ArcHunters II : l'Héritage des Watanabe

Chapitre 1

3964 mots, Catégorie: K+

Dernière mise à jour 10/08/2026 00:16

"Trois jours se sont écoulés depuis l'horrible attentat terroriste qui a détruit l'hôpital central de Shibuya. Le nombre de victimes civiles et de disparus n'a toujours pas été communiqué, suscitant une vive inquiétude et des manifestations parmi les citoyens qui réclament le retour des corps de leurs proches. On ignore également combien de kamikazes se trouvaient à l'intérieur de l'hôpital, mais selon le chef de la police, il est possible que d'autres soient encore en fuite dans la ville. Lors d'une conférence de presse ce matin, le Premier ministre a exprimé ses plus profonds regrets et ses condoléances aux familles des victimes et les a assurées que des mesures drastiques seraient prises pour garantir la sécurité des citoyens et appréhender les auteurs de cette tragédie… Nous vous tiendrons informés de l'évolution de la situation et…"


_ "Tsss, quel ramassis de conneries !"

Sur ces mots amers, Hiroshi, assis sur un canapé en cuir, éteignit la télévision et posa la télécommande sur la petite table devant lui. Dans cette petite salle de repos du quartier général réservée aux chasseurs, Kensuke, non loin de lui, finissait de préparer deux cafés au comptoir et en apporta un à son ami.

_ "Un hôpital entier et ses occupants, anéantis en quelques secondes, par notre propre organisation, rien que ça… Et ils étaient même prêts à nous enterrer vivants… Ça me débecte de les voir proférer ces foutaises sans qu'on puisse rien y faire", poursuivit Hiroshi, sa tasse de café fumante à la main.

_ "C’était ça ou risquer de voir l’existence des entités et des Arcs révélée au monde entier. Entre la peste et le choléra, il n’y a jamais de choix évident", répondit Kensuke après une petite gorgée de café.

_ "Me dis pas que tu approuves ce genre d'agissement ? Tu crois que Manami et Akito auraient aimé voir leur sacrifice être balancé aux chiottes ? Ils sont morts, bordel, et le Conseil s’en fout ! Tu approuves vraiment ça ?!" demanda Hiroshi d’un ton sombre.

_ "Pas du tout, bien au contraire. Mais nous savions parfaitement dans quoi on s’engageait en rejoignant les ArcHunters et ce que nous risquions. Et ça prouve bien que nous ne sommes pas des héros", expliqua Kensuke calmement, s'efforçant d'adopter un ton plus pragmatique, même si une pointe d'amertume se glissait dans sa voix. "Au fait, Hiroshi, tu devrais te calmer un peu, sinon tes blessures vont se rouvrir."

Hiroshi grommela dans sa barbe tout en glissant doucement la main sous son t-shirt pour tâter ses côtes. Il sentait les bandages qui les entouraient, la zone restant douloureuse, marquée par les blessures infligées par le Corrupteur. Malgré les recommandations des médecins de l'organisation, il avait refusé de rester alité, se sentant devenir fou à l'idée de devoir simplement rester là, à ne rien faire.

— "Et le petit nouveau... Comment il s'appelle déjà ?... Arthur, ouais, c'est ça, Arthur..." demanda Hiroshi.

— "Il est toujours inconscient. Yuna reste constamment à son chevet. Elle n'a pas prononcé un mot depuis notre retour de l'hôpital. Je ne l'ai jamais vue dans un tel état," avoua Kensuke, ne cachant pas non plus son inquiétude quant au sort de son ami français.

— "J'ai encore du mal à croire qu'il ait pu absorber autant d'énergie corruptrice et rester en vie. Une telle capacité est normalement impossible pour des chasseurs, pas vrai ?" demanda Hiroshi, perplexe.

— "Exactement, mais comme nous l'avons découvert, Arthur possède une aura spirituelle d'une intensité rare, comparable à celle de Yuna," répondit Kensuke. "De plus, c'est un lointain descendant de l'un des Chevaliers de la Table ronde et il a même hérité de son épée... C'est précisément l'une des faiblesses de notre organisation : nous pensons tout savoir jusqu'à ce que la vie prenne un malin plaisir à nous prouver le contraire. Qui sait ce que nous découvrirons encore à l'avenir ?"

Hiroshi écoutait en silence, contraint d'admettre, même s'il ne le montrait pas, que son interlocuteur avait raison. Il n'avait pas non plus oublié qu'Arthur était intervenu pour le protéger d'un rayon mortel lancé par le Corrupteur. Cette pensée fit légèrement grincer des dents Hiroshi, lui qui détestait par-dessus tout se sentir redevable envers quelqu'un, une situation qu'il n'avait jamais connue auparavant.

— "Ça va, Hiroshi ?" demanda Kensuke.

— "Hmm ? Ouais, ouais... Bon, je vais faire un tour, j'ai besoin d'air frais," répondit Hiroshi d'un ton ferme.

Kensuke le regarda se lever du canapé et quitter la salle de pause, se retrouvant alors seul. De son côté, Hiroshi traversa les couloirs du quartier général de l'organisation pour emprunter l'un des ascenseurs et se rendre au troisième étage, où se trouvait l'aile médicale. Seul dans la cabine, il ruminait ses pensées les plus sombres. Depuis l'incident de l'hôpital, les ArcHunters étaient en état d'alerte permanent et devaient désormais redoubler de prudence en raison du renforcement des mesures de sécurité imposé par le gouvernement japonais. Hiroshi avait maintes fois sollicité une entrevue avec le Conseil pour obtenir des explications claires sur leur décision de faire sauter l'hôpital, toutefois, toutes ses demandes avaient été rejetées jusqu'alors, attisant sa frustration au point qu'il était prêt à forcer l'entrée de la salle du Conseil. Finalement, l'ascenseur atteignit l'étage abritant l'aile médicale.

Les couloirs de cette aile du bâtiment étaient d'une blancheur immaculée et éclairés la nuit par des néons au plafond, ce qui leur donnait vraiment l'allure d'un couloir d'hôpital ordinaire. En passant devant l'une des portes, il aperçut, à travers la petite vitre, Ishiro Yagami accompagné de deux techniciens de l'organisation. Rinko, dont le corps cybernétique avait été gravement endommagé lors de l'affrontement, gisait immobile sur une table d'opération tandis qu'une équipe d'hommes et de femmes s'affairait à la réparer, sous le regard attentif d'Ishiro. Heureusement, malgré les blessures subies, l'âme de Rinko avait réussi à tenir bon, au grand soulagement de son frère. Bien qu'elle fût désormais plus machine qu'humaine, elle restait un membre précieux des chasseurs de l'organisation, mais surtout, elle demeurait sa petite sœur, la dernière famille qui lui restait. Hiroshi décida de ne pas s'attarder et se dirigea vers une autre pièce, dans laquelle il pénétra.

Dans un lit une place, au fond d'une pièce à l'atmosphère neutre baignée de lumière naturelle, reposait Megumi Nakamura. Vêtue d'une blouse d'hôpital, elle était elle aussi inconsciente, bien que son état se fût stabilisé et qu'elle ne fût plus en danger. Il ne restait plus qu'à attendre que ses forces spirituelles se régénèrent suffisamment pour qu'elle puisse se réveiller. En silence, Hiroshi s'assit près du lit et l'observa quelques instants. Puis, toujours sans dire un mot, il sortit un objet de sa poche : le chapelet que Megumi lui avait discrètement offert et qu'il avait conservé depuis lors sans oser le lui dire, car, une fois de plus, sa fierté le lui interdisait. Une partie de lui se réjouissait de l'avoir protégée, mais il ne pouvait réprimer son anxiété en la voyant dans cet état. Un rituel de purification n'était jamais sans risque pour un chasseur, mais l'épuisement énergétique qu'avait nécessité celui-ci avait failli coûter la vie à Megumi.

Délicatement, et sans un mot de plus, il replaça l'objet dans la main de la jeune femme et referma doucement ses doigts dessus. Il ne pouvait accepter un tel cadeau, non par mépris, mais parce qu'au fond de lui, même s'il ne le montrait pas ouvertement, il ne s'estimait pas digne d'une telle marque d'attention. Le cœur lourd et empreint d'amertume, il quitta la pièce après avoir pris cette décision, laissant Megumi reprendre des forces, mais non sans l'avoir remerciée.


*****


Pendant ce temps…


Une atmosphère sombre régnait au sein du foyer Watanabe depuis trois jours. Dans une chambre à l'étage, Arthur avait été installé au lit pour le garder au chaud. Après avoir absorbé bien malgré lui une partie de l'énergie du Corrupteur, le jeune Français avait perdu connaissance et souffrait d'une forte fièvre. Étendu sur le dos, les yeux clos et le front couvert d'un linge humide et frais, Arthur respirait péniblement. Son visage ruisselait de sueur et il laissait parfois échapper des gémissements ou des grimaces, comme en proie à une atroce souffrance. Ses avant-bras, horriblement brûlés par la corruption, avaient été soignés et bandés par Grand-mère Chika, grâce à ses modestes talents de guérisseuse.

Les yeux creusés par la fatigue, Yuna veillait en silence au chevet d'Arthur, sans jamais le quitter du regard. Cela faisait trois jours qu'elle montait la garde, s'alimentant et dormant à peine. La jeune femme était tiraillée par un raz-de-marée de pensées et d'émotions contradictoires qui s'affrontaient en elle : la colère envers Arthur pour avoir désobéi à ses ordres et s'être mis en danger, la gratitude pour l'aide qu'il lui avait apportée afin de vaincre le Corrupteur et l'inquiétude de le voir dans un état aussi critique, sans même savoir s'il survivrait...

Tout tourbillonnait en elle, mais à ce mélange déjà explosif s'ajoutait une autre colère, plus sourde mais tout aussi palpable. L'organisation, cette même organisation à laquelle elle avait consacré tant d'années de sa vie, n'avait pas hésité un seul instant à faire sauter un hôpital. Certes, la menace d'une pandémie de corruption avait été écartée, mais au prix de la vie de tous les patients de l'établissement, ainsi que de la jeune Mari, alors même que l'âme de cette dernière avait été sauvée et purifiée grâce à l'acte héroïque de Megumi. Une victoire qui laissait toutefois un goût amer à Yuna. Le Conseil avait été prêt à la sacrifier, elle et ses camarades, comme de simples outils jetables. Cette pensée ne faisait qu'attiser la colère brûlante qu'elle éprouvait envers l'organisation, sans oublier la perte des chasseurs Manami et Akito, tous deux morts dans l'indifférence la plus totale.

Yuna connaissait les risques de la vie de chasseur et le prix des conséquences, mais son sang et les valeurs de sa famille lui interdisaient d'accepter que des vies innocentes puissent être sacrifiées avec une telle facilité. Voir Arthur dans cet état, tout en sachant qu'elle ne pouvait plus faire confiance à ses supérieurs, pesait lourdement sur le moral de la jeune femme. Elle se sentait impuissante, et ce sentiment ne faisait qu'alimenter la rage qu'elle tentait désespérément de contenir.

Elle avait envisagé à plusieurs reprises de demander une entrevue avec le Conseil pour les confronter directement, mais l'urgence, pour l'heure, était de veiller sur son ami. Une part d'elle se sentait responsable de son état : elle était sa mentor, et il se trouvait désormais à l'article de la mort.

Au cours de ces trois jours et trois nuits passés au chevet de son ami, Yuna avait également commencé à s'interroger sur certains points. La présence de cette entité, ce petit renard blanc à plusieurs queues, qui les avait tous sauvés... Et puis cette silhouette sombre, équipée d'une canne surmontée d'un crâne, dont l'aura écrasante révélait un mélange, normalement impossible, d'énergie tellurique et de celle propre aux ArcHunters... Yuna en avait parlé à sa grand-mère, mais celle-ci avait dû admettre, elle aussi, n'avoir jamais rien vu de tel, malgré sa vaste connaissance du monde paranormal.

Sentant la fatigue peser lourdement sur son corps, Yuna passa ses mains sur son visage en poussant un long soupir. On frappa doucement à la porte de la chambre et Grand-mère Chika, toujours vêtue de son kimono traditionnel, entra. Elle portait un plateau contenant un bol de riz fumant et quelques tranches de viande bien cuite, qu'elle déposa sur la petite table près du lit.

— "Tu devrais essayer de manger quelque chose, Yuna," dit sa grand-mère avec inquiétude.

— "Ça va, mamie," soupira Yuna d'un air sombre, sans jamais quitter Arthur du regard.

— "Bien sûr que non, voyons, je vois bien que... Écoute, ce n'est pas..." ajouta Chika.

— "Ça va, je te dis, tu comprends ?!" lança soudain Yuna à sa grand-mère en l'interrompant brusquement.

Face à cette réplique cinglante, un silence pensif s'installa dans la pièce. Bien que légèrement surprise par le regard sombre que lui lançait sa petite-fille, Chika ne lui en tint pas rigueur et choisit de se retirer sans un mot, sentant que ce n'était pas le moment. Mais alors qu'elle s'apprêtait à franchir le seuil, la vieille femme sentit Yuna se blottir contre elle par-derrière, comme pour la retenir.

— "Je suis désolée, mamie, je ne voulais pas te parler comme ça," dit alors Yuna d'un ton plus calme et empreint de regrets.

Chika, pleine de compréhension, ne lui tint pas rigueur de son comportement et choisit plutôt de la soutenir en se tournant vers elle pour l'enlacer avec soutien et amour, deux choses dont elle avait désespérément besoin en ces temps difficiles.

— "Je sais que tu te sens coupable de ce qui est arrivé, mais tu ne dois pas te torturer pour autant," dit Chika en tentant de la réconforter du mieux qu'elle pouvait, incapable de supporter de voir sa petite-fille aussi abattue.

— "Il était sous ma responsabilité, mamie," répondit Yuna, une pointe de culpabilité dans la voix. "Si j'avais été plus ferme, il ne serait pas dans cet état."

_ "Et penses-tu qu’il aurait voulu te voir rongée par l’inquiétude de la sorte ? Qu’il aurait voulu te voir gâcher ta vie sans rien faire ? Arthur connaissait les risques, et pourtant, il n’a pas hésité une seconde à mettre sa vie en péril pour une cause en laquelle il croyait", dit Chika. "Tu sais, il me rappelle beaucoup toi, à tes débuts en tant que chasseuse : toujours vouloir agir, vouloir sauver autant de vies que possible, quitte à braver les ordres… Et malgré ces transgressions, tu es devenue une chasseuse exceptionnelle et une immense source de fierté pour moi… Parfois, la transgression délibérée s’avère bien plus formatrice que l’obéissance aveugle."

Yuna écoutait sa grand-mère et crut comprendre le fond de sa pensée. Malgré sa morosité, la jeune femme esquissa un léger sourire, remerciant sa grand-mère d’un regard pour son empathie infinie.

_ "Allez, mange un peu, puis va dormir. Tu ne voudrais pas que ton cher et tendre Arthur te voie avec une tête de zombie à son réveil, n’est-ce pas?" lança Grand-mère Chika en adressant à sa petite-fille un clin d’œil taquin mais bienveillant.

_ "Oh, arrête…" soupira Yuna en détournant le regard, tentant de dissimuler la légère rougeur qui lui montait aux joues.

Chika eut un petit rire amusé face à cette réaction. Elle décida ensuite de la laisser manger tranquillement et referma la porte derrière elle en quittant la pièce. Se penchant vers le plateau, Yuna saisit le bol de riz et les baguettes, puis se rassit pour manger quelques bouchées. Elle devait bien admettre que la chaleur des aliments descendant dans sa gorge lui faisait du bien, son estomac allait lui en savoir gré. Tout en mangeant, Yuna laissa son regard dériver vers la fenêtre. Déjà, les premières lueurs orangées du crépuscule filtraient à travers les rideaux tirés. La nuit allait bientôt tomber. D’ordinaire, à cette heure-ci, Yuna se serait préparée pour ses patrouilles nocturnes, mais cette fois, elle choisit de suivre les conseils de sa grand-mère. Mieux valait reprendre des forces pour affronter les épreuves à venir plutôt que de se laisser aller au découragement. Une fois son repas revigorant terminé, Yuna se pencha vers Arthur et vérifia une dernière fois sa température en posant la main sur son front.

_ "Écoute-moi bien, espèce d'idiot, et je sais que tu m'entends," dit-elle en tentant de rester distante, tout en laissant percer une pointe d'inquiétude dans sa voix. "N'ose surtout pas mourir, sinon je traquerai ton âme pour te botter les fesses à travers le cosmos, c'est clair ?"

Mais alors qu'elle achevait sa phrase, Yuna sentit un effleurement très léger sur sa main. En baissant les yeux, elle vit que la main d'Arthur avait glissé imperceptiblement pour toucher le bout de ses doigts. La jeune femme était déconcertée... Avait-il vraiment entendu ce qu'elle venait de dire ? Pourtant, il était toujours inconscient et respirait doucement. C'est dans cet état de trouble que Yuna quitta la pièce, gardant en mémoire la sensation des doigts d'Arthur contre les siens, ce qui la fit rougir légèrement à nouveau. Mais très vite, la chasseuse aguerrie secoua la tête pour reprendre contenance et se dirigea vers sa chambre, espérant trouver un repos réparateur dont elle avait grand besoin.


Un peu plus tard…


Une vibration puissante et caractéristique, survenue tout près, arracha brusquement Yuna à sa torpeur. Allongée dans la pénombre de sa chambre, l'esprit encore embrumé par le sommeil, la jeune femme tendit la main vers le téléphone posé sur sa table de chevet. L'écran affichait une heure bien avancée, plus de trois heures du matin, mais c'est la notification qu'elle venait de recevoir qui capta toute son attention : une alerte émanant de l'organisation. Apparemment, plusieurs activités liées à la secte des Enfants du Nouvel Ordre avaient été détectées en ville. Cette simple nouvelle glaça le sang de Yuna.

Les Enfants du Nouvel Ordre... Ces maudits fanatiques, c'était à cause d'eux que le drame de l'hôpital s'était produit... Sachant qu'elle ne fermerait plus l'œil de la nuit, et sans même prendre le temps d'avertir Kensuke, Yuna bondit hors de son lit et enfila rapidement sa tenue complète de chasseuse, réparée et remise à neuf. Après avoir mis ses gants et ajusté son nœud papillon, elle se dirigea silencieusement vers la sortie du domaine, l'air pensif, avant de monter en voiture. Au volant, alors qu'elle traversait les rues les unes après les autres, Yuna restait concentrée, une lueur vengeresse brillant dans ses yeux bleus. Elle avait tenté de se reposer, mais la certitude que certains de ces fanatiques dégénérés opéraient actuellement en ville lui interdisait tout sommeil. Cette nuit ne serait pas consacrée à la simple chasse, mais à une extermination pure et simple.

Grâce aux informations recueillies par les éclaireurs de l'organisation, Yuna parvint à localiser le foyer d'activité le plus proche. Elle gara sa voiture près de ce qui ressemblait à une vieille maison abandonnée transformée en squat, d'où semblait émaner de la lumière. Bien qu'elle n'ait reçu aucune autorisation pour cette mission, Yuna n'en avait cure, elle était déterminée à faire ce qu'elle maîtrisait le mieux : éliminer la vermine. Sans hésiter, elle sortit du véhicule et se dirigea vers l'entrée du squat, sans chercher à faire preuve de discrétion. En s'approchant, elle perçut des conversations et des rires provenant de l'intérieur de la bâtisse. Un coup d'œil par le trou de la serrure confirma ce qu'elle savait déjà. Dans ce qui avait autrefois été un salon se trouvaient quatre hommes. Ils portaient des vêtements civils, mais arboraient le symbole de la secte sur leurs épaules. Ils riaient aux éclats et buvaient des bières tout en discutant de la façon dont ils avaient profité d'une pauvre femme la veille au soir. D'après ce que Yuna avait surpris de leur conversation, ils projetaient d'enlever d'autres jeunes femmes pour leur faire subir le même sort. Rien que de les voir lui donnait envie de serrer le poing... Elle savait désormais ce qu'elle devait faire…

Alors qu'ils profitaient de leur soirée, la conversation des quatre fanatiques fut interrompue par un léger coup à la porte. Les quatre hommes échangèrent un regard perplexe, n'attendant aucune visite ce soir-là. Méfiant, l'un d'eux se leva, saisit son arme et se dirigea vers l'entrée. Mais à peine l'eut-il ouverte qu'il fut violemment projeté en arrière, s'écrasant contre le mur alors que la porte volait en éclats sous la force d'un coup de poing chargé d'énergie. Stupéfaits de voir leur camarade s'effondrer raide mort, les trois hommes restants virent alors une jeune femme aux cheveux argentés, vêtue de noir, pénétrer lentement mais sûrement dans le salon, ses poings gantés chargés d'une énergie blanche éthérée et ses yeux bleus les fixant avec un mépris cinglant.

— "Bordel c'est qui celle là ?" haleta l'un des fanatiques, encore sous le choc.

— "Oh merde... sa tenue... C'est une ArcHunter !" lança un autre.

Les trois hommes réagirent aussitôt et tentèrent de faire feu, mais Yuna projeta simultanément trois fouets d'éther qui claquèrent dans l'air avec force et rapidité, désarmant les fanatiques. Sans leur laisser le temps de comprendre ce qui se passait, Yuna bondit sur l'un d'eux et lui fracassa brutalement la tête contre le mur voisin. Sous l'impact, le crâne de l'homme explosa dans une symphonie de chair et d'os broyés, éclaboussant la façade de sang et de débris de cervelle. Yuna poursuivit son carnage en chargeant son pied d'éther, puis en décochant un coup de pied sauté tournoyant d'une rapidité fulgurante, qui trancha littéralement en deux la tête d'un autre fanatique. Témoin du massacre aussi prompt que violent de ses camarades, le dernier fanatique tenta de s'enfuir, mais le fouet d'éther de Yuna le saisit par la cheville et le fit basculer face contre terre.

— "Non, je vous en supplie, épargnez-moi ! Je ferai tout ce que vous voulez ! S'il vous plaît !" gémit l'homme, tremblant de peur et en larmes.

Au-dessus de lui, Yuna restait silencieuse, son regard perçant dénué de toute empathie. Elle saisit son fouet d'éther et l'enroula autour du cou de l'homme, l'étranglant à mort tout en le fixant droit dans les yeux. Elle veilla à ce que ce fût la dernière image de sa vie alors qu'il agonisait dans une souffrance absolue. Les yeux exorbités et injectés de sang, l'homme rendit le dernier souffle dans un râle étouffé. Le fouet d'éther avait littéralement entaillé la chair de son cou, aussi efficacement que du fil barbelé. L'exécution rapide et méthodique achevée, Yuna quitta le squat sans se retourner ni prononcer un mot, jugeant que le message qu'elle venait de transmettre était on ne peut plus clair. Si les Enfants du Nouvel Ordre voulaient la guerre, ils l'auraient. Alors qu'une pluie froide commençait à tomber sur la ville, Yuna reprit sa route, en quête d'autres repaires de la secte à « purifier » en cette nuit de vengeance qui ne faisait que commencer.



Laisser un commentaire ?