L’ULTIME ESPOIR DE L’HUMANITE traduit de Russe. Auteur Isra

Chapitre 9 : Tome I. Le début de la fin du monde. Partie 8

2632 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 11/05/2024 15:18

Harry crut immédiatement et inconditionnellement Severus, mais il était impatient d'entendre la confirmation de son état de la part des guérisseurs. En attendant la visite de Smethwick, le sorcier en chef de Sainte Mangouste, il était absolument incapable de trouver le repos à cause de l'inquiétude qui le taraudait.

-         Harry, calme-toi ! L'agitation est préjudiciable dans ton état, dit sévèrement Rogue lorsque Potter recommença à arpenter le salon.

-         Je suis désolé ! Je comprends tout, mais je n’y peux rien… J’aimerais être sûr…

Harry se laissa tomber sur une chaise et se prit la tête entre les mains.

-         Imagine, moi aussi ! Penses-tu que toi et notre futur enfant, vous êtes des étrangers pour moi, et que je ne ressens que de l'indifférence ? Dit Rogue avec un petit rire sarcastique.

 Enfin, une flamme verte illumina la cheminée et Smethwick en haletant enjamba la grille en fonte.

-         Excusez-moi pour le retard. J'ai reçu votre Patronus, Severus, et j'allais venir chez vous, mais ensuite un patient difficile est arrivé et j'ai dû convoquer un concile. Eh bien, jeune homme, une bonne nouvelle, peut-être ?

Smethwick se tourna vers Harry, demanda de s'allonger et fit des passes avec sa baguette au-dessus de lui pendant un bon moment.

-         Eh bien, eh bien... un changement notable dans la structure de l'aura magique... un petit assombrissement dans la région abdominale... un changement de fond hormonal, marmonna-t-il dans sa barbe.

 -         Hippocrate, peux-tu, peut-être, nous dire clairement qu’est-ce que se passe ? S'impatienta Rogue

-         Tout va bien, même très bien, dit Smethwick, et un sourire espiègle illumina son visage, Félicitations, Messieurs ! Vous allez avoir un bébé !

***

Pendant une semaine de plus, Harry fut tourmenté par des visites quotidiennes. Les guérisseurs et les Langues-de-plomb impliqués dans l'expérience cherchèrent à les féliciter, à exprimer leur admiration pour le génie de Rogue et l'espoir timide que l'humanité ne soit plus en danger d'extinction.

-         Attendons les résultats pour Stephen et surtout pour Michael, remarqua avec retenue le "génie", et alors seulement nous pourrons tirer des conclusions sur le danger d'extinction.

Il semblait que Severus avait le don de prédire l'avenir ! Les jours passèrent, mais ni Steven le Cracmol, ni Michael le Moldu, ne constataient pas de changement dans leur état.

Après la quatrième « procédure de fécondation », Michael renonça et exigea la résiliation du contrat magique. Rogue sombre comme un nuage d'orage, était profondément déçu. Il cherchait désespérément à démontrer que la potion de grossesse masculine pouvait bénéficier à tous, et pas uniquement aux sorciers, qui ne constituaient qu'une petite fraction de la population terrestre.

***

Harry mit de côté la salade de fruits intacte, car il était toujours tourmenté par des nausées implacables, et la potion, que Severus avait préparée, ne lui apporta qu'un soulagement temporaire, et plaisanta :

-         Je n'aurais jamais pensé que tu étais aussi idéaliste et altruiste.

-         Ni l'un ni l'autre, Harry. Je ne veux tout simplement pas que la capacité de donner naissance à des enfants soit exclusivement réservée à nous, les magiciens, répondit Severus sur un ton absolument sérieux.

-         Pourquoi ? Cela pose problème ? Nous sommes différents, capables de beaucoup de choses que les Moldus ne peuvent pas faire, tout en vivant comme au XVIIIe siècle, sans électricité à la lueur des bougies.

L'incompréhension brilla dans les yeux d'Harry.

-         La convoitise, Harry, dit Severus sombrement, la jalousie la plus noire. Si les enfants n'apparaissent que dans les familles de sorciers, les Moldus ne l'apprécieront pas beaucoup.

-         Je ne pensais pas que tu te souciais autant des sentiments des Moldus, persifla Harry.

Le visage de Severus se figea brusquement dans une expression impassible et il parla avec une voix empreinte de souffrance :

-         Je ne veux pas paraître impoli, mais je me moque des sentiments des Moldus. C'est à cause de leurs "nouveaux technologies" que tu as été obligé à quitter ton emploi, à t'isoler dans cette maison pendant un an et à devenir un cobaye. Si les Moldus ne cherchaient pas à fabriquer des armes de plus en plus dangereuses, Hermione, Ginny et Luna auraient déjà eu un deuxième enfant, et nous pourrions également envisager de se tourner vers la gestation pour autrui. Par conséquent, je n’éprouve absolument aucune pitié pour ces personnes qui ont amené notre monde au bord de l’anéantissement. J'ai juste peur de la façon dont les Moldus se comporteront lorsque nous posséderons quelque chose qu'ils ne pourront jamais avoir.

***

Deux mois plus tard, alors que le ventre d'Harry, que Severus aimait embrasser à chaque occasion opportune ou non, s'arrondit de façon évidente, les guérisseurs furent appelés d'urgence chez Stephen, qui perdit connaissance lors d'une promenade matinale, plongeant son mari dans l'inquiétude. Les diagnostics montrèrent que la potion de grossesse masculine avait fini par fonctionner dans ce cas également. Certes, avant cela, le pauvre Stephen avait dû subir à trois reprises une «procédure de fécondation» si désagréable.

Il fallut trouver un autre Moldu marié à un sorcier qui voudrait bien participer à cette expérience délicate. Ça prit encore quelques semaines. Mais un mois passa, puis un autre, et le résultat était toujours nul. Le Moldu, dont le nom était Jeremy, endura courageusement dix procédures, mais à la fin du troisième mois, il devint clair : la grossesse, tant espérée, n'aurait pas lieu.

Ce fut un coup dur à la fois pour Severus et pour tous ses subalternes. Quand Rogue refusa catégoriquement de laisser Harry seul, même pendant quelques heures, Black House devint une filiale du Département des Mystères, tout comme elle avait autrefois servi de quartier général à l'Ordre du Phénix. La majorité des réunions se déroulaient dans le bureau de Rogue, mais parfois des querelles animées éclataient même pendant le repas.

Ce fut alors qu'Harry apprit qu'il y avait un désaccord irréconciliable entre Rogue et Smethwick sur une question primordiale. Il sut également qu’il était envisagé d'inclure dans l'expérience un autre couple, dans laquelle le rôle actif serait attribué au Moldu, et le rôle passif à un Sorcier ou Cracmol.

-         Je vous assure, Severus, la grossesse nécessite que le partenaire actif soit un sorcier, insista Smethwick, tout en rendant hommage à l'excellent steak frites et au vin de qualité. - Sans votre Potion unique, bien sûr, rien ne serait possible, il salua Rogue avec le verre, mais si la "procédure de fécondation", est conduite par un Moldu, je crains que nous n'ayons pas à nous attendre à des miracles particuliers.

-         Et pourquoi donc ? Demanda Rogue, qui, comme Harry le savait déjà, avait un point de vue complètement différent.

-         Jugez par vous-même ! Vous êtes l’un des magiciens les plus puissants de Grande-Bretagne. Le mari de Stephen a également un potentiel très élevé. Dans les deux cas, la fécondation a réussi..

Rogue répondit avec un sourire :

-         Et les partenaires de Michael et Jeremy ? Pour autant que je sache, ils étaient aussi des sorciers, mais pour une raison quelconque, leur sperme n'a pas fonctionné. Sans essais cliniques, je ne peux pas tirer de conclusions sans ambiguïté, mais je suis déjà convaincu que c'est le partenaire passif qui est responsable de la survenue et du déroulement de la grossesse. Et je peux le prouver sur l'exemple de nos quatre sujets expérimentaux. Harry ne se sentit pas bien pour la première fois le sixième jour après la procédure... De plus, j'ai oublié de mentionner, que notre elfe Kreattur a vu le changement dans son aura magique dès le troisième jour. Deux mois plus tard, Stephen a finalement obtenu un effet positif. Michael et Jeremy ont abandonné la course, car ils n'ont pas eu les résultats escomptés. Maintenant, faisons une analyse comparative.

Severus transforma une serviette en un stylo, un encrier, un parchemin et commença à tracer un tableau :

-         Trois jours pour le sorcier, deux mois pour le Cracmol, et aucun des deux Moldus n'a obtenu un résultat positif. Il semblerait, dit-il en tapotant sur le parchemin, que tout soit déjà très clair. Mais pour vous convaincre définitivement, je tiens à proposer une expérience immédiate avec un couple dans lequel le partenaire actif sera un Moldu, et le passif un Sorcier ou un Cracmol. En cas de succès de l'expérience, alors...

Smethwick termina sa phrase avec amertume :

-         Les Moldus seront voués à l'extinction.

-         Hélas, mais j'ai bien peur que ce soit inévitable. Pour être franc, j’ai immédiatement supposé que maintenir une grossesse nécessitait la magie de celui qui porte l’enfant. Soupira Rogue.

-         Cher Severus, je suis perplexe. D'après ce que vous prétendez, on pourrait penser qu'un sorcier puissant devrait mieux vivre une grossesse, mais d'après ce que j'ai vu, Stephen se porte mieux qu'Harry.

-         Malheureusement, cher Hippocrate, vos conclusions sont fausses ! Les Cracmols ont un potentiel magique si minime qu'ils ne ressentiront presque aucun changement, n'utilisant pendant la grossesse que des réserves cachées, auxquelles ils n'ont jamais eu recours. Alors que le sorcier sera obligé de partager constamment sa magie avec l'enfant, ce qui menace d'épuiser considérablement ses propres ressources. Si le Cracmol continue de mener presque la même vie, le Sorcier devra arrêter complètement de pratiquer la magie pendant neuf mois, ce qui, comme vous pouvez imaginer, est en soi un stress colossal. Harry a même caché sa baguette pour le moment afin d'éviter la tentation de l'utiliser.

-         Vous ne voulez pas dire que nous devrions placer tous nos espoirs sur une poignée de Cracmols ? Demanda Smethwick sur le ton de la légère moquerie.

Mais Rogue répondit avec un sérieux le plus absolu :

-         Les Cracmols sont en mesure de mener une grossesse à son terme et d'accoucher, même si cela leur prend beaucoup plus de temps. C'est une ironie du sort mais c'est bien ce que je veux dire ! Dans notre situation difficile, les sorciers ne peuvent pas se décharger complètement de leurs responsabilités. Il y a trop peu de Cracmols et ils quittent souvent le monde magique à cause du mépris des magiciens. Il y a encore moins de Cracmols prêts à donner naissance à un enfant. Donc, malgré les difficultés, nous ne pouvons tout simplement pas nous passer de l'engagement massif des sorciers dans notre projet.

***

Ce soir-là, Harry se pelotonna contre Severus dans le lit.

-         Tu sais, parfois je ne comprends pas pourquoi tu m'as choisi, toi qui es si intelligent. Aujourd'hui pendant le dîner je me sentais comme un bêta de Gryffondor sous-doué ! Tu ne t'ennuies pas avec moi ?

Rogue effleura la joue d'Harry du bout des doigts, ce qui le fit respirer plus vite, puis l'embrassa. La main de Severus se glissa sous l'élastique du pantalon de pyjama d'Harry.

-         Tout d'abord, Potter, il est impossible de s'ennuyer avec toi. Tu te retrouves toujours dans des situations impossibles. Et deuxièmement, comment te dire cela...

 -         Oui, essayez, Professeur Rogue, de transmettre vos réflexions si précieuses à cet idiot de Potter, souffla Harry, poussant dans la paume chaude qui enserrait son sexe d'une manière possessive.

Severus déclara sérieusement :

-         Ta présence dans ma vie me comble de bonheur. À tes côtés, je change, je deviens plus humain. C'est comme si je laissais derrière moi l'armure que je porte habituellement en public. Quand je suis avec toi, j'arrive, presque, à avouer mon amour.

Harry murmura à son oreille, le cerveau embrumé par la passion :

-         Pourquoi « presque » ? Je pense que tu le fais très bien...

Les yeux de Severus, sombres de désir, brillèrent d'une tendresse sans fin.

-         J'essaie, mon cœur, j'essaie de devenir digne de toi.

***

Les derniers mois ont été très éprouvants pour Harry, remplis de douleur corporelle, de limitations et d'interdictions. Il souffrit de nausées, de faiblesse, de maux de dos et de sauts d’humeur soudains. De plus, le régime alimentaire, l'emploi de temps strict, l'interdiction catégorique, d'abord de l'usage de la magie, puis de pratique du sexe, ne lui facilitaient pas la vie.

Malgré tout, avec le temps, Potter pensait qu'il n'avait pas fait d'erreur en acceptant de se joindre à l'expérience.

Bien sûr, l'arrivée de leur enfant fut accompagnée de douleur intense et de peur. Cependant, lorsqu’Harry croisa le regard radieux de Severus tenant leur fils dans ses bras, il comprit qu'il avait agi comme il le fallait.

Les épreuves qu’ils avaient surmontées démontrèrent à quel point ils s'aimaient. Maintenant, pensa Harry, ils étaient devenus une vraie famille, et ni rien, ni personne, ne pourrait les séparer.

***

Deux mois plus tard, fin décembre deux mille quatre, les journaux du monde sorcier publièrent des articles jubilatoires dans lesquels ils chantaient les louanges du nouveau héros du jour, Steven Rogers, un jeune Cracmol jusqu'alors inconnu, qui réussit à donner la naissance à une petite fille.

Encore six mois de plus, et la maternité de l'hôpital Sainte-Mangouste, vide depuis plusieurs semaines, entendit à nouveau le cri d'un enfant, cette fois si issu d'un couple dont le partenaire actif était un Moldu et le partenaire passif un Sorcier.

La théorie de Severus fut complètement confirmée : même après avoir bu une pinte de potion de grossesse masculine, les Moldus ne pouvaient pas concevoir. Le destin de l'humanité reposait entièrement entre les mains des Cracmols et des Sorciers.

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