Né de la magie
Chapitre 2 — Celle qui attendait
Le matin arriva sans douceur.
La lumière filtrait à travers les rideaux, pâle, presque froide. Rémi ouvrit les yeux lentement, encore engourdi.
Quelque chose n’allait pas.
Il n’arriver pas à savoir ce que c’était.
Mais il le sentait.
Il se redressa doucement. Le lit grinça avec un son aigu, inhabituel, presque plaintif.
Rémi fronça légèrement les sourcils.
Puis il se leva et se dirigea vers la porte.
Il attrapa la poignée en fer.
Et tira.
Elle ne bougea pas.
Le souvenir revint d’un coup.
La silhouette qui l’attendait sur le seuil de sa porte .
Les yeux qui le fixait comme un serpent .
Le verrou de sa porte qui claqua.
Son cœur accéléra.
Il recula, fixa la porte.
Puis, brusquement, il s’élança.
Mais il n’eut pas le temps de l’atteindre.
La porte s’ouvrit violemment.
Rémi, lancé dans son élan, ne put s’arrêter. Il traversa le seuil et heurta le mur du couloir de plein fouet.
La douleur éclata dans son crâne, comme une aiguille qui se plante dans le doigt.
Le couloir était vide. Complètement vide. Trop vide.
Un silence inhabituel pesait sur la maison.
Rémi descendit les escaliers sans faire attention au bruit. Chaque pas résonnait.
Arrivé en bas, il s’arrêta net.
Ses parents n’étaient pas là.
Mais à leur place…
Une femme.
Elle était assise au centre de la pièce, parfaitement immobile.
Sa robe d’un vert profond, semblait capter la lumière d’une manière étrange, presque mouvante. Ses mains reposaient sur ses genoux. Son dos était droit, impeccable.
Elle leva les yeux vers lui.
Et sourit.
— Bonjour, Rémi.
Sa voix était douce. Maîtrisée. Trop maîtrisée.
— Comment vas-tu aujourd’hui ?
Rémi resta figé. Elle savait son nom
— Bien… répondit-il.
Mais lui-même n’y croyait pas.
La femme inclina légèrement la tête.
Elle savait. Cela se lisait dans son regard.
Un silence lourd s’installa dans la pièce centrale.
Un bruit sourd éclata derrière eux.
Un souffle glacé traversa la pièce.
Rémi se retourna à moitié.
Trop tard.
Des silhouettes surgirent de l’ombre.
Elles étaient grandes, déformées et masquées.
Elles ne couraient pas.
Elles glissaient.
La panique submergea Rémi.
Son corps refusa de bouger.
Mais la femme, elle, resta calme.
Elle se leva lentement.
Très lentement.
Comme si le temps ralentissait autour d’elle.
L’air vibra.
Quelque chose changea.
Sans un mot, elle leva la main.
Et l’espace autour d’eux se contracta.
Invisible… mais réel.
Les silhouettes frappèrent cette barrière de plein fouet.
Le choc fut silencieux.
Leurs formes vacillèrent.
Puis se déchirèrent.
Se dispersèrent.
Comme de la fumée aspirée dans le vide.
Et il ne resta plus rien.
Le silence retomba.
Brutalement.
Rémi respirait à peine.
La femme se tourna vers lui.
Son regard avait changé.
Plus aucune douceur.
Seulement une gravité froide.
— Tu vois, Rémi… Sa voix était calme.
— Certaines choses ne disparaissent pas simplement parce qu’on refuse de les voir.
Elle marqua une pause.
Puis le fixa droit dans les yeux.
— Et toi… tu es au centre de tout cela.