Beauxbâtons - La dernière chance
Chapitre 29 : Sortliège 29 : la révélation
6940 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 10/10/2026 13:19
Dans la salle d’interrogatoire, la tension était à son comble. Michel Cytise était ligoté à une chaise ancrée dans le sol. Pas moins de cinq Aurors lui tournaient autour comme des Fléreurs affamés, le bombardant de questions auxquelles il refusait de répondre. Pourtant, tout accablait ce quarantenaire grisonnant à l’allure athlétique. À commencer par la lettre, dont l’écriture, comparée à des rapports qu’il produisait à longueur d’année, était authentifiée par Mathilde Pourpoint, n’hésitant jamais à recourir à la divination pour étayer ses dires. La réponse au courrier, franche, directe, sans une once d’ambiguïté, soulignant que le coup était autorisé à l’entraînement et en match, qu’il répondait à la formulation d’une critique désobligeante. À présent, tout ce que les interrogateurs désiraient savoir, c’était le nom du commanditaire de ce courrier menaçant. Enfin… plutôt l’entendre de sa bouche car pour le commandant et ses adjoints, il ne faisait aucun doute que Robert d’Arcy était derrière cette tentative d’intimidation.
— Qui t’a donné l’ordre de menacer un gamin dont la tête a été mise à prix par le banditisme sorcier ? Combien tu as touché pour écrire ce torchon ignoble ? Parle si tu ne veux pas aggraver ton cas !
— Vous n’avez aucune preuve ! N’importe qui peut produire un faux avec une baguette et des échantillons de mon écriture.
— Le problème, reprit le chef, c’est que nous avons Mathilde, avec nous. Ses capacités personnelles affirment que la lettre est authentique.
— Eh ben elle se trompe !
— Allons, sois raisonnable, Michel. Explique-nous. Tu es dans la panade ? Tu as des difficultés financières ?
— C’est pas tes oignons, Meursault.
— Tu te trompes, intervint Prunier. C’est notre affaire, à tous. Il faut résister aux pressions, à la tentation de l’argent facile. Nous devons être irréprochables et jouer la transparence avec la hiérarchie si nous subissons des tentatives de corruption, pour réagir ensemble et éradiquer les tentateurs. Sinon, on finit comme Minasse. On devient pourri, on franchit la ligne et ça se termine, tôt ou tard, au tribunal, puis à Fengsel.
— J’irai pas à Fengsel pour une lettre de menace !
Son regard, noir, son menton conquérant, sa mâchoire carrée de statue taillée dans un bloc de granit, vacillèrent. Il perdait pied.
— Si. Tu iras en prison, affirma de Franjac. Aucune exception.
— Les juges ne prononceront pas une telle condamnation !
— Si on examine ton coffre à Pasdelazare…
— Je suis blanc comme neige !
— … et qu’on demande aux Gobelins l’historique de l’usage de ta baguette dans leur établissement, qu’on exerce une vérification approfondie de ta situation dans les banques européennes tenues par leurs confrères, je suis convaincu que nous trouverons des rentrées de Gallions exceptionnelles, des éléments expliquant comment tu as pu t’acheter un logement récent, Place Cachée, alors que ta bicoque de Compiègne, au fin fond de la campagne nordique, a flambé après une vengeance criminelle.
Cytise ne sut que répondre et se mura dans le silence. Face à cette attitude raide mais vaine, le commandant n’eut pas le choix. Il adressa un signe discret à Meursault et Prunier. Les Aurors saisirent le crâne du contrevenant pour l’immobiliser. Prunellier fouilla dans sa robe et retira une fiole remplie de Veritaserum.
— Non ! Non ! Vous n’avez pas le droit !
— Tu ne nous laisses pas le choix ! coupa Guillaume.
— Non ! Non ! C’est bon ! C’est d’Arcy !
— Robert d’Arcy ?
— Oui… oui. Il m’a payé pour que j’intimide le gosse. Je n’avais rien d’autre à faire. Je vous le jure !
— Mais si le gamin avait fait son mea culpa ou s’il avait ignoré le courrier, y avait-il d’autres mesures prévues ?
— Euh… Ah bon sang !
— Parle !
— Je devais l’arrêter devant les professeurs et les élèves.
— En y mettant toute la conviction nécessaire ? Le ligoter, le traîner comme un criminel ?
— Je devais l’humilier.
— Pourquoi ? Pour s’en être pris au fils Rosier ?
— Non, c’était un prétexte. D’Arcy voulait que…
— Quoi ? Meursault, ouvre sa bouche !
— Non ! Non ! D’Arcy voulait que le gamin cesse de fouiner partout.
— C’est-à-dire ?
— Je ne sais pas ! Je le jure ! Il n’a rien donné, comme explications, mais…
— Oui ?
— J’ai eu l’impression que les travaux du gosse, l’année dernière, étaient passés au ras des intérêts de d’Arcy.
— C’est toi qui as balancé le gamin au milieu criminel ?
— Non.
— Tu en as parlé à personne ?
— Pas en dehors du département.
— À qui tu en as parlé ? Qui ?
— À Cenillier.
— Clément Cenillier ? L’entraîneur en chef de la Compagnie de Régulation Sorcière ?
— Oui, oui. Lui.
— Par Flamel !
— Quoi ? dit Prunellier.
— Cenillier possède certaines facultés analogues aux miennes, éclaira Mathilde. Des talents permettant d’ajuster au mieux les assauts de son groupe.
— C’est aussi un grand ami de Favori, révéla Meursault.
— C’est vrai, confirma le commandant. Voilà d’où est partie la fuite. Vous pouvez être certains qu’ils auront effacé leurs traces en se lançant des Oubliettes.
Guillaume se tourna vers le prisonnier.
— Maintenant, tu vas devoir coopérer et faire comme si la menace allait être suivie d’action à l’encontre du garçon.
— Non ! Je ne ferai pas ça ! Hors de question ! Il va me griller et me faire éliminer. J’en suis sûr !
— À ta guise. Dans ce cas, je te retire ton poste et je t’envoie dans le camp d’entraînement où Favori sévit.
— Non ! Non… c’est pire ! Non, je… je démissionne ! Avec effet immédiat ! Pas de solde à régler. Je pars sans faire de bruit.
Le patron des Aurors demanda à ses subordonnés de se retirer au fond de la pièce afin de délibérer. Ils chuchotèrent. De Franjac mit en doute la sincérité du bonhomme :
— Il est dedans jusqu’au cou, mais je parie qu’il va foncer droit chez Favori, Cenillier ou pire, chez d’Arcy.
— Il a épousé la cause des suprémacistes, affirma Pourpoint. Il transpire le mensonge, la trahison.
— Rendons-lui ses effets, proposa Prunellier. Avec une minuscule retenue. Comme un bouton de sa gabardine ou une plume de son chapeau.
— C’est malin, nota Meursault. Un bon vieux sortilège Avensegium 1 pour le pister.
— De toutes les façons, on en tirera rien de plus. Prunellier ?
— Oui, Commandant ?
— Tu m’épluches ses finances avant qu’il ne soit dans la nature. Je veux une idée du prix que d’Arcy a mis.
— On pourrait l’apprendre avec du Veritaserum, souligna Meursault.
— Oui mais ensuite, il se méfiera. Mathilde, occupe-toi de ramener ses effets personnels. Sers-toi de tes talents pour choisir la bonne partie à prélever sur ses biens.
— Entendu, patron.
— Prunier, dès qu’il sort, tu le files en douce. D’assez près pour qu’il te repère sans se douter que tu le fais exprès. Dès que tu le perds, insiste un petit peu, qu’il soit certain que tu le filais et qu’il t’a faussé compagnie. Joue le type agacé de s’être fait avoir, qu’il s’imagine s’en tirer à bon compte. Meursault, tu m’organises une réunion des chefs de groupe dans la matinée et tu rédiges le procès-verbal de l’interrogatoire. Tu me le dresses bien, comme si j’allais en envoyer une copie au ministre de la Magie. Allez, exécution !
De Franjac se chargea de l’annonce officielle. Il exigea que Cytise remette son insigne d’Auror ainsi que sa baguette, en gage de bonne conduite. Mathilde lui remit ses vêtements et un sac contenant quelques objets personnels récoltés sur son bureau. L’ex-Auror déguerpit sans attendre que le commandant ne revienne sur sa décision.
Laurine, les cheveux attachés avec deux liens magiques, aimait se retrouver dans la salle blanche, le mercredi soir, après le dîner. Après l’après-midi sportive, l’esprit au repos, elle s’exerçait, répétant les sorts qui lui posaient le plus de problèmes, surtout les formules d’attaque utiles durant le duel. Elle écoutait les conseils d’Eugénie, si douée avec Incendio et ses variantes, les explications très didactiques de Sigrid à laquelle rien ne résistait, elle appréciait la compagnie de Shin dont la magie, élégante, était efficace, sans brutalité, sans ostentation. En revanche, lorsque Umbelina traînait dans les parages, elle déguerpissait aussitôt, par peur d’être prise pour cible par un infortuné rebond. Le niveau de Katarina s’accordait au sien ; ces demoiselles n’étaient pas puissantes. Mais de tous les membres du Gerbera, c’était d’Hercule dont elle se sentait le plus proche. L’intelligence émotionnelle du garçon ne se manifestait qu’à la condition d’être informé. S’il ignorait une donnée, il passait à côté d’un problème mille fois sans en être conscient. Mais s’il intégrait une information dans son univers, il en faisait une priorité. Il suffisait de voir à quel point il s’était investi pour Barthélémine ou Noël. À travers son comportement avec Andrea, qu’il aidait bien que l’Italien soit globalement un bon élève, et avec Séraphin qu’il avait doté d’une baguette si originale, qu’il encourageait, qu’il félicitait pour chaque réussite, qu’il supportait dans les rares instants de faiblesse, tout indiquait que l’on pouvait compter sur le Belge. Mais voilà…
Quand Laurine était à ses côtés, elle était sur un nuage et taisait ses difficultés pour ne pas ternir la magie des instants partagés. Et puis, les autres se contentaient de lui montrer comment faire, face à face ou côte à côte, tandis que le jeune garçon se plaçait derrière elle, tenait ses épaules, réajustait la position de ses jambes et guidait sa main gauche pour exécuter le geste parfait. Cette proximité n’avait pas de prix et changeait tout. Avec Hercule, elle comprenait et progressait plus vite qu’avec n’importe qui. Elle avait entendu parler de la citation d’Abraham Piedargile, affirmant qu’il ne pourrait pas enseigner, car aucun élève n’irait assez vite à ses yeux. C’était faux. Il faisait preuve d’une patience angélique, tant avec elle qu’avec les cadets. Hercule écoutait et se remettait en question si sa méthode d’enseignement ne portait pas ses fruits. Mais voilà…
Elle était incapable de dévoiler ses faiblesses, par orgueil, ne voulant pas ressembler à une victime, une petite chose fragile, indigne de son regard attendri. Comment accepter de le décevoir alors qu’il n’éprouvait aucune commisération pour ses propres lacunes ?
En cours de métamorphose, le professeur de Franjac avait abordé les transformations à partir ou à destination du métal, surtout du fer. Il fallait mettre du cœur dans les formules, de la flexibilité ou de l’inflexibilité dans les gestes. À ce jeu-là, Sigrid était la plus douée mais Shin et Hercule se défendaient bien. Le vieux linge dont elle tentait de faire un bloc métallique, sans forme particulière, était encore plus mou que du fer blanc. Le garçon se porta à ses côtés, voyant qu’elle ne s’en sortait pas. Il lui prit la main et tendit le bras en avant.
— Bien raide, pour que le jet créateur ou transformateur, fabrique un cœur solide sur lequel chaque atome ferreux va se greffer, se souder, pour que rien, ni personne ne le brise.
Elle contracta son avant-bras.
— Maintenant, le sortilège Duraferrum n’a pas de prononciation ou d’accentuation particulière. Mais j’aime le prononcer en détachant les syllabes, comme si le temps allait durer pour produire l’enchantement ou comme si je donnais un coup de marteau sur une enclume pour façonner l’objet en fer. Une syllabe, je frappe.
— D’accord. Du-ra-fer-rum.
— Voilà ! À présent, il y a l’intention. Dans la plupart des sorts, disons avec une connotation guerrière, même si un vase en étain n’a rien de martial, l’intention vient des tripes, du ventre. Souvent, je pense à mon père, qui nous a été enlevé. À mon oncle Waldo, victime d’une injustice.
— On ne m’a pris personne.
— Imaginez que l’on veuille vous prendre la personne qui compte le plus à vos yeux, qu’elle est emprisonnée, qu’on vous refuse de la voir, de lui parler. À vie.
Elle inspira et expira par brèves saccades. L’intention était là.
— Duraferrum ! prononça-t-elle en desserrant à peine la mâchoire.
La masse métallique prit enfin forme.
— Vous êtes fantastique !
Lorsqu’elle eut achevé de produire le bloc, le Belge alla vérifier sa solidité.
— De l’acier gobelin ! De quoi résister à n’importe quel criminel ! Vous méritez l’OR.
— C’est grâce à toi.
— Non, Laurine. Je ne fais que rassembler devant vos yeux, les pépites qui sommeillent en vous.
Le compliment la toucha de plein fouet et ses yeux se troublèrent. Hercule lui fit remarquer qu’elle devait croire autant en elle que lui. Elle répliqua qu’elle n’avait rien d’extraordinaire et qu’à ce compte-là, si ses notes catastrophiques en ce début d’année se généralisaient, sa réussite en Divination et en Arts magiques ne suffirait pas à sauver sa tête. Elle devait faire mieux en astronomie et en sciences, les deux matières du professeur Racine qui lui mettait des sales notes. Si elle ne décrochait pas la CHASSE-Arithme où l’astronomie et les calculs avaient une grande importance dans la notation, elle ne pourrait jamais devenir une voyante reconnue.
— Oui, peut-être dites-vous vrai, encore que je sois persuadé que l’arithmancie vous plaira et que l’astronomie appliquée à l’astrologie n’aura pas le même impact. Vous brillerez comme une étoile. Après tout, qui maîtrise le plus spectaculaire, le plus artistique, le plus pur, le plus noble des sorts ? Vous. Pas moi.
— J’échange volontiers mon Patronus contre tes résultats scolaires.
— Dans ce cas, il vous faudra composer avec ça ! Expecto Patronum !
Un jet de fumée blanche jaillit de la baguette en bois d’amourette. Il devint abondant, finit presque par esquisser un arc de cercle et mourut à la seconde où, face à Errebelde, Rosier s’immisça dans le souvenir précis d’Hercule.
— Et voilà ! Encore raté.
— Le professeur McFlurry ne t’a pas donné un conseil ?
— Si. Il m’a donné l’exemple de souvenir le plus puissant.
— Et ?
— Il ne peut pas s’appliquer à moi.
— Pourquoi ?
— Je ne peux pas le révéler. C’est gênant.
— Gênant ? À te faire rougir ?
— Oui. Et vous ? Qu’est-ce que vous utilisez ?
— C’est gênant. À faire rougir.
— Ah… J’aime tellement vous voir produire le Patronus de ratel.
— Tu veux ?
Il hocha la tête. Elle leva sa baguette, se racla la gorge et lança :
— Expecto Partes Num.
— Comment ? Vous avez bafouillé sur la seconde p…
Un sort se concrétisa devant leurs yeux. Il était aussi lumineux et spectaculaire qu’un Patronus, mais il n’en avait pas du tout l’aspect. C’était comme si le cosmos était venu à eux ou plutôt, l’intérieur d’un cerveau, avec des neurones qui s’activent en fonction de stimuli. Il y avait des sphères brillantes de différentes couleurs et elles étaient reliées par des filaments. Par endroit, des agrégats flottaient sans lien avec la masse principale. Il y avait une ligne directrice à laquelle les paquets, les groupuscules étaient rattachés. Le garçon vit aussitôt une analogie avec le contenu masqué par la porte runique dans le degré 10 du Sondeur. Laurine était muette d’admiration, incapable de prononcer un seul mot. Le mutisme frappait le garçon en égale force. La jeune fille visa un groupe situé à sa gauche et le déplaça devant ses yeux, comme s’il allait pénétrer dans son esprit. Il était constitué de petites sphères roses gravitant autour d’une plus importante, blanche. Une comète traversa l’espace de la salle et saupoudra la sphère de paillettes dorées. La sphère rose la plus proche n’était qu’à quelques centimètres de Laurine. Elle esquissa un geste vers l’une d’elles et se laissa envahir.
Un bel homme portait un regard attendri sur le ventre arrondi de sa femme. Il se contentait de lui sourire. Elle effleura sa joue et lui dit :
— Si c’est une fille, j’aimerais la prénommer, Juliette.
— Mais ce sera un garçon.
— Allons… comment peux-tu en être sûr ?
— Parce que nous parlons, lui et moi. Il écoute. Il a… cette drôle de capacité de ton frère. Envoyer les mots au-delà des distances.
— Alors, il se prénommera Hector.
— Je n’aime pas trop.
— Tu tiens vraiment à Hercule ?
— Oui, j’y tiens.
Laurine se détacha de la bille rose. Elle avisa les autres couleurs. Beaucoup de vert et de bleu, pas mal de rouge, peu de jaune et une abondance d’orange. Le rose, hormis celui autour de la boule blanche, se raréfiait au fil du temps, jusqu’à disparaître, sauf dans un groupe esseulé, non rattaché. Elle constata que la ligne s’achevait, à sa droite, par une sphère noire. Mais, à peu près à la moitié de la continuité, il y en avait une autre, tout aussi sombre, suivie à bonne distance d’une seconde blanche, cernée par du rouge.
Le garçon sentit que son amie venait de faire une découverte stupéfiante.
« Une erreur aura pour conséquence inattendue, une révélation spectaculaire. »
Les mots du Japonais résonnèrent dans son esprit. Le pouvoir de Laurine était la divination totale, d’un bout à l’autre de l’existence. L’avenir était tracé mais si on agissait avant, on provoquait des attachements et des détachements.
— Stop ! Mettez fin à ceci, s’il vous plaît.
Elle obéit sans discuter et lança :
— Finite Incantatem.
La vision féerique explosa en un million de particules lumineuses qui ne se dissipèrent qu’au bout d’une dizaine de secondes.
— Je suis à vos côtés et c’est sur moi que s’est exercé votre sortilège. Il s’agit de ma vie. Passée, actuelle et future. N’est-ce pas ? Vous avez pris connaissance d’un événement. Au commencement.
— Oui.
— Je ne veux rien savoir.
— C’est passé et j’ose croire que cela te touchera de savoir.
Il secoua la tête puis finit par accepter. Elle prit l’une de ses mains et lui narra la scène à laquelle elle avait assisté. Il la réconforta en confirmant, les larmes aux yeux, que c’était un souvenir heureux qu’elle venait de partager. Il la remercia, visiblement ébranlé. Il fit apparaître une chaise en commandant au pavillon, incapable d’utiliser sa baguette. Puis, il trouva la force de la questionner :
— Croyez-vous pouvoir le refaire ? Si vous y parvenez, ne pensez à aucun de nous. Pensez plutôt… je ne sais pas… au professeur Racine, par exemple. Ainsi, vous serez peut-être en mesure de nous éclairer sur l’issue heureuse ou malheureuse du trouble dont il est victime.
— D’accord.
— Comptez-vous… explorer ?
— Il faut que je comprenne les couleurs. Le blanc semble être lié à la naissance ou au commencement de l’existence. Le rose fait penser au bonheur.
— Ou l’amour. Parental.
— Tu as raison. Il faut aussi que je comprenne pourquoi des liens ne sont pas créés. Ces paquets isolés.
— Parce que le futur n’est pas écrit et que les moyens de lancer les grappins vers les sphères esseulées, ne sont pas connus. L’avenir est en mouvement perpétuel et les liens demeurent inaltérables, une fois que l’avenir a mué en passé, après l’éphémère présent.
— C’est grâce à toi.
— Comment cela ?
— Tout ça. C’était quelque part, dans les sphères, les intentions devenues des actions. Tu les as rattachées. Tu as voulu voir mon Patronus, je me suis emmêlée les pinceaux. D’ailleurs, qu’est-ce que j’ai dit, exactement ?
— Expecto Partes Num.
— Cela ne veut rien dire.
— Au contraire ! Je traduirais cela par… « j’attends les pièces ».
— Les pièces ? Comme celles d’un puzzle ? C’est…
— Un immense pouvoir. Et par sécurité, il serait préférable de…
— Ce sera notre secret, Hercule.
— Imaginez ce qu’un Rosier ferait de votre don…
— Les suprémacistes. J’en frissonne.
— Moi aussi.
— Le professeur Racine ? Je me lance. Expecto Partes Num.
L’univers moléculaire apparut. Il y avait toujours un début et une fin. Déterminer le présent était assez aisé. Il suffisait de regarder où le mouvement perpétuel des sphères cessait pour être gravé dans le marbre. Il y avait une quantité phénoménale de sphères rouges agglutinées. Laurine attira cette masse écarlate et l’étira pour obtenir un découpage temporel plus fin. C’est alors qu’un phénomène inédit se produisit. La mise au point révéla non pas une mais deux lignes temporelles parallèles.
— C’est… impossible ! Hercule…
— Oh si ! Il est déchiré en deux. Je comprends mieux son état. C’est effroyable.
— Là ! Regarde, là-bas !
Elle repoussa la zone écarlate et se concentra sur le futur, en apparence, pas si lointain. Elle attira une portion où la variété des couleurs revenait enfin. Elle étira la période.
— Tu vois ? La jonction. La ligne double redevient unique et ça coïncide avec des changements de couleur. Il y a beaucoup de jaune, ensuite ça verdit, ça bleuit. Il y a même du rose, là ! Et là ! Je n’ai pas d’idée du temps que cela va prendre mais…
— Les choses vont s’arranger après une souffrance terrible. Un assaut permanent. Pauvre professeur !
Soudain, ils perçurent des bruits de pas dans l’escalier.
— Finite Incantatem !
La féerie explosa. Hercule vint se placer derrière Laurine, prit son bras et lui suggéra :
— Et si nous travaillions le Bombarda Maxima sur cette masse de métal indestructible ?
— D’accord.
Le rythme des pas ralentit et la montée se fit plus légère. Eugénie passa une tête et découvrit le tandem sur le point d’éventrer l’acier. Elle se mordit les lèvres.
Après une matinée éreintante à la ménagerie, consacrée au nettoyage et aux commandes de fournitures, Hercule s’était attardé près de la Coquecigrue, quelque peu engoncée dans sa cage. Il lui avait ouvert la porte pour la laisser déambuler dans l’espace en chantier, débordant de plantes stockées. Il l’avait attirée avec un bouquet de ciguë, nourriture mortelle pour les humains mais mets exquis à ses yeux. Il avait remarqué une légère claudication dans la démarche de l’animal.
Dès que Bianca avait montré sa frimousse, l’oiseau s’était envolé pour se percher sur une poutre. Engourdie par l’enfermement, la pauvre bête avait eu mille peines à stabiliser son vol pour effectuer un atterrissage correct. Lorsque la volière serait achevée, elle pourrait y demeurer en permanence. Accrochée à la traverse de bois, elle observait les sorciers qui s’affairaient. Tant que Bianca serait présente, elle ne se hasarderait pas à redescendre. La jeune Italienne s’était chargée du nettoyage de la paille dans le local attenant. L’agitation du bouquet de ciguë avait achevé de la convaincre de quitter son perchoir. Elle s’était lancée pour planer mais avait failli basculer sur le côté droit et avait poussé un cri. Hercule ne parvenait pas à déterminer s’il s’agissait de frayeur ou de douleur. Il avait consigné ses observations afin que la professeure Waldmeister donne son avis éclairé.
Lorsque le garçon était rentré au pavillon blanc, il était allé voir Umbelina. Il avait demandé à exécuter une copie de son guidon, de sa selle, des étriers et des instruments. Elle avait été surprise par sa requête :
— Tu comptes battre mon record d’altitude ?
— Nom d’une cornue ! Jamais ! Je ne suis pas assez fou ou téméraire.
— Sur le terrain de Quidditch, tu ne risques pas de te perdre.
— Et le brouillard ? Y avez-vous pensé ?
— Ici, en automne, au printemps, je veux bien mais le 19 décembre, sauf hiver exceptionnel, il y aura de la neige partout.
— Hum…
— Alors ? Tu comptes partir en voyage ?
Sans comprendre comment il put être aussi franc et spontané, il répondit « oui ». La question « où ? » suivit, selon toute logique. Il répliqua :
— Loin.
— Tu comptes avertir le commandant de Franjac ?
— Non.
— Cela a un rapport avec tes incessantes disparitions, le week-end ?
— Oui.
— Rien à voir avec Noël, n’est-ce pas ?
— Absolument.
— Je ne vois aucune raison de t’empêcher de copier les équipements d’Icare. Il ne m’appartient pas de souligner que ta vie est en danger. Tu es conscient du risque et si tu le prends, c’est que tu estimes que le jeu en vaut la chandelle. Je veux juste te rappeler que nous avons un testament à retrouver. C’est l’avenir de toute l’Académie qui est en jeu.
— Je le sais. J’y pense sans cesse.
— Nous avons besoin de toi. Certains d’entre nous encore plus.
— C’est-à-dire ? Vous parlez de nos cadets ?
— Non, Hercule. Je parle de Laurine.
— Je lui ai proposé mon aide. J’ignore si c’est de l’orgueil ou une forme de honte ou que sais-je encore, elle repousse mon assistance.
— Va la voir.
— Je l’aide pour la pratique des sortilèges mais…
— Va-la-voir.
— Mais que puis-je dire pour la convaincre ?
— Tu es dur de la feuille ou quoi ?
— On croirait entendre Eugénie lorsque vous vous exprimez ainsi.
— Va la voir et demande-lui comment elle produit son Patronus. Aide-la. Débrouille-toi ! Allez ! Gemino !
Elle agita sa baguette et dupliqua les éléments réclamés. Hercule la remercia et emporta les créations dans sa chambre. Après avoir vérifié que les instruments étaient fonctionnels, il alla toquer à la porte de Laurine. Il entra après avoir entendu un borborygme ressemblant à une autorisation. Elle était assise devant son bureau, en larmes. Il se précipita et la prit dans ses bras. Il lui chuchota :
— Parlez-moi. Je vous en conjure. Je veux vous aider. Vous n’aurez pas le choix, cette fois-ci.
Elle recula, esquissa un sourire vite avorté et s’écarta pour qu’il voie le tas de parchemins sur le bureau laqué. Elle prit le mouchoir qu’il lui tendit avec gentillesse et essuya le plus gros de ses larmes. Elle lui montra un document sur lequel elle consignait ses résultats.
— Merci. Voilà… tu vois ? Runes : FONTE+. Sciences : ÉTAIN-. Botanique : ÉTAIN+. Astronomie : BRONZE-. Occlumancie : FONTE+. Legilimancie : FONTE-. C’est à peine passable en français, en anglais, en potions. Je limite la catastrophe en M.E.S grâce au PLATINE exceptionnel et je suis dans l’acceptable, grâce aux conseils de tous, en métamorphose et en duel. Mais si je fais la moyenne de mes notes, aujourd’hui, le 15 novembre, je redouble. Et ça, je… ne peux… pas l’accepter. Pas après tout ça, tous vos efforts pour me garder dans votre ordre exceptionnel. Un redoublement ne me mettra pas à l’abri d’une nouvelle dégringolade avant d’atteindre le BANQUET. Je suis trop faible, c’est un fait. Ma capacité de mémorisation et d’apprentissage est trop limitée. Je suis indigne. J’ai abandonné les matières qui me handicapaient comme la médicomagie. J’avais trop peur des crises de hurlement du professeur Beauxbâtons. Mais cela ne suffit pas. J’arrive en classe, je suis paralysée. Eugénie m’a emmenée à LA bibliothèque de monsieur Gutenberg mais, aussitôt lues, les informations fuient ma cervelle. Je finis par ne plus rien comprendre dans certaines matières parce que les nouveautés supposent que les informations précédentes sont acquises et comprises. Tu saisis ?
— Vous êtes en panique permanente.
— Oui. Je me réfugie dans ma chambre, je pleure, je vais dans la salle blanche et je lance mon Patronus ou mes visions sphériques. Là, je m’évade, je suis ailleurs. Comme toi lorsque tu étudies le sang de Barthélémine. C’est un univers à part, loin du reste.
— Laissez-moi vous aider. Laissez-vous faire, s’il vous plaît.
— Tu ne peux pas te substituer à moi, Hercule. Si mes devoirs valent de l’OR mais que les examens en classe ne me rapportent que de la FONTE, les enseignants comprendront vite que je ne suis pas à l’origine du travail. J’ai essayé des potions pour améliorer la mémoire. Noël en a préparé une, juste pour moi. Il n’y a rien à faire.
— Vous êtes la divinatrice la plus extraordinaire de cette école. Je refuse que vous soyez renvoyée.
Il se leva et ordonna :
— Enfilez votre tenue de bain.
— Pardon ?
— Faites comme je vous le dis et rejoignez-moi dans l’onsen.
Le ton ne prêtait ni à la contestation, ni à la plaisanterie. Néanmoins, elle ne voyait pas comment la baignade détente réussirait là où Memoriaplenti avait à peine fixé quelques connaissances, le temps d’être exploitées lors des contrôles programmés par les enseignants.
Lorsqu’elle fut prête, elle sortit de sa chambre et rejoignit le garçon. Elle voulut s’installer en vis-à-vis, mais il la pria de s’asseoir à ses côtés. Elle en eut des frissons, en dépit des 37 degrés de l’eau.
— Et maintenant, que faisons-nous ? dit-elle, intriguée et émue.
— Vous me faites confiance ?
— Toujours.
— Promettez-moi de garder secret ce que vous allez découvrir.
Elle sourit et se moqua un peu :
— Garder secret que je me suis baignée à tes côtés ? Tu es sérieux ? Oui, tu l’es. C’est d’accord. Je ne veux pas susciter de jalousie.
— Promettez.
— Je le promets.
— Laissez-vous glisser. Sous l’eau. Prenez un grand bol d’air et immergez-vous en totalité. Surtout la tête. Pincez votre nez avec vos doigts. Cela simplifiera l’exercice.
Elle obéit et s’enfonça. Plusieurs secondes s’écoulèrent. Son corps fut soudain pris de convulsions, comme s’il revivait tous les mouvements depuis sa naissance. Hercule tenait sa main droite et gardait un œil sur elle. La violence endurée était proportionnelle à sa capacité d’oubli hors normes. L’exercice était bien plus dur à vivre pour elle que pour Shin. Il l’attira à lui pour la rassurer. Son agitation diminua. Les images, les sons déferlèrent dans son esprit. Tout devint plus clair et elle accepta le tsunami sans le combattre. Elle ferma les yeux exorbités et reçut le cadeau.
Les souvenirs d’enfance, comme si elle les avait vécus hier, ses premières expériences magiques, une malle mystérieuse dans le château familial, ses parents, son frère, les réunions familiales joyeuses, l’arrivée à Beauxbâtons, le garçon fascinant, la baguette, le sauvetage, ses doigts sur sa peau recueillant ses larmes, sa douceur, sa force rassurante, ses enseignements, les cours, l’histoire de la magie visible comme une chronologie dépliable avec des sphères, les recettes de potions contenues dans d’autres globes, un univers multicolore, des palpitations, une sensation de gêne, d’écrasement, la réalité, la mémoire restaurée, accessible, l’eau, besoin d’oxygène. Hercule la sortit du bouillon et l’observa, impassible, avant de lâcher :
— Alors ?
— Je me souviens.
— De tout, n’est-ce pas ? Toute votre vie.
— Comment est-ce possible ?
— Cette eau est la même qu’au pavillon Urtica. Il y a là-bas une grotte avec une odeur terrible et ce liquide miraculeux. Mais vous devez vous taire, ne jamais révéler les vertus de l’eau.
— C’est de là que vient ta mémoire ?
— Non. Je suis né comme ça. C’est notre ami japonais qui a fait la découverte, l’année dernière. Il est le seul à connaître ce secret.
— C’est comme ça qu’il a fait des progrès en français ?
— Oui.
— Mais les autres membres du Gerbera ?
— Personne ne sait. Il y a à peine cinquante centimètres d’eau et il faut s’immerger au moins dix secondes pour que le processus démarre. Pour moi, cela ne fait qu’améliorer ma capacité de réflexion. Vous devez garder le secret, Laurine. J’insiste. De plus, vous ne devrez y recourir que lorsque le pavillon sera vide.
— Le secret. Oh… je comprends. Urtica… Rosier…
— Songez à ce que ce fou furieux ferait de cette faculté.
— Un désastre… Hercule, comment te remercier ?
— Je veux connaître le secret de votre Patronus.
Elle rougit et baissa la tête. Elle lui livra la recette sans pouvoir soutenir son regard, car il ne la quitta pas des yeux. Elle révéla que dans son esprit, tout se passait comme dans un film moldu. Comme Hercule ignorait en quoi cela consistait, elle lui parla d’images animées, comme celles produites par un Magiclic, mais qui capterait des scènes durant une heure. Il la trouva fascinante, buvant ses paroles. Elle décrivit son propre film, fait d’offrande d’une baguette par un garçon s’étant découvert un talent rare, d’une immense fierté et l’émotion ressentie, de la scène du sauvetage dans le bois, des consolations lorsqu’elle éprouvait de la peine, de son épaule rassurante, de ses gestes prévenants, jusqu’à cette immersion miraculeuse. Telle était sa pensée heureuse pour générer le Patronus.
Le garçon fit remarquer qu’il avait le rôle-titre dans toutes les scènes mises bout à bout. Elle leva enfin les yeux.
— Tu es, de loin, la meilleure chose qui soit arrivée dans mon existence, Hercule. Tu l’es pour plusieurs autres personnes, je te l’assure. Mais, à mes yeux, tu es… unique. Tu es l’âme du Gerbera mais pas seulement. Tu es juste… inconscient de l’importance de tes actes, de ta valeur. Je sais ce que tu projettes de faire pour Barthélémine. Je voudrais t’accompagner, mais je risque de te ralentir. Et puis, dans ma vision, celle où je te voyais de nuit, sur une plage, avec un balai, je sais que tu étais seul.
— Votre voyance était juste. Déjà.
— C’est vrai. Je ne m’étais pas trompée. Mais j’ignore si ton voyage sera couronné de succès ou pas.
— Vous ne pouvez pas tout voir. Ni moi tout prévoir.
— Hercule… Pourquoi ne pas avoir montré les vertus de l’eau à Séraphin ou Andrea ?
— Leurs notes les mettent à l’abri d’une catastrophe alors que vous, non. Vous continuerez à travailler avec acharnement et l’eau ne servira qu’à fixer, à conserver tout le fruit de vos efforts. Nos cadets n’ont que deux mois d’Occlumancie à leur actif. Andrea, le plus agité, est un véritable tamis à gros grains. Séraphin réussit bien mieux. Or, il est vital de résister à toute incursion mentale. Rosier…
— Je comprends. Mais as-tu vu mes notes en Occlumancie ? Je ne vaux guère mieux qu’Andrea.
Le garçon se remit sur ses jambes, sortit du bain et tendit une main secourable à son amie.
— C’est pour cela que nous allons passer une heure dans la salle blanche. Soixante minutes où je vais pilonner votre esprit et où vous allez m’en empêcher.
— Oh…
— Je vous fais une fleur : je prends ma baguette de cèdre, si rétive aux sortilèges violents et intrusifs.
— Merci, répondit-elle en esquissant une révérence. Monsieur est trop bon.
— Je vous en prie, très chère. Un sorcier ne doit pas oublier les bonnes manières.
Ils se rendirent dans leurs chambres respectives, se séchèrent et se mirent en tenue. Cinq minutes plus tard, le garçon déchaîna l’enfer sur l’esprit de la jeune fille. Il sut quel amour elle dissimulait et ses attaques se firent plus modérées.
Au terme du samedi, Hercule avait un goût amer d’insatisfaction dans la bouche. Il n’avait rien à voir avec les moments d’émotion partagés avec Laurine, bien au contraire. Il y avait une éternité qu’il n’avait pas ressenti une telle allégresse, un sentiment de bonheur aussi vivace, aussi puissant dès qu’il se les remémorait. Son amertume n’avait pas d’autre explication que son incapacité à produire un Patronus, en dépit de cette avalanche d’émotions positives. Que fallait-il de plus ? Le professeur McFlurry avait évoqué son premier baiser mais Laurine n’en utilisait aucun dans la construction mentale servant de source énergétique à son bouclier protecteur. Mieux : son Patronus était corporel tandis que celui de Sean ne l’était pas. Elle le produisait à volonté et lui avait même fait descendre l’escalier du pavillon alors qu’elle se trouvait à l’étage. Le ratel avait semé la zizanie parmi les élèves avant de repartir dans le grenier. Hercule était persuadé qu’elle parviendrait à lui commander. Mais lui, il n’y avait rien à faire. Ses fichues cellules grises gâchaient tout. Toujours. Il enrageait et ne voyait pas comment se sortir de cette impasse. Pour la première fois de sa vie, il renonça.
— C’est inutile, Van Betavende. Concentre-toi sur tes véritables objectifs. Tu as tout le nécessaire pour l’expédition du 6 décembre. Il faut juste faire preuve de patience. En revanche, tu ne sais toujours pas comment te rendre dans la cave aux voix sans user du degré 180. Pire : tu ne peux y aller seul, car il te faut une aide pour ouvrir la porte de l’appartement. Tu dois trouver une solution. Il faut… Bien sûr ! Comme la clé doit tourner à 360 degrés dans la serrure, il faut que j’en fasse autant autour d’un axe. Et quoi de mieux qu’un balai pour réaliser cette bascule et ce rétablissement ? ! Umbelina ! Il faut qu’elle m’enseigne cette figure !
Il faudrait encore réaliser un Toutenbulle autour de son corps et de sa monture. Un défi. Tout ce qu’il adorait !
1 Ce sortilège, lancé sur un objet, le retourne à son propriétaire.