SS ou le mensonge des fondateurs - traduit de russe - Auteur Zaraza Takaja

Chapitre 15 : La Potion

2786 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/03/2024 12:29


P.O.V. Salazar Serpentard


Dès la disparition de Dumbledore dans les flammes, les Aurors commencèrent à s'agiter. McGonagall fut immédiatement convoquée et les investigations débutèrent. Smethwick et moi-même éprouvâmes une grande difficulté à faire évacuer tous ces individus de l'infirmerie.


Pendant que Smethwick relevait les émanations et les traces résiduelles de l'Imperium, j'observai la suite de cette scène grotesque à travers les yeux de Poudlard, ces ornements que les étrangers percevaient comme de simples bas-reliefs. Comme prévu, le premier endroit où les Aurors se précipitèrent fut le bureau du directeur, dont McGonagall avait communiqué le mot de passe, sans que j'aie à intervenir.


Dès que les vaillants gardiens de la loi entrèrent dans le bureau, Poudlard déverrouilla la porte des appartements personnels du Directeur. À l'intérieur, les émanations de nécromancie étaient encore plus fortes que dans mon laboratoire. J'avais fait tout mon possible pour arranger cela. J'avais sacrifié mes livres les moins précieux, mes notes de travail personnelles et quelques accessoires.


Et Dumbledore, aveuglé par son ambition, avait lui-même laissé suffisamment de preuves compromettantes ! Les Aurors n'avaient qu'à examiner les souvenirs dans la Pensine !


Ces souvenirs parfaitement authentiques montraient comment Dumbledore avait accidentellement causé la mort de sa sœur. D'autres révélaient ses complots avec Grindelwald pour prendre le contrôle du monde magique, suivis de leur conversation où Albus déclarait sans détour que deux maîtres de ce monde ne pouvaient coexister. Qu'il n'existait qu'une seule baguette de sureau, qui devait lui appartenir, ce qui avait provoqué leur duel.

Et pour porter le coup de grâce à sa réputation, j'avais subtilement altéré le souvenir de l'entretien initial entre Dumbledore et Potter. Dans cette scène, l'éminent Directeur avait appliqué le sortilège de Confundus afin d'établir un diagnostic confirmant la présence de l'horcruxe chez le jeune homme. Toutefois, j'avais méticuleusement substitué le Confundus par un Imperium.

Toutes ces découvertes s'effectuaient sans mon intervention manifeste ; moins mon nom était cité, plus cela servait mes desseins.

Entre-temps, Smethwick acheva sa tâche, m'obligeant à m'extraire de la contemplation de ce spectacle.

— Monsieur Serpentard, j'ai fait tout mon possible. Il reste encore quelques émanations sombres, mais je n'arrive pas à saisir leur nature exacte.


« Je m'en doute bien ! Il n'avait probablement jamais vu d'Horcruxe auparavant. Mais je préfère éviter d'attirer son attention sur ce sujet », pensai-je. J'effleurai légèrement la robe de Smethwick et le sortilège de réduction de la pensée critique le frappa, tout comme Potter. Je ne craignais pas qu'il le remarque, ses connaissances étaient insuffisantes pour cela, et de toute façon, quand Smethwick quitterait le château, les traces du sort resteraient accrochées aux boucliers de Poudlard.


— Laissez-moi regarder ! Eh bien... pour moi, cela ressemble à un effet résiduel d’une malédiction mortelle. Si le magicien, qui l'a lancé, était Dumbledore, alors quelques jours après la destruction du lien, le résidu devrait se dissiper. Je suggère une observation de l’état de Monsieur Potter sur place. Le déplacer à l'hôpital pourrait déclencher des processus cachés ! Mais la décision vous appartient, bien sûr ! Je ne suis qu'un conseiller !

— Oui vous avez raison. Dans ma pratique, il y a eu de nombreux cas où des magiciens, dont l’état était stable, tombaient dans le coma après un déplacement. Monsieur Serpentard, pourrai-je compter sur votre aide en tant que guérisseur ?

— Oui bien sûr ! Bien sûr ! Ce ne sera pas difficile pour moi de surveiller le garçon. Prévenez simplement Madame Pomfresh, je ne voudrais pas me frayer le passage à l’infirmerie par la force.

— Oh, c'est très noble de votre part ! Bien sûr, je donnerai les instructions nécessaires à Poppy !

Nous laissâmes Potter à l'infirmerie. Smethwick s'éloigna pour s'entretenir avec Madame Pomfresh tandis que je regagnais mes appartements. Hélas, la situation avec Maître Rogue s'avérait plus complexe. La veille, je l'avais affranchi de son serment envers Dumbledore. Mais la marque de Voldemort représentait un défi d'une tout autre envergure. La provenance de cette difficulté était presque risible. Ce sorcier avait exploité mon journal de recherche pour la concevoir. Comment se l'était-il procuré ? J'utilisais une marque similaire sur mes sujets d'expérimentation afin de prévenir toute évasion.


Le plus problématique demeurait que je n'avais nullement prévu de dispositif pour la retirer, sa conception n'ayant jamais intégré cette éventualité ! Une maigre consolation subsistait néanmoins : le sceau ornant l'avant-bras de Maître Rogue n'était qu'une réplique approximative et imparfaite.

Je réfléchissais :

« De quoi m’occuper en premier : L'Horcruxe ? Non, Potter peut attendre. Mais j’ai besoin que le doyen de ma Faculté soit libéré de toutes les obligations inutiles. Cela signifie que je dois fouiller dans mes anciennes notes ».

Donc, la recette de la Potion  :


Protocole de préparation pour la dissolution du sceau


1/.  Eau de pluie (apporte la clarté du ciel)

2/. 13 grammes de cendre de racine d'églantier de la Mort (les cendres neutralisent le poison contenu dans les racines qui descendent jusqu'aux enfers)

3/. De la potion d’oubli, en suffisance pour obtenir une pâte avec des cendres.  (élément excédentaire).

4/.  7 ml d'extrait d'asphodèle.

5/.  0,1 gramme de bézoard (neutralise les résidus toxiques de l'églantier)

6/. 15 ml de sève de bambou (établit la connexion entre le monde des vivants et celui des morts)

7/.  8 ml d'hortensia Somnolent pressé


Instructions de préparation :

Chauffer l'eau à feu doux jusqu'à dissolution complète de l'extrait d'hortensia. Ajouter 75 unités de magie (UM), puis incorporer la sève de bambou en remuant cinq fois dans le sens horaire (13 UM) et une fois dans le sens antihoraire (31 UM). Pendant ce temps, dans un mortier, mélanger les cendres et l'extrait d'asphodèle pour obtenir une pâte (112 UM). Porter l'eau à ébullition et ajouter une mesure de la pâte toutes les dix secondes (320 UM).


Caractéristiques de la potion obtenue:


Couleur vert clair intense avec reflets noirs

Consistance moyennement épaisse, similaire à une gelée.


Instructions d’utilisation :


Appliquer le bézoard réduit en poudre sur le bras qui sera immergé dans le chaudron. (Une ventilation adéquate est recommandée par mesure de précaution).


Immerger le bras dans la préparation pendant trente secondes. Le changement de couleur vers le bleu indiquera que le sceau a été retiré.


La préparation correctement réalisée ne détruit pas le sceau, mais reconnaît la fin du serment et transfère la marque vers l'Au-delà.

Je confierais cette recette parfaite à Maître Rogue pour qu'il s'occupe de sa préparation, ce qui me permettrait également d'évaluer le niveau de connaissances du Professeur.


Fin de P.O.V. de Salazar


***


P.O.V de Maître ROGUE


Les rumeurs, soigneusement répandues par mes élèves, s'étoffèrent rapidement de détails.

— Vous avez entendu, Potter était sous Imperium !

— On dit que Dumbledore use de la magie noire !

— Oui, et en plus il s'était échappé sous le nez et à la barbe des Aurors.

La Maison Gryffondor ne fit qu'empirer les choses en essayant de blanchir la réputation et justifier les actions du Directeur. Des rumeurs se répandirent comme un feu de forêt, également dans les salons des autres facultés. De plus, le bruit courut que tous les Gryffondors se trouvaient sous le sortilège d'Imperium.

Eh bien, cela me laissait quelque temps devant moi. Maître Serpentard m'avait transmis une formule de potion permettant de se défaire de la marque des ténèbres. Dans l'ensemble, la préparation paraissait accessible, même un novice aurait pu l'exécuter, à l'exception d'un détail particulier. Infuser 320 unités de magie lors de l'incorporation du mélange d'asphodèle dans la mixture en ébullition n'était guère à la portée du premier venu. Le risque d'explosion était considérable, que Mordred en soit témoin. Fort heureusement, j'avais eu l'occasion d'élaborer des potions bien plus sophistiquées pour Voldemort.


La difficulté ne résidait pas dans la complexité de préparation de la potion, bien que la sève de bambou fût pratiquement introuvable sur le continent européen. Les gobelins me la procureraient en l'espace d'une heure, moyennant, naturellement, le double de sa valeur.


Même la perspective de devoir immerger ma main dans la mixture bouillonnante ne m'inquiétait outre mesure. Certes, la douleur serait atroce, mais nullement comparable à trois sortilèges d'Endoloris consécutifs, que j'avais d'ailleurs supportés sans émettre le moindre son.


Le vrai danger se cachait dans le caractère de Serpentard, dont l'humour particulièrement noir pouvait transformer cette recette en piège subtil en y introduisant une légère inexactitude. Je m'appliquai donc à vérifier méticuleusement les propriétés des composants et les tableaux de compatibilité des effets magiques. C'est alors que je décelai ce stratagème destiné aux esprits distraits : il ne s'agissait pas de n'importe quelle sève de bambou, mais précisément celle d'une plante âgée de deux ans, récoltée exclusivement sous la pleine lune ! La sève prélevée en journée présentait des caractéristiques et une orientation radicalement différentes. Le reste des instructions s'avéra exact et d'une simplicité remarquable, comme toute création émanant d'un génie.


Je me frottai les yeux avec lassitude, en me rejettant sur le dossier de ma chaise.

— Tempus !* 2 : 31

J'avais passé trop longtemps sur la recette.

À ce moment-là, un Patronus en forme de paon apparu devant moi :

« Severus, nous devons nous voir de toute urgence en dehors de l’école ! J’ai des nouvelles étonnantes. La cheminée de transport est ouverte, je t’attends ! »

« Lucius, que les Détraqueurs t’emportent ! Tu ne pouvais pas choisir un autre moment. Mais ça vaut le coup d’aller voir, Malefoy ne se dérangera pas pour une futilité… »,  pensai-je  en m’étirant pour dégourdir mes muscles tétanisés.

Je traversai le bureau, pris une poignée de poudre de cheminette et une seconde plus tard je sortais déjà dans le Manoir de Malefoy. Lucius vint à ma rencontre en grande tenue et très excité.

— Severus ! Pourquoi n'ai-je pas appris cette nouvelle de toi ? dit-il avec le reproche.

— Je n'ai aucune idée de quoi tu parles. Lutz, n'éprouve pas ma patience. Ces derniers temps, elle a atteint sa limite. Alors que se passe-t-il ?

— Je pense que tu es au courant que Dumbledore a de nouveau pris la fuite, comme l'an dernier, quand on a tenté de l'arrêter. En inspectant son bureau, les Aurors ont découvert des livres, des cahiers et des fioles de souvenirs. Un employé du Ministère, qui me devait une faveur, m'a permis de consulter un rapport qui sera présenté au Ministre Fudge demain. Severus, notre illustre mage blanc et vénéré sorcier s'avère être un nécromancien ! C'est lui qui a guidé et influencé idéologiquement Voldemort ! Il l'a rendu fou, a orchestré sa mort et prévoyait de le ramener sous forme de liche. Sa réputation de vainqueur de Grindelwald commençait à ternir et il voulait retrouver son prestige. Mais ce n'est pas tout. Te rappelles-tu de mon éviction par le conseil d'administration ? J'ai été contacté par quatre membres du Conseil qui affirment m'avoir accusé de corruption alors qu'ils étaient sous l'Imperium lancé par Dumbledore !

—  Et il n’y a pas eu vraiment de corruption ?

— Ça n’a pas d’importance, ce n’est pas là la question. La réunion du Magenmagot sur le cas de Dumbledore a été annoncée pour la semaine prochaine ! annonça Lucius.

— Eh bien, que veux-tu de moi ?

— Le témoignage de Potter ! S’il confirme l’usage de l’impardonnable sur lui, Dumbledore est fini ! Fini en tant que sorcier, et non, uniquement, de réputation.

— Qu’est-ce que j’ai à voir avec ça ?

Lucius secoua la tête avec un air de reproche :

— Severus, c’est bien toi, qui récemment m’avais demandé des livres pour Potter ? Et n’as-tu pas pris la responsabilité de soutenir sa Famille ? Drago aurait-il mal interprété tes propos, lorsqu'à demi-mot, tu lui as laissé entendre que Potter était l'héritier de Serpentard ? Nos témoignages pourraient être remis en question compte tenu de notre réputation. Mais, le témoignage de Garçon qui a survécu, le fera couler à coup sûr !

— Peut-être. Je ne peux rien promettre concernant l’Imperium, mais Potter a déjà suffisamment de griefs contre Notre Altesse Sérénissime de la Magie Blanche.

— Donc je peux insister pour convoquer Potter au Magenmagot ?

— D'accord, je vais lui en parler. C'est tout ?

— Oui pour le moment. Mais je me souviens que tu m'avais dit qu'il y a une chance d’ôter nos obligations antérieures...

Lord Malefoy toucha son avant-bras.

— Oui, et c’est exactement de la résolution de ce problème que tu m’as distrait. Je ne le promets pas, mais si je réussis, tu pourrais être libre entièrement, pour le jour de la réunion de Magenmagot.

— As-tu besoin de quelque chose ? Informations, argent, relations, artefacts ?

— Des ingrédients. Je t’enverrai la liste demain. Plus vite je les obtiendrai, plus vite nous serons fixés si cela fonctionne ou non.

— Quelque chose de rare ?

— Non, mais rarement utilisé en Angleterre.

— Tu auras tout ce qu’il faut, Severus !

— Je dois y aller maintenant, si je veux avoir le temps de dormir un peu aujourd’hui, marmonnai-je en ramassant une poignée de poudre de cheminette.


***


Malefoy ne me déçut point. Le matin, je lui fis parvenir la liste et à l'heure du déjeuner, je disposais de tout ce que j'avais sollicité. Mes cours achevés et après avoir informé McGonagall de ne me déranger sous aucun prétexte, fût-ce l'apparition de Merlin en personne, je m'isolai dans le laboratoire.


En l'espace d'une heure seulement, la potion fut prête. Une substance épaisse d'un vert clair parsemée d'étincelles noires, onctueuse et frémissante, correspondant parfaitement à la description.

Je disposai à proximité un remède réparateur, analgésique et anti-brûlure en cas d'échec des autres précautions, me défis de ma robe et retroussai la manche de ma chemise. Après m'être assuré que la porte était convenablement verrouillée, je plongeai résolument mon bras dans le chaudron bouillonnant.

Une douleur aiguë me traversa le bras, mais cela demeurait secondaire. Trente secondes à l'endurer, j'entamai le décompte. Possédant un sens parfait du temps, je ne recourais jamais à une montre lors de l'élaboration des potions.

Dix secondes – mon bras trembla, comme sous l'effet du sortilège Endoloris.

Quinze – le brûlement remonta le long de mon bras et envahit tout mon corps.

Tenir bon, ce n'était pas la première fois !

Vingt – j'eus l'impression qu'on m'arrachait la peau.

Vingt-cinq – je serrai les dents encore plus fort et m'appuyai contre la table en gémissant de douleur.

Trente – la potion vira rapidement au bleu et je retirai mon bras.

Impossible de distinguer le résultat, ma vision se troublant sous l'effet de la souffrance. Par pur réflexe, j'éteignis le brûleur avant de m'effondrer inconscient sur le sol.


Je repris soudainement conscience, étendu sur le sol, le corps entièrement endolori de crampes. Je m'étirai pour soulager mes muscles et examinai mon bras. La marque avait disparu, mais autre chose attira mon attention. Avec peine, je me redressai et me traînai jusqu'au miroir.

— Que je me fasse tringler par un hippogriffe ! Comme Dolohov aimait dire : eto cho za huinya ? **

Dans le reflet, un jeune homme d'environ vingt-cinq ans, me ressemblant vaguement, me dévisageait : des cheveux longs noir corbeau, un visage lisse, une peau d'une noble pâleur. Les traits s'adoucirent légèrement, parachevant l'allure aristocratique. Seul le nez, toujours aussi proéminent, révélait la présence du sang espagnol.

— Mais comment vais-je désormais assurer mes cours ? je me demandai à voix haute.

Loué soit Merlin, ma voix demeurait inchangée : veloutée et légèrement rauque.


_____

Notes de traducteur :


*Tempus – sortilège pour savoir l’heure

** eto cho za huinya – en lettres latines dans le texte original. Expression grossière en russe, qu’on peut traduire très approximativement par « c’est quoi cette merde »

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