Indiana Jones et la lance du destin
Ils avaient pris le premier avion qui partait pour San Francisco. Pendant le voyage, ils échangèrent leurs connaissances sur la lance du destin.
- Tu dis n’importe quoi ! S’exclama Henry. Théodose l’a eue jusqu’à la fin de son règne, c’est la lance qui l’a tué !
- Père ne vous énervez pas, je vous dis juste ce que je sais.
- Mais moi aussi.
Henry se calma et reprit :
- Il faudra faire attention, la quête de la lance est sûrement bien plus périlleuse que celle du Grâal.
- Je ne dirais pas cela, les nazis nous ont épargné la partie la plus intéressante, et la plus périlleuse. Il faut juste aller la récupérer.
- Ca c’est ce que tu crois, mais peut-être que la lance n’est pas en Allemagne.
- Quoi ? Comment cela pas en Allemagne ?
- Eh bien, vois-tu, au Moyen-âge, tous les seigneurs désiraient avoir la lance du destin pour gagner leurs guerres, ils la voulait à tel point qu’il ont fait faire des copies de la lance, une multitude de copies qui se sont ensuite éparpillées à travers le monde entier, et qui se sont elles aussi perdues à travers les siècles.
- Mais ce ne sont que des copies.
- Exactement, mais si la lance que les nazis ont récupéré n’était qu’une copie, il faudrait alors découvrir où se trouve la véritable.
- Ne me découragez pas dès le départ père, nous le découvrirons quand nous y serons, et j’espère sincèrement que nous tomberons sur la véritable lance.
L’avion se posa à San Francisco dans la matinée. Indy et Henry déambulèrent dans les rues à la recherche de l’adresse inscrite sur le testament de Marcus.
- Dit moi Junior, pourquoi cette Sophia t’a t’elle quittée après votre aventure à Atlantis?
- Elle ne m’a pas quittée, nous nous sommes juste séparés. Et je ne veux pas en parler. C’est du passé de toutes façons.
- Tu peux bien me le dire, je suis ton père après tout.
- Bon d’accord. A notre retour en Amérique je lui avais proposé un poste au Barnett Collège pour…
- La voir plus souvent.
- …Pour qu’elle m’aide dans mes recherches. Elle a tout le potentiel d’une grande archéologue, mais juste le potentiel…
- Que s’est-il passé ?
- Elle a préférée redevenir médium, j’ai bien essayé de la raisonner mais…nous nous sommes disputés et …et elle est partie.
- C’est fréquent chez toi ce genre de choses.
- Père, s’il vous plait !
- Je ne fais que constater les choses, tu a 46 ans et tu n’es toujours pas marié.
- Quelle femme voudrait d’un homme qui n’est jamais à la maison ?
- Tu devrais plutôt dire, quelle femme voudrait d’un homme comme toi.
- Je ne vois personne.
- C’est difficile à imaginer mais peut être qu’un beau jour tu trouvera ton équivalent dans ce monde.
Indy secoua la tête et regarda le panneau de la rue.
- Lincoln Street, c’est là.
La rue était principalement composée de maisons résidentielles.
Le numéro huit était une maison simple mais accueillante à première vue avec son beau petit jardin fleuri. Indy frappa à la porte. Pas de réponse. Il tourna la poignée. C’était ouvert.
- Oh non, pourvu que…
Il se précipita dans la maison et regarda dans toutes les pièces. Sophia n’était pas là.
- Stratner l’a enlevée.
- Calme-toi, elle doit simplement être sortie.
- Elle n’aurait pas laissé sa porte ouverte.
Son regard traversa tout le salon. Indy vit des objets étranges un peu partout, des boules magnétiques, des cartes de tarot, tout pour le spiritisme sans aucun doute.
- En tous cas elle ne t’a pas oubliée, dit Henry en montrant une photo d’Indy posée sur une table basse. Indy sourit et remarqua deux feuilles sur la table. L’une représentait une carte de Carson City, l’autre était une brève lettre d’un certain Richard qui disait :
« Sophia, rejoint moi vite au gisement, j’ai fait une découverte extraordinaire, viens vite. »
- Tu vois, elle est simplement partie, dit Henry.
- Ca ne dis pas grand chose, il faut aller là-bas, dit Indy en montrant la croix rouge sur la carte.
- Je te suis Junior !
Ils allèrent louer un véhicule en ville, Indy avait choisi une jeep. Ils quittèrent immédiatement San Francisco pour entrer dans le désert de la Sierra Nevada.
- Ce n’est pas clair, Sophia n’a rien à faire là-bas, ce n’est pas une femme de terrain, et encore moins une archéologue.
- Tu a dis qu’elle avait le potentiel pour en devenir une non ?
- Juste le potentiel, elle ne le sera jamais.
- Elle t’a peut être quand même écoutée Junior.
- Ce serait bien la première fois !
- Eh ! Moins vite ! Y’a pas le feu !
- Plus vite nous aurons trouvé Sophia, plus vite nous serons mieux.
- Plus vite tu seras mieux.
- Oh arrêtez père, je vous ai dit que c’était du passé tout ça.
- Le passé vit toujours au présent.
- Cessez donc de me faire la morale et réfléchissez plutôt à la façon dont nous allons récupérer la lance.
- Ce n’est pas la vraie.
- Pourquoi ce ne serait pas la vraie ?
- Ce serait trop facile !
- Oh je vois.
- Quand m’écoutera tu enfin ?
- Quand j’en aurai le temps.
Indy accéléra.
Ils arrivèrent bientôt devant une sorte de cratère, Indy arrêta la jeep. Il remarqua des mouvements au loin.
- Père, donnez-moi les jumelles.
Il regarda au loin et vit plusieurs véhicules arrêtés. Plus loin, des hommes et des femmes s’affairaient, agenouillées au sol. Indy regarda un peu plus à gauche. Il vit une femme rousse d’environ trois ans de moins que lui, elle avait les yeux verts, un nez fin, une bouche soyeuse, elle portait un chemisier mauve et un pantalon beige. Elle était très belle en somme selon Indy. Normal, c’était Sophia.
Il quitta la jeep d’un bond.
- Junior ! Où vas-tu ?
Il avança vers le site, s’interrogeant sur la raison de sa présence ici.
Tout en avançant il vit les autres accroupis près de lui en train de découvrir des ossements. Des paléontologistes, ceci était un site archéologique.
Il continua d’avancer jusqu’à arriver derrière Sophia. Elle parlait avec un homme barbu.
- Surtout allez-y doucement, ce serait dommage de gâcher tout ça. Je viendrais voir où vous en êtes dans une demi-heure.
- Bien madame.
L’homme s’éloigna, Sophia entra dans la tente devant elle pour étudier une carte des lieux. Brusquement elle entendit derrière elle une voix masculine dire :
- Salut Sophia.
Elle ne se retourna pas tout de suite. Elle se contenta de se figer le temps de se rendre compte qu’elle avait réellement entendu ce qu’elle venait d’entendre, car elle avait tout de suite reconnu cette voix.
Elle se retourna et fixa Indy dans les yeux avec un regard perplexe.
- Indiana Jones. Tu es bien la dernière antiquité que je m’attendais à trouver ici.
- Je suis content de te revoir.
Elle le gifla.
- C’est tout ce que tu trouve à me dire, après toutes ces années ?
- C’est toi qui a voulu partir.
- Si tu es venu pour me faire la morale tu peux repartir Jones.
- Non, je suis venu te parler de quelque chose d’important.
- Je t’écoute.
Henry entra alors.
- Alors Junior, tu…oh…veuillez m’excuser.
- Il n’y a pas de mal, dit Sophia. Entrez donc je vous en prie, monsieur…
- Henry Jones Senior, mademoiselle, et je suis enchanté de vous rencontrer, dit-il en allant lui baiser la main.
- Voilà quelqu’un qui a le sens des convenances. Hélas mon cher monsieur Jones, je crains que votre fils n’ai pas hérité de ce don là.
- Hélas oui, à mon grand regret.
Indy soupira.
- Bien, maintenant dites-moi ce que vous êtes venu faire ici.
Indy regardait les fragments de céramique antique disposés sur plusieurs tables de bois.
- Que fais-tu toi ici ?
- Je travaille Jones. Il faut bien gagner sa vie. Je me suis toujours demandé comment tu pouvais financer tes interminables expéditions.
- Les subventions.
- Et qu’est-ce que ça te rapporte ?
- Beaucoup de choses.
- Je pense qu’au lieu de partir au bout du monde, tu devrais commencer par regarder près de toi, tu trouverais surement des trésors bien plus anciens et intéressants, comme ici par exemple.
- Si tu parles de toi je suis tout à fait d’accord.
- Arrête Jones, ce genre de réplique ne marche plus avec moi. Mais au fait, j’ai apprise que tu reviens du Pérou, tu a trouvé ce que tu cherchais ?
- Non, et je ne préfère pas en parler.
- Comme tu voudra.
- Mais je suis content de voir que tu t’intéresse encore à moi.
- Ce sont mes collègues qui m’ont informé. Et puis c’est toujours bien de savoir comment vont les autres de temps en temps, et ce qu’ils découvrent, ou détruisent.
- Alors comme ça tu t’es faite archéologue hein ?
- Oui, et je me suis faite toute seule à ce métier.
- Qu’est-ce qui a bien pû te tomber sur la tête ?
- Toi. Je dois te remercier en fait. Sans ces perles d’orichalque je n’aurais jamais pû avoir tout ça.
- Ces perles que tu m’a volé je te rappelle !
- Tu a tout gardé pour toi espèce de monstre !
- Tu étais censé être une médium à l’époque !
- Ca ne t’empêchai pas de partager.
- Euh s’il vous plaît, interrompit Henry.
Ils s’arrêtèrent, visiblement gênés. Indy reprit :
- Alors, la voyance c’est terminé ?
- Pas vraiment, je garde toujours le don, il m’est très utile.
- Pourtant tu ne m’a pas vu arriver.
- Parce que tu appartiens au passé Jones.
Indy rit.
- Surtout fais bien attention à ne pas encore réveiller des esprits.
- C’est le tien qu’il faudrait réveiller en premier Jones.
Indy resta bouche bée, Sophia avait bien changé depuis la dernière fois qu’il l’avait vu.
- Alors, vous allez rester là toute la journée ou vous allez me dire ce qui vous amène ?
- Marcus Brody est mort.
Cette fois ce fut Sophia qui resta bouche bée.
- Non…ce…ce n’est pas possible !
- Si hélas.
- Comment ? Quand ?
- Il y a trois jours, il a été assassiné.
- Assassiné ?
- C’est une longue histoire.
- Je veux savoir.
- La seule chose que tu dois savoir c’est qu’il te lègue son musée.
Indy lui donna le testament, elle le regarda attentivement, les larmes coulèrent sur ses joues.
- Il m’en a toujours parlé mais…j’ai toujours pensé qu’il disait cela pour plaisanter.
- Non Sophia. Tu dois partir à New-York dès que possible, il y a un vol ce soir.
- Attends…c’est un peu trop rapide pour moi, il y a des choses que vous ne me dîtes pas.
- Je t’ai tout dit. A présent tu nous excusera mais nous devons repartir.
- Attendez ! Vous avez fait tout ce chemin pour me donner ça ?
- Oui Sophia, c’est important, Marcus comptait énormément pour nous tous, et son œuvre doit continuer, il t’a choisi toi et je respecte son choix car je sais qu’il a eu raison de le faire.
Sophia réfléchit quelques instants avant de dire :
- Je viens avec vous.
- Malheureusement nous ne rentrons pas à New York, mais si tu veux je demanderai à ce que l’on vienne te chercher à l’aéroport.
- Où allez-vous ?
- A…
- C’est top-secret ! Interrompit Henry.
- Oh père elle peut bien le savoir. Nous allons récupérer la lance du destin.
- La lance du destin ? La récupérer !?
- Oui, elle est en Allemagne.
- Ca alors ! Mon père fait actuellement des recherches sur les symboles de la crucifixion pour son prochain livre, il pourrait vous aider.
- C’est gentil mais nous avons déjà tout ce qu’il y a à savoir.
- C’est ce que vous croyez.
- Père en sait plus que n’importe qui sur la lance, pas vrai père ?
- Euh…eh bien…juste sur la période médiévale en fait.
- Tu n’essaierai pas de m’empêcher de t’aider Jones ?
- Euh… d’accord…nous irons voir ton père.
- Nous irons le voir demain, il est à San Francisco.
- Pourquoi pas aujourd’hui ?
-…Si tu insistes !
Ils quittèrent la tente.
- Richard, tu prends le relais, je dois m’absenter.
- Mais Sophia…
- Ne discute pas.
Elle rejoignit la jeep d’Indy, ce dernier se braqua.
- Quoi ? Demanda Sophia.
- C’est moi qui conduis !
- Eh bien pas cette fois, sois galant un peu !
Il hocha la tête négativement et monta devant, Henry derrière. La voiture démarra pour s’éloigner rapidement dans le vide désertique.