Les fantômes au fond de tes beaux yeux

Chapitre 19 : Câlins ensoleillés

2702 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 30/09/2026 12:04

Chapitre 19 : Câlins ensoleillés


J’ai les yeux fermés, tellement apaisée que je sais que je pourrais passer ma matinée comme ça, à simplement profiter de la belle journée qui s’annonce, de sa présence qui me rend heureuse, de l’odeur du café qu’il sirote, de la fumée de sa cigarette que j’associe à lui…

-         Je suis trop bien…, commente-t-il d’une voix qui me laisse deviner qu’il est le premier étonné par l’information.

-         Prendre l’air et le soleil est bénéfique, vampire, l’embête-je en souriant, sans même ouvrir les yeux. 

-         Arrête de te foutre de ma gueule… je suis sérieux…, ronchonne-t-il.

Je commence à connaitre ce drôle d’animal il me semble et j’ai l’impression qu’il ne veut pas en plaisanter parce qu’il est rare qu’il trouve des choses agréables, surtout des choses aussi simples.

-         Moi aussi Kai, alors profitons, un petit temps…

Je sens son torse qui remue à peine, sans doute parce qu’il hoche la tête et nous profitons encore un bon moment comme ça, sans bouger.

*

Je me redresse de son bras uniquement lorsqu’il rallume une cigarette, dans l’idée de lui en piquer une, mais il me tend tout de suite la sienne que nous finissons par fumer à deux, très plaisant pour la fan inconditionnelle de sa personne que je suis.

-         Tu as passé un bon mois d’aout ? demande-t-il.

-         Oui, beaucoup de détente et de piscine dans le jardin de mes parents… et toi ?

-         Putain, ils ont une piscine ? Une grande ?

-         Oui…, confirme-je timidement.

-         Les grandes creusées avec les transats au bord de l’eau ? continue-t-il en haussant les sourcils, les yeux fixés dans le vague.

-         Oui…

Alors que j’étais un peu gênée de lui dire une chose pareille en l’imaginant passer son été dans sa chambre de motel à tourner en rond, il me surprend en affichant un grand sourire.

-         C’est vraiment cool pour toi… putain qu’est-ce que j’aurais aimé pouvoir te mater en train de bronzer…

Nous éclatons de rire et j’attrape son menton pour tourner son visage devant le mien :

-         Si tu m’avais « maté » comme tu dis, alors j’aurais sûrement bronzé topless…, chuchote-je avec séduction.

-         Putain, encore mieux…, murmure-t-il d’une voix grave, déjà conquis.

Je tire sur son menton pour écraser mes lèvres contre les siennes et notre baiser est déjà plus chaud que ce soleil matinal. Mais ce matin, j’ai encore envie de lui parler plutôt que de sauter dans le lit, alors je l’interromps.

-         Et toi ? Qu’est-ce que tu as fait ?

-         Oh rien… Tu sais, il n’y a rien à faire dans cette chambre de merde… J’ai passé des entretiens qui n’ont rien donné, j’ai maté la télé, je suis allé à la salle, j’ai tourné en rond comme un putain de poisson dans un bocal… J’aurais été vachement mieux caché dans les buissons à côté de ta piscine, plaisante-t-il.

-         Pff… Tu aurais eu le droit à un transat Kai…

-         Je ne suis pas le genre de type que les darons laissent approcher de leurs filles, rit-il.

-         Sans doute…

-         Qu’est-ce que fait ton père ? S’il a une grande piscine, je suppose qu’il a de la thune… ?

-         Il est juge…, avoue-je difficilement.

Il part alors dans un de ses plus grands éclats de rire jamais enregistré. Il rit tellement qu’il s’en allonge par terre, une main sur le ventre, les yeux brillants des larmes hilares qui roulent sur ses joues.

-         Tu te fous de ma gueule Julia ?! Je saute la fille d’un juge ?! Sérieusement ?! Je saute peut-être même la fille du juge qui m’a envoyé en taule ?! Oh putain, je le crois pas ! Je vais canner !! hurle-t-il de rire.

Je l’observe en riant, parce que maintenant qu’il le souligne, la situation est carrément cocasse. J’avais pratiquement honte d’avoir un père juge, peur que ça fasse partir Kai en courant… mais de son point de vue, je suppose que c’est presque une victoire, un doigt d’honneur magistral à la justice qui l’a condamné.

-         Tu te sers de moi, plaisante-je.

-         Je me servirai de toi le jour où je me ferai encore juger… je te prendrai en otage ou une connerie comme ça, réplique-t-il en se redressant pour poser ses coudes sur ses genoux.

-         Ne dis pas ça, marmonne-je en détournant le regard de lui.

-         Tu sais bien que je ne te ferais jamais de mal quand même ?

-         Oui, mais… je suis susceptible depuis hier soir, je ne sais pas ce que j’ai…, réponds-je en fronçant les sourcils.

Il se penche vers moi pour attraper ma tête et poser quelques baisers sur ma joue :

-         Excuse-moi putain… je suis un blaireau des fois, avec un humour de merde, tu le sais bien ma Julia…

Bizarrement, mon moral remonte subitement et je le laisse semer des baisers de ma joue à mon cou en me tortillant de bonheur.

Lorsque nous rentrons, il est déjà tard et je ne m’y attendais pas :

-         Ça te dérange si je prends une douche… ? Je n’ai pas vu l’heure passer, j’ai rendez-vous à la fac dans quarante-cinq minutes pour récupérer mes clés je… je ne sais pas comment le temps a pu passer aussi vite… je ne sais pas quoi te dire… je n’ai même pas d’habits, je…

-         Hé, calme terreur… Il se passe rien, tu peux prendre une douche et m’emprunter un caleçon… et puis ta robe de hier soir n’est pas déconnante pour un rendez-vous… elle fait un peu… été, mais on est en été...

-         Oui, c’est vrai…

J’attrape ma robe dans un coin, que je secoue avant de la poser dans le lit, où Kai m’a déjà mis un caleçon propre. Au moment où je vais attraper ma culotte sale, il m’arrête :

-         Laisse-là, dit-il simplement.

Immédiatement, nous partageons un regard hilare qui nous fait évidemment mourir de rire.

-         Oh non ! Pas toi Kai ! m’exclame-je.

-         Arrête ! s’esclaffe-t-il. Putain ! Je ne collectionne pas tes culottes comme ton tocard complétement malade !!

J’attrape sa nuque, charmeuse, et ça calme instantanément son rire.

-         Je ne suis même pas sûre que j’arriverais à te laisser tomber même en apprenant une chose pareille… Tu es un peu trop doué pour ça…, lui susurre-je.

Ses yeux se plissent déjà légèrement, il adore visiblement ce que je lui dis et il m’embrasse avec température. Mais il ne peut pas s’empêcher de faire de l’humour et il glisse donc ses lèvres à mon oreille :

-         Ok… alors laisse-moi juste la mettre dans ma poche vite fait… on fera comme si on avait rien vu…

-         Pff ! m’amuse-je en levant les yeux au ciel.

Je me détache de ses bras et il attrape ma culotte pour la jeter dans son panier à linge :

-         Je voulais juste te dire que je la laverai en même temps que mes fringues… tu repars toujours d’ici sans culotte propre, tu en auras une au cas où… et je pourrai évidemment dormir avec en attendant.

-         Si ça ne te dérange pas, alors ça me va bien ! accepte-je en me dirigeant la salle de bain.

Ça me va même très bien, puisqu’il y aura visiblement une prochaine fois…

Je remarque qu’il ne me suit pas, il est même en train de partir à l’opposé et je me fige, un peu choquée qu’il préfère fumer.

-         Tu ne viens pas avec moi ? m’étonne-je.

Il fait volte-face pour me lancer un drôle de regard :

-         Euh… ouai… si…

D’accord… Tout ça ne m’a pas l’air très convaincu…

-         Si ça te pose problème alors ne te force pas Kai, je ne veux pas te mettre mal.

-         Mais non putain ! C’est pas ça ! C’est juste que… je… j’ai jamais pris une douche avec une meuf, avoue-t-il.

-         Sérieusement ?

-         Ouai, ça ne m’est jamais passé par la tête… je sais pas quoi te dire… je trouve ça barré…

-         Barré ?! Mais en quoi ?! ris-je.

-         Mais j’en sais rien ! Je ne sais même pas ce que j’en pense !! beugle-t-il.

-         Ecoute, fais comme tu le sens mais moi j’y vais, réponds-je en lui souriant.

Je passe la porte de la salle de bain, Kai sur mes talons, alors qu’il affiche toujours sa tête choquée qui est née depuis ma proposition.

-         Tu es sûr que tu en as envie ? Parce que vu ta tête…, glousse-je.

-         Mais oui putain ! Arrête de m’emmerder !

Je le laisse près de la porte et j’allume l’eau pour qu’elle chauffe pendant que je me déshabille. Dès que je m’enfile sous le jet, j’en soupire presque de bonheur. Après ma consommation de hier soir, c’est divin, et je lève le nez pour offrir mon visage au rideau de pluie. L’eau dégringole sur mes traits, mes cheveux, mon corps… elle me lave de toute cette soirée, me réveille, me promet d’être une femme nouvelle dans quelques minutes…

Mais je ne profite pas de ma douche méditative longtemps, parce que deux grands bras se referment autour de moi et je souris déjà lorsqu’il colle ses lèvres à mon oreille :

-         Putain, je sais déjà ce que j’en pense… Tu es trop belle mouillée comme ça, chuchote-t-il.

Il embrasse ma gorge et ma mâchoire, en grognant doucement pour me signaler à quel point il a envie de me manger, ce qui est très régulier entre nous puisque nous passons notre temps à nous croquer férocement comme deux animaux.

En tout cas, il est toujours très plaisant d’entendre Kai me dire que je suis belle et je me retourne pour lui faire face après son compliment, histoire de le remercier comme il se doit, mais je tombe face à un inconnu. Ses cheveux longs sont lâchés, mouillés et donc plaqués vers l’arrière, recouvrant de fait la partie rasée de son crâne.

Son allure change complétement. Les tatouages sont les mêmes, le visage anguleux aussi, mais il a drôlement plus l’air d’un mannequin new-yorkais un peu « dark » que d’un criminel comme ça.

-         Tu es beau…, m’émerveille-je.

-         Arrête de dire des conneries ! rit-il.

-         Tu es magnifique aussi les cheveux attachés, c’est juste différent, les deux te vont très bien ! m’enthousiasme-je.

-         Putain mais arrête Julia ! Stop, merde ! s’exclame-t-il avec plus de virulence.

J’hausse les sourcils froidement, parce qu’il me semble bien lui avoir déjà dit que je ne tolèrerais pas qu’il me parle comme ça. Mais puisque je suis nue, je ne vais pas pouvoir partir en claquant la porte théâtralement.

-         Crétin, lâche-je simplement en me tournant dos à lui pour l’ignorer.

-         Mais… putain tu sais que j’ai un problème avec tes compliments…

-         Mh…, marmonne-je.

-         C’est bon, je suis désolé… C’est toi qui es belle, trop belle même… Mouillée, sèche, transpirante, bourrée, endormie, en colère… tu es une putain de princesse au bois dormant quoi que tu fasses !

-         De belle au bois dormant, Kai ! le corrige-je en gloussant, tout moral retrouvé par ses excuses de qualité.

Je ne m’y attendais pas et je couine de surprise lorsqu’il attrape ma gorge pour me coller à son torse brutalement. Je n’ai même pas besoin de le regarder pour savoir que j’ai réveillé mon diable, alors j’attrape sa nuque dans mon dos pour tirer son visage, pour l’embrasser par-dessus mon épaule avec toute mon envie de sa personne absolument alléchante.

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