SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja
Le soir, Harry sortit de l'infirmerie. En tournant dans le couloir qui conduisait aux locaux de la Maison Gryffondor, il aperçut Neville qui suppliait le chevalier Cadogan de le laisser passer, mais celui-ci refusait fermement.
— Je les avais notés sur un morceau de papier. Et je l'ai laissé tomber quelque part ! Neville était presque en larmes.
— Je ne crois pas à ce conte ! tonna Le Chevalier.
En voyant Harry, il sourit gracieusement :
— Salutations, mon jeune yeoman ! Dépêchez-vous et mettez ce fainéant aux fers. Il veut pénétrer de force dans le château !
— Un poignard aiguisé, dit Harry au Chevalier Cadogan, qui à ces mots, avec déception et une grande réticence, pivota son tableau en les laissant entrer dans le salon.
Les têtes des personnes présentes se tournèrent immédiatement vers eux et des murmures excités remplirent le salon.
— Harry, quelqu'un t'a laissé un cadeau ici ! Regarde, c'est L'Éclaire de Feu, prononça Ron avec admiration.
— Ron, si c'était un cadeau pour moi, alors pourquoi l'as-tu touché ? Harry grimaça de mécontentement
— Oh, après tout, il était immédiatement clair qu’il s’agissait d’un balai ! Et nous l’avons seulement déballé. Tu vois, rien de cassé, sourit Ron et tendit le balai.
— Et il aurait pu être cassé ? questionna Harry en montant dans le dortoir.
Du coin de l'œil, il remarqua que les autres étudiants étaient visiblement mal à l'aise et que seul Ron s'en fichait. Déjà au sommet de l'escalier, Harry entendit la voix indignée de Weasley :
— Qu'est-ce que ça peut faire ? Je l'avais seulement déballé pour voir. Eh bien, si tu n'en veux pas, je le monte dans le dortoir moi-même ! Je donnerai les médicaments à Croûtard en même temps.
Ayant récupéré son cartable, Harry redescendit au salon et croisa Ron dans les escaliers, qui montait l'Éclair de Feu à l'étage comme si le balai était fait de cristal.
S'asseyant près d'Hermione, Harry remarqua que la table était couverte de livres et de devoirs.
— Comment fais-tu pour avoir le temps de tout faire ? demanda Harry.
— Je n'y arrive pas, répondit Hermione. J'ai dû abandonner l'étude des moldus et la divination, et je vais à peine aux cours de Soins aux créatures magiques à cause de la numérologie.
— La numérologie te plaît ? demanda Harry en prenant une carte couverte de colonnes de chiffres.
— C'est mon cours préféré, je trouve qu'il n'y a rien de plus passionnant, dit Hermione avec enthousiasme.
À cet instant, un hurlement déchirant résonna dans l'escalier du dortoir des garçons. Dans le salon, tous se figèrent d'effroi, regards rivés vers le sommet des marches. Aussitôt, des pas précipités retentirent et Ron surgit dans la pièce, un drap blanc chiffonné entre les mains.
— REGARDE ! cria-t-il en se précipitant vers Hermione.
Ron secoua le drap devant les yeux de la jeune fille.
— Ron, que s'est-il passé...
— CROÛTARD ! PAUVRE CROÛTARD !
Hermione, ne comprenant rien, s'écarta de Ron. Harry contempla le drap, taché de quelque chose de rouge, qui ressemblait beaucoup à... du sang.
— C'est du sang, Croûtard a disparu ! C'est la faute de ton Pattenrond ! hurla Ron dans le salon silencieux.
Et, à partir de cet instant, l'amitié entre Ron et Hermione prit fin pour toujours. Ils se disputaient et Harry n'essaya même pas de les réconcilier. Il secoua simplement la tête, ramassa son sac et quitta la pièce.
Il porta son sac jusqu'aux sous-sols, en le tenant fermement contre sa poitrine. Harry le serra encore plus fort et frappa avec confiance à la porte du bureau du professeur Rogue. Seulement personne ne lui ouvrit. Quand Crabbe, Goyle et Malefoy sortirent à sa rencontre, Harry avait déjà maudit vingt fois son impulsion qui le poussa à voler Croûtard et errait dans le couloir, en se demandant où le caser.
— Héritier Potter, qu’avez-vous oublié dans nos sous-sols ? demanda Malefoy avec malice, en étirant les mots.
— Drago, arrête ça, je n’ai pas le temps de faire des politesses. J’ai besoin de voir Maître Rogue de toute urgence !
— Il est chez Papa, et je ne crois pas qu'il revienne avant la tombée de la nuit, répondit Drago cette fois-ci sans minauderies.
— Oh, Mordred !
— Peut-être moi, je peux t'aider ?
— Je dois cacher un rat. Seulement il est magique et peut s’enfuir. Je comptais sur l’aide du Maître.
— Pourquoi toute la Maison Gryffondor n’arrive pas à s’occuper d’un seul rat ? hennit Goyle.
— Tais-toi, Gregory, ordonna Drago très calmement, mais avec une intonation impérieuse indescriptible.
Goyle étouffa immédiatement le rire et regarda Malefoy avec perplexité.
— Viens, donc, chez nous, j’ai une idée, suggéra Drago à Harry.
La salle commune des Serpentard faisait une impression agréable. Lors de la première visite, trop préoccupé, Harry n’eut pas le temps de l’examiner vraiment : la cheminée luxueuse et les canapés moelleux autour, les tables confortables pour étudier et les étagères avec des livres. Mais plus que par le confort, Harry fut surpris, par le calme qui y régnait, pas de bruit, pas de cri, pas de remue-ménage.
— McMillan, interpella Drago un élève un peu plus âgé que lui. Vous avez dit un jour, que vous aviez une cage enchantée, prêtez-la moi pour quelques jours.
— Pourquoi en avez-vous besoin, Malefoy ?
— Ce n’est pas pour moi, c'est pour Potter.
Harry, qui observait attentivement, put remarquer d’étranges échanges de signes. McMillan haussa un sourcil et Drago haussa l'épaule en réponse.
— D'accord, prenez-la, je vais l'apporter.
— Eh bien, tu peux le laisser ici ou le prendre avec toi, dit Drago en mettant Croûtard dans la cage.
— Je ferais mieux de le laisser. Cela ne sert à rien de le faire circuler dans les couloirs. Es-tu sûr qu'il ne s'enfuira pas ?
— Je garantis la sécurité ! promit Drago. Dois-je te raccompagner ?
— Non, non, je trouverai le chemin moi-même. Et merci Drago !
— Parfait, et fais-moi savoir s'il t'arrive quelque chose.
Dès que Potter fut parti, tout le monde dans la salle commune des Serpentard regarda Malefoy avec curiosité.
— Drago, que s'est-il passé à l'instant ? Mes oreilles m'ont-elles trompé, ou un Malefoy a réellement rendu un service et a assumé les responsabilités contre un simple « merci » ? demanda prudemment Steve McMillan.
— C'est, Steve, la manifestation de notre don familial : toujours être au courant des événements et les tourner à notre avantage.
— Et plus précisément ? Je te rappelle que la cage m'appartient.
— D'accord, qu'il en soit ainsi, je vais partager ce secret avec vous autres, les « imprévoyants ».
Soupira Drago en réalisant, qu'il ne pouvait pas cacher éternellement "une aiguille dans une botte de foin"…
***
Et samedi, alors que la plupart des étudiants se rendirent à Pré-au-lard, Rogue vint trouver Harry.
— Potter, venez, j'ai quelque chose à vous dire.
Professeur le conduisit à son bureau.
— Harry, la semaine prochaine se tiendra la réunion du Magenmagot pour traiter l'affaire Dumbledore. Je veux savoir : êtes-vous prêt à y aller ?
— Est-ce que c'est nécessaire ?
— Oui. Vous avez ressenti le pouvoir des lois de la magie. Mais si vous ne faites rien, rien ne changera. Il y a beaucoup de nés-moldus à Poudlard, comme Miss Granger par exemple, qui ne comprennent pas ces lois et, pire que tout, ils ne cherchent même pas à les comprendre. Le directeur Dumbledore a cultivé cette ignorance et vous devez maintenant décider vous-même si vous voulez que les nés-moldus fassent partie du monde magique ou qu'ils continuent d'être un fardeau pour celui-ci.
— Et que devrais-je dire là-bas ?
— La vérité, Potter. Rien de plus ne vous sera demandé.
— D'accord, Maître, je vais y aller.
— Et puis, maintenant, la deuxième question se pose. Lors de la même réunion, le cas de Sirius Black sera examiné. Il a aussi quelque chose à dire. En tant que suzerain, vous devez le soutenir. C'est peut-être une branche coupée, mais il est toujours un Black. Je vous conseillerais, avant que son affaire ne commence, de demander au Magenmagot que vous soyez confirmé comme garant de la Famille Black. Cela augmentera les chances d'acquittement de Sirius.
— Mais ne devrait-il pas être acquitté tout de suite ? Nous avons trouvé Pettigrew, n'est-ce pas ?
— Et le meurtre des Moldus ? Les avez-vous oubliés ?
— J’ai compris, Maître. Oui, je ferai tout ce qu'on attend de moi. Mais le Magenmagot acceptera-t-il ma candidature ? Je suis mineur, non ?
— Vous, Potter, vous êtes l’héritier légitime. Ce titre fait automatiquement de vous un majeur. N’avez-vous pas lu le Code ?
— Je n'ai pas fini de le lire. J'ai commencé par le Code des vassaux.
— C'est aussi bien. Au moins maintenant, vous saurez comment se comporter avec Black.
— Monsieur, je voulais vous demander, hier j'ai reçu un balai en cadeau, vous ne savez pas, par hasard, qui me l'a envoyé ?
— Sirius. Par l'intermédiaire d'un avocat de Gringotts, il a vendu la maison qu'il avait héritée de son grand-père et a décidé de vous faire plaisir ! Alors, êtes-vous prêt à admirer la rencontre épique entre Black et Pettigrew ?
— Oh, c'est vrai le rat ! Je l'ai attrapé, mais comme vous n'étiez pas là hier et j'ai dû le laisser à Drago ! Il vous l'a transmis ?
— Potter, en voilà une étrange question ! Drago m'a parlé du rat. Mais il est toujours en sa possession.
— Pourquoi ?
— Potter ! grogna Rogue. Dois-je recommencer à vous traiter d'idiot ! Qu'est-ce que Drago vous a promis hier ? !
— Le garder. Désolé Maître, je suis vraiment un idiot. Malefoy a donné sa parole, ce qui signifie qu'il ne donnera le rat à personne d'autre que moi. Mais Drago est à Pré-au-lard en ce moment...
— Non, Potter. Sachant que nous aurions besoin de Pettigrew, je lui ai demandé de rester à l'école aujourd'hui.
— Mais alors, avec ma demande je l'ai privé de la sortie ? Je devrais probablement lui présenter mes excuses.
— Pas besoin d'excuses, Potter. Mieux vaut lui rendre un service en retour. L'inviter à participer à une conversation avec Black. Après tout, Sirius est son oncle, le frère de sa mère. Et Drago n'est pas étranger pour la famille Black.
— Oui en effet. Merci pour le conseil, Maître.
— C'est le rôle du garant de la famille, Potter : Conseiller et aider.
Harry et Maître Rogue entrèrent dans la salle commune des Serpentard. Pourquoi Harry s'imaginait-il, que Malefoy resterait à s'ennuyer tout seul ? Le salon était plein de monde. Et pas seulement des juniors, il semblait que toute la faculté décida d'annuler la sortie à Pré-au-lard.
— Héritier Malefoy, cela ne vous dérangerait-il pas de me consacrer quelques minutes pour une conversation en privé ? demanda Harry d'un ton officiel.
— À votre service, Héritier Potter. Suivez-moi, s'il vous plaît.
Drago l'amena dans sa chambre et Harry fut surpris, par le fait qu’à Serpentard, tout le monde avait droit à un logement individuel. Avec un lit, une armoire, une table et quelques fauteuils confortables. Rien de semblable dans les dortoirs des Gryffondor. Drago occupa un des fauteuils en montrant l'autre à Harry.
— Je t'écoute, Harry.
— Drago, je suis venu récupérer le rat et, en remerciement pour ton aide, je t'invite à assister à un petit spectacle.
— Quel spectacle ? Malefoy haussa un sourcil, imitant clairement Rogue.
— La transformation de cet animal en homme et la rencontre épique de Sirius Black avec feu Peter Pettigrew.
— Oh ! Quel retournement ! Est-ce que ce rat, c’est Pettigrew ? Et Black se trouve à l’école ? Héritier Potter, j’accepte votre invitation. Cela va être un spectacle inoubliable ! dit Drago avec enthousiasme.
Puis il sortit la cage avec Croûtard du placard et la tendit à Harry.
Ils rejoignirent Maître Rogue qui les attendait dans le salon et, tous les trois, ou plutôt tous les quatre, retournèrent de nouveau au bureau du doyen. Maître Rogue les conduisit aux appartements du Serpentard, où Black attendait dans une pièce séparée.
Harry n'avait pas vu Sirius Black depuis le jour où Salazar Serpentard avait accompli le rituel. Pendant ce temps, le clochard émacié s'était transformé en homme majestueux aux cheveux noirs bouclés et aux yeux bleus perçants. Mais son comportement ne changea pas pour autant. Dès leur entrée, Sirius passa immédiatement son bras autour des épaules d'Harry.
— Harry, mon chiot, tu as tellement grandi ! prononça-t-il avec un sourire joyeux.
— Bon après-midi, Monsieur Black, dit Harry en se dégageant. Je suis heureux que votre état est plus adéquat.
— Harry ! Que dis-tu ? Je suis si content de te voir !
— Pareillement, Monsieur Black ! Merci pour le cadeau. J’ai reçu le balai de votre part. Je pense juste que vous avez gaspillé beaucoup trop d’argent.
— Mais Harry, c'est l'Éclair de feu, le meilleur balai qui était en vente ! J’avais pensé que tu seras heureux de le recevoir !
— C'est ma Maison qui a été heureuse.
— Mais Harry ! Ton père…
— Je ne suis pas mon père ! Moi c'est moi ! Et ne me comparez à personne, Monsieur Black. Plus tôt vous comprendrez cela, meilleure sera notre relation !
— Je comprends tout ! C'est Servilus qui t'avait influencé !
Un coup sec de la magie du suzerain fut la seule réponse.
— Et désormais, Monsieur Black, je vous demande de respecter le Garant de ma Famille, en ne vous permettant pas de telles expressions !
— Alors c'est tout, n’est-ce pas ? Et je pensais que toi et moi nous amuserions !
— Vos derniers amusements, vous ont conduit pour douze ans à Azkaban.
Drago écouta toute cette conversation debout devant la porte. Il vit Sirius Black pour la première fois de sa vie et essayait maintenant de comprendre comment se comporter. Il n’était pas pressé de se joindre à la conversation, tout du moins pas avant d'être présenté. Potter le surprit, Drago ne s'attendait pas à ce qu'Harry, qui venait tout juste d'accepter le titre d'héritier, se comporte aussi durement.
— Monsieur Black, continua Harry, je ne suis pas venu seul. Permettez-moi de vous présenter votre neveu, Drago Malefoy, l'héritier de Malefoy.
Harry s'écarta pour permettre à Drago de s'avancer.
— Enchanté de faire votre connaissance, Monsieur Black, Drago baissa poliment la tête.
— Drago... Le fils de Narci, non ? Je t'ai vu quand tu étais tout petit...
Sirius devint soudainement triste et se prit la tête entre les mains.
— … Douze ans ! Et tout cela à cause de ce rat !
— En parlant du rat. Nous avons amené quelqu'un ici. Voulez-vous lui parler ?
À ces mots, Harry ramassa la cage avec Croûtard sur le sol et la posa sur la table.
— C'est lui ! cria Sirius.
— Assurons-nous-en d'abord, dit Rogue en sortant le rat de la cage.
Il agita sa baguette en projetant en même temps le rat en l'air.
— Spezi Verto ! *
Et sur le sol retomba un petit homme tordu. Il renifla à la manière d'un rat, poussa un cri et tenta de s'enfuir. Seulement Sirius fut plus rapide que lui, il attrapa l'ex-rat par le col et immédiatement essaya de l'étrangler. Au tout dernier moment, Rogue réussit à lui arracher Pettigrew.
— Monsieur Black, je ne vous conseillerais pas de tuer le seul témoin de votre innocence, dit-il en l'écartant de rat. La semaine prochaine, vous aurez l'occasion de vous justifier auprès du Magenmagot. En attendant, je vous suggère d’avoir une conversation avec le « regretté » Monsieur Pettigrew.
L'échange fut tout sauf ordinaire. Le rat se lamentait et sombra dans l'hystérie, tout en réussissant à décrire comment il avait guidé Voldemort jusqu'à la demeure de ses amis. Il raconta s'être dissimulé en frissonnant sous l'escalier, car le Seigneur lui avait formellement défendu de s'éloigner sans lui.
Il évoqua son effroi quand Rogue surgit dans la maison et sa tentative désespérée de lui échapper. Pendant sa fuite, Pettigrew se retrouva confronté à Sirius, qu'il cherchait à éviter en l'entraînant dans Londres moldu. Toutefois, le Rat rejeta fermement toute responsabilité concernant le sort qui avait provoqué la mort de treize personnes.
— Non, je ne pouvais pas lancer ce sort dans la foule ! gémi Sirius en se tirant les cheveux. Non, ou bien l’aurais-je pu ? Non, ou peut-être… ? Je ne comprenais presque rien à ce moment-là. Dumbledore m’a seulement ordonné d’attraper Peter.
— Dumbledore ? ! demandèrent Rogue et Potter à l'unisson.
— Eh bien, oui, il était là. Quand j’ai vu Peter, il m’a dit de l’attraper, et puis après Dumbledore est monté à l’étage.
— Je n’avais pas aperçu Dumbledore, dit Rogue en fronçant les sourcils.
— Eh bien, oui, il portait la cape, celle qui appartenait à James. Il l'avait emprunté deux jours auparavant pour l'étudier.
— Il portait la cape d'invisibilité !
Harry haleta sous le choc.
— Voilà comment il a su ce qui s'était passé là-bas ! Il était présent, tout simplement ! Et moi, je me demandais comment il avait eu connaissance des derniers mots de ma mère et du fait que c’était Avada qui m’avait laissé la cicatrice !
— Harry, attends, dit Rogue, ça ne colle pas. À mon arrivée, Lily était déjà morte. Et Black et Dumbledore sont venus après moi.
— Non, Rogue, moi, je suis venu après. Dumbledore était déjà là. Je l'ai rencontré alors qu'il descendait les escaliers.
— Il s'avère que notre sorcier, le plus illustre, était apparu en même temps que Lord ? Si ce n'était pas plus tôt ? Et il était resté à regarder tranquillement comment on tuait ma famille ?
Un silence et la stupéfaction recouvrirent la pièce.
— Je le tuerai ! hurla Black soudainement.
— Si tu le retrouves ! Cela fait maintenant trois jours que toute l'Angleterre magique est à sa recherche ! rit sarcastiquement Maître Rogue. Et laissons ça au Magenmagot. Par contre toi, Black, tu dois quitter l'école.
— Et où vais-je aller ? Je suis toujours recherché. Et je ne veux plus me cacher dans les décharges.
— Retourne à Grimmaurd !
— Je ne retournerai pas dans cette maison !
— Comme tu veux. Je pensais que les vacances de Noël, Harry les passerait avec toi. Mais si tu ne veux pas...
— Bien sûr que je le veux !
— Alors mets de l'ordre dans cette maison ! ordona Rogue durement. Je ne laisserai pas l'héritier de la famille vivre dans un capharnaüm.
— On ne te le demandera pas, n’est-ce pas, Harry ?
— Moi, je vais le lui demander, Monsieur Black ! répondit Potter fermement. Maître Rogue a raison, si vous voulez que je passe les vacances avec vous, offrez-moi des conditions normales, ou je resterai à l'école !
***
La préparation à la réunion du Magenmagot s'avéra être un véritable calvaire pour Harry. Durant deux jours complets, les Malefoy l'assaillirent de consignes sur l'étiquette, l'apparence et les codes de conduite. Lucius avait même composé un discours à son intention, initiative pour laquelle Harry lui fut ultimement reconnaissant. En effet, face au Magenmagot, il devait affronter des magiciens matures qui le traitaient comme un héritier légitime et non comme un simple enfant.
Mais ces sacrifices portèrent leurs fruits ! Dumbledore, jugé par défaut, fut destitué de sa présidence et dépouillé de tous ses honneurs. Quant à Black, s'il fut innocenté pour la mort des Potter, il resta néanmoins condamné à douze années d'emprisonnement à Azkaban pour le meurtre des Moldus - une peine qu'il avait, il est vrai, déjà entièrement purgée.
Harry soupçonna que la durée de douze ans avait été spécifiquement choisie pour échapper au versement d'indemnités pour emprisonnement injustifié. L'essentiel restait que Black avait recouvré sa liberté, malgré certaines limitations de ses droits. Le Magenmagot confirma Potter comme Garant de la famille Black, avec l'obligation de nommer un régent dans la décennie suivante.
Si Dumbledore conserva sa position de directeur de Poudlard, Lord Malefoy affirma que ce ne serait que temporaire. Un remplaçant prendrait ses fonctions dès la prochaine rentrée scolaire.
À l'approche des fêtes de fin d'année, Harry résolut de passer ses vacances de Noël au 12 square Grimmaurd.
Note
* Spezi Verto – sortilège pour la transformation inverse de l’animagus