A travers le temps

Chapitre 35 : Le meurtrier disparu

3652 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/01/2026 15:25

Un mois s'était écoulé depuis le soir où Fleur et Hermione avaient enfin réaffirmé leur amour et officialisé leur relation. Hermione avait repris le chemin de l'école, entamant avec enthousiasme sa deuxième année d'études. Fleur, quant à elle, apprenait peu à peu à vivre dans ce nouveau siècle, non sans quelques maladresses.

Elle avait par exemple découvert qu'un micro-ondes n'était absolument pas conçu pour sécher des vêtements trempés, encore moins lorsqu'ils comportent des boutons en métal. Une étincelle, une odeur suspecte, et un début de flamme plus tard... Hermione était heureusement rentrée juste à temps pour éviter que l'appartement ne se transforme en brasier. Le micro-ondes, lui, n'avait pas survécu.

Ce fut ainsi que Fleur découvrit pour la première fois un centre commercial, lorsque Hermione l'y emmena le lendemain pour acheter un appareil de remplacement. Elle resta émerveillée par l'immensité des lieux, des galeries sans fin, des boutiques lumineuses, et surtout une quantité inimaginable de vêtements. Les rayons de robes l'avaient littéralement hypnotisée.

Fleur aimait les robes. Elle en portait presque tous les jours, par habitude mais aussi par goût. Hermione la taquinait parfois à ce sujet, mais prenait un plaisir évident à la voir s'émerveiller devant les vitrines.

À chaque sortie ensemble, Hermione lui apprenait un peu plus du monde moderne : lire un plan, utiliser une carte bancaire, se repérer dans la ville... et surtout maîtriser les transports. Ne possédant pas de voiture, Hermione se déplaçait la plupart du temps en bus ou en métro, et plus rarement en taxi. Fleur, au début terrifiée par ces « boîtes roulantes pleines d'inconnus », apprenait doucement à s'y habituer. Elle n'était pas encore prête à prendre les transports seule, mais elle progressait chaque jour un peu plus.

Fleur s'était également trouvée une occupation : elle s'était portée volontaire à la bibliothèque municipale pour lire des histoires aux enfants. Au départ, c'était Hermione qui lui avait suggéré l'idée pour l'aider à sortir un peu de l'appartement et rencontrer des gens. Fleur avait accepté, un peu hésitante... mais elle avait finalement adoré.

Lire des contes à voix haute lui rappelait ses jeunes années, lorsqu'elle racontait des histoires à Gabrielle avant qu'elle ne s'endorme. Chaque semaine, les enfants l'attendaient avec impatience, fascinés par son accent chantant et sa façon théâtrale de raconter les histoires. Très vite, elle était devenue « Mademoiselle Fleur », leur conteuse préférée.

Mais cette activité avait d'autres avantages : grâce à la bibliothèque, elle découvrait peu à peu le monde moderne, à travers la littérature, les encyclopédies pour enfants et même les magazines. C'était une façon douce et rassurante de rattraper un siècle et demi d'histoire sans se sentir submergée. Et surtout... cela lui faisait du bien de se sentir utile, enfin actrice de sa propre vie dans ce nouveau monde.

Fleur s'était surprise à aimer cette routine. Elle avait encore du mal à trouver sa place au XXIᵉ siècle, mais elle avançait, un pas à la fois.

Le couple avait également eu l'occasion de visiter le manoir Weasley lors du gala caritatif dont Michael leur avait parlé. Ils avaient été chaleureusement accueillis et invités à déjeuner avec sa famille.

Fleur les trouva très amicaux, surprenants même. Elle s'était attendue à ressentir de la tension ou un malaise en rencontrant les descendants de William, mais il n'en fut rien. Au contraire, l'atmosphère était conviviale, presque familiale.

Elle parvint même à les divertir en racontant quelques anecdotes sur « l'ancienne famille Weasley », présentées habilement comme des histoires transmises de génération en génération. Personne ne se douta qu'elle parlait en réalité de ce qu'elle avait vécu elle-même. Hermione la regardait raconter ces histoires avec admiration, amusée par son aisance naturelle et sa capacité à se fondre dans n'importe quelle époque.

Le déjeuner fut un véritable succès, ponctué de rires et de conversations animées. À la fin de la journée, Michael et sa famille insistèrent pour que Fleur et Hermione reviennent les voir.

Elles ne s'y attendaient pas... mais, contre toute attente, elles avaient passé un excellent moment.

Il s'en était passé des choses en un mois, et ce soir-là, pour fêter leur premier mois ensemble, Hermione et Fleur avaient invité Minerva et Dumbledore à dîner avec elles, dans l'ancienne auberge de la famille Delacour. Rien d'extravagant : un simple repas chaleureux entre amis, dans un lieu cher au cœur de Fleur.

La soirée fut animée par de nombreux souvenirs. Hermione évoqua sa première rencontre avec Minerva, puis leurs retrouvailles inattendues des années plus tard, à l'hôpital, le jour où tout avait changé pour Fleur.

Fleur, fidèle à sa promesse, raconta enfin à Minerva à quoi ressemblait la vie à l'époque victorienne : les bals et les convenances, les femmes qui devaient obéir sans discuter, les repas interminables où l'on n'avait pas le droit de parler sans y être invité... mais aussi la beauté des lanternes dans les rues, l'élégance des robes et la simplicité des petits bonheurs d'autrefois.

Minerva, sincèrement captivée, écoutait chaque détail avec attention. Ce soir-là, elle entendit pour la première fois toute l'histoire entre Hermione et Fleur — celle qu'elles n'avaient pas pu lui confier le jour de l'opération. Quand Fleur eut fini, Minerva posa calmement ses mains sur la table et déclara :

— Vos chemins devaient se croiser. Peu importe le temps, peu importe les vies, vous auriez fini par vous trouver. C'est une évidence.

À la surprise générale, Dumbledore acquiesça d'un hochement de tête sérieux.

— Je ne suis pas un grand adepte du destin, dit-il simplement, mais... certaines rencontres défient les lois du monde. La vôtre en fait partie.

Hermione et Fleur échangèrent un regard, touchées par cette approbation inattendue.

À la fin du dîner, Fleur posa doucement sa serviette sur la table et demanda avec sérieux :

— Et la machine à remonter le temps... est-ce que vous pourrez la reconstruire ?

Dumbledore soupira et hocha la tête, l'air un peu sombre.

— Oui... mais pas tout de suite. Il y a des complications.

— Quelles complications ? demanda Fleur, anxieuse.

— Il me faudra du temps pour remplacer certaines pièces, expliqua-t-il. Mais le problème principal, c'est le vibranium. Sans lui, la machine ne fonctionnera jamais. Or, on ne trouve ce métal qu'au Wakanda, une petite nation d'Afrique. Pendant un temps, j'avais un contact sur place, mais depuis la mort de leur roi, le pays a fermé ses frontières à cause de conflits de succession. Tant que leur situation politique ne sera pas stabilisée... je suis coincé. Et la quantité de vibranium qu'il me reste est bien trop faible pour achever la reconstruction.

Hermione sentit son cœur se serrer en voyant la déception dans les yeux de Fleur.

— Donc... il n'y a vraiment rien que vous puissiez faire ? demanda Hermione avec un filet d'espoir.

— Je suis désolé, répondit Dumbledore avec sincérité. Tant que le Wakanda restera fermé, je suis dans l'impossibilité de continuer.

— Qu'allez-vous faire en attendant, professeur ? demanda Minerva.

— Enseigner, répondit-il simplement. L'université d'Oxford m'a proposé un poste temporaire. Cela me laissera du temps pour travailler sur une nouvelle conception de la machine, maintenant que j'ai plusieurs mois de données à analyser.

Puis il se tourna vers Fleur, son regard plus doux.

— Cela pourrait prendre des années... mais je te le promets, Fleur : dès que je serai prêt, tu seras la première avertie. Je suis navré de ne pas pouvoir te ramener plus tôt.

Fleur resta silencieuse un instant, puis tourna la tête vers Hermione. Elle lui prit la main et lui adressa un sourire tendre.

— Ce n'est pas grave. Avec Hermione, je suis déjà chez moi.

La soirée avait été vraiment agréable, chaleureuse et pleine de sincérité. Alors qu'elle touchait à sa fin, Minerva fouilla dans son sac et en sortit une enveloppe qu'elle tendit à Fleur.

— Fleur, j'ai passé un merveilleux moment à discuter avec toi et à découvrir la vie à l'époque victorienne. Et j'ai quelque chose pour toi... et Hermione. Considère-le comme un remerciement, pour tout ce qu'Hermione a fait pour moi, il y a longtemps maintenant.

— Minerva, non... intervint Hermione aussitôt. S'il te plaît, ne fais rien de plus. Tu m'as déjà largement remerciée en sauvant Fleur. Je ne veux rien de toi.

— Ouvre simplement l'enveloppe, répondit Minerva d'un ton doux mais ferme.

Intriguée, Fleur brisa le sceau et déplia le document à l'intérieur.

— Acte... ? Je ne suis pas certaine de comprendre, dit-elle en tendant la feuille à Hermione.

Hermione lut à son tour. Ses yeux s'écarquillèrent aussitôt.

— Fleur... c'est l'acte de propriété du pub. Et il est à nos deux noms.

— Quoi ? souffla Fleur, incrédule.

Minerva hocha la tête avec un léger sourire.

— Je voulais vous faire un cadeau. J'ai racheté le pub à son ancien propriétaire... et je vous le donne. Ton père l'a construit, Fleur. Il est naturel qu'il revienne dans ta famille.

Elle désigna le comptoir d'un signe de tête. Le barman, Peter, leur adressa un petit salut de la main.

— Et lui est prêt à vous aider à démarrer.

Les mains de Fleur tremblèrent légèrement. Une larme glissa le long de sa joue.

— Minerva... je ne sais pas comment te remercier. Cela... cela me touche plus que je ne saurais le dire.

— Félicitations, Fleur. Hermione, dit Dumbledore avec gravité en levant son verre.

— J'ai déjà parlé à Peter, ajouta Minerva. Il est prêt à rester et à vous aider autant que possible. Et si vous le souhaitez, je peux aussi demander à l'un de mes employés de vous donner une formation en gestion d'entreprise.

Hermione essuya discrètement l'émotion qui brillait dans ses yeux.

— Merci Minnie... vraiment. Mais on a déjà commencé à sympathiser avec Peter l'autre soir, alors... si ça lui va de travailler avec deux débutantes...

Peter sourit chaleureusement.

— Ce serait un plaisir, mesdames.

Ils discutèrent encore un moment avec lui avant qu'il ne retourne au bar, appelé par d'autres clients.

Hermione, encore émue par le geste de Minerva, se leva et alla la serrer dans ses bras.

— Merci, Minnie... merci mille fois.

— Ne me remercie pas, répondit Minerva avec douceur. Je ne serais jamais arrivée là où je suis sans toi. Cette nuit-là, dans le métro... tu as changé ma vie, Hermione. Alors considère ceci comme un juste retour des choses.

Hermione resta un instant silencieuse, touchée par ces mots. Puis, une idée lui traversa l'esprit et elle se pencha vers Fleur pour lui chuchoter :

— Dis, mon amour... et si tu emmenais Minnie faire un petit tour du pub ? Je suis sûre qu'elle adorerait t'entendre raconter des histoires sur cet endroit.

Fleur cligna des yeux, un peu surprise.

— Tu crois vraiment ? demanda-t-elle, incertaine.

— J'en suis certaine, répondit Hermione avec un sourire.

Alors Fleur se tourna vers Minerva, légèrement intimidée mais sincère.

— Venez, Minerva. Si cela vous dit... je peux vous faire visiter les lieux.

— Avec plaisir, répondit la vieille dame en se levant avec élégance.

Une seconde plus tard, Hermione regarda Fleur et Minerva disparaître derrière le bar pour commencer la visite.

Le professeur Dumbledore, qui n'avait rien manqué de la scène, se tourna alors vers Hermione avec un regard perçant.

— Tu agis de façon suspecte, Miss Granger. Que se passe-t-il ?

Hermione lança un rapide coup d'œil autour d'elle pour s'assurer que personne n'écoutait, puis se pencha légèrement vers lui.

— Je voulais qu'on soit seuls une minute... Il faut que je te parle de quelque chose.

Le sourcil de Dumbledore se haussa aussitôt, intrigué.

— Je t'écoute.

Hermione inspira profondément.

— J'ai remarqué des choses étranges ces derniers temps. D'abord, la famille Weasley existe toujours... alors que dans ma chronologie, avant que je reparte dans le passé, ils avaient été ruinés. Ils n'existaient plus.

— Cela a du sens, répondit calmement Dumbledore. Tu as tué William, tu as empêché ses manigances financières et criminelles. Ton intervention dans le passé a modifié le cours de l'histoire.

— Oui, je comprends ça, admit Hermione. Mais ce n'est pas ça qui m'inquiète.

Elle baissa un peu plus la voix.

— Il y a autre chose. Quelque chose de carrément... impossible.

Dumbledore posa son verre et plongea ses yeux dans les siens, soudain très sérieux.

— Je t'écoute, Hermione. Raconte-moi.

— Eh bien... quand je suis arrivée en Angleterre l'année dernière, j'étais tombée sur un site web qui proposait une visite guidée sur le thème de Jack l'Éventreur, expliqua Hermione. C'était un tour nocturne dans Whitechapel, avec audioguide, où l'on visitait les lieux des différents meurtres. Ça avait l'air sympa, enfin, pour moi. Je suis une passionnée d'affaires criminelles et de tueurs en série.

Dumbledore la fixa d'un air impassible.

— Je ne commenterai pas tes loisirs, dit-il avec calme, mais... où veux-tu en venir ?

— Le problème, reprit Hermione, c'est qu'hier soir j'ai voulu réserver cette visite. Et le site web avait disparu. Plus aucune trace de l'entreprise, ni même d'une quelconque mention du tour.

— Ça arrive. Ils ont peut-être simplement fait faillite.

— C'est ce que j'ai pensé aussi au début. Mais j'ai trouvé ça bizarre, alors j'ai fait des recherches. J'ai essayé de trouver un autre site, un article, n'importe quoi qui parle de Jack l'Éventreur. Et là... rien. Aucune trace.

Elle inspira profondément, comme si elle-même avait encore du mal à y croire.

— Quand j'ai tapé "Jack the Ripper" sur Internet, aucun résultat n'est apparu. Rien. Pas un article, pas une page Wikipédia, pas un livre, pas un film. Comme si cette affaire n'avait jamais existé.

Dumbledore la regardait désormais avec grande attention.

— Alors je suis allée à la bibliothèque, continua Hermione. J'ai demandé aux bibliothécaires si elles pouvaient me conseiller un ouvrage sur Jack l'Éventreur. Tu sais ce qu'elles m'ont répondu ? Qu'elles n'avaient jamais entendu parler de lui. Jamais.

Le visage de Dumbledore se figea, révélant pour la première fois une réelle surprise.

— Es-tu certaine de ce que tu avances ? C'est impossible qu'on n'ait jamais entendu parler de Jack l'Éventreur. Il a défrayé la chronique à la fin du XIXᵉ siècle. Il a tué ces... prostituées dans les années 1880, si je me souviens bien.

Hermione hocha la tête, grave.

— Oui. Dans ma ligne temporelle, oui. Mais dans celle-ci... il n'existe pas. Et tu vois où je veux en venir ?

— Je ne sais pas encore comment l'expliquer, avoua le professeur. Mais il y a clairement quelque chose d'anormal.

— Et personne d'autre ne semble s'en rendre compte, ajouta Hermione. Regarde.

Elle fit un signe au barman.

— Hé, Peter ! Tu connais l'histoire de Jack l'Éventreur, le tueur de Whitechapel ?

Peter cligna des yeux, visiblement perplexe.

— De qui ?

— Jack l'Éventreur. C'est une figure célèbre du XIXᵉ siècle.

— Désolé, ça ne me dit absolument rien, répondit-il avant de retourner à son comptoir.

Hermione se tourna vers Dumbledore, triomphante et inquiète à la fois.

— Tu vois ? Personne ne sait qui c'est. Comme s'il n'avait jamais existé.

Dumbledore resta silencieux un moment, profondément troublé.

— C'est... fascinant, murmura-t-il. Effrayant aussi. On a vraiment fait quelque chose à la chronologie. Cela confirme que tes actions dans le passé ont eu des répercussions beaucoup plus vastes qu'on ne le pensait.

Puis il fronça les sourcils, son regard se voilant d'une réflexion intérieure.

— Mais ce qui m'intrigue le plus... c'est que nous nous en souvenons. Si l'histoire a changé, nous aurions dû l'oublier comme tout le monde.

— Tu sais pourquoi ? demanda Hermione.

— Pas encore, admit-il. Peut-être que le fait d'être resté près du portail temporel m'a protégé... ou peut-être que nous avons été "hors du temps" au moment du changement. Mais pour l'instant, je ne peux que l'hypothétiser.

Il reprit son verre, l'air soudain grave.

— Si on reprend la chronologie originale, dit Hermione, William Weasley est tombé en disgrâce en 1882. Il a fui l'Angleterre, désavoué par sa propre famille, poursuivi par ses créanciers et la justice. D'après les archives, il aurait tenté de rejoindre l'Australie, mais son navire aurait été pris dans une tempête et coulé. On l'a déclaré mort.

— Oui, je me souviens que tu me l'avais raconté, confirma Dumbledore.

Hermione hocha la tête et continua :

— Mais admettons que ce soit faux. Admettons qu'il n'ait jamais embarqué sur ce navire. Peut-être qu'il a seulement parlé de l'Australie pour brouiller les pistes, puis qu'il a simulé sa mort afin d'échapper à la justice. Dans ce cas... il aurait pu très bien se cacher. Et laisser son côté obscur prendre entièrement le dessus. Puis, en 1888... il serait réapparu à Londres, dans l'ombre, à Whitechapel...

Dumbledore comprit immédiatement où elle voulait en venir.

— Tu penses que William Weasley pourrait être devenu Jack l'Éventreur.

— C'est ça. C'est une théorie, mais elle colle avec la chronologie. Il avait le profil psychologique d'un manipulateur violent, il méprisait les femmes, il savait fuir et mentir... Et il était déjà prêt à tuer. Alors... pourquoi pas ?

Elle marqua une pause avant d'ajouter plus sombrement :

— Je me suis souvenue d'un moment précis. Ce matin-là, au petit déjeuner, quand je l'ai corrigé sur une citation de Shakespeare... quelque chose a clignoté dans son regard. Une froideur pure. Un instant de haine, brut, presque... inhumain. Sur le moment, je n'y ai pas prêté attention. Mais avec le recul... ça me donne des frissons.

Dumbledore resta pensif.

— Et comme tu as changé l'histoire en 1869, William Weasley est mort avant de pouvoir commettre les crimes de Jack l'Éventreur. Ce qui expliquerait pourquoi il n'existe plus dans cette ligne temporelle.

Hermione hocha la tête, un sourire ironique étirant ses lèvres.

— Je trouve ça un peu fou... mais oui. Sans le vouloir, j'ai peut-être supprimé Jack l'Éventreur de l'histoire. Que ce soit William Weasley... ou peut-être juste le type à qui j'ai donné un coup de pied bien placé à mon arrivée à Londres.

Elle haussa les épaules.

— Peu importe. L'Éventreur a disparu. Et je ne vais pas perdre le sommeil pour un psychopathe qui n'a plus aucune importance dans ce monde.

Dumbledore eut un sourire en coin.

— Éliminer une anomalie temporelle majeure et un tueur légendaire... sans même le vouloir. Impressionnant, Miss Granger.

Hermione rit brièvement.

— Oui, et nous ne sommes que lundi.

Elle reprit ensuite, plus sérieuse :

— Je voulais juste t'en parler. Pas pour le drame, mais... pour avoir ton avis scientifique.

— Est-ce que tu comptes en parler à Fleur ? demanda Dumbledore en l'observant par-dessus ses lunettes.

Hermione eut un petit rire nerveux.

— Mon Dieu, non. Jamais. Qu'est-ce que je pourrais bien lui dire ? « Au fait, chérie, j'ai découvert que ton ex-fiancé aurait pu devenir un tueur en série si je ne l'avais pas tué » ? Déjà que cette histoire n'existe plus... personne ne se souvient de Jack l'Éventreur ici, à part toi et moi. Fleur a suffisamment souffert, je ne vais pas rajouter ça dans sa tête.

Dumbledore hocha la tête, pensif.

— C'est tout de même une histoire particulièrement étrange...

Hermione but la fin de sa bière et jeta un regard vers la salle. Elle aperçut Fleur et Minerva revenir du fond du pub.

— Je suis d'accord avec vous, dit-elle, mais on en a assez parlé pour ce soir. Ma charmante petite amie revient, et franchement... je préfère me concentrer sur elle.

Fleur arriva jusqu'à elle et déposa un baiser tendre sur sa joue.

— Vous parliez de quoi, toutes les deux ? demanda-t-elle avec curiosité.

— Oh, de rien d'important, cher Fleur, répondit Dumbledore avec un sourire bienveillant.

— On y va ? proposa Hermione en se levant.

Fleur hocha simplement la tête et lui prit la main.

— Hermione, je te tiens au courant, dit Dumbledore en remettant son manteau.

— Pas d'urgence, professeur, répondit-elle.

Après avoir dit au revoir à Minerva, le couple quitta l'auberge main dans la main avant de rentrer tranquillement à l'appartement. La nuit était douce, et un silence confortable les accompagna tout au long du chemin.

Une fois à l'intérieur, Fleur ôta sa veste et se tourna vers Hermione, l'air songeur.

— Hermione... j'ai repensé à ce que Minerva a dit pendant le dîner. Tu crois que tout cela... toi et moi... c'était prédestiné ?

Hermione s'approcha d'elle et glissa doucement ses bras autour de sa taille.

— Je ne sais pas, répondit-elle honnêtement. Je n'ai jamais vraiment cru au destin. Mais... t'avoir ici, maintenant, dans mes bras... ça me fait remettre beaucoup de choses en question.

Elle posa son front contre celui de Fleur.

— Peut-être que, oui... peut-être que certaines choses sont écrites quelque part. Ou peut-être qu'on finit toujours par retrouver ceux qu'on est censés aimer.

Fleur sourit doucement et caressa sa joue.

— Tant que l'histoire continue de nous ramener l'une à l'autre... ça me va.

Elle ajouta dans un souffle :

— Tu m'auras toujours, Hermione. Et je suis heureuse que le destin ou la vie, ou peu importe comment on l'appelle, t'ait mise sur ma route.

Hermione scella ces mots par un baiser tendre, silencieux mais chargé de promesses.


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