VIRELLIA - livre 3
Le gouffre ne les engloutit pas : il les recrache.
Seyla heurte les dalles la première. Le choc lui arrache l'air des poumons, elle roule sur le côté, les paumes écorchées par une pierre noire et rugueuse. Derrière elle, Talyor s'écrase à genoux, et Ilharan tombe plus lourdement encore, sans même chercher à amortir sa chute. Pendant quelques secondes, aucun d'eux ne bouge. La pesanteur n'a rien de naturel : elle pèse sur leurs épaules, comprime leur poitrine, fait de chaque inspiration un effort, et l'air a un goût de cendre froide et de métal. Une poussière grasse flotte à hauteur du sol sans jamais vraiment retomber.
Seyla se redresse la première. Avant même de regarder autour d'elle, sa main plonge dans sa poche et ses doigts retrouvent le bois gravé de la rune de Nilwen, qu'elle serre jusqu'à sentir les arêtes s'imprimer dans sa peau. Elle est toujours là. Alors seulement, elle relève les yeux.
Devant eux s'étend Virellia, ou plutôt quelque chose qui en a conservé les contours pour mieux en défigurer chaque détail. À l'emplacement des rivières de la capitale serpentent des coulées sombres, épaisses, immobiles par endroits. Au loin, Kar'ra hérisse l'horizon de troncs calcinés, et aucun feuillage n'y bouge. Le ciel, d'un jaune malade, paraît trop bas, comme s'il reposait directement sur les ruines.
Seyla reconnaît des reliefs, des alignements de rues, jusqu'à la silhouette d'une tour qu'elle a déjà aperçue depuis Elarion, et cette familiarité lui donne davantage la nausée que l'étrangeté du lieu.
— Ce n'est pas possible, souffle Talyor.
Il essaie de faire circuler un peu d'Air autour de son visage, mais rien ne vient, pas même le frémissement qui précède d'ordinaire l'appel de son Essence. Il baisse les mains.
— C'est chez nous.
Sa voix se perd dans une étendue qui semble pourtant ne rien absorber.
Au-dessus d'eux, le Temple se dresse, ou plutôt s'enfonce : ses flèches de marbre plongent vers les profondeurs comme des pointes fichées dans la chair du monde. La Cour Est, où ils s'entraînaient encore quelques jours plus tôt, est suspendue à l'envers au-dessus d'un vide sans fond visible, ses gradins retournés s'y succèdent, et une volée d'escaliers se termine au milieu de rien.
— On n'est pas juste dans une prison, murmure Talyor. C'est le reflet de notre monde. Tout est… retourné.
Ilharan ne répond pas tout de suite. Ses yeux dorés, ternis depuis le contrecoup alchimique de la capitale, suivent les lignes impossibles de l'édifice. Il cherche d'instinct la circulation des fréquences, comme il l'aurait fait devant une anomalie à Elarion, mais ce qu'il perçoit ne lui offre aucun repère.
— L'Envers n'est pas une simple poche séparée du monde, dit-il enfin. Les fréquences sont trop anciennes, trop profondes. On dirait que le Temple d'en haut a été posé sur quelque chose qu'il fallait maintenir fermé.
— Vaelran nous avait parlé d'un monde rejeté par la création, rappelle Seyla. Parce qu'il était trop honnête pour être supporté.
Elle prononce ces mots sans conviction. Une explication, même inquiétante, devrait rendre les choses plus compréhensibles ; ici, elle ne fait qu'ajouter une question aux autres.
Un bourdonnement traverse les dalles, et Seyla le sent jusque dans ses dents. Talyor porte les mains à ses oreilles, mais le son ne vient pas de l'air : il naît à l'intérieur même de son crâne. Puis il s'interrompt, net, et la disparition de la Fréquence Mère laisse un silence si absolu que Seyla entend le frottement de sa manche contre sa peau.
Autour des trois disciples, les créatures décharnées qui les ont traînés jusqu'ici s'immobilisent. L'une d'elles tente un mouvement de recul, et sa silhouette se défait aussitôt, les filaments de fumée qui la composent se plaquant contre les dalles comme une matière liquide ; les autres s'affaissent à leur tour. Aucune ne regarde vers le sanctuaire. Talyor, lui, suit pourtant la direction qu'elles évitent. Dans l'ouverture inversée du Temple, l'obscurité se déplace. Il croit d'abord voir une ombre s'allonger, puis il comprend qu'une silhouette avance et que les ténèbres autour d'elle se retirent avec retard, comme retenues par son passage.
Tatsuma.
Les Chroniques d'Aos parlaient d'un démon, et les représentations du Temple lui prêtaient une armure de sang, une gueule ouverte, tous les attributs d'une puissance qu'on pouvait haïr parce qu'on lui avait donné une forme. Rien de cela n'existe devant eux. L'entité est féminine, immense, mais sa stature n'a aucune majesté humaine : des pans de chair grise s'assemblent sous des filaments d'encre qui se tendent et se relâchent à chacun de ses pas. Son visage est asymétrique, une partie de sa mâchoire paraît déplacée, et ses orbites vides laissent échapper de fines traînées noires qui ne tombent jamais jusqu'au sol. Des cheveux couleur de suie lui cachent une moitié du visage. Elle évoque une reine dont on aurait conservé la couronne invisible en détruisant tout ce qui faisait d'elle un être vivant, et elle avance sans le moindre bruit.
Seyla voudrait détourner les yeux et n'y parvient pas. À côté d'elle, Talyor recule d'un pas, les jambes prêtes à céder, et pas seulement à cause de la gravité : la présence de Tatsuma lui donne la sensation d'être devenu minuscule, provisoire, presque déjà oublié. Ilharan tente de sentir si ses circuits peuvent encore répondre, mais la perturbation qu'il rencontre est si profonde qu'il interrompt aussitôt son effort.
La reine s'arrête à trois pas de Seyla. Elle ne regarde ni Talyor ni Ilharan ; ses orbites vides restent tournées vers les yeux vairons de la jeune femme.
Le Sans-Voix. Un nom transmis pendant des générations, accompagné d'un pronom masculin que les Mentors et les historiens avaient fini par tenir pour une évidence, parce que la rareté des manifestations, les récits de violence et l'absence presque totale de paroles avaient laissé la place aux suppositions. Devant eux, cette certitude s'effondre, comme tant d'autres.
Tatsuma lève un bras. Ses doigts se déploient lentement en direction de Seyla, les articulations semblant se déplacer sous la peau avant de trouver leur place, et l'air se contracte autour du geste. Puis un mot traverse leurs esprits.
— Rends.
Ce n'est pas une voix qu'on entend. Aucun souffle n'a franchi les lèvres presque immobiles de la reine, mais Seyla perçoit le mot avec une netteté insupportable, comme si quelqu'un l'avait gravé directement dans sa pensée. Talyor tombe à genoux. Il essaie de se relever, une main appuyée sur la pierre, mais ses muscles refusent de répondre, et il ne sait plus s'il lutte contre la pression du lieu ou contre l'ordre qu'il vient de recevoir.
Seyla, elle, glisse instinctivement la main dans sa poche. La rune. C'est forcément la rune de Nilwen. Après l'exécution de son amie, après tout ce qu'ils ont perdu, cette chose voudrait encore lui prendre le dernier objet qu'elle a pu sauver ? La colère lui rend assez de force pour redresser les épaules.
— Non, murmure-t-elle.
Tatsuma ne réagit pas. Son bras reste tendu, et rien dans son visage ne permet de savoir si elle a entendu, compris, ou simplement jugé la réponse sans importance. Seyla serre le morceau de bois plus fort. Elle ignore que la demande de Tatsuma porte sur une dette infiniment plus ancienne que Nilwen : dans l'esprit de la reine, ce n'est pas le bois gravé qu'il faut reprendre, mais rien, dans son unique mot, ne permet à Seyla de le deviner.
— Seyla, souffle Talyor.
Elle ne tourne pas la tête.
— Ne fais rien, je t'en prie. On ne fera pas le poids.
Ilharan fixe le bras de la reine. Il a l'impression que le moindre mouvement de Seyla pourrait suffire à provoquer une réaction qu'aucun d'eux ne saurait arrêter. Une seconde passe, puis une autre, et Tatsuma n'abaisse pas la main.
Un sifflement discret rompt le silence : de la vapeur s'échappe d'une fissure au bord du sanctuaire, et une silhouette en traverse tranquillement les volutes, sans paraître gênée par la gravité ni par l'air saturé de suie. Aziris. Sa tenue d'alchimiste est impeccable, pas une trace de poussière sur les manches, pas une déchirure dans le tissu, et il avance comme s'il venait simplement vérifier l'état d'une salle de travail. Son regard passe sur Talyor à genoux, sur Ilharan immobile, puis sur la main de Seyla enfouie dans sa poche. Il s'arrête auprès de Tatsuma, qui le dépasse de plusieurs têtes et le fait paraître presque dérisoire ; pourtant il ne recule pas, ne s'incline pas non plus, il attend seulement que le silence se stabilise, avec la patience d'un homme habitué à intervenir au moment exact qu'il a choisi. Il lève une main à quelques centimètres du bras squelettique, sans toucher la chair grise.
— Pas encore, ma Reine, dit-il d'un ton doux, presque respectueux. Il est encore un peu trop tôt. Elle n'est pas prête.
Seyla sent son estomac se nouer. Elle ? Aziris n'a pas prononcé son nom, mais il n'en avait pas besoin : c'est d'elle qu'il parle.
Tatsuma reste immobile, et pendant un instant rien ne permet de savoir si elle tolérera cette intervention. Un filament noir se détache de son poignet, effleure l'espace entre eux et se rétracte. Puis son bras retombe. Talyor inspire brutalement, comme s'il remontait à la surface après une trop longue immersion, ses mains tremblant contre les dalles.
— Voilà qui aurait été regrettable, dit Aziris en regardant Seyla.
Il ajuste la boucle de sa sacoche, là où est attaché le masque de Nilwen, puis reprend avec le même calme.
— Les harmoniques ne sont pas encore toutes en place. Vous avez traversé beaucoup d'épreuves pour arriver jusqu'ici, il serait dommage de précipiter la dernière mesure.
— Qu'est-ce que vous lui voulez ? demande Seyla.
Il sourit légèrement.
— Vous posez une question à laquelle vous n'êtes pas encore en mesure de donner un sens.
— Alors expliquez.
— Non.
La réponse tombe sans dureté, et c'est ce qui la rend insupportable. Aziris tourne les yeux vers les flèches renversées.
— Chaque chose doit intervenir à sa juste place. Une fréquence introduite trop tôt compromet l'accordage, une fréquence introduite trop tard devient inutile.
Son regard revient aux trois disciples.
— Et je tiens beaucoup à votre utilité.
Ilharan serre les mâchoires. Le mot lui rappelle les cuves, les circuits forcés, les manipulations qui ont laissé sa purification inaccessible. Il voudrait demander ce qu'Aziris a fait de leurs fréquences, mais il ne sait pas s'il veut entendre la réponse.
Tatsuma incline lentement la tête, ses cheveux de suie glissant devant ses orbites vides, puis elle pivote et regagne l'ouverture du sanctuaire. Son corps se fond progressivement dans l'obscurité, sans qu'aucun bruit de pas ne marque son éloignement. Les créatures plaquées contre les dalles ne se redressent pas tout de suite. Aziris attend que la reine ait disparu, puis son sourire s'élargit.
— Bien. L'incident est clos, dit-il comme on refermerait un dossier. Vous devez avoir besoin de reprendre vos esprits. Je vous laisse donc libres d'aller et venir dans le Temple : visitez, promenez-vous, observez ce qui vous intéresse. Considérez cet endroit comme votre nouvelle zone d'étude.
Un silence sidérant s'abat sur les dalles brisées. Talyor reste figé, la bouche entrouverte, les genoux toujours ancrés dans la cendre ; Seyla tourne lentement la tête vers Aziris, et Ilharan relève les yeux comme s'il avait mal entendu.
— Quoi… ?
Le mot échappe à Talyor tout seul, et il ne trouve rien à ajouter. Aziris lui adresse un sourire aimable, presque satisfait de sa réaction. Talyor regarde les mains de Seyla, puis ses propres poignets encore marqués, et cherche autour de lui les chaînes, les gardiens, une barrière invisible, n'importe quoi qui rendrait cette annonce compatible avec ce qu'ils viennent de vivre.
— Vous nous laissez circuler ? parvient-il enfin à articuler, la voix étranglée.
— C'est exactement ce que je viens de dire.
— Dans tout le Temple ?
— Dans les espaces qui vous sont accessibles, naturellement.
Cette précision, prononcée comme une évidence, ne le rassure pas. Il regarde Seyla, qui n'a pas lâché la rune de Nilwen, puis Ilharan, dont la stupeur est presque aussi profonde que la sienne. Ils avaient essayé de fuir, ils avaient été repris, une entité millénaire venait de les écraser par sa seule présence, et l'homme responsable de leur captivité leur proposait maintenant de se promener.
Talyor ouvre la bouche, la referme : il n'arrive plus à décider si l'alchimiste se moque d'eux ou s'il existe une règle qu'ils sont les seuls à ignorer.
— Pourquoi ? finit-il par demander. Pourquoi nous laisser faire ?
— Parce que vous êtes ici, répond Aziris en penchant légèrement la tête.
Un silence suit cette réponse, qu'il semble trouver suffisante. Il regarde un instant la Cour Est suspendue au-dessus du vide.
— Vous découvrirez peut-être des choses intéressantes. Je serais curieux de savoir ce que vous en comprendrez.
Seyla sent un froid nouveau lui parcourir le dos : il ne les menace pas de les rattraper, il n'envisage même pas qu'ils puissent lui échapper.
— Et si on trouve une sortie ? demande-t-elle.
Il lui adresse un regard presque amusé.
— Alors vous aurez fait une découverte remarquable.
Il n'ajoute rien, et c'est pire qu'une interdiction. Talyor reste à genoux, incapable de se lever tout de suite, et ce n'est plus seulement la pression de l'Envers qui le retient : il attend encore que l'homme se ravise, qu'un ordre tombe, qu'une punition donne enfin un sens à la scène. Mais Aziris se contente d'un signe de tête courtois.
— Profitez de votre visite, mes constantes.
Il tourne les talons et disparaît dans la vapeur.
Longtemps, aucun des trois ne bouge. Le bourdonnement de la Fréquence Mère reprend, très loin sous les dalles, et Talyor sursaute.
— Il est sérieux ? demande-t-il enfin.
Seyla observe l'endroit où Aziris a disparu.
— Je crois que oui.
— Mais… il ses mots, les mains ouvertes devant lui. On a essayé de s'enfuir, il le sait, il nous a vus avec elle. Et maintenant il nous dit de visiter ?
— C'est peut-être justement ce qu'il veut, répond Ilharan d'une voix basse, fatiguée.
— Qu'on visite ?
— Qu'on fasse quelque chose. Qu'on réagisse. Qu'on cherche.
Seyla retire enfin sa main de sa poche, ses doigts portant la marque de la rune.
— Alors on cherchera, dit-elle. Mais pas pour lui faire plaisir.
Elle se dirige vers le Temple. Talyor reste encore un instant sur place, jette un dernier regard vers le sanctuaire où la reine a disparu, puis se force à se relever et rejoint les autres.
Les couloirs du Temple inversé ressemblent à ceux d'Elarion suffisamment pour que chaque différence devienne une menace. Une humidité tiède suinte des murs, comme si la pierre transpirait. Seyla reconnaît une arcade, une volée de marches, l'emplacement d'une alcôve où les disciples avaient l'habitude de s'arrêter après l'entraînement ; ici, l'alcôve s'ouvre sur un mur de pierre humide, et plus loin un escalier monte pendant plusieurs dizaines de marches avant de se terminer brutalement au-dessus du vide. Leurs pas résonnent avec un léger retard, et parfois un quatrième écho suit les trois premiers, mais aucun d'eux ne le fait remarquer.
— On doit bouger, dit Seyla. Il y a forcément une faille dans ce reflet.
— On bouge, répond Talyor. C'est justement ce qu'on fait depuis plusieurs minutes.
Il s'arrête devant une ouverture donnant sur une galerie retournée.
— Mais les sorties reviennent toutes vers l'intérieur, et celles qui ne reviennent pas débouchent sur le gouffre.
— Tu préfères attendre Aziris ?
— Non, répond-il aussitôt.
Ilharan pose une main sur la paroi, où une vibration infime traverse la pierre. Il ne cherche pas à la purifier, ses circuits n'ayant toujours pas récupéré du contrecoup alchimique ; il se contente d'écouter, de comparer ce qu'il ressent aux structures qu'il connaissait au Temple.
— Les passages ne sont pas disposés au hasard, dit-il. Il y a une circulation. Je ne sais pas encore ce qu'elle relie.
— Alors suivons-la, propose Seyla.
Ils débouchent dans une salle qui devrait être la Grande Bibliothèque. L'espace a conservé ses proportions, mais pas sa fonction apparente : à la place des recueils et des parchemins, des étagères de pierre soutiennent des milliers de plaques de cristal noirci, certaines minces comme des feuillets, d'autres épaisses comme une main. Toutes émettent une faible lueur violette, irrégulière, accompagnée d'un grésillement si grave qu'il semble vibrer dans leurs mâchoires. L'air y est plus froid, chargé d'une poussière minérale qui crisse sous les semelles.
— Ce n'est pas une bibliothèque, dit Talyor en s'avançant entre deux rangées.
— Pas une bibliothèque de livres, répond Ilharan.
Il s'approche d'une plaque et hésite avant d'en effleurer la surface. La vibration change aussitôt. Pendant une fraction de seconde, il perçoit quelque chose qui ressemble à une voix, dont aucun mot n'est intelligible, puis la sensation disparaît et il retire la main.
— Qu'est-ce que c'était ? demande Seyla en le rejoignant.
Ilharan contemple les rangées de cristaux. Les lueurs ne pulsent pas toutes ensemble : elles se répondent, certaines s'allumant tandis que d'autres s'éteignent, selon une organisation trop régulière pour être fortuite.
— Ce ne sont pas des textes, murmure-t-il. Ce sont des fréquences.
Il déglutit.
— Des voix capturées, triées, conservées.
— Par Aziris ? demande Talyor en se tournant vers les étagères qui disparaissent dans l'obscurité.
Ilharan acquiesce lentement.
— Cet endroit est une immense table d'harmonie pour le Sans-Voix.
Seyla regarde les milliers de plaques. Elle repense à l'expression d'Aziris, à sa courtoisie tranquille, à cette liberté qu'il leur a accordée comme on laisse une expérience suivre son cours. Pour la première fois depuis leur arrivée, elle se demande non pas ce qui les empêche de sortir, mais ce que leur présence est déjà en train de mettre en mouvement.
La suite mercredi entre 18h30 et 21h30...