Le dernier chaos

Chapitre 15 : Le paradoxe de la conscience

1759 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 07/11/2026 18:26

- Qu'est-ce qu'a dit la professeure ?


Hermione sursauta en entendant la voix de Drago. Elle venait tout juste de sortir de sa première leçon de magie ancienne, accompagnée par Harry, qui avait finalement suivi les conseils d'Hermione. La veille, Ron lui avait fait un récit détaillé des évènements après le bal. Loin de juger la jeune femme, le sorcier s'était néanmoins inquiété des conséquences de son incantation ainsi que des intentions de Malefoy. Hermione avait beaucoup pleuré suite à cette dispute avec son ami, dans les jardins : elle se sentait à la fois honteuse, incomprise et ridicule.


Néanmoins, elle ne souhaitait plus s'appesantir sur son sort plus longtemps : elle avait déjà suffisamment manqué les cours et s'il y a bien quelque chose qui fonctionnait encore dans sa vie, c'était bien les études dans lesquelles elle excellait.


- Je... Je vous laisse ! Bredouilla Harry à l'attention de son amie et de son ancien ennemi.


Il jeta néanmoins un coup d'œil inquiet par-dessus son épaule.


- Ne t'inquiète pas Potter, je ne vais pas la balancer du haut de la tour d'astronomie, lui lança Malefoy avec un sourire provoquant.


Puis, quand le sorcier se fut éloigné, il murmura à l'attention d'Hermione :


- Sauf si les réponses attendues ne me plaisent pas. Viens !


Il saisit la jeune femme par le bras et l'entraîna avec lui.


- Où est-ce qu'on va ? Protesta-t-elle en essayant de se dégager, sans succès.


- Dans le bureau de la directrice : ils sont tous en train de manger à cette heure-ci, donc nous allons lui emprunter sa pensine. Je n'ai qu'une confiance limitée en toi et ta parole depuis que tu me fais subir des sorts bancals que tu ne maîtrises pas.


Ils arrivèrent rapidement devant la gargouille en forme de griffon qui marquait l'entrée du bureau.


- Dumbledore ! Tonna le sorcier.


Hermione fut surprise que le mot de passe n'ait pas changé depuis l'année dernière. Peut-être cela était-il dû à la volonté de Minerva McGonagall de laisser toujours sa porte ouverte comme elle le leur avait dit. L'escalier en colimaçon apparut ensuite, et ils montèrent tous deux.


Sans la regarder dans les yeux et avec des mouvements volontairement brusques, Drago se chargea d'extraire le souvenir tout frais de la jeune femme pour le verser dans la bassine magique. Il fut projeté alors dans la salle de classe, aux côtés d'Hermione qui se trouvait face à une petite femme rabougrie avec une peau tellement ridée que son visage ressemblait à du parchemin froissé.


- Professeure Smith, entendit-il prononcé par l'Hermione du souvenir, j'ai étudié le manuel "La puissance des charmes oubliés" à la bibliothèque...


- Ah ! Je vois que vous êtes fidèles à votre réputation, miss Granger. On m'avait prévenue que j'aurai parmi mes élèves une prodigieuse sorcière, la plus studieuse de cette école. Je suis ravie que vous vous soyez intéressée à ce magnifique ouvrage.


Malefoy se tourna vers la jeune femme. Elle semblait fatiguée et abattue, ce dont il n'avait pas pris conscience en allant la chercher tout à l'heure, et, malgré lui, cela l'affecta.


- Oui... Il y a un sortilège qui a attiré mon attention... Ils en parlent très brièvement dans le livre...


- Et quel est-il ce sortilège ? Interrogea la vieille sorcière pour l'encourager.


- Je ne connais pas son nom. Ils en parlent comme d'un échange de fluides... Pour chasser définitivement le chagrin, la colère, le désespoir, la rancœur et la noirceur de l'âme.


- Ah ! L'alignement ? C'est un enchantement très très ancien. Dans certaines tribus de sorciers, ils le pratiquaient pour sceller les cérémonies de mariage. C'était quelque chose comme un premier rite pour accéder à un niveau d'intimité très avancé entre les époux. C'est une sorte d'acte érotique à distance, mais avec le même niveau de félicité que l'acte charnel, si vous voyez ce que je veux dire ! Conclut la professeure avec un clin d'œil entendu.


Malefoy vit Hermione rougir comme une pivoine face à ces révélations, et simultanément, se décomposer. La petite bonne femme continua son babillage tout en déballant ses affaires sur son nouveau bureau, sans mesurer l'émotion qu'elle suscitait chez la jeune fille.


- On ne trouve plus beaucoup de traces de ce charme dans les écrits. Pourtant, au-delà du côté luxurieux du sortilège, il possède de nombreuses vertus, comme celles que vous avez nommées. Après y avoir eu recours, les époux sont connectés, liés pour la vie et sont chacun garants du bien-être de l'autre. De ce que je sais, ce sort ne fonctionne pas pour tous les couples et certaines célébrations de mariages ont été annulées suite à cet échec, les futurs époux étant jugés incompatibles.


- Et... parvint difficilement à prononcer Hermione, soudain très pâle. Et si les... époux y parvenaient malgré tout, y avait-il un moyen de rompre ce lien par la suite ? En cas de... divorce, par exemple ?


La professeure Smith éclata de rire.


- Les divorces n'étaient pas envisageables à l'époque. Non, je ne connais pas de façon d'annuler ce sortilège. Peut-être... si l'un des deux époux décédait, peut-être.


Le souvenir se dissipa et Drago se retrouva à nouveau dans le bureau de la directrice. Il resta statique plusieurs secondes, les mains de chaque côté de la pensine. Il pouvait entendre la respiration rapide de la jeune femme derrière lui.


- Finalement, l'idée de te balancer du haut de la tour d'astronomie n'est peut-être pas si grotesque...


- Je... Je suis désolée...


Il se retourna brusquement vers elle, pris par une soudaine vague de fureur et de désespoir.


- Tu m'as piégé... Articula-t-il difficilement.


Le sorcier savait qu'il devait laisser éclater sa colère. La rage, plutôt que de céder aux pulsions douloureuses de son corps contre lesquelles il luttait désespérément. La fureur, plutôt que de laisser s'exprimer le désir violent qu'il nourrissait pour elle. Le chaos, l'abîme, la désolation... Tout, plutôt que l'amour...


Alors il s'avança vers elle avec une lenteur calculée. Hermione eut soudain peur, car dans les yeux du jeune homme se lisait la noirceur des mages noirs dont elle ne connaissait que trop bien l'aura. Discrètement, elle se saisit de sa baguette.


- Je ne t'ai pas piégé, j'ignorais tout ça, comme toi.


- Tu m'as convaincu de faire cette incantation avec toi. Tu voulais quoi ? Te reproduire avec un sang pur pour améliorer ta lignée ?


- Quoi ? Tu délires, Malefoy !


Elle le vit également prendre sa baguette qu'il pointa vers elle. La tension était forte et tous leurs sens étaient en alerte, guettant le moindre mouvement de l'autre pour agir.


- STUPÉFIX !


- EXPELLIARMUS !


Ils lancèrent leur incantation en même temps, en faisant un saut de côté pour éviter l'attaque de l'autre. Hermione se réfugia derrière un planisphère gigantesque, le cœur battant et la fureur qui pulsait à ses tympans.


- Arrête Drago, j'ai fait une erreur et j'en suis désolée, mais je n'ai jamais voulu tout ça.


Elle entendit un léger froissement de tissu sur sa gauche et se leva d'un coup pour attaquer à nouveau le sorcier. Mais dès qu'elle pointa sa baguette sur l'origine du bruit, elle comprit qu'il s'était débarrassé de sa robe de sorcier, et qu'il l'avait jetée pour faire diversion. Pour confirmer son observation, elle sentit la baguette de son adversaire qui frôlait sa nuque.


- Amatrice, lui susurra-t-il à son oreille.


Elle se retourna alors. L'élève de Serpentard lui arracha sa baguette, et la poussa brutalement contre la bibliothèque. Tous deux haletaient à présent. Hermione essaya de se libérer, mais il murmura une incantation qui lui plaqua les mains au-dessus de sa tête. Ainsi vulnérable, la jeune femme fut partagée entre la peur et à nouveau cette insupportable attraction qui semblait, quelles que soient les circonstances, ne pas la lâcher en présence de Malefoy. Elle gémit alors et essaya de puiser dans toute sa rage pour repousser le corps du sorcier avec le sien, tandis qu'il pesait lourdement contre elle, ne lui cachant rien de son propre enfièvrement face à cette situation qui n'avait plus rien d'un duel.


Il approcha son visage du sien, sur lequel se lisait les restes de sa colère, une intense excitation et un brin de malice.


- Granger... J'hésite entre te tuer pour me libérer de mes tourments, et te posséder enfin pour... Et bien, pour aussi me libérer de mes tourments... provisoirement.


Ses menaces firent frémir la sorcière qui sentait son corps se tendre douloureusement au contact du sien. Le jeune homme semblait tiraillé par un choix impossible, alors que leurs lèvres étaient à présent si proches, qu'elles s'effleuraient et que leur souffle rapide s'entremêlait. Il glissa une main sous la chemise de l'étudiante pour effleurer sa peau, ce qui provoqua chez elle, une intense réaction épidermique, et un souffle plaintif lui échappa.


Les yeux de Drago s'assombrirent, et, face à la torture que représentait cette position, il céda enfin :


- Et merde...


Leurs lèvres se rencontrèrent alors en un baiser enflammé, témoin de toute la souffrance qu'ils avaient endurée pour combattre cette irrépressible désir. Leurs langues se caressaient dans un ballet érotique impatient, tandis que leur corps bougeait ensemble avec une ardeur langoureuse. Le sort qui immobilisait les mains d'Hermione fut levé, ce qui lui permit de parcourir le corps de son complice de crime, et cela lui arracha des râles d'exaltation.


Le corps à corps qu'ils s'infligeaient avec délectation perdura et s'intensifia durant de longues secondes jusqu'à ce que, à bout de souffle, et craignant d'atteindre la limite de leur capacité à se maîtriser dans un lieu aussi peu adéquat, ils se repoussèrent. Drago, le souffle court et les yeux brillants, récupéra alors sa robe de sorcier et s'en alla rapidement sans se retourner, laissant la sorcière au comble d'une intense confusion mêlée à une profonde frustration.


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