Harry Potter (II) : La Prophétie et les Ombres du Passé

Chapitre 112 : Les portes de l’ombre

1427 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 04/06/2026 09:41

Depuis sa visite à la Maison d’Aldercrest avec Sébastien, quelque chose avait changé chez Sophia. Les journées lui semblaient plus douces, plus simples. Ses inquiétudes disparaissaient presque aussitôt qu’elles apparaissaient, comme emportées par une brume légère. Lorsqu’elle essayait de réfléchir à certaines décisions, son esprit glissait ailleurs avant même qu’elle puisse approfondir sa pensée. Elle n’y voyait rien d’inquiétant. Au contraire. Elle n’avait plus de raisons de douter. Du moins, c’est ce qu’elle croyait.. Chaque fois qu’elle pensait à Sébastien, une chaleur réconfortante envahissait sa poitrine. Ses défauts lui semblaient insignifiants. Ses absences trouvaient toujours une explication. Même les rares moments où quelque chose lui paraissait étrange s’effaçaient rapidement de sa mémoire, remplacés par la certitude qu’il agissait forcément pour de bonnes raisons.


Aujourd’hui encore, elle l’avait invité à la Maison d’Aldercrest, convaincue qu’ils y trouveraient la tranquillité qu’elle recherchait tant. Elle ignorait que, pendant ce temps, l’influence de Sébastien s’étendait discrètement dans les couloirs de Poudlard. Aujourd’hui ressemblait à n’importe quel autre jour, du moins en apparence, et pourtant elle avait invité l’homme qu’elle chérissait tant à la Maison d’Aldercrest, convaincue qu’ils y seraient parfaitement tranquilles, loin de Poudlard, loin des protections du château, loin des regards indiscrets. Elle aimait cet endroit, elle aimait l’atmosphère feutrée, les murs chargés d’histoire, la sensation d’être coupée du monde, comme si Aldercrest formait un cocon où rien ne pouvait les atteindre. Elle ignorait totalement que Sébastien prenait de plus en plus de pouvoir au sein de l’école, que son influence s’étendait comme une ombre silencieuse dans les couloirs, que certains élèves commençaient déjà à changer de comportement en sa présence, oscillant entre fascination et crainte. Pour elle, tout ce qu’il faisait semblait normal, logique, presque admirable. Elle n’avait rien à lui reprocher, rien à questionner, rien à craindre.


Après leur repas, ils s’étaient installés l’un contre l’autre dans le grand lit à deux places, enveloppés dans une chaleur douce qui, pour Sophia, ressemblait à de la tendresse, à une intimité rare, précieuse, presque sacrée. Elle se sentait bien, apaisée, comblée. Elle avait l’impression d’être exactement là où elle devait être. Pour Sébastien, en revanche, tout cela n’était qu’un rôle, un masque parfaitement ajusté, une mise en scène qu’il contrôlait avec une précision redoutable. Il jouait avec elle comme un marionnettiste habile, lui donnant exactement ce qu’elle voulait entendre, ce qu’elle voulait ressentir, ce dont elle avait besoin pour ne plus pouvoir se passer de lui. Il lui faisait croire qu’il l’aimait, alors qu’il n’aimait personne, hormis sa propre personne et le pouvoir qu’il convoitait. Déjà, dans un coin de son esprit, il élaborait des plans pour faire tomber Poudlard dans les ténèbres, lentement, méthodiquement, sans que personne ne s’en rende compte avant qu’il ne soit trop tard.


Sophia posa sa tête contre son épaule, ses doigts glissant doucement sur son bras, comme si elle cherchait inconsciemment à s’ancrer à lui, à se fondre dans sa présence, à disparaître dans cette illusion qu’elle prenait pour de l’amour.


— Demande-moi tout ce que tu veux, et tu l’auras, murmura-t-elle avec une douceur presque douloureuse, comme si offrir était devenu pour elle une seconde nature.


Il tourna légèrement la tête vers elle, un sourire calculé au coin des lèvres, un sourire qui n’atteignait jamais vraiment ses yeux.


— Eh bien, j’aimerais devenir Directeur adjoint. Comme ça, tu pourras compter sur moi pour te seconder dans toutes sortes de choses.


Elle ne réfléchit même pas. Son visage s’illumina d’une sincérité désarmante, comme si cette demande était la plus naturelle du monde.


— Oh, tu sais… j’y pensais justement ces derniers temps, mon amour. J’ai cruellement besoin d’aide, et si je peux éloigner le Ministère, ce serait un vrai plus.


Il hocha la tête, satisfait. Elle était tellement facile à guider.


— Alors je serai là pour les éloigner du château. C’est une promesse.


Elle hocha la tête, touchée, convaincue, totalement aveuglée.


— C’est d’accord, mon amour. J’accepte. Merci.


Il poursuivit, d’un ton léger, presque anodin, comme s’il évoquait une simple amélioration logistique, alors que chaque mot était une pièce supplémentaire dans un plan bien plus vaste.


— Et puis, nous pourrions autoriser le transplanage dans tout Poudlard. Cela me permettrait de venir te voir plus facilement, et les autres professeurs pourraient rentrer en cas d’urgence sans devoir passer par un passage secret. Ça ferait gagner du temps.


Elle acquiesça immédiatement, sans la moindre hésitation, comme si la proposition était évidente, logique, nécessaire.


— Tu as totalement raison. On devrait l’autoriser. Je le ferai dès qu’on rentre au château. Tu as vraiment de très bonnes idées, j’adhère complètement.

Sébastien garde son sourire parfaitement maîtrisé.


Une partie de lui s’était attendue à devoir insister davantage. Trouver un argument supplémentaire. Jouer sur ses sentiments. Mais non. Sophia avait accepté sans la moindre hésitation. Pendant un bref instant, cela le surprit presque. Puis cette surprise se transforma en satisfaction.


Ils restèrent encore un moment dans ce lit, elle blottie contre lui, lui parfaitement immobile, parfaitement maître de lui-même, parfaitement conscient de l’emprise qu’il exerçait. Puis ils rentrent finalement à Poudlard, presque à regret pour elle, mais avec une satisfaction froide pour lui. Ils se rendirent directement au bureau de Sophia pour officialiser la nomination de Sébastien au poste de Directeur adjoint, puis pour lever l’interdiction du transplanage dans l’enceinte du château, offrant ainsi à la Rose Noire un accès direct, permanent, invisible.

Sophia signe les documents avec une confiance aveugle, un sourire tendre aux lèvres, persuadée de faire ce qu’il fallait, persuadée d’agir pour le bien de l’école, persuadée d’être soutenue, aimée, protégée. Elle ne voyait pas que chaque signature était un pas de plus vers sa propre perte, un pas de plus vers la chute de Poudlard, un pas de plus vers l’ombre.


Très peu de personnes furent mises au courant de la levée de l’anti‑transplanage. En réalité, seuls ceux que la Rose Noire avait jugés dignes — ou utiles — reçurent l’information. Sophia, qui avait signé les documents sans comprendre l’ampleur de ce qu’elle faisait, persuadée d’agir pour le bien du château. Sébastien, qui avait soufflé l’idée avec une douceur calculée, parfaitement conscient de la brèche qu’il venait d’ouvrir. Lavinia, désormais entièrement loyale à la Rose Noire, qui avait validé les modifications des protections sans poser la moindre question, comme si obéir était devenu pour elle une seconde nature. 


Scorpius, serviteur silencieux et dévoué, que la Rose Noire avait informé personnellement, comme on confie un secret à un héritier, et qui avait senti la magie du château se déformer, s’assouplir, s’ouvrir. Et bien sûr, la Rose Noire elle-même, qui observait tout depuis l’ombre, satisfaite de voir les pièces se mettre en place avec une précision presque mathématique.


Pour le reste de Poudlard, rien n’avait changé. Les protections semblaient intactes. Les barrières magiques n’avaient pas été annoncées comme modifiées. Personne ne savait que le château était désormais ouvert comme une plaie, vulnérable, traversable, exposé. Et c’était précisément ce que la Rose Noire voulait.


Alors que Sophia rangeait les parchemins, concentrée, appliquée, amoureuse, un murmure glissa dans l’esprit de Sébastien, doux comme une caresse, sombre comme une promesse, enveloppant, hypnotique.


— Tout se met en place. Tout le monde est exactement là où je le souhaite. Maintenant… il ne reste plus qu’à attendre patiemment.


Et Sébastien sourit, un sourire que Sophia ne vit pas, un sourire qui n’appartenait qu’à lui et à l’ombre qui grandissait derrière lui.

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