Le Maître des Éléments - Tome I : La malédiction de l'Atlantide
Le nouvel endroit, dans lequel Vana se trouvait, ressemblait exactement à celui qu’elle venait de quitter. Au point de se demander si elle avait vraiment été transportée ailleurs.
Il n’y avait rien ici. Pas de Trône Céleste, pas de pierre, pas d’ange, pas d’âme. Juste la même lueur blanche qui s’étendait à l’infini.
Elle ne trouverait rien ici, puisqu’il n’y avait rien du tout.
Dépitée, elle se posa sur le sol de nuages.
C’est alors qu’elle remarqua quelque chose de différent.
Un soleil brillait dans le ciel de ce ciel. Un soleil d’une intense lumière blanche qui n’agressait pas les yeux. Il en émanait même une sensation d’apaisement et de réconfort.
« Vana… Vana ».
Le soleil l’appelait ?
« Je suis ce qui est » dit l’Astre étincelant, d’une voix indescriptible.
Elle réalisa rapidement qu’il ne s’agissait pas d’un soleil. Mais du Créateur en personne !
Elle se prosterna.
— Seigneur. Tu es en vie !
— Je suis ce qui est.
— Seigneur, ils pensent que Satan t’a vaincu ! Ils l’ont laissé régner sur tout ce que tu a crée ! Il va tout détruire, tu dois revenir et le vaincre pour de bon !
— Je ne le peux.
— Mais… Tu es... Ce qui est ! Tu es tout ! Tu as la force et la gloire !
— Plus maintenant.
Vana n’arrivait pas à croire ce qu’elle entendait. Dieu avait donc vraiment été vaincu ?
— Alors comment vaincre les ténèbres ?
—Voici ce pour quoi tu es venue.
Et là, à côté d’elle, apparut la pierre de pouvoir. Une pierre sans rien de remarquable, comme un caillou parmi les milliards que l’on trouverait au sol. Elle était blanche et luisait de la même lumière que l’Astre Céleste.
— Prends là, dit la voix.
Ce qu’elle fit, avec un mélange de crainte et de joie d’avoir enfin trouvé l’objet de sa quête. Mais tant de questions demeuraient dans son esprit. Elle se retourna vers Dieu.
— Seigneur, pourquoi m’avoir fait accomplir tant d’épreuves alors que la pierre était à tes côtés depuis le début ?
—Je ne peux détruire, seulement créer. La tâche de défaire le Mal incombe à un autre. Seul un cœur pur peux trouver le courage et l’esprit nécessaire pour réussir. Ce chemin a ouvert ton cœur, t’a amené ici et te permettra de sauver les tiens.
— Mais, Seigneur, pourquoi moi ? Il te suffisait d’utiliser la pierre.
— Je n'ai plus la force de la contrôler. Le premier combat contre Satan m'a trop affaibli. J’ai placé un peu de mon pouvoir dans chacune des pierres que tu as récupéré. Tu as désormais la force de le vaincre. Le temps presse, Vana. Satan recouvre sa force. Dans peu de temps, il détruira la terre, puis le ciel, et, enfin, tout ce qui es. Rejoins les tiens au plus vite. Utilise la pierre et détruis le Mal.
— Je le ferai, répondit Vana en s’inclinant.
Elle s’apprêtait à s’éloigner, mais se tourna de nouveau vers Dieu.
— Seigneur, laisse-moi revoir ceux que j’aime.
— Cela te coûtera, mon enfant.
— Je t’en conjure !
Devant elle, apparurent alors ses parents.
« Père ! Mère ! »
Elle courut pour les prendre dans ses bras, mais n’enlaça que le vide. Elle pleura d’être ainsi privée d’eux.
— Je suis tellement désolée.
— Ne le sois pas, ma chérie, dit Nebura.
— Nous sommes fiers de toi, dit Tezu. Fiers de ce que tu as accompli et de ce que tu vas accomplir. Tu as toujours eu le courage et la force avec toi. Tu y arrivera, ma fille.
— Vous me manquez tellement !
— Nous sommes avec toi, répondit Nebura. Nous serons toujours avec toi.
— Je vous aime.
— Nous t’aimons aussi, ma fille, répondit Tezu.
Ils lui adressèrent un ultime sourire bienveillant et disparurent.
Vana se sentit à la fois bouleversée et rassurée. Elle sentit autre chose, une autre présence bienveillante, derrière elle. Elle se retourna et vit Hati.
— Hati !
— Vana, tu as réussi à venir jusqu’ici. La fin est proche à présent. Sois forte et fière de ce que tu es.
— Je n'y serais jamais arrivé sans toi. Ton absence m’est insupportable.
— Je suis mort, mais toi, tu es encore en vie. Tu dois continuer, jusqu'à ce que la tâche soit accomplie. Et ensuite, quand l’heure sera venue, tu me rejoindras et nous vivrons en paix, éternellement.
— Je t’aime.
— Je sais. Mais je t’ai aimé le premier.
Ils rirent de bon cœur et Hati disparut à son tour. Mais elle n’en fut pas triste. Elle était revigorée de les savoir, tous les trois, avec elle.
— Va, à présent, dit l’Astre Céleste. Il est temps.
— Merci, dit-elle simplement, en s’inclinant de nouveau.
Elle fut alors ramenée là où se trouvait Saint Pierre.
Deux anges la virent et allèrent, immédiatement, dans sa direction.
« Vana Zalys, veuillez nous suivre ! »