Harry Potter (III) : Les Ombres de l'Aube

Chapitre 5 : Le Rêve Avant le Départ

1144 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 21/07/2026 09:16

Elizabeth avait enfin terminé ses bagages, et l’idée que demain elle serait dans le train en direction de Poudlard lui donnait une sensation étrange, un mélange d’excitation brûlante et de peur sourde, comme si deux émotions contraires se disputaient son cœur sans qu’elle puisse choisir laquelle écouter. Elle avait rangé ses robes neuves, ses livres encore rigides, sa baguette qu’elle n’avait pas encore osé utiliser, ses plumes, ses parchemins, et même quelques objets personnels qu’elle avait hésité à emporter, comme si les prendre signifiait vraiment quitter la maison. Elle s’était couchée tôt, consciente que la journée du lendemain serait longue, mais malgré cela, le sommeil refusait de venir, comme si quelque chose l’en empêchait, quelque chose de plus profond que l’excitation ou la peur.


Elle se tourna sur le côté, puis sur l’autre, tira la couverture, la repoussa, fixa le plafond, puis la fenêtre où la lune, haute et blanche, éclairait sa chambre d’une lueur pâle. Était‑ce la lune qui l’empêchait de dormir ? Non, elle était normale, calme, presque rassurante. C’était autre chose. C’était cette lettre. Cette fameuse lettre qu’elle avait reçue le même jour que celle de Poudlard, cette lettre sans signature, sans expéditeur, sans sceau, cette lettre qui semblait la suivre dans ses pensées depuis des semaines, comme une ombre silencieuse qui refusait de disparaître.

Elle se souvenait encore du moment où elle l’avait ouverte, de la sensation glacée qui lui avait traversé la poitrine, de la façon dont ses doigts avaient tremblé en lisant ces mots qui n’étaient ni menaçants ni rassurants, juste… étranges. Elle l’avait relue des dizaines de fois, cherchant un indice dans l’écriture, un détail dans le papier, une trace de magie, mais rien. Rien du tout. Et le pire, c’était que son oncle, malgré ses recherches, n’avait rien trouvé non plus. Rien. Pas la moindre piste. Pas la moindre trace. Comme si la lettre était apparue par magie, puis avait effacé toute preuve de son existence.


Elle se redressa dans son lit, le cœur un peu trop rapide, et regarda autour d’elle. Sa chambre lui semblait différente ce soir, plus grande, plus vide, comme si elle savait qu’elle allait bientôt être abandonnée. Les murs, d’habitude rassurants, lui paraissaient lointains. Le silence du manoir, habituellement apaisant, lui semblait pesant, presque inquiétant. Elle pensa à Marylin, qui dormait sûrement profondément dans la chambre d’à côté, à Ginny qui veillait peut-être encore en bas, à Albus et Alice qui devaient eux aussi avoir du mal à trouver le sommeil. Elle pensa à ses parents, à ce qu’ils auraient dit, à ce qu’ils auraient pensé de tout cela, et une boule se forma dans sa gorge.


Elle finit par se rallonger, épuisée par ses propres pensées, et sombra dans un sommeil lourd, presque brutal, comme si son corps avait décidé de s’éteindre d’un coup. Et très vite, elle se mit à rêver. Au début, c’était un rêve doux, un rêve de Poudlard, de couloirs immenses, de salles de classe lumineuses, de rires, de robes de sorciers qui flottaient dans les escaliers, de bougies suspendues dans la Grande Salle, de la chaleur des banquets, de la magie qui vibrait dans l’air. Elle se voyait marcher dans les couloirs, sourire, découvrir, apprendre, et son cœur se gonflait d’une joie pure.


Mais ce rêve se transforma soudain, comme si quelqu’un avait tiré un rideau noir sur la scène. La lumière disparut. Le château s’effaça. Le sol devint brume. Une silhouette apparut, floue, indistincte, avançant vers elle dans un brouillard épais. Elle ne voyait ni visage ni forme précise, juste une ombre mouvante, comme si elle était faite de fumée. Une voix résonna alors, une voix étrange, ni masculine ni féminine, profonde, lointaine, comme si elle venait de partout et de nulle part à la fois.


— Fais attention…


Elizabeth sentit son cœur se serrer.


— Un danger te menace…


La silhouette avançait encore.


— L’ennemi est partout…


La voix devint plus forte, plus pressante.


— Tu n’es pas en sécurité…


Elizabeth voulut reculer, mais ses pieds restaient figés.


— Ils te cherchent…


Elle sentit une panique glaciale lui traverser la poitrine.


— Ils savent qui tu es…


La silhouette tendit une main vers elle, une main noire, informe, et Elizabeth sentit une terreur si violente qu’elle en vint à crier, un cri déchirant qui la réveilla en larmes, tremblante, haletante, incapable de reprendre son souffle.


La porte s’ouvrit presque aussitôt, et Alice entra dans la chambre, les cheveux en bataille, le visage inquiet, encore essoufflée d’avoir couru.


— Je suis là, ma chérie, parle‑moi, dit‑elle d’une voix douce en s’approchant du lit.


Elizabeth se jeta dans ses bras, tremblante, incapable de parler pendant quelques secondes.


— J’ai fait un mauvais rêve… sanglota‑t‑elle enfin. J’y ai vu une silhouette que je ne connaissais pas, elle me disait de faire attention, qu’un danger me menaçait, que l’ennemi était partout… j’ai eu tellement peur…


Alice la serra contre elle, caressant doucement ses cheveux, murmurant des mots apaisants.


— Oh ma chérie… je suis sûre que ce n’est pas réel, ce que tu as vu. Parfois, la peur prend des formes étranges dans nos rêves. Tu as eu beaucoup d’émotions ces derniers jours, c’est normal que ton esprit te joue des tours.


Elizabeth renifla, essuya ses joues.


— Mais c’était tellement réel…


— Je sais, je sais… mais écoute‑moi. Promet‑moi que si tu refais le même rêve plusieurs fois à Poudlard, tu nous préviendras.


— Oui… c’est promis, tantine.


Alice resta encore un moment, le temps qu’Elizabeth retrouve son souffle, puis elle la recoucha doucement, lui embrassa le front et quitta la chambre en laissant la porte entrouverte, comme elle le faisait toujours lorsqu’Elizabeth était petite. La lumière du couloir formait une bande dorée sur le sol, et Elizabeth, allongée dans son lit, fixait ce rectangle lumineux comme si c’était la seule chose qui la rattachait encore au monde réel.


Elle ferma les yeux, mais le sommeil ne revint pas tout de suite. Elle pensa à demain, au train, à Poudlard, à la lettre, au rêve, à la silhouette, à la voix, et elle sentit son cœur battre un peu trop vite. Elle inspira profondément, cherchant à se calmer, puis murmura pour elle‑même, presque inaudible :


— Demain… tout change.


Laisser un commentaire ?