Le dernier chaos

Chapitre 12 : Le pouvoir de la sororité

1652 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 07/11/2026 18:09

À la suite de cet évènement, Hermione resta enfermée dans sa chambre, sans même sortir pour assister aux différents cours. Rien n'arrivait à réconforter la sorcière, mortifiée par la tournure qu'avait pris le sortilège, mais également par les images qu'elle avait involontairement offertes à Malefoy. Faire des rêves luxurieux était une chose, les partager avec l'objet de son fantasme en était une autre. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne trouvait absolument rien qui puisse rattraper l'humiliation dont elle avait été victime, et cela l'affectait profondément.


Elle s'en voulait également de ne pas avoir écouté les signaux d'alerte qui avaient précédé : son manque de contrôle sur le sortilège en dehors des séances, sa capacité à "sentir" Drago dans la pièce et ses rêves... Elle aurait dû tout arrêter lorsque ces effets secondaires étaient apparus. L'unique point positif de cette histoire était que ce dénouement en apothéose les avait fait disparaître brutalement.


Au bout de quatre jours à se lamenter, seule dans sa chambre, elle avait pris une décision : le professeur de magie ancienne était arrivé et ses cours débutaient dès le lundi suivant. Elle irait le trouver et lui demanderait des explications sur cette incantation, sans préciser qu'elle y avait eu recours pour ne pas s'attirer d'ennuis, ni à elle, ni à Malefoy. Elle trouverait coûte que coûte un moyen de justifier ce désir naissant anormal et de l'éliminer.


Elle en était rendue à ce point de réflexion, lorsque qu'une lueur éclaira le bas de sa porte : une étincelle s'y glissa et se dirigea vers elle. Une fois à sa hauteur, elle s'estompa et disparut. Hermione savait qu'il s'agissait de Ginny, qui était venue régulièrement lui apporter ses repas pendant tout le temps où elle était restée enfermée. Elle avait prétexté, auprès de ses amis, une maladie très contagieuse pour les tenir à l'écart sans qu'ils ne posent trop de questions. Seule Ginny n'avait pas eu l'air convaincue. Malgré tout, elle avait eu la gentillesse et la discrétion de lui apporter à manger sans poser de questions. Chaque fois, pour retrouver la chambre de la sorcière qui avait changé de place durant la nuit, elle utilisait un sort de localisation comme celui-ci.


Hermione lui ouvrit et tenta de lui offrir un sourire rassurant :


- Ginny ! L'accueillit-elle avec tout l'entrain dont elle était capable.


- Tu as meilleure mine, Hermione ! Constata la sorcière aux longs cheveux roux en entrant dans la pièce.


Elle n'avait pas d'assiette entre les mains, ce qui était surprenant, mais Hermione songea qu'elle lui avait déjà apporté son repas du midi, et qu'il était trop tôt pour celui du soir. Elle devint alors tout de suite suspicieuse quant aux intentions de son amie.


- Je... Je ne suis pas venue seule, lui dit la jeune fille, confirmant ses craintes. J'ai pensé que... J'allais avoir besoin de renforts...


- De renforts ? Mais pour quoi f...


Sa phrase resta en suspens, car Luna apparut à la porte, un grand sourire sur le visage et les bras encombrés par plusieurs paquets.


- Luna ? Qu'est-ce que... Qu'est-ce que c'est que tout ça ?


- Ta robe de bal ! Lui répondit la sorcière triomphante.


Hermione se serait giflée. Le bal était ce soir ! Et évidemment que ses amies n'allaient pas la laisser manquer l'évènement sans lutter, elle aurait dû le savoir ! Elle s'apprêtait à protester vigoureusement, mais Ginny ne lui en laissa pas le temps :


- Écoute, on n'a aucune envie d'y aller sans toi. Harry et Ron non plus. Nous t'avons trouvé une robe renversante et les chaussures qui vont avec. Nous allons te coiffer et te maquiller, Luna et moi. Tu seras magnifique, promis !


- Mais... Je suis contagieuse...


- Tu n'as plus l'air d'être malade et en plus, pour toutes sortes de maladies, on est contagieux au tout début donc tu ne l'es certainement plus. Et... Entre nous, je pense que tu souffres d'autre chose.


La jeune femme parlait d'une voix forte, empreinte d'émotion. Elle poursuivit, le timbre légèrement tremblant :


- Revenir ici est dur pour tout le monde, en plus toi tu as combattu Voldemort pendant un an avant de réussir à enfin le vaincre. Et ensuite, tu as dû lutter tout l'été pour redevenir la fille de tes parents, sans compter la situation entre Ron et toi... C'est normal d'avoir le contrecoup de toutes ces épreuves difficiles à un moment donné, tu as beaucoup subi. Tu as le droit de ne pas être tout le temps forte, tu as le droit de t'effondrer sans t'accabler de reproches, tu as le droit d'aller mal... Mais tu as une force en toi extraordinaire... Et de vrais amis quand tu n'arrives plus à avancer. Tu n'es pas seule Hermione, tu n'as pas à être seule, tu peux t'écrouler, nous serons toujours là pour te relever.


Hermione sentit les larmes, qu'elle n'avait jamais autorisées à couler, se répandre sur ses joues sans qu'elle cherche à les retenir. Elle ne réalisait que maintenant la souffrance qui l'accompagnait au quotidien. Mais surtout, c'était celle qui avait traversé les mêmes épreuves qu'elle, en perdant en plus un frère, qui la réconfortait, et cela lui brisa le cœur. Elle se sentait honteuse de ne pas avoir été là pour Ginny depuis la rentrée et elle la serra dans ses bras, en laissant avec soulagement l'émotion la submerger. Luna se joignit à cette étreinte féminine et toutes les trois pleurèrent ensemble durant plusieurs minutes, dans un silence chargé d'affection, de respect et d'une sororité bienfaitrice.


Lorsqu'elles se séparèrent enfin, toutes trois éclatèrent de rire devant leurs mines déconfites. Elles séchèrent finalement leurs larmes, et Luna se lança alors dans les explications des modalités de la soirée :


- Tu l'auras compris Hermione, nous ne pouvons pas aller au bal sans toi. Mais nous avons réfléchi et nous savons que ton état actuel, quelle qu'en soit la raison, rend les choses difficiles pour te persuader de nous suivre. Donc, j'ai concocté une potion pour t'aider.


Pour accompagner ses paroles, elle sortit de sa poche un petit flacon avec un liquide couleur or qui tournoyait à l'intérieur.


- Voici l'élixir Confidensia : les effets sont provisoires mais devraient durer toute la soirée. Il est très performant pour chasser les idées noires, la peur, le chagrin... Enfin tout sentiment négatif...


Pour Hermione, il était toujours inconcevable qu'elle se montre au bal, après les évènements avec Malefoy. Cependant, elle aimait trop ses amis pour les décevoir et les filles s'étaient donné beaucoup de mal pour essayer de la convaincre. Alors avant de trop réfléchir, ce qui aurait eu pour conséquence de la faire reculer dans sa décision, elle attrapa le flacon de Luna et le vida d'une traite, bien décidée à enfin sortir de sa torpeur plaintive.


Luna et Ginny poussèrent toutes deux une exclamation, mais au grand étonnement de la jeune sorcière, il ne s'agissait nullement d'un cri de joie.


- Hermione ! Tu ne devais en prendre que deux gouttes ! S'écria Ginny en plaquant ses mains sur son visage.


- Heu... Oups ?


Luna récupéra le flacon et regarda dedans, comme pour s'assurer qu'il n'en restait rien :


- Misère ! Je ne sais pas du tout quels sont les effets à trop haute dose ! On devrait aller voir Madame Pomfresh tout de suite.


- Pas question, répondit Hermione, vous allez avoir des ennuis s'ils savent que vous avez volé des ingrédients pour faire une potion. C'est juste de la confiance, c'est ça ? Je ne vois pas en quoi cela peut me faire du mal. On ira voir Madame Pomfresh si jamais ça tourne mal et que des pustules me poussent un peu partout. En attendant, montrez-moi cette robe.


Les filles, bien que soucieuses, se regardèrent avec appréhension et ouvrirent la plus grande boîte. Elles en sortirent alors un tissu fluide magnifique, noir et recouvert de paillettes. Ginny agita sa baguette et le fit léviter dans les airs pour qu'elles aient un meilleur aperçu de la tenue. La robe était longue, très près du corps et offrait un décolleté dans le dos vertigineux. Hermione se sentit rougir à la vue de cette pièce qui saurait, sans aucun doute, mettre n'importe qui en valeur.


- Finalement... Un excès de confiance n'est peut-être pas une mauvaise chose... Articula-t-elle, médusée devant le caractère osé du choix de ses amies.


- Et bien, on se disait que ça te ferait du bien d'exploiter à fond tous tes atouts pour une fois.


Hermione regarda Ginny sans comprendre. Luna vint à son secours pour étayer son explication :


- Tu es une femme magnifique, Hermione. Mais tu restes très ordinaire dans tes choix vestimentaires et dans ta façon de te coiffer. Et, heureusement pour nous, sinon nous aurions constamment l'air de cageots à côté de toi. Mais ce soir, il est temps de rendre justice à ce corps sensationnel et à ce superbe visage.


La jeune femme resta bouche bée face aux explications de son amie, qui, profitant de sa surprise, agita sa baguette avec malice vers elle :


- C'est parti, cendrillon ! Ce soir, tu seras la reine du bal ! Et n'aie aucune crainte, tu n'y seras pas seule : lorsqu'on a cherché un cavalier pour toi, crois-moi, il y a eu beaucoup, beaucoup de volontaires. Nous avons choisi celui qui nous semblait le plus cohérent avec tes attentes et ton caractère. Et aussi, accessoirement, c'était le plus canon de tous.


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