une fois je suis entièrement de votre avis.
Indy fit signe à un taxi, ils montèrent dedans.
- A l’aéroport, vite.
- Stratner sait que nous allons à Nuremberg, dit Henry.
- Peut être pas, il nous a fait suivre, mais si ces hommes étaient les seuls à nous suivre, il ne saura plus rien.
- Mais si il est au courant, tout est fini.
- De toutes façons, prévenu ou pas, il y aura quand même des nazis à Nuremberg et la lance sera tout aussi bien gardée.
- C’est vrai.
Ils arrivèrent à l’aéroport cinq minutes plus tard, Indy régla le taxi et entra dans le bâtiment avec son père. Indy prit bien soin de regarder autour de lui.
- Bien, écoutez-moi père, vous allez embarquer dans l’avion tout de suite.
- Mais toi ?
- Ne vous inquiétez pas je vous rejoindrai après.
- Que va tu faire ?
- Diversion, au cas où il y aurait d’autres nazis dans les parages qui tenteraient de nous faire rester ici.
- Mais tu a dit qu’il n’y avait que les deux du tramway.
- J’ai dit que si ces hommes étaient les seuls à nous suivre Stratner ne saurait rien, Mais comme j‘ai une chance infinie...
- Fais attention surtout.
- J’essaierai.
Indy partit, Henry dit pour lui même :
- Pauvre garçon, il est bien tout le portrait de son père au même âge.
Indy traversa l’aéroport d’un bout à l’autre en marchant rapidement. Il repéra vite deux nouveaux hommes en noir. Et bien qu’il détourna la tête de leur regard, ils l’avaient aussi repéré.
Il sortit alors de l’aéroport et marcha vers le parking, les deux hommes le suivait. Il se faufila entre les rangées et s’accroupit, l’un des deux hommes passa sans le remarquer. Il avança alors lentement vers l’aéroport en se faufilant, quand soudain, il sentit une arme contre sa tempe droite.
- Ne bougez plus professeur Jones.
Indy se figea et se releva.
Le nazi tourna la tête vers son camarade pour l’appeler, Indy n’hésita pas à en profiter.
Il se retourna pour décrocher une droite dans la mâchoire de l’homme, lui faisant perdre son arme. L’autre, alerté, ouvrit le feu. Indy courut vers l’aéroport et entra à nouveau. Les deux hommes coururent vers lui, il chercha une autre sortie et vit une porte dérobée à quelques mètres. Il la franchit et se retrouva dans une petite arrière cour carrée grillagée donna sur la piste. Il y avait un trou dans le grillage. Sans hésiter, il le franchit.
Une fois sur la piste il courut. Il y avait des hangars sur le côté. En face, les avions allaient et venaient. Indy repéra l’avion pour Nuremberg. Il était plusieurs centaines de mètres en avant, à l’autre bout. Sans attendre il courut vers lui.
Il entendit alors une porte s’ouvrir à la volée et des voix allemandes. Il se retourna et vit les deux hommes. Il alla alors dans le hangar le plus proche où se trouvait un bi-moteur et se cacha derrière deux bidons d’essence.
Les deux hommes entrèrent. Il chargea son revolver et attendit.
- Sortez de votre cachette Jones, il n’y a plus aucune issue pour vous.
Ils s’approchèrent lentement, arme brandie. Quand ils furent assez proches, il ouvrit le feu.
Le coup atteignit l’un des deux hommes en plein front, il s’effondra par terre. L’autre roula sur le côté et tira à son tour. Les balles perforèrent les tonneaux, le gasoil se répandit en flaque sur le sol.
Indy quitta sa planque d’une roulade sur le côté avant de se relever et tirer. Il fit le tour, l’homme lui bloqua le passage. Il grimpa alors dans le bi-moteur. L’homme tira, les deux coups se perdirent dans le pare-brise de l’appareil. Indy lanca un coup de pied à l’homme ce qui eu pour effet de lui faire lâcher son arme. Il lui sauta alors dessus. Ils se battirent par terre, nageant dans le pétrole. Indy eut une idée. Il se dégagea et se releva. Et alors, il tira sur la flaque.
Une étincelle. Des flammes. L’homme fut dévoré par les flammes. Il s’agitait dans tous les sens mais sa chair fut rongée de plus en plus. Il tomba à terre inanimé, sa combustion ne prenant fin que quand le corps fut devenu aussi noir qu‘un poulet grillé.
Une horrible odeur de chair carbonisée régnait dans le hangar.
Indy ressortit dehors, son avion s’engageait sur la piste de décollage. Il fallait à tout prix qu’il le rattrape, mais comment ?
Il se retourna vers le hangar, et eut une idée.
Le bi-moteur s’élança en avant à toute vitesse, Indy lança les gaz, il allait vite rattraper son avion. Mais alors, un autre engin atterrit, Indy eut juste le temps de se déporter sur le côté de la piste pour éviter de se faire broyer.
Il revint ensuite sur la piste et rattrapa l’appareil filant à toute allure pour décoller.
Quand il fut arrivé au niveau de l’aile droite, Indy sauta du bi-moteur pour se rattraper à elle. Il se hissa lentement. Les gens l’observait par le hublot avec une totale incompréhension. Indy vit même son père qui était lui aussi dans le même état que les autres.
L’avion quitta le sol. Indy dégringola vers le bas de l’aile, il s’accrocha fermement pour ne pas tomber.
Ses pieds touchèrent quelques chose. Il s’agissait de l’un des trains d’atterrissage situé en dessous de l’aile. Indy prit alors son fouet de sa main droite et se laissa tomber pour lancer la lanière sur le train. Il se retrouva ainsi suspendu au-dessus du vide. Il regarda brièvement le vide sous ses pieds et remonta vivement pour finalement grimper sur le train d’atterrissage. Il repéra une petite trappe au-dessus. Il l’ouvrit et se hissa. Il se retrouva dans la soute à bagages. Il remit son fouet en place et regarda à nouveau le vide. Il secoua la tête en reprenant son souffle et monta tranquillement à l’étage des passagers. En le voyant, les gens l’applaudirent pour le remercier du fabuleux spectacle qu’il leur avait offert. Il se contenta d’avancer vers le siège de son père et de le se laisser tomber dans celui à côté de lui donnant sur la vue extérieure.
- Tu me fera avoir une crise cardiaque un de ces jours !
- Tout va bien maintenant, nous serons tranquille.
- Tranquille ? Comment peux tu dire ça alors que nous allons au cœur du nazisme ?
- Oui eh bien, en attendant, je vais me reposer un peu.
Indy regarda la ville disparaître sous les nuages avant de rabattre son chapeau sur ses yeux. Quand il le relèverait, le paysage serait tout autre.