GOSSIP GIRL — Two Couples, Two Destinies
Chapitre 2 : The Wild Brunch Un brunch, mille secrets
3710 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 19/10/2026 14:48
Saison 1, épisode 2 — N & B : un pas en avant, deux pas en arrière
🎵 Musique recommandée : The Way I Are — Timbaland feat. Keri Hilson
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SCÈNE 1 — LE LENDEMAIN D’UNE SOIRÉE RATÉE
Manhattan, dimanche matin.
Le soleil traversait les grandes fenêtres de la suite des Van der Woodsen, dessinant des rectangles lumineux sur le parquet impeccable.
Serena était assise au bord de son lit, son téléphone entre les mains. Elle faisait défiler distraitement ses messages, mais son esprit était ailleurs.
Plus précisément, il était avec un garçon.
Un garçon brun, plutôt discret, qui l’avait invitée au concert de son père et qui avait réussi à lui faire oublier, pendant quelques heures, le poids de son retour à New York.
Dan Humphrey.
Elle revoyait encore leur première rencontre au Palace. Elle se souvenait de sa surprise lorsqu’elle l’avait reconnu, de leur conversation et de cette invitation spontanée qui lui avait semblé, sur le moment, être une excellente idée.
Elle avait eu raison de l’inviter.
En revanche, la fin de leur soirée était une autre histoire.
Après avoir appris que Jenny avait besoin d’aide, Dan avait dû partir précipitamment. Serena l’avait accompagné, et ils s’étaient retrouvés entraînés dans une situation bien plus compliquée que prévu.
Puis il y avait eu ce geste.
Un petit signe de la main.
Et Dan était parti.
Serena fronça les sourcils.
— Sérieusement, Dan ?
Elle reposa son téléphone sur le lit.
Elle savait qu’elle ne pouvait pas lui reprocher d’avoir voulu aider sa sœur. Au contraire, elle avait trouvé cela touchant. Mais pourquoi avait-il terminé leur soirée de cette manière ?
Avait-elle dit quelque chose de travers ?
L’avait-elle mis mal à l’aise ?
Ou avait-il simplement décidé qu’il n’avait plus envie de la revoir ?
Cette dernière possibilité l’agaçait davantage qu’elle ne voulait l’admettre.
Elle connaissait les regards que les garçons lui adressaient habituellement. Elle connaissait les compliments, les invitations et les tentatives plus ou moins subtiles pour attirer son attention.
Dan était différent.
Il n’avait pas essayé de l’impressionner. Il ne semblait pas particulièrement intéressé par son statut social. Et, surtout, il lui avait donné l’impression qu’elle pouvait être elle-même.
Elle aurait aimé le revoir.
Elle aurait aimé savoir si cette impression était réelle.
Un léger coup frappé à la porte interrompit ses pensées.
Eric apparut dans l’encadrement.
— Tu comptes rester dans ta chambre toute la journée ?
Serena leva les yeux.
— Je réfléchis.
— Oh. C’est grave, alors.
Elle lui lança un coussin.
Eric l’esquiva en riant avant de venir s’asseoir près d’elle.
— Tu penses à Dan ?
Serena se raidit.
— Pourquoi tout le monde me pose cette question ?
— Parce que tu as prononcé son prénom trois fois depuis que je suis entré.
— Je n’ai pas fait ça !
Eric lui adressa un sourire innocent.
— Bien sûr que non.
Serena soupira, puis se laissa tomber sur le dos.
— Je crois qu’il pense que je suis bizarre.
— Tu es bizarre.
— Eric !
— Mais c’est aussi pour ça qu’on t’aime.
Elle secoua la tête, incapable de retenir un sourire.
Puis son expression redevint sérieuse.
— Tu crois qu’il va me rappeler ?
Eric haussa les épaules.
— Je ne sais pas. Pourquoi tu ne l’appelles pas, toi ?
Serena fixa le plafond.
Parce qu’elle avait peur de paraître trop intéressée.
Parce qu’elle n’était pas habituée à se demander si quelqu’un avait envie de la revoir.
Parce qu’elle n’avait aucune envie de découvrir que le garçon qui lui plaisait ne ressentait pas la même chose.
— Je ne sais pas, finit-elle par répondre.
Eric se leva.
— Alors, attends un peu. Mais arrête de regarder ton téléphone toutes les trente secondes.
Il sortit de la chambre en riant.
Serena attrapa immédiatement son téléphone.
Aucun nouveau message.
Elle pinça les lèvres.
Cette histoire commençait déjà à lui échapper.
Et elle n’aimait pas ça.
SCÈNE 2 — LE GARÇON QUI AVAIT TOUT RATÉ
Brooklyn, quelques minutes plus tard.
Dan Humphrey, lui, avait passé une nuit particulièrement mauvaise.
Il était assis sur son lit, les cheveux en bataille, son téléphone posé à côté de lui.
Il revoyait la fin de son rendez-vous avec Serena.
Il aurait dû la raccompagner. Il aurait dû lui dire qu’il avait passé une excellente soirée. Il aurait dû faire quelque chose de plus intelligent que de lui adresser un vague signe de la main avant de disparaître.
Après des années à espérer qu’elle le remarque, il avait enfin eu l’occasion de passer du temps avec elle.
Et il avait tout gâché.
— Je suis vraiment un idiot, murmura-t-il.
La porte s’ouvrit sans prévenir.
Jenny entra, un sourire malicieux aux lèvres.
— Tu parles tout seul maintenant ?
Dan leva les yeux.
— Tu pourrais frapper.
— Tu pourrais arrêter de te lamenter.
Elle s’assit sur son bureau, parfaitement indifférente à son regard désapprobateur.
— Alors, raconte. Tu as appelé Serena ?
— Non.
— Tu lui as envoyé un message ?
— Non.
— Tu comptes faire quelque chose aujourd’hui ou tu vas attendre qu’elle oublie ton existence ?
Dan passa une main sur son visage.
— Jenny, s’il te plaît.
Sa sœur le regarda quelques secondes avant de perdre son sourire.
— Dan, elle t’a invité à sortir avec elle. Elle voulait passer du temps avec toi. Tu ne peux pas décider à sa place qu’elle ne veut plus te revoir.
Il resta silencieux.
Jenny avait raison.
Il le savait.
Mais il avait toujours eu cette habitude : anticiper les déceptions pour ne pas avoir à les subir.
Il préférait renoncer le premier plutôt que de risquer d’être rejeté.
Avec Serena, cette prudence prenait une dimension ridicule.
— Et si elle ne m’appréciait pas autant que je le pense ? demanda-t-il finalement.
Jenny soupira.
— Alors, au moins, tu le sauras. Mais tu ne peux pas passer ta vie à écrire des scénarios catastrophiques dans ta tête.
Dan esquissa un sourire.
— Tu sais que tu es agaçante ?
— Oui. C’est un talent.
Elle descendit du bureau et se dirigea vers la porte.
— Au fait, papa a besoin de toi aujourd’hui. Et je crois que tu as autre chose à faire que de rester ici à déprimer.
— Quoi donc ?
Jenny lui adressa un sourire mystérieux.
— Je ne sais pas. Peut-être appeler une certaine blonde ?
La porte se referma avant qu’il ait le temps de répondre.
Dan resta immobile.
Puis il attrapa son téléphone.
Il n’avait pas le numéro de Serena.
Cette constatation lui arracha un rire sans joie.
Évidemment.
Il avait réussi à obtenir un rendez-vous avec la fille dont il était amoureux depuis des années sans même penser à lui demander son numéro.
Il posa de nouveau le téléphone.
Peut-être que Jenny avait raison.
Il devait arrêter de réfléchir.
Mais, avant même qu’il ait le temps de prendre une décision, son père l’appela depuis le salon.
— Dan ! Tu viens ? Il faut qu’on parle !
Il ferma les yeux.
New York n’allait décidément pas lui laisser une matinée tranquille.
SCÈNE 3 — LE BRUNCH DES BASS
Upper East Side, hôtel Palace.
Dans le monde des Bass, le dimanche matin n’était pas consacré au repos.
Il était consacré aux apparences.
Bart Bass organisait son brunch annuel pour sa fondation, un événement auquel les familles les plus influentes de Manhattan étaient conviées.
Les invités arrivaient vêtus de leurs plus beaux habits. Les conversations se mêlaient aux sourires polis, et les serveurs circulaient entre les tables avec une précision presque militaire.
Tout le monde semblait savoir où se placer.
Tout le monde, sauf Dan Humphrey.
Lorsqu’il arriva au Palace, il avait l’impression d’avoir été transporté dans un univers parallèle.
Il aperçut des visages connus, des personnes dont il avait entendu parler sans jamais leur avoir adressé la parole.
Puis il pensa à Serena.
Il espérait la voir.
Il espérait surtout pouvoir lui parler avant que leur première rencontre ne devienne un souvenir embarrassant.
Mais, lorsqu’il demanda à la réception si elle était présente, on lui apprit qu’elle était sortie.
Dan retint un soupir.
— Très bien. Merci.
Il allait s’éloigner lorsqu’il aperçut Lily van der Woodsen.
La mère de Serena se trouvait près de l’entrée, vêtue d’une élégante tenue claire.
Dan s’approcha poliment.
— Bonjour, madame van der Woodsen.
Lily tourna la tête, surprise.
— Dan, n’est-ce pas ?
Il fut étonné qu’elle se souvienne de son prénom.
— Oui. Je suis venu voir Serena.
Lily lui adressa un sourire réservé.
— Elle n’est pas là pour le moment.
— Je sais. Je vais attendre un peu.
Elle l’observa quelques secondes, comme si elle essayait de déterminer ce qu’il voulait réellement.
Dan sentit immédiatement qu’il était évalué.
Il connaissait ce regard.
Celui des adultes qui découvraient qu’un garçon de Brooklyn s’intéressait à leur fille.
— Serena est rentrée récemment, reprit Lily. Elle traverse une période particulière.
Dan hocha la tête.
— Je comprends.
Mais Lily ne semblait pas convaincue.
— J’espère que tu comprendras également qu’elle a besoin de temps.
Il baissa légèrement les yeux.
— Bien sûr.
Lily lui adressa un dernier sourire avant de s’éloigner.
Dan resta seul dans le hall.
Il aurait pu partir.
Il aurait même probablement dû le faire.
Mais il avait envie de voir Serena. Et il commençait à comprendre que, pour la revoir, il allait devoir accepter de pénétrer dans un monde où il ne serait jamais immédiatement le bienvenu.
Il s’installa dans un fauteuil.
Quelques instants plus tard, Nate Archibald entra à son tour.
Les deux garçons échangèrent un regard surpris.
Dan connaissait Nate de vue. Tout le monde connaissait Nate Archibald.
Il appartenait à ce monde depuis sa naissance. Il avait l’argent, les relations, les vêtements et cette assurance tranquille que Dan associait aux personnes qui n’avaient jamais eu besoin de se demander si elles avaient leur place quelque part.
Nate s’assit à proximité.
Un silence gênant s’installa.
Dan se demanda ce que Nate faisait là.
Nate, lui, semblait préoccupé par Serena.
Aucun des deux ne savait encore que leur présence au Palace allait révéler bien davantage que leurs intentions respectives.
SCÈNE 4 — BLAIR WALDORF N’OUBLIE JAMAIS
Pendant ce temps, Blair Waldorf avait décidé qu’elle ne laisserait pas Serena revenir dans sa vie sans obtenir des explications.
Elle avait passé une partie de la matinée à réfléchir à leur dernière conversation.
Serena était revenue.
Serena avait présenté des excuses.
Serena semblait vouloir retrouver leur ancienne complicité.
Mais il y avait Nate.
Nate, son petit ami.
Nate, qui avait fini par lui avouer qu’il avait couché avec Serena avant son départ au pensionnat.
Blair avait beau essayer de se convaincre qu’elle pouvait pardonner, la blessure était toujours là.
Elle avait été humiliée.
Et le pire, c’était que Serena avait disparu sans lui dire la vérité.
Blair n’avait pas seulement perdu confiance en son petit ami. Elle avait perdu confiance en sa meilleure amie.
Elle se dirigea vers la chambre de Serena, déterminée à obtenir des réponses.
Mais elle ne trouva pas Serena.
À la place, elle retrouva Nate.
Leur conversation fut brève et tendue.
Nate voulait parler. Blair voulait comprendre. Aucun des deux ne savait comment réparer ce qu’ils avaient brisé.
Et, au milieu de cette confusion, Serena restait le sujet qu’ils évitaient de nommer.
Blair finit par quitter la chambre, furieuse.
Elle n’avait pas l’intention de laisser cette histoire se poursuivre sans réagir.
Elle allait retrouver Serena.
Et cette fois, elle ne se contenterait pas d’un sourire ou d’une excuse.
SCÈNE 5 — LA VÉRITÉ ÉCLATE
Lorsque Serena arriva au brunch, elle espérait encore que la journée se déroulerait normalement.
Elle aperçut Dan.
Son visage s’éclaira immédiatement.
Il était là.
Il avait fait l’effort de revenir.
Elle se dirigea vers lui, heureuse et soulagée à la fois.
— Dan !
Il se leva.
— Serena.
Elle s’apprêtait à lui demander ce qu’il faisait là lorsqu’elle remarqua Blair.
Son sourire disparut.
Blair s’avançait vers eux, son expression parfaitement maîtrisée.
Trop maîtrisée.
Serena connaissait ce visage.
C’était celui que Blair adoptait lorsqu’elle avait décidé de faire payer quelqu’un.
— Bonjour, Dan, dit Blair avec une politesse glaciale. Je suis Blair Waldorf. Une amie de Serena.
Dan lui adressa un sourire hésitant.
— Salut.
Il se tourna vers Serena.
— Je te cherchais.
— Je vois ça.
Pendant une fraction de seconde, Serena crut que tout allait bien se passer.
Puis Blair prit la parole.
— Alors, Serena, tu ne veux pas lui raconter ?
Serena pâlit.
— Blair, s’il te plaît.
Dan regarda l’une puis l’autre.
— Raconter quoi ?
Nate s’approcha à son tour.
Le malaise devint presque palpable.
Serena sentit son cœur accélérer.
Elle savait que Blair lui en voulait. Elle savait que Nate avait fini par lui avouer la vérité.
Mais elle n’avait pas imaginé que tout éclaterait ici, devant Dan, au milieu de ce brunch.
— Ce n’est pas le bon moment, murmura-t-elle.
Blair eut un rire sans joie.
— Bien sûr. Ce n’est jamais le bon moment avec toi.
Dan fronça les sourcils.
— Serena ?
Elle ouvrit la bouche, mais aucun mot ne sortit.
Blair la regarda droit dans les yeux.
— Tu pourrais au moins lui dire la vérité avant qu’il ne s’attache trop à toi.
Serena sentit la honte lui monter aux joues.
— Blair, arrête.
— Pourquoi ? Tu as peur qu’il découvre que tu n’es pas aussi parfaite qu’il le croit ?
Dan regarda Serena.
Il attendait une explication.
Il ne voulait pas croire qu’une conversation puisse suffire à changer la manière dont il la voyait.
Mais Serena ne répondait pas.
Alors Blair prononça les mots qu’elle avait gardés pour elle depuis trop longtemps.
Elle révéla que Serena avait couché avec Nate, son petit ami, avant de partir au pensionnat.
Le silence qui suivit sembla interminable.
Dan ne bougea pas.
Il regarda Serena, cherchant dans son expression un signe qui lui permettrait de croire que Blair exagérait.
Mais Serena baissa les yeux.
Et ce simple geste suffit.
— C’est vrai ? demanda-t-il.
Sa voix était calme.
Trop calme.
Serena sentit ses yeux se remplir de larmes.
— Dan, je peux t’expliquer.
— C’est vrai ?
Elle déglutit.
— Oui.
Dan détourna le regard.
Il avait l’impression que le sol venait de se dérober sous ses pieds.
Il ne connaissait Serena que depuis peu, mais il avait déjà commencé à lui faire confiance.
Il avait aimé sa spontanéité, sa gentillesse et cette manière qu’elle avait de lui donner l’impression qu’il pouvait être lui-même.
Il avait cru qu’ils commençaient quelque chose de sincère.
Et maintenant, il découvrait qu’une partie importante de son histoire lui avait été cachée.
— Pourquoi tu ne me l’as pas dit ? demanda-t-il.
Serena secoua la tête.
— Parce que je ne savais pas comment faire. Je voulais que tu apprennes à me connaître avant de me juger.
Dan eut un rire bref, blessé.
— Mais tu m’as laissé apprendre à te connaître sans me donner la possibilité de savoir qui tu étais vraiment.
Elle resta silencieuse.
Cette phrase lui fit plus mal qu’elle ne l’aurait imaginé.
Parce qu’elle savait qu’il avait raison.
Elle n’avait pas voulu lui mentir pour le plaisir de le tromper. Elle avait simplement voulu oublier une partie de son passé, au moins pendant quelques heures.
Mais en essayant de contrôler ce qu’il savait, elle avait pris le risque de détruire ce qu’ils commençaient à construire.
Blair observait la scène, le visage fermé.
Elle avait voulu que Dan sache la vérité.
Elle avait voulu protéger Nate, défendre sa dignité et faire comprendre à Serena qu’elle ne pouvait pas toujours s’en sortir sans conséquences.
Mais, en voyant la douleur sur le visage de son amie, une part d’elle hésita.
Elle n’était pas prête à pardonner.
Pas encore.
Dan finit par se tourner vers la sortie.
Serena le suivit immédiatement.
— Dan, attends !
Il s’arrêta sans se retourner.
— Je suis désolée, dit-elle.
Il ferma les yeux une seconde.
— Je sais.
— Alors, s’il te plaît, laisse-moi t’expliquer.
Dan se retourna enfin.
Son expression n’était ni cruelle ni méprisante.
Elle était simplement blessée.
— Je ne sais pas quoi penser, Serena.
Elle sentit les larmes couler sur ses joues.
— Je ne voulais pas te faire de mal.
— Mais tu m’en as fait.
Il ne cria pas.
Il ne l’insulta pas.
Il lui dit simplement la vérité.
Et c’était précisément ce qui rendait la situation si difficile.
Dan s’éloigna.
Serena resta immobile, incapable de le suivre davantage.
Pour la première fois depuis son retour, elle avait peur de perdre quelqu’un qui comptait déjà pour elle.
SCÈNE 6 — APRÈS LE BRUNCH
Plus tard, Serena se retrouva seule dans sa chambre.
Elle avait retiré ses chaussures et s’était assise sur son lit, les genoux ramenés contre elle.
Son téléphone était posé à côté d’elle.
Elle aurait voulu appeler Dan.
Lui envoyer un message.
Lui expliquer qu’elle regrettait ce qui s’était passé, qu’elle avait commis des erreurs et qu’elle ne voulait pas que leur histoire se termine avant même d’avoir véritablement commencé.
Mais elle ne savait pas quoi écrire.
Comment pouvait-elle lui demander de lui faire confiance alors qu’elle venait de lui cacher une vérité aussi importante ?
Elle pensa à Blair.
À leur amitié.
À toutes ces années pendant lesquelles elles avaient partagé leurs secrets, leurs rêves et leurs peurs.
Elle avait blessé sa meilleure amie.
Puis elle avait laissé cette blessure devenir un obstacle entre elle et Dan.
Elle ne pouvait pas effacer ce qu’elle avait fait.
Elle pouvait seulement décider de ne plus fuir.
À Brooklyn, Dan essayait lui aussi de comprendre ce qui venait de se passer.
Il était assis dans sa chambre, le regard perdu dans le vide.
Il repensait à la soirée avec Serena, à leurs conversations et à cette sensation étrange qu’il avait ressentie en sa présence.
Il aurait voulu pouvoir séparer la jeune femme qu’il avait rencontrée de celle dont Blair venait de lui parler.
Mais il savait que c’était impossible.
Serena était les deux.
Une jeune femme drôle, attachante et spontanée.
Et une jeune femme capable de faire du mal aux personnes qui lui faisaient confiance.
Il ne savait pas encore comment concilier ces deux réalités.
Il ne savait pas non plus s’il devait lui donner une seconde chance.
Pourtant, malgré sa colère, une question revenait sans cesse.
Et si Serena était sincèrement désolée ?
Et si leur histoire méritait davantage qu’une fin aussi brutale ?
Dan soupira.
Il n’avait pas de réponse.
Pas encore.
ÉPILOGUE — LES HISTOIRES NE S’ARRÊTENT JAMAIS AU PREMIER OBSTACLE
Sur l’Upper East Side, les secrets avaient une durée de vie limitée.
Ils circulaient, changeaient de forme et finissaient toujours par atteindre les mauvaises personnes au pire moment.
Serena venait d’en faire l’expérience.
Elle avait voulu recommencer sa vie à New York sans être constamment ramenée à ses erreurs passées.
Elle avait voulu retrouver Blair.
Elle avait voulu découvrir ce qui pouvait naître entre Dan et elle.
Mais elle avait oublié une chose essentielle : on ne peut pas construire une relation solide en espérant que l’autre ne découvrira jamais ce que l’on cherche à cacher.
Dan, lui, venait d’apprendre que l’amour et la confiance ne naissaient pas toujours au même rythme.
Il pouvait être attiré par Serena, apprécier sa compagnie et avoir envie de la revoir.
Cela ne signifiait pas qu’il savait déjà comment lui faire confiance.
Entre eux, quelque chose venait de se briser.
Mais tout n’était peut-être pas perdu.
Car une histoire d’amour ne se mesure pas seulement à la beauté de ses débuts.
Elle se mesure aussi à ce que les deux personnes choisissent de faire après avoir découvert les failles de l’autre.
Serena allait devoir décider si elle était prête à affronter son passé.
Dan allait devoir décider s’il pouvait lui laisser une chance de lui montrer qui elle était réellement.
Et Blair, au milieu de tout cela, allait devoir faire face à ses propres contradictions : elle avait révélé la vérité, mais elle n’avait pas encore guéri de la trahison qui l’avait poussée à le faire.
À New York, personne ne savait encore comment ces trois histoires allaient évoluer.
Mais une chose était certaine.
Le brunch des Bass n’avait pas seulement bouleversé une matinée.
Il venait de changer le cours de plusieurs relations.
Et Gossip Girl n’avait pas fini de raconter leurs secrets.
Fin du chapitre 2.