Livre 1 - Les secrets d'un Malfoy

Chapitre 10 : Chapitre 10 — Le premier vol

9354 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 08/11/2026 13:28

Chapitre 10 — Le premier vol


La lumière du matin filtrait doucement à travers les hautes fenêtres du dortoir des Serpentard.

Draco Malfoy ouvrit les yeux et resta quelques secondes immobiles, encore à moitié endormi.

 

Il lui fallut un instant pour se rappeler qu'il n'était plus au manoir, mais à Poudlard. Le plafond sombre, les lourds rideaux de son lit à baldaquin et les quelques bruits provenant des autres lits lui rappelèrent rapidement où il se trouvait.

Il repoussa les couvertures et s'assit au bord de son matelas.

 

Cela faisait maintenant quelques jours qu'il avait commencé sa nouvelle vie à Poudlard. Les premiers cours, les longues journées à parcourir le château, les repas dans la Grande Salle et les soirées passées dans la salle commune commençaient déjà à prendre une place dans ses habitudes.

 

La veille avait été une journée particulièrement longue. Entre les premiers cours, les remarques de Rogue et les maladresses de Potter en potions, il avait déjà eu l'impression de vivre plusieurs journées en une seule.

 

Il espérait que celle-ci serait plus intéressante.

Son regard se posa sur sa malle, près du pied de son lit. Il se souvint alors qu'il n'avait pas encore écrit à ses parents depuis son arrivée à Poudlard.

Il leur avait promis de donner régulièrement de ses nouvelles. Et même s'il n'avait pas particulièrement envie de passer sa matinée à rédiger une lettre, il savait que Narcissa apprécierait de recevoir quelques lignes de sa part.

 

Il se leva, ouvrit sa malle et en sortit du papier ainsi que sa plume. Il s'installa à son bureau, prit quelques secondes pour réfléchir, puis commença à écrire.

 

Chers père et mère,

 

Je vous écris pour vous donner quelques nouvelles de mes premiers jours à Poudlard.

La répartition s'est bien passée et, comme prévu, j'ai rejoint Serpentard.

 

Le dortoir est assez confortable, même si je dois partager ma chambre avec plusieurs autres garçons. Je passe notamment beaucoup de temps avec Blaise Zabini et Theodore Nott, que vous connaissez déjà. Comme vous le savez, leurs familles sont de bonne réputation et je veille naturellement à bien choisir les personnes que je fréquente. Ils sont plutôt agréables à côtoyer, même si Zabini parle parfois beaucoup..

 

Les cours ont commencé. La métamorphose est intéressante et le professeur McGonagall est particulièrement exigeante. Les potions sont également assez intéressantes, même si certains élèves semblent avoir beaucoup de difficultés à suivre les instructions.

 

Je me débrouille bien pour le moment et je compte continuer ainsi. J'espère que tout va bien au manoir. Je vous écrirai de nouveau après quelques jours, lorsque j'aurai davantage de choses à vous raconter.

 

Votre fils,

 

Draco.

 

Il relut rapidement sa lettre, satisfait de ce qu'il avait écrit. Il avait volontairement évité de mentionner certains détails, notamment les disputes avec Potter et l'épisode du calamar géant. Il n'y avait aucune raison d'inquiéter ses parents pour des choses aussi insignifiantes.

Il plia soigneusement le parchemin et le glissa dans une enveloppe.

 

Il demanderait à un hibou de l'école de la porter au manoir après le petit déjeuner.

 

Une fois sa lettre rangée, Draco retourna près de son lit pour récupérer ses affaires. Il aperçut Blaise qui commençait à émerger sous ses couvertures, tandis que Theo semblait déjà réveillé depuis un moment.

 

— Tu es debout depuis longtemps ? demanda Blaise d'une voix encore ensommeillée.

 

— Suffisamment pour constater que tu es toujours aussi lent à te réveiller.

 

Blaise entrouvrit un œil.

 

— Bonjour à toi aussi, Malfoy.

 

Theo, déjà assis sur son lit, leva brièvement les yeux vers eux.

 

— Nous devrions peut-être descendre avant que le petit déjeuner soit terminé.

 

Draco acquiesça. Il avait une journée à commencer, et il comptait bien en tirer quelque chose de plus intéressant que la veille.

 

Il rejoignit la Grande Salle en compagnie de Blaise et Theo. À cette heure-ci, les élèves étaient déjà nombreux à prendre leur petit déjeuner. Des conversations animées se mêlaient au bruit des couverts et des bancs que l'on déplaçait sur le sol.

 

Les trois garçons s'installèrent à la table de Serpentard, à leurs places habituelles. Draco se servit quelques tartines et un peu de jus de citrouille, tandis que Blaise commençait déjà à raconter quelque chose à Theo. Ce dernier l'écoutait d'une oreille distraite, occupé à remplir sa tasse.

 

Draco allait justement commencer à manger lorsqu'une volée de hiboux traversa soudain la Grande Salle, provoquant quelques mouvements parmi les élèves. Plusieurs déposèrent des lettres et des paquets devant leurs destinataires, tandis qu'un exemplaire de la Gazette du Sorcier atterrit près de Draco.

 

Il y jeta un regard distrait avant de remarquer un titre qui attira son attention.

 

Intrusion à Gringotts : une chambre forte aurait été visée.

 

Draco fronça légèrement les sourcils et parcourut rapidement les premières lignes.

Quelqu'un se serait introduit dans la célèbre banque des sorciers, mais les circonstances de l'incident restaient particulièrement floues. Les gobelins n'avaient communiqué que très peu d'informations et semblaient peu disposés à répondre aux questions des journalistes.

 

— Qu'est-ce que tu lis ? demanda Blaise.

 

— Apparemment, quelqu'un s'est introduit à Gringotts.

 

Theo releva les yeux.

 

— À Gringotts ? C'est plutôt audacieux.

 

— Ou complètement stupide, répondit Draco. Les gobelins ne plaisantent pas avec la sécurité de leurs coffres.

 

Il parcourut encore quelques lignes, mais l'article ne lui apprit rien de très intéressant.

 

D'après les premières informations, le coffre numéro 713 avait été forcé, mais rien n'avait été dérobé. Les gobelins de Gringotts n'avaient communiqué aucun détail supplémentaire sur son contenu ni sur les raisons de cette intrusion.

 

Draco trouva l'affaire étrange, mais pas suffisamment intéressante pour s'y attarder davantage. Après tout, cela ne le concernait pas.

Il replia le journal et le posa près de son assiette

.

— Tu crois qu'ils vont attrapé le voleur ? demanda Blaise.

 

— Je n'en sais rien. Et ce n'est pas comme si cela allait changer ma journée.

 

Draco reprit tranquillement son petit déjeuner.

 

Après avoir pris leur petit déjeuner dans la Grande Salle, Draco se rendit à la volière pour confier sa lettre à son hibou. Son grand-duc, reconnaissable à son plumage clair et à sa taille imposante, était perché sur l'un des supports près d'une ouverture. À l'approche de Draco, il tourna la tête vers lui.

 

Le garçon lui tendit doucement le bras et l'oiseau vint s'y poser. Draco attacha soigneusement l'enveloppe à sa patte avant de lui caresser brièvement les plumes.

 

— Porte-la à mes parents.

 

Le grand-duc poussa un léger hululement, puis prit son envol par l'une des ouvertures.

 

Draco suivit sa silhouette jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le ciel. Il espérait que ses parents lui répondraient rapidement.

 

Lorsqu'il rejoignit Blaise et Theo, ces derniers l'attendaient près de l'entrée de la cour intérieure.

 

— Tu as pris ton temps, remarqua Blaise.

 

— J'avais quelque chose à faire.

 

— Une affaire importante ?

 

— Plus importante que de t'écouter parler, en tout cas.

 

Blaise posa une main sur sa poitrine, faussement blessé.

 

— Tu sais toujours trouver les mots pour me toucher.

 

Theo consulta son emploi du temps.

 

— Nous avons notre premier cours de vol ce matin.

 

Le visage de Draco s'éclaira légèrement. Enfin une matière qui avait des chances de lui plaire.

 

Il avait appris à voler bien avant son arrivée à Poudlard. Lucius lui avait fait donner ses premières leçons plusieurs années auparavant et, depuis, Draco avait passé de nombreuses heures sur son balai. Il connaissait les bases, les mouvements et les précautions à prendre. Il n'avait donc aucune raison de redouter ce cours.

 

— J'espère au moins que le professeur Bibine nous fera rapidement passer à la pratique, déclara-t-il.

 

— Tu as l'air particulièrement impatient, remarqua Theo.

 

Blaise esquissa un sourire.

 

— Il veut probablement nous montrer ce qu'un Malfoy sait faire sur un balai.

 

Draco redressa légèrement le menton.

 

— Je n'ai pas besoin de le montrer. Certains d'entre nous savent déjà voler.

 

— Quelle modestie, murmura Theo.

 

Draco eut un petit sourire satisfait. Il avait déjà une idée de ceux qui risquaient de se ridiculiser.

 

Madame Bibine leur fit signe de se mettre en rang avant de les conduire vers le terrain de vol.

 

 Les élèves ramassèrent leurs affaires et se regroupèrent derrière elle, certains discutant avec enthousiasme, d'autres affichant une inquiétude moins discrète.

 

Draco marcha aux côtés de Blaise et Theo. Il jeta un coup d'œil aux autres élèves, remarquant notamment que Londubat semblait particulièrement nerveux. Weasley, quant à lui, continuait de parler avec Potter, sans doute pour lui faire part de ses appréhensions.

 

— J'espère au moins que nous n'allons pas passer toute l'heure à attendre que certains apprennent à tenir leur balai, marmonna Draco.

 

— Tu pourrais toujours leur proposer tes services, répondit Blaise avec un sourire amusé.

 

— Je préfère encore éviter de perdre mon temps.

 

Ils quittèrent le château et traversèrent une partie du parc. L'air frais de la matinée leur parvenait tandis que le terrain de Quidditch se dessinait peu à peu devant eux.

 

Le terrain s'étendait devant eux, immense, avec ses trois anneaux dressés à chaque extrémité. Plusieurs balais étaient alignés sur le sol, attendant les élèves.

 

Madame Bibine les attendait au milieu du terrain. Ses cheveux courts et gris, ses yeux jaunes et son expression sévère lui donnaient une allure qui ne laissait guère de place aux bavardages.

 

— Bien. Mettez-vous en ligne, chacun à côté d'un balai. Dépêchez-vous.

 

Les élèves obéirent. Draco se plaça à côté du sien et l'examina rapidement. Le modèle était correct, même s'il n'aurait pas choisi celui-là pour son usage personnel.

 

— Tendez votre main droite au-dessus du balai, ordonna Madame Bibine. Et dites : « Debout ! »

 

— Debout !

 

Le balai de Draco bondit immédiatement dans sa main. Il l'attrapa avec assurance et esquissa un sourire satisfait. Rien de bien compliqué.

 

Il avait déjà volé à plusieurs reprises avant son arrivée à Poudlard. Lucius lui avait appris les bases et Draco avait toujours apprécié cette sensation de liberté lorsqu'il s'élevait dans les airs. Il n'avait donc aucune raison de rencontrer des difficultés avec un simple exercice.

 

Autour de lui, plusieurs élèves eurent moins de chance. Certains balais roulèrent sur le côté, d'autres ne bougèrent pas du tout.

 

Neville Londubat, en particulier, semblait avoir du mal à obtenir la moindre réaction du sien.

 

— Debout ! répéta-t-il d'une voix hésitante.

 

Son balai remua légèrement, puis retomba dans l'herbe. Un peu plus loin, Ron Weasley semblait rencontrer un problème d'une toute autre nature. Après avoir répété l'ordre plusieurs fois, son balai finit par bondir si brusquement qu'il lui heurta le visage.

 

— Aïe !

 

Ron recula en portant une main à son nez. Blaise éclata de rire.

 

— Voilà une façon plutôt originale de se faire obéir par un balai.

 

Theo dissimula un sourire derrière sa main.

 

— Au moins, le sien a réagi.

 

Draco laissa échapper un rire moqueur.

 

— Il faudrait peut-être lui expliquer qu'il doit le tenir par le manche, pas le recevoir en pleine figure.

 

Blaise rit de plus belle. De leur côté, les deux garçons avaient finalement réussi à faire venir leurs balais, même si cela leur avait demandé plusieurs tentatives. Celui de Blaise avait d'abord roulé sur le côté avant de finir par bondir dans sa main. Theo, lui, avait dû répéter l'ordre deux fois avant d'obtenir le résultat attendu.

 

Draco reporta ensuite son attention sur Hermione Granger. La jeune fille fixait son balai avec une concentration presque excessive.

 

— Debout ! lança-t-elle.

 

Rien ne se produisit. Elle réessaya, avec davantage d'assurance cette fois, mais son balai resta obstinément posé dans l'herbe.

 

Draco ne put retenir un sourire satisfait. Pour une fois, Granger ne semblait pas être la meilleure de la classe. Il avait au moins un domaine dans lequel il n'aurait pas à subir ses performances.

 

— Debout !

 

Un balai bondit soudain dans une main, à quelques mètres de lui. Draco tourna la tête.

Harry Potter venait de réussir du premier coup.

Son sourire s'effaça aussitôt. Évidemment. Il ne manquait plus que ça.

 

Madame Bibine passa entre les rangées afin de vérifier que chacun tenait correctement son balai. Lorsqu'elle arriva devant Draco, elle s'arrêta.

 

— Vous avez déjà volé, monsieur Malfoy ?

 

— Bien sûr, professeur.

 

Elle observa sa position, puis le manche de son balai.

 

— Cela se voit. Vous avez cependant pris quelques habitudes qu'il faudra corriger.

 

Draco fronça légèrement les sourcils.

 

— Lesquelles ?

 

— Votre position des mains, notamment. Vous avez tendance à trop tirer sur le manche. Cela peut vous faire perdre de la stabilité dans les changements de direction.

 

Il se redressa un peu. Il n'avait jamais eu de problème avec sa façon de voler auparavant.

 

— Je ferai attention, professeur, répondit-il avec une politesse un peu raide.

 

Madame Bibine poursuivit sa tournée sans ajouter de commentaire. Draco resserra les doigts autour du manche. Il n'appréciait pas particulièrement qu'on lui explique comment faire quelque chose qu'il maîtrisait déjà, mais il n'allait certainement pas se disputer avec leur professeur dès le premier cours.

 

— Lorsque je sifflerai, vous donnerez un coup de pied au sol et vous vous élèverez de quelques mètres, expliqua Madame Bibine. Puis vous vous pencherez légèrement en avant pour redescendre. Attendez mon signal. Et surtout, ne vous éloignez pas de moi.

 

Elle porta son sifflet à ses lèvres. Le son aigu retentit. Les élèves décollèrent presque simultanément. Draco s'éleva sans difficulté. Il ajusta légèrement sa position, prit de la hauteur et stabilisa son balai avec assurance.

Le vent lui effleura le visage.

 

Voilà qui était nettement plus intéressant que les cours de théorie. Il jeta un coup d'œil aux autres élèves. Blaise avait réussi à décoller, bien qu'il semblât davantage occupé à sourire qu'à se concentrer. Theo, lui, restait parfaitement stable dans les airs.

 

Un peu plus loin, Harry Potter avait également pris de la hauteur. Draco détourna les yeux. Il n'avait aucune envie de s'intéresser à lui.

 

— Très bien ! Redescendez doucement ! ordonna Madame Bibine.

 

Draco suivit les instructions sans difficulté et retrouva le sol avec une réception propre. Il posa un pied dans l'herbe et redressa les épaules, satisfait. C'est alors qu'un cri retentit.

 

— NEVILLE !

 

Draco tourna brusquement la tête. Londubat venait de s'élever beaucoup trop haut. Son balai semblait lui échapper et ses bras s'agitaient dans tous les sens. Madame Bibine leva les yeux, horrifiée.

 

— Ne lâchez pas votre balai ! Londubat, agrippez-vous !

 

Mais Neville n'arrivait plus à contrôler sa trajectoire. Il monta encore de quelques mètres avant de basculer dangereusement sur le côté.

Puis il fut projeté dans les airs.

Son corps retomba lourdement sur le sol, provoquant plusieurs cris parmi les élèves.

Madame Bibine se précipita vers lui.

 

— Personne ne bouge ! Je vais l'accompagner à l'infirmerie. Vous restez ici et vous ne touchez pas à vos balais !

 

Elle aida Neville à se relever avec précaution, puis quitta le terrain avec lui. Les élèves échangèrent des regards inquiets.

 

Draco observa le balai de Londubat, toujours posé dans l'herbe. Il n'eut pas le temps de faire un commentaire. Un petit objet rond et rouge venait de rouler dans l'herbe, non loin de Potter.

Il s'approcha et le ramassa.

 

Une petite sphère de verre reposait dans sa paume. Il la fit tourner entre ses doigts, intrigué par la fumée rougeâtre qui semblait prisonnière à l'intérieur.

 

— C'est un Rapeltout, remarqua Ron Weasley. Il appartient à Neville.

 

Draco leva les yeux vers lui.

 

— Londubat a donc réussi à perdre quelque chose d'autre ?

 

— Rends-le-lui, Malfoy, intervint Harry.

 

Draco tourna lentement la tête vers Potter. Un sourire en coin étira ses lèvres.

 

— Tu donnes des ordres, maintenant ?

 

— Ce n'est pas le tien. Il faut le rendre à Neville.

 

— Je l'ai trouvé, Potter. Je pourrais très bien le garder.

 

— Ce serait du vol.

 

Draco haussa les sourcils, faussement étonné.

 

— Comme c'est courageux de ta part de défendre les affaires des autres.

 

Harry tendit la main.

 

— Donne-le-moi.

 

Draco referma les doigts autour du Rapeltout.

 

— Pourquoi ? Tu comptes le rapporter toi-même ?

 

— Oui.

 

— Alors viens le chercher.

 

Il recula de quelques pas, son sourire s'élargissant. Harry fronça les sourcils, tandis que Ron semblait déjà prêt à intervenir.

 

— Malfoy, ne fais pas l'idiot, lança Blaise.

 

Draco ne lui accorda qu'un bref regard.

 

— Je sais ce que je fais.

 

Il enfourcha son balai et donna une impulsion au sol. En quelques secondes, il s'éleva au-dessus de l'herbe, le Rapeltout toujours serré dans sa main.

 

Il n'avait aucune intention de faire tomber l'objet. Il voulait simplement obliger Potter à venir le récupérer.

 

— Alors, Potter ? lança-t-il depuis les airs. Tu comptes rester là à me regarder ?

 

Harry leva les yeux vers lui.

 

— Redescends, Malfoy.

 

— Tu as peur de voler, Potter ?

 

Quelques élèves échangèrent des regards. Blaise observait la scène avec un sourire amusé, tandis que Theo semblait déjà prévoir les ennuis que cette petite démonstration risquait de provoquer.

 

— Tu ferais mieux de lui rendre, Draco, conseilla Theo.

 

— Je n'ai pas besoin de tes conseils, Nott.

 

Draco fit légèrement tourner son balai, prenant un peu plus de hauteur.

 

— Allez, Potter ! Je croyais que tu voulais le Rapeltout !

 

Ron observa Harry avec un sourire encourageant.

 

— Vas-y, Harry ! Montre-lui !

 

— Harry, non ! intervint Hermione. Madame Bibine nous a dit de ne pas toucher à nos balais pendant son absence !

 

Mais Harry avait déjà attrapé le sien. Draco eut un sourire satisfait. Enfin.

 

Harry donna un coup de pied au sol et s'éleva dans les airs. Quelques exclamations retentirent parmi les élèves.

 

— Il est monté ! s'écria Blaise.

 

— Nous avions remarqué, Zabini, répondit Theo sans quitter les deux garçons des yeux.

 

Draco observa Potter approcher. Il avait l'air moins maladroit que prévu, mais cela ne changeait rien. Draco avait des années d'expérience derrière lui. Il connaissait son balai, savait prendre de la hauteur et maîtrisait les changements de direction.

 

— Tu n'es pas si mauvais pour quelqu'un qui vient à peine d'apprendre à voler, lança-t-il.

 

— Et toi, tu parles beaucoup pour quelqu'un qui refuse de rendre un objet !

 

— Tu devrais plutôt te concentrer sur ton balai !

 

Harry se rapprocha encore.

 

— Tu pourrais aussi arrêter de te comporter comme un gamin !

 

Le sourire de Draco se crispa.

 

— Fais attention à ce que tu racontes, Potter.

 

Il accéléra légèrement, obligeant Harry à suivre le mouvement.

 

Les deux garçons décrivirent un arc au-dessus du terrain. Draco entendait les voix de leurs camarades en contrebas, mais il ne leur prêtait plus attention. Il voulait voir Potter essayer de le rattraper. Il voulait lui montrer qu'il n'avait aucune chance de rivaliser avec lui. Et surtout, il voulait gagner.

 

Il se souvint brièvement des mots écrits dans le journal la veille. "Essaie de garder ton calme et de ne pas laisser ton orgueil décider à ta place."

 

Draco pinça les lèvres. Il n'avait certainement pas besoin qu'un livre lui explique comment se comporter sur un balai.

 

Il était parfaitement capable de gérer la situation.

Alors, au lieu de redescendre, il leva le bras et lança le Rapeltout le plus haut possible.

 

— Voyons si tu es aussi doué que ça, Potter !

 

Harry leva les yeux vers la petite sphère qui montait dans les airs, puis reporta son attention sur Draco.

 

— Tu sais, Malfoy, si tu étais vraiment aussi bon que tu le prétends, tu n'aurais pas besoin de voler aussi haut pour te donner en spectacle.

 

Le sourire de Draco disparut.

 

— Pardon ?

 

— Tu m'as très bien entendu.

 

— Tu crois vraiment pouvoir faire mieux que moi ?

 

Harry haussa les épaules.

 

— Pour l'instant, je vois surtout quelqu'un qui a besoin de lancer les affaires des autres pour attirer l'attention.

 

Quelques rires étouffés s'élevèrent du groupe en contrebas. Draco sentit ses joues chauffer. Il n'avait pas l'habitude qu'on lui réponde de cette façon. Encore moins devant autant de monde. Potter venait de le ridiculiser et il n'allait certainement pas le laisser s'en tirer.

 

— Très bien, Potter. Puisque tu sembles tellement sûr de toi…

 

Draco cessa de faire passer le Rapeltout d'une main à l'autre. Il referma les doigts autour de la petite sphère, le regard fixé sur Potter.

 

— Voyons si tu es capable de suivre.

 

Avant que Harry ait le temps de répondre, Draco lança la petite sphère rouge de toutes ses forces, dans une direction qui l'éloignait du terrain et la rapprochait du château.

 

— Harry ! cria Hermione depuis le sol.

 

Harry ne prit pas le temps de répondre. Il inclina son balai et partit aussitôt à la poursuite de l'objet. Draco le suivit du regard.

 

Potter accéléra, se pencha dangereusement en avant et prit de la vitesse. Le Rapeltout descendait rapidement vers le château. Pendant un instant, Draco crut qu'il allait le manquer. Mais Harry redressa brusquement son balai et tendit le bras. Ses doigts se refermèrent sur la sphère rouge à quelques centimètres seulement d'une fenêtre.

 

Draco se figea. Harry venait de l'attraper en plein vol, juste devant une haute fenêtre du château.

Et derrière cette fenêtre, une silhouette venait de se lever.

 

Potter venait de réussir une manœuvre que Draco n'aurait pas été certain de réaliser lui-même à cette vitesse. Autour du terrain, les exclamations ne tardèrent pas à éclater.

 

— Tu as vu ça ?

 

— Il est incroyable !

 

— Il a attrapé le Rapeltout !

 

Blaise avait les yeux levés vers Harry.

 

— Eh bien… Il sait vraiment voler.

 

Theo ne répondit pas immédiatement. Son regard passa de Potter à Draco.

 

— On dirait que tu as trouvé un adversaire, Malfoy.

 

Draco serra les dents. Il n'avait pas demandé à trouver un adversaire. Et il n'avait certainement pas l'intention d'admettre que Potter venait de l'impressionner. Et il l'avait fait avec une facilité déconcertante.

 

Il serra les mâchoires. Il n'avait pas apprécié le spectacle. Harry redescendit, son Rapeltout à la main. Il semblait lui-même surpris de ce qu'il venait de faire.

 

Mais avant que Draco ait le temps de lui adresser une nouvelle remarque, une voix retentit derrière eux.

 

— Potter !

 

Le professeur McGonagall venait d'arriver. Elle traversa le terrain d'un pas rapide et s'arrêta devant Harry.

 

— Venez avec moi. Tout de suite.

 

Harry cligna des yeux.

 

— Mais, professeur, je…

 

— Pas un mot. Venez.

 

Draco observa la scène avec une satisfaction prudente. Potter allait probablement recevoir une punition. Il l'avait bien méritée.

 

— Qu'est-ce qu'elle lui veut ? demanda Blaise.

 

— Sans doute lui expliquer qu'il n'a pas le droit de faire n'importe quoi sur un balai, répondit Draco.

 

Theo regarda Harry disparaître avec la professeure.

 

— Tu n'as pas l'air convaincu.

 

— Je ne vois pas pourquoi je le serais.

 

Il croisa les bras. Il espérait simplement que Potter allait recevoir une punition à la hauteur de son imprudence.

 

Le reste de la matinée passa sans incident particulier. Après avoir quitté le terrain, Draco retrouva Blaise et Theo pour rejoindre les cours suivants. Il n'eut cependant pas besoin d'attendre longtemps pour apprendre ce que McGonagall avait voulu à Harry.

 

La nouvelle circulait déjà dans les couloirs.

Potter avait été choisi pour intégrer l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Comme attrapeur.

 

Draco s'arrêta net lorsqu'il entendit deux élèves en parler près d'un escalier.

 

— McGonagall l'a fait entrer dans l'équipe ? demanda Blaise, qui avait entendu la conversation lui aussi.

 

— C'est ce qu'ils racontent, répondit Theo.

 

Draco se retourna vers eux.

 

— C'est ridicule.

 

— Pourquoi ? demanda Blaise.

 

— Il est en première année ! Les premières années n'ont normalement pas le droit d'avoir leur propre balai, encore moins d'intégrer une équipe.

 

— Il paraît que McGonagall a obtenu une autorisation spéciale, expliqua Theo.

 

Draco pinça les lèvres. Une autorisation spéciale.

Bien entendu. Potter pouvait donc enfreindre les règles, se donner en spectacle devant toute la classe et recevoir une place dans l'équipe de Gryffondor.

 

Et lui, qui savait voler depuis des années, n'avait même pas été remarqué.

 

— Il a simplement eu de la chance, marmonna-t-il.

 

Blaise lui adressa un sourire amusé.

 

— Tu as l'air contrarié, Draco.

 

— Je ne suis pas contrarié.

 

— Bien sûr. Tu as simplement l'air de vouloir assassiner Potter avec ton regard.

 

— Il n'a rien d'exceptionnel.

 

Theo pencha légèrement la tête.

 

— Il a tout de même réussi à attraper le Rapeltout en plein vol.

 

Draco lui lança un regard froid.

 

— Tu pourrais éviter de prendre son parti.

 

— Je ne prends le parti de personne. Je constate simplement ce qui s'est passé.

 

Blaise glissa les mains dans ses poches.

 

— Il faut reconnaître qu'il est plutôt doué.

 

— Il est surtout très chanceux.

 

Draco reprit sa marche sans attendre leur réponse. Il ne comptait certainement pas laisser Potter lui voler toute l'attention de Poudlard.

 

Au détour d'un couloir, il aperçut justement le garçon en question. Harry Potter avançait en compagnie de Ronald Weasley, leurs conversations s'interrompant lorsqu'ils remarquèrent les trois Serpentard. Draco ralentit volontairement.

 

— Tiens, tiens. Voilà notre nouvel attrapeur.

 

Harry leva les yeux au ciel.

 

— Qu'est-ce que tu veux, Malfoy ?

 

— Rien de particulier. Je voulais simplement féliciter notre célèbre Potter. Une seule leçon de vol et te voilà déjà avec une place dans l'équipe de Gryffondor. Tu as dû faire forte impression.

 

Ron fronça les sourcils.

 

— McGonagall l'a choisi parce qu'il est doué. Pas besoin d'être jaloux.

 

Draco tourna lentement la tête vers lui.

 

— Je ne me souviens pas t'avoir adressé la parole, Weasley.

 

— Tu ferais mieux de surveiller ce que tu racontes !

 

— Et toi, tu ferais mieux d'apprendre à tenir ta langue. Cela t'éviterait peut-être de dire des sottises.

 

Blaise étouffa un rire derrière lui. Theo, lui, observait les deux Gryffondor avec un intérêt tranquille. Harry fit un pas en avant.

 

— Tu as un problème avec moi ?

 

Draco haussa les sourcils.

 

— Plusieurs, en réalité. Mais le principal, c'est que tu sembles croire que parce qu'une professeure t'a remarqué, tu es devenu quelqu'un d'important.

 

— Je n'ai jamais prétendu ça.

 

— Tu n'en as pas besoin. Ton petit numéro dans les airs était déjà suffisamment ridicule.

 

Harry serra la mâchoire.

 

— Au moins, moi, je n'ai pas besoin de provoquer les autres pour me faire remarquer.

 

Le sourire de Draco se crispa.

 

— Tu veux peut-être vérifier si tu es aussi courageux quand tu n'es pas sur ton balai ?

 

Ron fit aussitôt un pas en avant.

 

— Laisse Harry tranquille, Malfoy. Si tu as quelque chose à lui reprocher, dit-lui au lieu de chercher à l'humilier devant tout le monde.

 

— C'est justement ce que je fais, Weasley, répliqua Draco avec un sourire froid. Mais peut-être que Potter préfère garder ses exploits pour les professeurs.

 

Harry ne détourna pas les yeux.

 

— Qu'est-ce que tu proposes ?

 

Draco sentit son humeur s'améliorer aussitôt.

 

— Un duel. Ce soir. À minuit, dans la salle des trophées.

 

Theo laissa échapper un léger soupir derrière lui.

 

— Draco…

 

Mais il n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit.

 

— J'espère que tu sais au moins te servir de ta baguette, lança Ron avec un sourire provocateur. Parce que si tu comptes impressionner Harry, tu risques d'être déçu.

 

Draco tourna la tête vers lui.

 

— Tu veux peut-être prendre sa place, Weasley ?

 

— Non, mais je serai son second.

 

Blaise se redressa aussitôt.

 

— Dans ce cas, je serai celui de Draco.

 

Ron croisa les bras.

 

— Tu crois vraiment que ça va changer quelque chose ?

 

— Je crois surtout qu'il serait dommage de vous laisser croire que vous avez déjà gagné.

 

— Vous feriez mieux de vous préparer à perdre, répliqua Ron.

 

— Nous verrons bien, Weasley.

 

Harry leva une main pour interrompre leur échange.

 

— Ça suffit. J'ai accepté le duel.

 

Draco eut un sourire satisfait.

 

— Parfait. À minuit, alors. Et tâche de ne pas être en retard, Potter.

 

 Il tourna les talons, suivi de Blaise et Theo. Il pouvait presque sentir le regard de Potter dans son dos.

 

— Tu es vraiment incapable de laisser passer une occasion de provoquer quelqu'un, remarqua Theo lorsqu'ils furent assez loin.

 

— Il l'a bien mérité.

 

Blaise esquissa un sourire.

 

— Et tu es certain que Potter viendra ?

 

Draco releva le menton.

 

— Il a accepté. À moins que les Gryffondor ne soient tous aussi lâches qu'on le raconte, il sera là.

 

Il avait hâte d'y être. Potter allait peut-être découvrir qu'être le nouvel attrapeur de Gryffondor ne faisait pas de lui un adversaire à sa hauteur.

 

Draco retourna au dortoir avec Blaise et Theo. Les trois garçons échangèrent encore quelques remarques sur leur journée en remontant l'escalier, mais Draco avait déjà l'esprit ailleurs.

 

Le duel. Il avait accepté de se battre contre Potter à minuit. Sur le moment, cela lui avait paru être une excellente idée. Maintenant que l'excitation de la confrontation était retombée, il commençait à se demander s'il n'avait pas agi un peu trop vite.

 

Une fois dans le dortoir, Blaise et Theo déposèrent leurs affaires près de leurs lits.

 

— Je descends dans la salle commune, annonça Blaise. Tu viens, Theo ?

 

— Dans un instant.

 

Draco profita de leur départ pour sortir discrètement son journal de sous son oreiller. Il attendit d'entendre leurs pas s'éloigner dans l'escalier avant de s'asseoir sur son lit.

Il ouvrit le carnet à une page vierge, prit sa plume et commença à écrire.

 

"J'ai eu mon premier cours de vol aujourd'hui."

 

Il raconta rapidement l'accident de Londubat, puis la manière dont Potter avait réussi à rattraper le Rapeltout. Il ajouta que McGonagall l'avait ensuite choisi comme attrapeur de Gryffondor. Il poursuivit avec leur altercation dans les couloirs, sans oublier de préciser que Potter avait accepté son défi.

 

"Je lui ai donné rendez-vous à minuit dans la salle des trophées. Weasley sera son second et Zabini sera le mien."

 

Draco posa sa plume et attendit. Quelques instants plus tard, une nouvelle phrase apparut sur le papier.

 

"Tu as donc passé ta journée à provoquer Potter, à te vexer parce qu'il a réussi à attirer l'attention, puis à organiser un duel au beau milieu de la nuit. Tu as réussi à faire tenir beaucoup de sottises dans une seule journée. Et après cela, tu t'étonnes que je ne te raconte pas tout ? Tu ignores systématiquement mes avertissements, tu agis sans réfléchir et tu sembles ensuite surpris lorsque je refuse de te donner davantage de détails sur l'avenir."

 

Draco fronça les sourcils.

 

— C'est facile à dire quand on n'est pas à ma place, marmonna-t-il.

 

Il se pencha de nouveau sur le journal.

 

"Tu pourrais au moins essayer de soutenir ton propre passé."

 

La réponse ne tarda pas.

 

"Je te soutiens. C'est justement pour cette raison que je te dis que tu te comportes comme un idiot."

 

Draco pinça les lèvres.

 

"Potter m'a provoqué. Je n'allais tout de même pas le laisser s'en tirer."

 

"Tu aurais aussi pu l'ignorer."

 

"Et le laisser croire qu'il m'a fait peur ? Certainement pas."

 

Une nouvelle phrase apparut, suivie d'un léger silence.

 

"Tu n'as donc pas changé autant que je l'espérais."

 

Draco leva les yeux au ciel.

 

— Très drôle.

 

Il reprit sa plume.

 

"Tu crois que je devrais y aller ?"

 

Cette fois, il attendit un peu plus longtemps. Il n'était pas certain de vouloir connaître la réponse. Une partie de lui commençait à regretter ce défi. Un duel à minuit, sans professeur pour les surveiller, pouvait facilement mal tourner. Et s'ils se faisaient prendre, les conséquences risquaient d'être désagréables.

Il finit par ajouter :

 

"Je pourrais toujours prévenir un professeur et simplement ne pas me présenter."

 

Les mots du journal apparurent lentement.

 

"Tu as donné ta parole à Potter. Tu devrais la respecter."

 

Draco grimaça.

 

"Tu veux donc que j'aille me battre contre lui ?"

 

"Je veux que tu assumes les conséquences de tes propres décisions. Cela ne signifie pas que tu dois chercher à lui faire du mal, ni que tu dois laisser ton orgueil décider de la manière dont les choses vont se terminer."

 

Draco relut la réponse. Il n'aimait pas particulièrement ce conseil. Il aurait préféré que son futur lui lui donne une bonne raison d'annuler le duel sans perdre la face.

 

"Et si Rusard nous attrape ?"

 

"Alors tu devras également assumer cette conséquence."

 

Draco poussa un soupir contrarié.

 

— Tu n'es vraiment d'aucune aide.

 

Il referma le journal, mais le garda quelques secondes entre ses mains. Il n'avait toujours pas envie de renoncer au duel. Potter avait accepté et Draco comptait bien lui montrer qu'il ne suffisait pas d'être un excellent attrapeur pour impressionner tout le monde.

 

Il glissa finalement le carnet sous son oreiller, vérifia qu'il était bien dissimulé, puis se leva.

Il était temps de rejoindre Blaise et Theo.

 

Et, à minuit, Potter découvrirait qu'il aurait mieux fait de réfléchir avant d'accepter son défi.

 

La soirée approchait lorsque Draco retrouva Blaise et Theo dans la salle commune. Il s'installa dans un fauteuil près de la cheminée lorsqu'il entendit Blaise évoquer le match de Quidditch à venir.

 

— Tu comptes aller voir Potter jouer ?

 

Draco releva les yeux de son livre.

 

— Certainement pas.

 

— Même pas par curiosité ?

 

— Je n'ai aucune raison de perdre mon temps à regarder un Gryffondor.

 

Theo s'installa à proximité.

 

— Tu pourrais au moins reconnaître qu'il sait voler.

 

— Je n'ai jamais dit le contraire.

 

Blaise sourit.

 

— Tu viens pourtant de passer la journée à prétendre qu'il avait seulement eu de la chance.

 

— Parce que c'est le cas.

 

— Bien sûr.

 

Draco referma son livre.

 

— Vous avez terminé ?

 

— Pour le moment, répondit Blaise.

 

Draco lui lança un regard méfiant. Il connaissait déjà ce ton. Il allait encore être la cible de leurs plaisanteries. Blaise étira ses jambes devant lui avant de reprendre :

 

— Au fait, tu as réfléchi à la manière dont tu comptes t'y prendre contre Potter ?

 

Draco haussa un sourcil.

 

— Je ne vois pas pourquoi je devrais préparer une stratégie particulière.

 

— Parce que c'est un duel, répondit Theo calmement. Pas un concours de celui qui lance le premier sort.

 

— Je sais parfaitement comment fonctionne un duel, Nott.

 

— Je n'en doutais pas.

 

Blaise eut un sourire amusé.

 

— Personnellement, je te conseille de commencer par le désarmer. Ce serait dommage qu'il ait le temps de faire son numéro d'attrapeur avec sa baguette.

 

— Je n'ai pas besoin de tes conseils pour battre Potter.

 

— Je voulais simplement participer à ta préparation.

 

— Alors contente-toi de regarder.

 

Theo tourna légèrement la tête vers Draco.

 

— Tu comptes utiliser quels sorts ?

 

— Ceux qui seront nécessaires.

 

— C'est une réponse très précise, remarqua Blaise.

 

Draco leva les yeux au ciel.

 

— Je n'ai pas l'intention de vous dévoiler toute ma stratégie.

 

En réalité, il n'avait pas encore décidé de ce qu'il utiliserait. Il connaissait plusieurs sorts théoriques, en avait pratiqué quelques-uns avec son père, mais n'avait jamais participé à un véritable duel. Potter, lui, n'avait probablement pas davantage d'expérience. Du moins, c'était ce que Draco espérait. Il se redressa dans son fauteuil.

 

— De toute façon, il ne devrait pas me poser beaucoup de problèmes.

 

— Tu en es certain ? demanda Theo.

 

— Évidemment.

 

Blaise échangea un regard avec Theo, puis haussa les épaules.

 

— Dans ce cas, je n'ai aucune inquiétude à avoir pour mon rôle de second.

 

Draco esquissa un sourire satisfait, mais celui-ci ne dura pas longtemps. Il jeta un coup d'œil à l'horloge accrochée au mur. Les aiguilles avançaient beaucoup trop lentement à son goût.

Il aurait préféré ne pas y penser, mais une question revenait sans cesse : et si Potter était meilleur que prévu ?

 

Il se força à chasser cette idée. Il ne pouvait pas se permettre de douter maintenant, surtout après avoir lui-même lancé le défi.

 

— On ferait mieux de se préparer, finit-il par dire en se levant.

 

Blaise se mit debout à son tour.

 

— Tu as peur de manquer ton propre duel ?

 

— Je n'ai peur de rien, Zabini.

 

Theo se leva sans commentaire, mais son léger sourire indiquait qu'il n'était pas entièrement convaincu.

 

La soirée s'écoula lentement. Les élèves quittèrent peu à peu la salle commune pour rejoindre leurs dortoirs, et les conversations se firent de plus en plus discrètes. Draco attendit avec impatience que l'heure approche, tout en faisant de son mieux pour ne pas laisser paraître son agitation.

 

La nuit était déjà bien avancée lorsque Draco quitta le dortoir avec Blaise et Theo. Le château était plongé dans le silence. Les torches éclairaient faiblement les couloirs et leurs pas résonnaient parfois contre les murs de pierre.

Draco marchait devant les deux autres, sa baguette dissimulée dans sa manche.

Il n'avait aucune intention de se laisser impressionner par Potter.

 

Blaise, lui, semblait particulièrement enthousiaste.

 

— J'espère que tu as prévu quelque chose d'intéressant, Malfoy.

 

— Je compte simplement lui donner une leçon.

 

— C'est déjà un programme.

 

Theo regardait les couloirs avec attention.

 

— Nous devrions éviter de parler trop fort.

 

— Tu es toujours aussi enthousiaste, Nott ?

 

— Je préfère simplement ne pas finir en retenue avant même la fin de notre première semaine.

Ils arrivèrent près de la salle des trophées.

 

Harry, Ron et Hermione les attendaient déjà.

Draco s'arrêta devant Potter.

 

— Tu es venu.

 

Harry croisa les bras.

 

— Je n'ai pas l'habitude de me défiler.

 

— Nous allons voir ça.

 

Ron fit un pas en avant.

 

— Tu ferais mieux de ne pas tricher, Malfoy. Je te surveillerai.

 

Draco lui adressa un sourire méprisant.

 

— Comme si j'avais besoin de tricher pour battre Potter.

 

Ron serra les poings.

 

— On verra si tu es aussi sûr de toi quand le duel commencera.

 

— Ron, murmura Hermione.

 

Elle semblait particulièrement mal à l'aise. Draco reporta son attention sur Harry.

 

— Alors, Potter ? Tu es prêt ?

 

Harry sortit sa baguette. Draco fit de même. Les deux garçons se placèrent face à face, à quelques pas l'un de l'autre.

 

Blaise se décala légèrement pour leur laisser de la place. Theo observa la scène sans intervenir.

Draco leva sa baguette. Il allait enfin pouvoir remettre Potter à sa place.

 

Mais un bruit interrompit le silence. Un petit miaulement. Tous se figèrent. Une silhouette grise venait d'apparaître au bout du couloir.

 

Miss Teigne. Draco sentit son estomac se contracter. La chatte s'arrêta et les observa de ses yeux brillants.

 

— Oh non, souffla Hermione.

 

Un bruit de pas retentit derrière elle.

 

— Qui est là ?!

 

La voix de Rusard résonna dans le couloir.

 

— Courez ! lança Harry.

 

Il n'eut pas besoin de le répéter. Les six partirent dans la direction opposée. Draco suivit Blaise et Theo, son cœur battant beaucoup trop vite pour son goût. Ils traversèrent plusieurs couloirs, tournèrent à une intersection et descendirent quelques marches avant de se retrouver dans une partie du château qu'il ne reconnaissait pas.

 

— Par ici ! souffla Harry.

 

— Depuis quand est-ce que tu commandes ? répliqua Draco entre ses dents.

 

— Tu préfères qu'on attende Rusard ?

 

Draco ne répondit pas. Ils débouchèrent dans un couloir désert, au troisième étage, dans l'aile droite du château. Harry s'arrêta devant une porte et tenta aussitôt d'abaisser la poignée.

Elle ne bougea pas.

 

— Elle est verrouillée ! souffla-t-il.

 

— Évidemment ! siffla Draco. Il fallait bien que ça nous arrive !

 

Derrière eux, les pas de Rusard se rapprochaient. On entendait même sa voix marmonner dans le couloir voisin.

 

— Je vais les trouver, Je sais qu'ils sont dans le coin…

 

— Tout ça, c'est de votre faute ! Vous n'auriez jamais dû nous entraîner dans cette histoire !

 

— Ce n'est pas vraiment le moment, Malfoy ! répliqua Ron.

Harry essaya une nouvelle fois d'ouvrir la porte, mais sans succès.

 

— Poussez-vous ! intervint Hermione.

 

Elle se glissa devant eux, sortit sa baguette et la pointa vers la serrure.

 

— Alohomora !

 

Un déclic retentit.

 

— Vite ! souffla-t-elle.

 

Harry poussa la porte et les six se précipitèrent à l'intérieur. Draco entra parmi les derniers et referma aussitôt derrière lui. Ils s'immobilisèrent dans l'obscurité.

 

Quelques secondes plus tard, les pas de Rusard résonnèrent juste devant la porte. Tous retinrent leur souffle tandis que le concierge s'arrêtait un instant, puis reprenait sa marche sans même essayer d'entrer.

 

Draco retint sa respiration. Les pas s'éloignèrent progressivement. Un silence pesant retomba.

Blaise se redressa.

 

— Je crois qu'on l'a semé.

 

— Tant mieux, souffla Draco. Je n'avais aucune envie de passer le reste de la nuit avec ce concierge.

 

 Ron laissa échapper un soupir de soulagement.

 

— Il devait croire que la porte était verrouillée.

 

Theo tourna légèrement la tête vers lui.

 

— Elle l'était.

 

Harry fronça les sourcils et regarda la porte, puis Hermione.

 

— C'est pour ça qu'il n'a pas essayé de l'ouvrir.

 

Un bruit étrange retentit soudain dans la pièce.

Les six se retournèrent. Et Draco sentit son estomac se contracter.

 

Devant eux se dressait une créature gigantesque. Un chien monstrueux, dont les trois têtes se tournaient lentement dans leur direction.

 

Ses trois gueules étaient garnies de crocs impressionnants. Un grondement profond s'échappait de sa poitrine tandis que ses six yeux fixaient les intrus.

 

Pendant quelques secondes, personne ne bougea. Draco sentit tout son corps se raidir.

Il avait vu des créatures dangereuses dans les livres. Il avait entendu parler de dragons, de trolls et d'autres monstres que les sorciers préféraient éviter.

 

Mais il n'avait jamais imaginé tomber nez à nez avec un chien de cette taille. Et certainement pas avec trois têtes.

 

— Par Merlin… souffla-t-il.

 

Le chien grogna. Blaise recula lentement.

 

— Je crois qu'on devrait partir.

 

— Pour une fois, je suis entièrement d'accord, murmura Theo.

 

Harry regardait la créature avec attention.

 

— Ne faites pas de mouvements brusques.

 

— Tu crois vraiment que c'est le moment de nous donner des conseils ? chuchota Draco.

 

Le chien fit un pas dans leur direction. Les six reculèrent en même temps. Un aboiement assourdissant fit trembler la pièce. Draco sentit son sang se glacer.

 

— Sortez ! cria Harry.

 

Cette fois, personne ne discuta. Ils se précipitèrent vers la porte et réussirent à sortir dans le couloir juste avant que l'une des énormes têtes ne se jette dans leur direction.

Draco ne prit même pas la peine de regarder derrière lui.

 

Ils coururent jusqu'à un escalier, puis s'arrêtèrent seulement lorsqu'ils furent certains que la créature ne les suivait plus. Draco posa une main contre le mur. Il respirait difficilement. Ses cheveux étaient en désordre et sa robe s'était légèrement froissée.

 

Il venait de manquer de mourir. Lui. Draco Malfoy. À cause d'un chien. Un chien à trois têtes.

 

Ron passa une main dans ses cheveux, encore sous le choc.

 

— Mais qu'est-ce qui leur prend de garder un monstre pareil dans une école ?!

 

— Excellente question, Weasley, marmonna Draco. J'aimerais également savoir qui a trouvé que c'était une bonne idée.

 

Hermione, qui observait encore l'endroit où se tenait la créature quelques instants plus tôt, finit par se tourner vers les autres.

 

— Vous avez remarqué quelque chose ?

 

Draco lui adressa un regard excédé.

 

— Hormis ses trois têtes, rien d'extraordinaire, non.

 

Hermione ignora son sarcasme.

 

— Sous le chien. Il y avait une trappe.

 

Harry acquiesça.

 

— Je l'ai vue aussi.

 

Theo fronça légèrement les sourcils.

 

— Alors ce chien ne se trouvait probablement pas là par hasard.

 

Blaise regarda les autres.

 

— Vous voulez dire qu'il gardait quelque chose ?

 

— C'est possible, répondit Hermione. On ne place pas un chien de cette taille dans une pièce interdite sans raison.

 

Draco sentit son estomac se nouer légèrement.

Il repensa à la créature, à ses trois gueules ouvertes et à la manière dont elle s'était dressée devant eux. Un chien pareil ne pouvait pas être là uniquement pour empêcher les élèves de se promener dans les couloirs.

 

— Formidable, marmonna-t-il. Nous avons donc failli nous faire dévorer par un monstre qui garde quelque chose dont nous ignorons tout. Blaise lui adressa un sourire en coin.

 

— Tu as l'air ravi.

 

— Je suis surtout ravi d'être encore vivant.

 

Theo jeta un regard en direction du couloir qu'ils venaient de quitter.

 

— Il faudrait peut-être éviter de retourner là-bas.

 

— Pour une fois, Nott, tu viens de dire quelque chose d'intelligent.

 

Draco détourna les yeux. Il préférait ne jamais découvrir ce qui se trouvait sous cette trappe.

Ils venaient de tomber sur quelque chose qui dépassait largement une simple escapade nocturne, et il n'avait aucune envie de s'en mêler davantage.

 

Puis son regard se posa de nouveau sur Harry.

Tout cela n'aurait jamais dû arriver. Il releva lentement la tête et fixa le garçon avec une indignation profonde.

 

— Potter.

 

Harry se tourna vers lui.

 

— Quoi ?

 

— Tu viens officiellement de devenir la pire personne que j'aie jamais rencontrée.

 

Harry fronça les sourcils.

 

— Pardon ?

 

— C'est toi qui nous as entraînés dans cette situation !

 

— C'est toi qui m'as donné rendez-vous !

 

— Et regarde où ça nous a menés !

 

Harry jeta un regard vers la porte derrière laquelle le chien avait disparu.

 

— Je ne me souviens pas t'avoir forcé à venir.

 

Draco ouvrit la bouche, puis la referma, furieux de ne pas trouver immédiatement quoi répondre.

 

— Tu aurais au moins pu éviter de nous faire courir dans tout le château !

 

— Tu aurais pu éviter de me lancer un défi.

 

Ron ouvrit la bouche, mais Blaise intervint avant lui.

 

— Attendez… Je croyais que le calamar était ton pire ennemi.

 

Draco tourna lentement la tête vers lui. Son expression devint soudain très sérieuse.

 

— Le calamar vient de perdre sa place.

 

Theo haussa un sourcil.

 

— Ah oui ?

 

Draco redressa les épaules.

 

— Potter vient officiellement de prendre la première place sur ma liste d'ennemis.

 

Harry croisa les bras.

 

— Je devrais être flatté. Tu tiens donc une liste spécialement pour moi ?

 

— Ne te donne pas autant d'importance, Potter. Tu n'es pas le premier à y avoir figuré.

 

— Tu dois vraiment avoir beaucoup de temps libre pour tenir une liste pareille.

 

Draco lui lança un regard assassin. Blaise éclata de rire.

 

— Ta une liste ? Tu la met a jour régulièrement ?

 

— Évidemment.

 

Theo le regarda avec un calme désarmant.

 

— Et le chien ? Il est où sur ta liste ?

 

Draco réfléchit quelques secondes. Il avait encore l'image des trois gueules ouvertes devant les yeux.

 

— Quatrième position.

 

Blaise cessa presque de rire.

 

— Seulement quatrième ?

 

— Il est dangereux, mais il n'a pas encore fait autant de dégâts que les autres.

 

Harry haussa un sourcil.

 

— Je suis donc plus dangereux qu'un chien à trois têtes ? Je devrais peut-être m'en inquiéter.

 

— Tu devrais surtout apprendre à te taire.

 

Theo hocha lentement la tête.

 

— Je vois. Ton classement est parfaitement rationnel.

 

Draco ignora son commentaire et entreprit de remettre correctement sa robe. Il avait besoin de reprendre un peu de dignité après ce qu'ils venaient de vivre. Mais Blaise n'avait visiblement pas l'intention de le laisser tranquille.

 

— Et moi, je suis à quelle place ?

 

Draco lui adressa un regard froid.

 

— Ça dépendra de ton prochain commentaire.

 

— Je devrais peut-être faire attention, alors.

 

— Tu ferais mieux.

 

Theo esquissa un sourire.

 

— Je suppose que je dois être soulagé de ne pas figurer sur cette liste.

 

— Ne me donne pas de raison de t'y ajouter, Nott.

 

Harry observa Draco quelques secondes.

 

— Tu devrais peut-être prévoir une liste plus grande. À ce rythme, tu risques de manquer de place.

 

Blaise se remit à rire.

 

— Potter a peut-être raison !

 

— Vous êtes tous insupportables, marmonna Draco.

 

Il leva les yeux au ciel. Il n'avait aucune idée de la manière dont cette nuit avait pu dégénérer aussi rapidement. Il était simplement venu pour donner une leçon à Potter. Et maintenant, il avait découvert qu'un monstre à trois têtes vivait dans une pièce interdite de Poudlard.

 

Il se promit de ne plus jamais remettre les pieds dans ce couloir.

 

Lorsqu'ils retrouvèrent enfin un passage familier, les six se séparèrent. Harry, Ron et Hermione repartirent de leur côté. Draco ne leur adressa pas un mot supplémentaire.

 

Il avait suffisamment vu Potter pour une nuit.

Blaise et Theo l'accompagnèrent jusqu'aux escaliers menant aux cachots.

 

— Tu sais, commença Blaise, ce n'était pas une si mauvaise soirée.

 

Draco tourna lentement la tête vers lui.

 

— Nous avons failli nous faire dévorer par un chien à trois têtes.

 

— Oui, mais nous sommes toujours vivants.

 

— Grâce à mon sang-froid.

 

Theo lui adressa un regard en coin.

 

— Tu as crié.

 

Draco s'arrêta.

 

— Je n'ai pas crié.

 

— Tu as poussé un bruit assez aigu, intervint Blaise.

 

— C'était un avertissement.

 

— À qui ?

 

— À vous deux. Pour que vous compreniez la gravité de la situation.

 

Theo hocha la tête avec un sérieux exagéré.

 

— Bien entendu.

 

Draco reprit sa marche. Il n'avait aucune intention de poursuivre cette conversation.

Lorsqu'ils retrouvèrent enfin leur dortoir, Blaise se laissa tomber sur son lit avec un soupir de soulagement.

 

Theo posa tranquillement ses affaires sur sa table de nuit. Draco, lui, resta quelques instants debout près de son lit. Il repensait encore au chien. Puis à Potter.

 

Il avait vraiment réussi à transformer un simple duel en une catastrophe. Draco se glissa sous ses couvertures et fixa le plafond. Il allait devoir revoir son classement.

 

Liste officielle des ennemis de Draco Malfoy :

 

1 - Harry Potter — ennemi numéro un. Responsable de la catastrophe de cette nuit.

 

2 - Le calamar géant — ancien numéro un, toujours dangereux. Une créature sournoise qui attaque les gens sans prévenir.

 

3 - Ronald Weasley — insupportable depuis leur première rencontre. Aucun commentaire supplémentaire nécessaire.

 

4 - Touffu — dangereux, mais rétrogradé. Trois têtes ne suffisent pas à obtenir une meilleure place.

Il hocha légèrement la tête. Voilà. C'était beaucoup plus clair.

 

— Bonne nuit, Malfoy, lança Blaise depuis son lit.

 

— Bonne nuit.

 

Un silence s'installa.

 

Puis Blaise reprit :

 

— Tu sais, je pense que tu devrais ajouter Rusard à ta liste. Draco ferma les yeux.

 

— Zabini.

 

— Oui ?

 

— Tu viens de monter sur ma liste.

 

Un rire étouffé lui répondit. Theo, déjà installé sous ses couvertures, ajouta tranquillement :

 

— À quelle position ?

 

— Ça dépendra de demain.

 

— Je ferai attention à mon comportement, alors.

 

Draco tira sa couverture jusqu'à son menton.

Il était épuisé. Entre Potter, le calamar, Weasley et ce maudit chien, il avait déjà beaucoup trop d'ennemis à gérer pour un garçon qui venait tout juste de commencer sa première année.

 

Et dire qu'il lui restait encore six années à Poudlard. Il espérait sincèrement que les prochaines seraient un peu moins mouvementées.

 

Mais, quelque part au fond de lui, il avait le pressentiment que Potter ne lui faciliterait pas la tâche.

 

Fin du chapitre 10.

 

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