Indiana Jones et la lance du destin

Chapitre 5

2044 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 01/06/2026 09:33

- Nous y voilà, dit Indy.

- Oui, mais nous sommes à la traîne.

- Non, pas vraiment, Stratner n’a pas encore l’idole.

- Qu’est ce qu’il attend ?

Stratner était plongé dans une tentative de traduction des symboles inscrits sur les cotés de la tombe tandis que ses hommes essayaient d’ouvrir la tombe, en vain.

- Il n’y arrivera pas, dit Indy en souriant. C’est un pilleur de tombes.

- Je n’ai jamais vraiment compris la différence avec l’archéologue.

- L’archéologue est intelligent et honnête, le pilleur de tombes ne s’en sort jamais vivant.

- Bien, ça nous laisse encore une chance alors, non ?

- Oui mais il vaut mieux attendre qu’ils soient partis, comme ça je pourrais tranquillement traduire ces inscriptions sur la tombe.

- Vous pouvez attendre longtemps à mon avis.

Indy vit les péruviens sur le côté.

- Eux sont là, mais où sont les ouvriers ?

- Apparemment ils n’ont pas réchappé aux pièges.

- Stratner est vraiment un enfoiré.

- Vous savez professeur, si vous ne voulez pas avoir plus d’ennuis, nous devrions aller ailleurs, ils pourraient nous voir.

- Tu a raison. 

Indy regarda en face et vit un autre balcon, plus profond.

- Il faut aller en face, nous pourrons descendre en bas.

- Comment le savez-vous ?

- Tu ne sens pas le courant d’air venant d‘en face ?

Indy chercha du regard un objet où accrocher la lanière de son fouet. Par chance, il vit en l’air une série de têtes de statues en forme de jaguar. Il lança son fouet qui s’enroula immédiatement autour des têtes. Il se balança jusqu’à l’autre côté et renvoya le fouet à Kurt.

- Vas-y.

Kurt regarda en contrebas, son vertige lui revint. Il saisissa fermement le fouet et se lança. Un trajet en demi-cercle parfait…jusqu’à ce que la tête de jaguar cède et tombe. Kurt eut heureusement le réflexe de s’agripper au rebord de justesse après un bond surprenant. La tête de jaguar se brisa bruyamment en bas, toutes les têtes se levèrent, Stratner ordonna :

- Qu’attendez vous ? Attrapez cet homme !

Les soldats disparurent, Kurt se hissa sur le rebord.

- Bon sang Kurt, quand fera tu attention ?

Les bruits des bottes clinquantes se rapprochèrent à toute vitesse dans l’escalier pyramidal derrière Indy et Kurt. Indy alla devant et se cacha dans l’ombre. Ils ne tardèrent pas à arriver.

Il accueillit le premier homme d’une droite en pleine mâchoire, ce qui eut pour effet de renverser le soldat dans les marches. Le second reçut un direct du gauche en plein estomac, Indy le jeta ensuite contre les autres, les faisant ainsi dégringoler. Indy n’eut pas pour autant le temps de sourire, des balles de mitraillette fusèrent autour de lui, il dégaina son revolver et visa les visages en bas avant de tirer. Il y eut de brefs « Ah ! » et des bruits d’effondrement. D’autres soldats montèrent, Indy continua de tirer, il abattit deux autres hommes avant que son chargeur ne rende l’âme, son dernier chargeur.

- Rendez-vous Amerikaner ! Dit l’un des soldats.

Indy leva les bras en maugréant. Kurt fit de même, mais l’instant d’après, il se précipita sur une mitraillette devant lui près d’un cadavre et ouvrit le feu tuant trois nazis. L’un des soldats lui bondit alors dessus par derrière, les faisant tous deux tomber, Kurt lâcha son arme, ils luttèrent et l’homme sortit son pistolet. L’arme se tourna lentement vers le visage de Kurt, mais il la détourna difficilement. Finalement un coup partit, dans la jambe gauche de Kurt. Il hurla de douleur et cessa la lutte.

- C’est terminé maintenant ! Dit le soldat.

Indy fixa le nazi d’un regard haineux avant de le suivre.


Les deux aventuriers descendirent l’escalier pyramidal pour se retrouver face à Stratner.

- Jones et son cher associé, rien ne vous arrête décidément !

- Désolé pour le retard, dit Indy.

- Au contraire, vous arrivez à point nommé ! Il se trouve que nous avons quelques difficultés ici. Apparemment ce cher Pachacùtec rechigne à nous confier son petit trésor. Peut être que vous pourriez m’aider ?

- Je vous est déjà répondu clairement sur ce point.

- Et je vous avais clairement parlé des conséquences qu’aurait cette réponse, dit-il en braquant son arme sur Indy. Mais bien sûr, vous pouvez reconsidérer mon offre.

- Non.

- Très bien.

Stratner tira. Mais rien ne se passa. L’arme était enrayée.

- Scheizen !!

- La technologie de votre pays vous fait défaut apparemment, dit Indy avec un rictus.

- Ce n’est rien, mes hommes peuvent se charger de vous.

- Vous n’y arriverez pas sans moi Stratner, vous le savez très bien.

- Peut être oui, peut être non.

Il fit signe à ses hommes qui braquèrent leurs mitraillettes.

- Ouvrez cette tombe docteur Jones, je ne le dirai pas deux fois.

Indy regarda les soldats et s’avança vers la sépulture funéraire. Il s’agenouilla et étudia les inscriptions et les gravures.

- Les gravures parlent du règne de Pachacùtec qui se fit dans le sang, le Sépa Inca fut enfermé ici à jamais et maudit dans toutes ses vies futures. En ouvrant cette tombe, vous réveillerez les ténèbres et…

- Nous connaissons tous ces balivernes docteur Jones ! Ouvrez cette tombe, maintenant !

- Bien, je vous aurais prévenu. Voyons…ces points et ces barres font référence aux chiffres Mayas, le point représente l‘unité, la barre le cinq et le coquillage le zéro. Mais à quoi cela s’applique t’il ?

Il regarda le dessus de la tombe, au centre se trouvait un grand soleil à huit rayons.

- Je me demande si…si ce chiffre est un huit…

Il effleura le rayon du haut et appuya dessus, il s’enfonça.

- C’est ça !

 - Continuez ! Dit Stratner, les yeux miroitants.

- 6...3...5...c’est une combinaison, de droite à gauche…4,1,2.

Il pressa les rayons dans le sens des aiguilles d’une montre.

- …et le zéro…le centre.

Il poussa la sphère centrale. Il y eut un grondement qui ébranla la salle et fit tomber de la poussière des hauteurs. Et lentement, la tombe s’ouvrit.


Le squelette de Pachacùtec était étendu de toute sa longueur, Indy croisa d’abord le regard sans orbites du Sépa Inca, ses yeux descendirent ensuite vers les mains du squelette qui renfermaient un objet enveloppé dans une toile noire : l’idole.

- Poussez vous Jones ! Dit Stratner en poussant violemment Indy sur le côté. Il fixa le squelette puis l’idole.

- La voilà enfin !

Sans aucun respect, il arracha l’idole du squelette, les mains se détachèrent pour aller tomber à quelques mètres de la tombe. Stratner s’apprêta à enlever le morceau de toile.

- Attendez !

- Quoi encore Jones ?

- Je pense qu’il y a une raison pour que l’idole soit couverte ainsi

- Oui, elle a été couverte pour résister au temps et à la poussière, maintenant fermez-là !

Il retira la toile, révélant l’idole. Elle brillait d‘un éclat irréel, or, argent, diamants et cristal la faisait rayonner de mille feux. Elle était magnifique.

Elle n’avait aucune inscription, elle était pure.

Stratner était totalement fasciné par toute cette beauté.

Il rit et leva l’idole au ciel de ses deux bras pour montrer sa victoire.

Le soleil était entré dans la salle par le haut à ciel ouvert. A son contact, l’idole changea brusquement d’éclat.

- Stratner baissez vos bras ! Hurlait Indy.

Mais il n’entendait pas et continuait de rire.

Des rayons dorés se reflétèrent alors contre l’idole. Indy leva les yeux et vit les têtes de jaguar, elles avaient une sorte de lentille dans la geule. Comme pour la salle funéraire.

Au contact de ses rayons, l’idole vira au rouge écarlate, puis au noir.

Stratner la lâcha brusquement, ses mains avaient été brûlées par la brutale chaleur de l’objet. L’idole roula jusqu’à la moitié de la salle à peu près. Les rayons ne la quittait pas, ils se multiplièrent même à cause d’autres statues placées en retrait. Les rayons de ces statues, en forme d’aigle, étaient bleus. Alors l’idole scintilla et explosa, renvoyant tous les rayons vers leur source et faisant exploser toutes les statues.

- Partons d’ici ! Hurla Stratner.

Il déguerpit de la salle avec ses hommes. Toute la structure tremblait et grondait, des bouts de roche se détachèrent. Indy et les siens se ruèrent vers la sortie mais un éboulement les bloqua. Les murs se détachèrent, les statues tombèrent. Tout le temple était en train de s’effondrer.

En s‘effondrant, l’une des parties d’un mur créa un passage.

- Par là ! Hurla Indy.

Ils se ruèrent sans hésiter. Indy vit alors l’idole au sol à quelques mètres, il hésita à aller la prendre. Il y eut un nouveau grondement. Il avança. Toute la partie supérieure de la salle se détacha. Il fit vite demi-tour pour courir à toute vitesse vers la galerie dégagée.

Il rattrapa deux péruviens transportant Kurt.

Le sol tremblait, il allait s’effondrer d’une minute à l’autre.

Nablo était derrière eux, il courait en hurlant, le vide s’ouvrit brusquement sous ses pieds, il tomba dans le plus obscur des vides. Indy et les autres furent déséquilibrés.

- Sortez, je m’occupe de lui !

Les péruviens s’enfuirent, Indy prit Kurt par l’épaule, ils coururent. Derrière eux le sol s’effondrait. L’onde les rattrapa vite. Indy fut renversé en arrière, il lanca son fouet qui alla se fixer sur une poutre encore debout. De son autre bras, il retenait Kurt au-dessus du vide.

- Tiens bon Kurt !

Il avait du mal à tenir son ami d’une seule main, il se sentait presque écartelé, de plus, le bras de Kurt glissait.

- Indy !

- Accroche-toi !

Indy ne retenait plus que la main.

- Indy !!

- Tiens bon je te dis !!

La main suintait trop. Elle lâcha.

Kurt disparut dans les ténèbres.

Indy ne cria pas. Il se contenta de fixer le vide où il avait disparu. Un grondement le fit sortir de sa transe. Il s’agrippa fermement à son fouet et remonta vivement. Il se balança jusqu’au rebord miraculeusement intact et se remit à courir de toutes ses forces. La galerie s’effondra d’elle même. Indy redoubla de vitesse, il aperçut la lumière devant lui. Encore un effort. Il sentait le souffle de la mort contre sa peau. Il bondit en avant. Il était dehors. Un ultime éboulement scella à jamais le passage creusé dans la roche. Indy reprit son souffle allongé par terre. Pablo arriva vers lui.

- Ca va aller señor ?

Indy ne répondit pas, il détourna la tête vers le passage condamné. Pablo comprit quand il vit que Kurt n’était pas là.

- Oh señor, je suis désolé pour votre ami.

Indy se releva.

- Paco est mort aussi. Je ne vous en veux pas, c’est de la faute de ce maudit étranger.

Indy s’approcha de Pablo et lui tapa l’épaule.

- Il le paiera, sois-en sûr.

Indy fixa son chapeau.

- Retournons à Lima, plus rien ne nous retiens ici à présent.


Ils s’éloignèrent vers la jungle. Indy jeta un dernier regard sur l’entrée du temple condamné avant de disparaître vers la civilisation.

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