Lévannah Mackenzie : Après deux générations
Chapitre 3 : Le retour du Héros
4107 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 15/08/2026 19:00
- C’est impossible de t’attraper dans cette école !
Lévannah se figea. Théo venait d’apparaitre devant elle. Il se tenait au milieu de Gryffondor de son âge comme s’il n’avait jamais quitté sa maison. Abelforth se tenait à ses côtés comme par le passé bien qu’il eût un an de moins que lui.
Théo s’éloigna de son groupe et fit signe à Abelforth qu’ils se retrouveraient plus tard. Il s’approcha à grand pas. Il marchait à grandes enjambés comme si seule l’arrivée l’intéressait dans son déplacement. Déjà plus jeune, il avait l’habitude de courir dans les couloirs ou de voler à balai quand il savait qu’il ne se ferait pas prendre. La discipline de Durmstrang l’avait bridé mais on sentait son corps trembler dans son carcan.
Deux jours s’étaient écoulés depuis l’arrivée des deux autres écoles. Comme Lévannah ignorait comment se comporter avec Théo, elle l’avait simplement évité jusque -là. Puisque les professeurs s’étaient empressés de les assommer et de les menacer depuis leur résultat du BUSE, elle n’avait pas eu de mal à ne pas penser à lui.
Quand elle se trouva seule avec lui, elle eut envie de s’enfuir. Elle pensait que les années séparées ne se seraient pas ressentis et qu’ils se jetteraient dans les bras l’un de l’autre comme s’ils s’étaient quittés la veille, mais elle sentait une étrange distance, une gêne qu’elle n’arrivait pas à expliquer. Théo prit son côté et marcha avec elle dans le silence.
Au bout de longues minutes silencieuses qui semblèrent le déranger, il ouvrit la bouche :
- Tes cheveux ont drôlement poussé.
Elle le dévisagea en fronçant les sourcils. Lui-même souriait comme s’il était prêt à éclater de rire. Elle lui rendit son sourire et se moqua :
- Tu n’as que ça à me dire après tout ce temps ?
- Non, j’aurais voulu commencer par : « Je suis rentré ».
Il s’était arrêté et la regardait comme celui qui vient de revenir d’un voyage qui n’a duré que quelques semaines. Comme si les trois années n’avaient pas dessiné ses traits, n’avaient pas forgé son corps et n’avaient pas dessiné une frontière infranchissable entre eux.
- Pas trop tôt, s’entendit-elle dire mais elle ne put sourire.
- Toujours aussi taciturne, remarqua-t-il sans se démonter. Je ne m’attendais pas à ce que tu me cours dans les bras, de toutes façons.
Théo avait repris la marche et la dépassait maintenant :
- Je n’ai jamais espéré que tu m’attendes ou que tu m’apprécies encore. Et, tu n’as jamais été du genre à sauter dans les bras des gens, n’est-ce pas ? Moi-même, je ne savais pas trop ce que je dirais en te voyant. Il y a tellement de choses qui se sont passés, n’est-ce pas ? Dans quelle galère tu as bien pu te mettre après mon départ ? Pendant les trois années où j’étais ici, tu as réussi à tomber dans la crevasse à l’arrière du château, tu t’es fait attaquer dans la Forêt interdite, tu as fugué à Pré-au-Lard pour des raisons obscures, tu as trempé dans des affaires louches avec Malefoy, il y a eu aussi ce vampire ou c’était un loup-garou ? Quand je suis parti, j’avais tellement peur qu’il t’arrive quelque chose et que je ne sois pas là.
Lévannah avait souri à mesure qu’il remémorait leur passé commun. Elle le poussa gentiment à l’épaule en rigolant :
- Toi, tu t’inquiétais ? ça ne devrait pas être moi ? Toujours à foncer dans le tas sans réfléchir, à venir me chercher sans que je l’aie demandé, à mettre son petit nez partout !
- Parfois, je me demandais qui était à Gryffondor de toi ou moi !
- Quelle insulte ! lâcha-t-elle faussement offusquée.
Ils avaient fait tomber les quelques barrières de gêne qui les avaient retenus jusque-là. Théo la regardait avec tendresse. Il ouvrit la bouche mais la voix de Rictus se fit entendre :
- Tu n’as pas entendu qu’il y avait une réunion dans dix minutes ? lâcha-t-il si froid que le sourire de Lévannah s’évanouit.
- La joie des autres t’étouffent, Malefoy, répliqua Lévannah.
Il regardait Théo dans le silence. Visiblement, il attendait que Lévannah lui suive.
- Je te rejoins ! s’écria-t-elle pour le faire partir.
- Allons-y maintenant, ordonna-t-il.
- Sérieusement ? grinça-t-elle.
- D’ailleurs, reprit-il, votre… professeure ? si on peut appeler ça comme ça, cherchait à vous rassembler aussi. Tu as retrouvé tes petits camarades ? Ne t’habitue pas trop, ce n’est que pour quelques mois.
- On peut accomplir tellement de choses en quelques mois ! s’écria Théo en posant sa main sur l’épaule de Rictus. J’imagine que je dois dire : heureux de te revoir, Rictus !
- Tu ne dois rien dire, déclara l’autre en se dégageant de l’étreinte.
Théo disparut en faisant un dernier signe de la main à Lévannah. Elle lui rendit sous le regard dégoûté de Rictus.
- Tu as un problème ?
- Aucun.
Il avait répondu froidement. Il la dépassa sans même regarder si elle le suivait.
*
Pif attendait déjà devant la salle pour le cours de défense contre les forces du mal. Lévannah et Morgane arrivèrent juste après un petit groupe de Poufsouffle. C’était leur premier cours avec le nouveau professeur. Il y avait des murmures incessants où se ressentait l’excitation d’être en face de lui.
- Qu’est-ce que tu lis ? demanda Lévannah en voyant Pif.
Il rangea le papier dans sa bouche et soupira. Ses grosses lunettes rondes glissaient le long de son nez. Il les redressa nonchalamment.
- La liste des plats que nous ont soumis les élèves d’Uagadou.
- Ils ne perdent pas leur temps, s’étonna Morgane.
- Ils sont beaucoup plus organisés qu’ils n’en ont l’air, répondit-il. Et ils aiment bien diriger les choses. Tristan s’arrache les cheveux pour garder sa place de préfet. Ils ont déjà un favori. On raconte qu’ils vont tous mettre son nom dans la coupe.
- Quel nom ? demanda Lévannah.
- Sema, répondit-il, Sema Ele.
- C’est une fille ? s’étonna Morgane.
Déjà, Sévin Millepertuis apparaissait devant les élèves. Tous se redressèrent comme s’ils cherchaient une certaine prestance. Morgane serra la mâchoire et eut un air de mépris non dissimulé à l’attention de Nadia et Holly Quinn.
- Si ça pouvait leur permettre de remonter leur note, lâcha-t-elle, je crois qu’elles étaient assez mauvaises. Ça nous fait une mauvaise publicité.
- C’est vrai que le Choixpeau est très sensible à ce genre de détails, fit remarquer Lévannah.
Le professeur Millepertuis arrêta les deux jeunes filles devant lui.
- Morgane Malefoy, n’est-ce pas ?
Morgane eut un air hautain et un sourire mauvais :
- Effectivement.
Il prit une voix langoureuse et son air réservé disparut au profit d’une attitude enjôleuse :
- J’ai lu les résultats du BUSE de l’année dernière, déclara-t-il, j’ai été si surpris et heureux de voir qu’une Serpentard majorait. Ne sois pas si suspicieuse. Je me suis entretenu avec le professeur d’Uagadou, M. Igbinedion, quel gentleman… Nous avons eu l’idée de proposer aux meilleurs étudiants de découvrir l’une des grandes spécialités de l’école d’Uagadou : la magie à mains nus. C’est une opportunité à ne pas décliner…
- Vous perdez votre temps.
La voix de Morgane s’était fait si sèche et tranchante que le beau visage lisse du professeur s’était froncé :
- Je ne suis pas intéressée par ces divertissements. Merci.
Elle le fit reculer et s’introduisit dans la salle sans plus un regard. M. Millepertuis fit tomber son regard charmeur sur Lévannah. Elle se tenait les mains enfoncées dans les poches, le regard quelque peu moqueur.
- Vous êtes ? se sentit-il obligé de demander.
- Pas assez forte pour intégrer vos super cours, répondit-elle simplement en entrant à son tour.
Le professeur sembla soupirer mais dès qu’il entra dans la classe, il était de nouveau charmant et souriant. Il claqua dans ses mains pour ramener un semblant de calme, rejeta des mèches de cheveux rebelles en arrière et s’adossa de manière désinvolte contre son bureau.
- J’ai l’honneur d’enseigner à Poudlard cette année, et si j’ai l’air jeune – je le suis – je n’en suis pas moins expérimenté. N’ayez pas peur de confier vos doutes et vos hésitations. Je peux être à la fois un ami et un conseiller très efficace.
Il sembla à Lévannah qu’il avait glissé un clin d’œil à Morgane mais elle ne put pas en être sûr. D’ailleurs, Morgane ne regardait pas le professeur. Elle était déjà en train de rédiger des paragraphes du programme.
- Cette année, on va se concentrer sur les êtres inanimés, les sorts innommables, déclara-t-il. L’année dernière, vous avez vu tout ce qui concernait les sortilèges impardonnables et c’est… c’est un peu effrayant, n’est-ce pas ? Cette année, on reste dans de l’effroyable, dans de l’obscur… Détraqueurs, Inferi, fantômes : l’idée sera de savoir les repérer et de trouver les sorts pour les contrer. La deuxième moitié de l’année se concentrera sur les sortilèges informulés. Que de métaphysique, cette année ! Est-ce que certains d’entre vous ont des questions ?
Bien sûr, les Poufsouffle levèrent aussitôt la main. Ce qui était plus étonnant, c’est que certains Serpentard qui se faisaient invisibles en cours levaient également la main. Holly, Patience et Nadia parmi eux.
Quand le premier cours de présentation fut terminé, Sévin Millepertuis posa des mains amicales sur les épaules des différentes élèves et eut des regards plein de considérations pour elles. A l’entrée de la salle, Morgane et Rictus affichaient le même regard si bien qu’ils ne s’étaient jamais autant ressemblé :
- Quelle pourriture, lâcha Morgane.
- Ça t’inquiète ? demanda Rictus, pourtant distant.
- Qu’est-ce qui m’inquiète ?
- Si tu trouves…
Il semblait avoir du mal à s’exprimer :
- Tu vois, quoi. Si tu trouves qu’il est déplacé, fais-le moi savoir.
Morgane eut un sourire moqueur :
- Je n’aurais pas besoin de toi, je pense.
Rictus la retint alors qu’elle s’apprêtait à partir :
- Les notes, c’est une chose. Le reste…
Il ne finit pas sa phrase mais Morgane le comprit très bien. Lévannah venait d’apparaître devant eux. Sévin Millepertuis la suivait de près et voulut poser une main bienfaitrice sur son épaule. Elle se dégagea sans animosité et le regarda en silence :
- J’ai entendu parler de vous, sembla-t-il se rappeler, Lévannah Mackenzie, vous êtes la petite qui a sauvé le village de Pré-au-lard.
Lévannah fronça les sourcils.
- C’est confidentiel, bien sûr, susurra-t-il en se rapprochant, mais on se doit de bien connaître nos élèves, vous comprenez ? Mme Gorath comprend très bien mes requêtes. Pourquoi vos notes n’ont pas été à la hauteur de votre réputation ? M. Malefoy ! s’écria-t-il en le voyant approcher, je dois vous féliciter pour vos excellents résultats au BUSE. Je vous ai parlé de ce cours que je prévois d’organiser avec M. Igbinedion ?
Lévannah profita de cette distraction pour se retirer discrètement. Pourquoi un nouveau professeur savait-il ce qui s’était passé l’année précédente ? Lévannah se sentit rattrapée par un sentiment de malaise indescriptible. Elle serra par habitude, sa main blessée au fond de sa poche et disparut au détour d’un couloir.
*
Lévannah était allongée sur son lit. Elle tenait fermement le papier sur lequel elle avait inscrit sur nom. Les paroles du professeur Millepertuis lui revenait en mémoire. Elle savait très bien que Mme Gorath, aussi peu regardante qu’elle était, n’aurait jamais vendu son nom à qui que ce soit. Ce qui impliquait que le professeur avait appris quelque chose de quelqu’un et que ce n’était certainement pas bon signe.
Lévannah regarda la cicatrice qui lézardait sa main. Elle partait de sous le pouce et remontait entre le majeur et l’’annuaire. Elle avait été profonde mais maintenant, il ne s’agissait que d’une lézarde rouge. Parfois, quand elle tenait sa baguette, elle pouvait encore sentir la douleur du sort mais elle la savait imaginaire. Si elle avait pu changer de main pour tenir sa baguette, elle l’aurait certainement fait. Mais sa main droite n’était pas aussi habile que la gauche et elle ratait tous ses sorts en changeant son maniement.
Si elle voulait gagner le Tournoi, il allait falloir ignorer cette vieille douleur. Cette vieille douleur jointe à au sentiment confus de revoir Théo. Était-ce de la joie, de la nostalgie ? Elle avait l’impression d’avoir tant vieillie ces dernières années que son enfance calme à ses côtés lui semblait irréelle.
Le miroir magique que lui avait confié Hélène se mit à vibrer avec force. Lévannah l’attrapa avant qu’il tombe de la table de nuit et contempla son reflet. Ses cheveux étaient si longs qu’ils lui arrivaient dans le bas du dos, mais ils étaient indociles et ébouriffés. Ses yeux étaient petits, verts et vifs. Elle avait le regard morne et la peau pâle. Elle se demanda ce que Théo avait pu penser d’elle maintenant qu’elle était presque une femme et bientôt le visage angélique et merveilleuse de Hélène se dessina sur la surface :
- Allô, allô ? s’écria sa voix chaleureuse, Lévannah, c’est toi ? Je t’attends pour mettre mon nom dans la coupe. On avait dit qu’on le faisait ensemble. Où es-tu ?
Lévannah se redressa. Elle se recoiffa malgré elle, attacha ses cheveux et répondit :
- En route.
- Parfait, chantonna la petite voix, et Morgane, lâche…
Le reflet disparut et Lévannah sortit de sa chambre.
*
Blaise révisait ses ASPICS à la bibliothèque. Ses amis l’avaient rejoint, de telle sorte que Pif se tenait à sa gauche, les lunettes plongés dans plusieurs manuels, Hélène et Lévannah en face de lui, lisant les plans que Morgane avait imaginé pour la salle du bal. Cette dernière présidait la table, elle prenait des notes sur différentes ouvrages vieillis. Blaise aurait parié que ces ouvrages ne faisaient pas partie du programme de sixième année mais il ne lui fit pas la remarque. Abelforth était assis à sa droite. Plutôt avachi. Il s’était endormi entre le dossier de sa chaise, le menton planté contre son torse, la bave coulant le long de ses lèvres. Au fur et à mesure de la soirée, il s’était laissé glisser contre l’épaule de Blaise et dormait sans gêne sur son ami. Il avait parfois des ronflements nasaux qui laissaient penser qu’il allait se réveiller mais il n’en faisait rien. Aussi, l’épaule de Blaise avait l’air parfaitement confortable.
- Tes plans sont toujours brillants, commentait Hélène en regardant le travail de Morgane.
Morgane la regarda sans rien ajouter. Elle était particulièrement irascible ce soir.
- Comment tu vas, Blaise, souffla Lévannah quand Hélène quitta son côté pour s’approcher de Morgane et échanger des remarques.
Il la regarda sans comprendre mais l’autre insista.
- Bien, lâcha-t-il.
Il eut un regard pour Abelforth et comme s’il voulait s’assurer qu’il n’entendait pas, il claqua des doigts devant son visage. Abelforth eut un roucoulement étrange mais n’ouvrit pas les yeux :
- Comme je peux, corrigea alors Blaise. Les Potter sont extrêmement gentils avec moi, ça n’a rien à voir avec eux, bien sûr… Juste parfois, je me sens étrange.
- Comment va ton bras ?
- Aussi bien que ta main, je présume, répondit-il.
Lévannah n’avait pas sorti sa main de sa poche. Elle tournait les pages de ses cahiers de la main droite et écrivait de façon quasi illisible sur un carnet abîmé.
- Heureusement qu’il est là, souffla Blaise sans lever son regard de ses notes. Il est dans son monde, il rigole tout le temps, et fort. Je pense à autre chose. Je crois qu’il fait exprès d’essayer de me changer les idées.
- Où sont-ils ? demanda-t-elle brusquement.
- A Azkaban, où pourraient-ils être ?
- Tu les as vu ?
Blaise la regarda de ses yeux profonds et noirs. Il ressemblait à un jeune homme maintenant. Il avait un visage long et anguleux, des traits pourtant fins. Ses yeux tombaient légèrement mais ses sourcils arqués rattrapaient son regard qui aurait pu être tristes sinon. Il avait plutôt l’air désabusé ainsi. Sa bouche était mince, souvent tristes. Il avait pourtant de grandes dents droites qui se dévoilaient dans un sourire parfait quand l’humeur le prenait. Jeune, il riait plus. Maintenant, à part avec Abelforth, il était rare de le voir sourire. Il avait laissé pousser ses cheveux et avait pris l’habitude de les repousser en arrière en les plaquant sur son crâne.
Par habitude, il voulait les ranger en arrière mais le poids d’Abelforth sur son épaule retenait son geste. Ses cheveux s’éparpillaient, indociles autour de son crâne. Il avait l’air fatigué et vieux.
- Je ne veux pas les voir, dit-il simplement.
Morgane et Hélène les regardaient dans le silence. Hélène se leva vers Blaise et posa une main sur le crâne du garçon. Elle lui froissa les cheveux comme à un enfant, dans un geste qui se voulait amical.
- Abel dort comme un ange, remarqua-t-elle.
- Il dort toujours comme ça, laissa échapper Blaise.
- Je lui envie son calme, s’exclama Morgane, avec des notes au BUSE comme les siennes, je ne dormirai pas sur mes deux oreilles.
Elle avait redressé les lunettes magiques que Hélène avait créé pour elle. C’étaient des lunettes qui augmentaient la capacité des muscles des yeux, les rendant plus rapides et plus endurants. Ses cheveux argentés furent repoussés en arrière avec douceur, comme les rideaux d’une scène de spectacle. Morgane planta son regard dans celui de Blaise puis dans celui de Lévannah :
- Si je suis aussi intelligente que je le prétends, dans deux mois, ton bras, ta main, ils seront comme neufs.
Elle ferma son ouvrage et quitta la bibliothèque à grand pas.
- Les mauvaises habitudes de Morgane qui reviennent, souffla Hélène, elle essaie de sauver tout le monde en portant tout, toute seule. Je vais la voir. Terminez bien !
Hélène s’enfuit à son tour.
- Pif, tu écris sur le livre de la bibliothèque, fit remarquer Lévannah en regardant par-dessus son épaule.
D’un an leur cadet, Pif révisait ardemment son BUSE. Abelforth avait essayé de l’aider lorsqu’il était éveillé, mais son aide s’était mué en entrave.
- Tu peux encore m’aider un peu ? demanda-t-il presque suppliant.
- Je peux, répondit-elle, mais il est tard et les résultats pour le tournoi seront annoncés demain.
- Pourquoi as-tu mis ton nom ? s’étonna Blaise, figé dans sa position.
Lévannah serra malgré elle sa main dans sa poche.
- Tu as essayé de faire de la magie depuis ? insista-t-il.
- Bien sûr, grinça-t-elle.
- Alors tu t’attends à quoi ?
Pif les regardait sans comprendre. Ils se fixaient d’un air mécontent. La tension fit trembler Abelforth qui se réveilla en sursaut.
- Je vais récupérer ce que j’ai perdu, c’est tout, déclara-t-elle.
- Wow, toujours en train de réviser ! s’écria Abelforth en baillant.
Il s’étira avant de laisser retomber son regard sur la scène.
- Pourquoi ça sent le roussi, ici ? s’étonna-t-il.
Mais le visage de Blaise se détendit, il eut un sourire étrange mais qui se voulait sincère :
- Tu ne renonces jamais à rien, non ? lâcha-t-il.