Trafic de drogue

Chapitre 2 : au QG

1163 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/09/2026 07:17

Le soir même, dans le repaire du gang, les hommes attendent avec impatience les informations à la télévision pour célébrer la mort d'un flic. Mais l'annonce ne vient pas.


« Tu ne l’as pas tué ! s’énerve le boss en se tournant vers la gamine.

- Je ne tue pas les flics ! Ni personne !

- Alors il fallait laisser ton petit ami le faire !

- Non ! Pas devant moi ! »


Sur un signe du boss, les hommes la bousculent violemment. Une gifle monumentale la fait s'effondrer au sol. Les gars la relèvent sans ménagement, et une seconde claque s'abat sur sa joue. Cette fois, elle se relève seule, la lèvre fendue. Le boss lui attrape brutalement le bras et écrase son mégot de cigarette directement sur son poignet.

« Tant qu’il ne sera pas mort, tous les jours j’écraserai mes cigarettes sur ton minable petit corps et chacun de mes hommes te portera un coup par jour, la menace-t-il. Prends ta copine, dit-il à Bryan, et va passer du bon temps avec elle. Je crois qu’elle en a besoin. Arielle ! reprend-il, c’est toi qui dois le tuer.


- Viens, Arielle, fait Bryan en la tirant par le bras. »


La semaine suivante, la bande est de retour sur la plage. Les hématomes sur le visage d'Arielle sont encore bien visibles, côtoyant des marques plus récentes. Cette fois-ci, elle n'est plus en maillot de bain : elle porte un gilet clair et fin pour masquer ses brûlures et ses bleus. Elle ne va pas dans l’eau et se contente de regarder les autres s’amuser.

Quand la grosse berline noire arrive, tous s'y rendent et grimpent à l'intérieur.


« Allez, c’est parti, dit Steve depuis leur voiture de planque. On les suit à distance. »


La berline s’arrête devant un vieil entrepôt désaffecté. En moins de cinq minutes, les jeunes ressortent, les mains chargées de paquets de drogue prêts à être distribués. Bryan est toujours flanqué de la gamine.


« On y va, go go go ! hurle Steve. »


Le 5-0 déboule. Arielle reconnaît immédiatement le visage du flic qu'elle a épargné. Bryan la tire par le bras pour fuir, mais Steve fait feu et touche Bryan à la jambe.


« Sauve-toi ! hurle Bryan à terre. Barre-toi ! »


Steve se jette sur elle et l'attrape. Elle se débat tant bien que mal comme un beau diable. Danny fait signe à Chin et Kono de venir en renfort pour la maintenir et l'embarquer en sécurité dans les cellules du sous-sol du QG.


« Mon foie, Steve ! râle Danny en voyant l'effort de son coéquipier. »

Alors qu'il prononce ces mots, Arielle fixe ses yeux sur Steve qui se relève avec l’aide de son ami tandis qu’elle est poussée à l'arrière de la voiture.

« Il va très bien, ton foie, Danny, réplique Steve, dissimulant de justesse quelques gouttes de sang qui ont traversé sa chemise. »


Au poste, une fois sa chemise changée et son pansement réappliqué, Steve descend au sous-sol. Arielle est assise sur une chaise, les poignets menottés.


« Ça ne sert à rien de te débattre, lance Steve en entrant.

- Tu n’as rien contre moi ! hurle-t-elle.

- C’est vrai. Aucune drogue sur toi.

- Alors relâche-moi !

- Tu vas changer de ton.

- Va te faire voir !

- Qui t’a fait ces marques sur le visage ? demande-t-il en désignant ses bleus.

- Fous-moi la paix !

- Je tiens quand même, malgré ton sale caractère, à te remercier de m’avoir laissé la vie sauve la semaine dernière. C’est pour ça, ces marques ?

- Qui te dit que je t’ai laissé ta minable vie sauve ? réplique-t-elle d'un ton arrogant. J’ai peut-être juste raté ma cible.

- Steve, intervient Kono en pénétrant dans la salle.

- Pas maintenant, dit-il sans quitter la gamine des yeux.

- Si. Maintenant.

- Allez, toutou, suis la gentille dame. »


Steve comprend à son ton qu’une information capitale vient de tomber. Avant de sortir, il allume la caméra de surveillance pour garder un œil sur la petite qui, aussitôt la porte fermée, tente déjà de faire glisser ses poignets hors des fers.

À l’étage, Steve est sur les nerfs. Il déteste être interrompu en plein interrogatoire.


« Qu’est-ce qui se passe ? demande-t-il en gardant un œil sur la gamine via l’écran de contrôle.

- On a enfin obtenu l’accès à son dossier, explique Chin en appuyant sur sa tablette pour afficher la fiche sur le grand écran central.

- Steve... continue Danny, le regard grave. Le dossier a été verrouillé à l'époque par ton père.

- Mon père ? répète Steve, sous le choc.

- John connaissait cette gamine depuis longtemps. C’était sa petite voisine, enchaîne Lou.

- Ton père a fait plusieurs signalements aux services sociaux pour la faire retirer de son milieu familial entre ses 6 ans et ses 8 ans, ajoute Chin.

- Elle a donc 14 ans aujourd’hui... souffle Steve.

- Oui, continue Kono. Elle a aussi un frère de dix ans son aîné, qui vit sur le continent.

- Steve... Ton père est mort avant d'avoir pu la sortir de cette merde, conclut Danny. »


Steve regarde attentivement tout le dossier la concernant, parcourant les rapports écrits de la main de son père. La gamine traînait déjà seule dans les rues depuis ses cinq ans. Chaque soir, en revenant du travail, John la ramenait chez elle. Il allait souvent la chercher plus loin dans la rue alors qu'elle traînait déjà avec ce fameux Bryan, âgé de neuf ans à l’époque.

Plus elle grandissait, plus son père multipliait les signalements. Mais personne ne bougeait, pas même pour une simple visite d'inspection chez les parents de la gamine.


« Dans un rapport, intervient Lou, John leur a bien fait comprendre que s’ils ne bougeaient pas, c’est parce qu’ils avaient la trouille du quartier et des gens avec qui elle traînait.

- Ouais... souffle Steve, la gorge nouée.

- Attends, j’ai mieux ! ajoute Lou en faisant défiler les dernières pages. Dans ce rapport, peu de temps avant son décès...

- Son meurtre, corrige Steve.

- Oui. Ton père a gardé la gamine chez lui presque quinze jours avant que ses parents ne viennent la récupérer.

- Combien de temps avant ? demande Steve, le cœur battant.

- Soixante-douze heures. »


Steve réalise soudain que cette petite était littéralement dans sa maison familiale très peu de temps avant le drame...


« Ne contactez pas son frère, ordonne Steve en faisant déjà demi-tour vers les escaliers du sous-sol. Ne le mettons pas en danger pour rien. »

 

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