Otages

Chapitre 2 : 8H

1800 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 30/06/2026 09:09

Olivier se gare sur le parking du commissariat et quitte sa voiture, il veut la verrouiller avec sa clé mais celle-ci ne rentre pas dans la serrure, il a beau forcer, rien à faire.

- Tu devrais vraiment changer de bagnole ! Dit une voix derrière lui.

Il se retourne et sourit. C’est son grand-frère Romano, un grand gaillard d’un mètre quatre-vingt aux cheveux noirs et yeux marrons, il est en uniforme.

- Normalement je m’en débarrasse ce soir.

- Il serait temps.

Olivier va vers lui et le serre dans ses bras.

- Ça va ?

- Ouais pas mal.

- Et Mégane ?

- Elle devrait quitter l’hôpital demain, elle se remet bien.

- C’est le principal.

- Oui. Et toi ça va ?

- Rien à déclarer.

- Tant mieux.

- A part Martin qui a foutu le feu au tapis du salon, heureusement que j’étais dans les parages.

- A cet âge là ce sont de vrais petits démons.

- Oh nous étions pareils à l’époque.

- Et même pires !


Ils rentrent dans le commissariat, Olivier salue tout le monde, un collègue lui dit :

- Martinez, le patron veut te voir.

- Déjà ? Je suis juste entré.

- Traîne pas, tu sais qu’il déteste attendre.

- O.k j’y vais.

Il rejoint donc le bureau du commissaire. Un homme d’une cinquantaine d’années, cheveux bruns grisonnants et bien corpulent.

- Bonjour Martinez, asseyez-vous je vous en prie.

- Monsieur.

- Comment vont la femme et les enfants ?

- Bien, merci.

- Tant mieux. J’irai droit au but. Comme vous le savez sûrement, je vais prendre ma retraite mardi prochain.

- Oui.

- Et le peu de temps qu’il me reste ici est consacré exclusivement à engueuler mes subordonnés ou à faire des mots croisés, en clair, je reste ici juste parce que mon cul s’y sent bien.

Olivier rit, un peu nerveusement.

- Je suis trop vieux pour bouger dehors et coincer tous ces tarés, l’heure de la relève est arrivée, et j’ai choisi mon successeur. Ce sera vous.

- Moi monsieur ?

- Pour l’instant vous serez mon adjoint. Vous avez une objection ?

- Non Monsieur, Merci Monsieur.

- Allez foutez-moi le camp, votre nouveau bureau vous attend.


Olivier quitte le bureau du commissaire à moitié étourdi, Romano vient le voir.

- Eh ça va ? Qu’est-ce qu’il t’a fait pour te mettre dans cet état là ?

- Je suis le futur commissaire.

- Non.

- Si !

- Merde ! Eh les gars ! Mon frérot est devenu le nouveau patron !

Tout le monde applaudit pour le féliciter.

- En fait on le savait déjà, on a un peu bousculé le vieux, tu le mérite bien Olivier.

- Merci.

- Je vais t’aider à déménager ton bureau.

Romano va chercher un carton, ils mettent toutes les affaires dedans, Olivier tombe sur une photo de lui et de Marie au bord de l’eau.

- Elle était là ! Je la cherchais partout !

- Tu a vieilli.

- J’t’ emmerde ! C’est quand on avait dix-sept ans, douze ans maintenant, je me souviens très bien, je rentrai à la maison, elle a traversée en dehors des clous, j’ai tourné le volant pour l’éviter, ma voiture a fait un tonneau. Elle est venue me sortir de la bagnole et quand on s’est vu…

- BANG !!

- Exactement.

- Et elle a passé la nuit à la maison sans que papa et maman ne le sache.

- Je t’avais viré de la chambre.

- T’a pas perdu ton temps.


Olivier s’installe à son nouveau bureau situé près de celui du commissaire.

- Je vais me chercher un café, tu en veux un ? Demande Romano.

- Non merci, je vais me mettre au boulot.

- T’es bien le seul.

Olivier regarde son frère s’éloigner, il sourit en hochant la tête négativement.

Le téléphone sonne alors.

- Commissariat j’écoute.

- Chéri ? c’est moi.

- Eh ! Quelque chose ne va pas ?

- Non tout va bien, j’appelais juste pour te remonter un peu le moral, les enfants sont partis à l’école, je vais aller faire quelques courses.

- Couvre toi bien ,ce temps ferait attraper une grippe à un éléphant, et la chaussée est glissante.

- Je ferais attention.

- Oh chérie il m’est arrivé un truc formidable !

- Vraiment ? Qu’est-ce que c’est ?

- Je te raconterai ce soir, promis.

- Je suis impatiente d’entendre ça.

- Tu ne sera pas déçue. Je dois te laisser, j’ai du travail, à ce soir.

- A ce soir, je t’aime.

- Je t’aime.

Elle raccroche, il caresse la photo posée devant lui.

Un collègue lui apporte alors une pile de dossiers.

- Bonne chance !

- C’est pour moi tout ça ?

- Ouaip ! Tu les classe par ordre alphabétique et tu vire les fiches périmées, ce sont des dossiers qui te serviront.

- C’est pour ça que personne ne voulait ce boulot ?

- Eh ! Tu n’avais qu’à refuser !

- T’es fou !

L’officier rit et s’en va. Olivier prend son souffle et son courage avant de se mettre au travail.


A 8 H 27 un TGV comme tant d’autres arrive en gare de Montparnasse.

Les passagers descendent.

Parmi eux, huit hommes au teint nettement originaire du moyen-orient. Ils se séparent, chacun va de son côté, tous sont habillés en costume de bureau à part un qui est en civil (T-shirt noir et jean) et qui transporte un étui de guitare. Ils traversent la gare, passent à travers la foule amassée autour des autres trains et sortent.

Le ciel est totalement gris, l’orage gronde et une faible pluie tombe. Marek Azuka, le leader du groupe, lève les yeux sur la tour monumentale. Il a la trentaine, 34 ans précisément, fait dans les 1 M 75, ses yeux sont marron et ses cheveux sont noirs, épais et mouillés. Il fixe la tour comme si elle était la plus belle chose qu’il n’ai jamais vu mais en réalité, il voyait là l’instrument de sa vengeance.

« C’est pour toi que je suis venu. » pense t-il.

Il regarde autour de lui, ses sept autres commanditaires ne sont pas là. Ils sont dans la foule, dispersés, invisibles.

Marek regarde sa montre.

Il est 8 H 30.

L’opération peut commencer.

Lentement, il se dirige vers l’entrée de la tour.


Une fois devant, il attend.

Le building le domine, une œuvre de pur génie, ou de pure folie.

Un bref coup de klaxon détourne son attention.

Il se retourne et voit une camionnette blanche garée sur le trottoir.

Il va vers elle et monte à l’intérieur.

Les deux hommes au devant sont habillés en blouse de travail bleue.

La camionnette s’engage dans le parking souterrain de la tour.

Ils arrivent au poste de contrôle.

- Vous êtes là pour quoi ?

- Rénovation.

- Attendez que je vérifie… C’est bon, vous pouvez y aller, bonne journée.

- Pareillement.

La barrière se lève, la camionnette passe et va se garer près des ascenseurs menant aux étages supérieurs. Le conducteur coupe le moteur. A l’arrière le « civil » ouvre son étui, révélant une guitare de grande qualité, il la sort et pose ses mains sur les rebords de l’étui pour dégager un compartiment secret renfermant une myriade d’armes.

- AK-47, Kalachnikov, grenades, lance-roquettes, servez-vous messieurs, dit Marek. L’heure est venue de nous battre, que Allah soit avec nous.

Ils quittent la camionnette et appellent l’ascenseur le plus proche, l’un des hommes va vers le poste du vigile pour prendre la relève. Une courte rafale éclate et les grilles s’abattent. Personne ne pourra sortir. L’ascenseur arrive, les sept hommes s’y engouffrent et les portes se referment.

Ils chargent leurs armes, les portes se rouvrent huit secondes plus tard. L’un des hommes habillé en blouse bleue va à l’accueil où un vigile tient lieu de réceptionniste.

- Bonjour, je peux vous aider ?

- Rénovation.

- Ah oui, je suis au courant, 23éme étage, mais il y a une réunion, attendez un peu avant d’y aller d’accord ?

- D’accord.

Le vigile se prend deux balles de silencieux en pleine tête, l’homme allume ensuite un talkie-walkie.

- C’est bon.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent et les six autres terroristes sortent.

- Coupe les autres ascenseurs, il ne doit y en avoir qu’un en fonction, dit Marek.

- Je m’en charge.

- Prends ses vêtements et planque-le dans un coin. Tu restera pour surveiller l’entrée, personne ne doit entrer où sortir.

- Ça roule.

- Bonne chance.

Marek fait signe à ses hommes et ils retournent à l’ascenseur.

- Ils sont au 23éme étage, dit le nouveau réceptionniste dans la radio.

- Comme prévu. Coupe les communications, rien ne doit sortir d’ici.

- O.k.

Marek coupe sa radio et appuie sur le 23éme bouton.

Les portes se ferment et l‘ascenseur s‘élève calmement.


Elles se rouvrent quatorze secondes plus tard, les six hommes sortent.

- Ismar, dit Marek, tu reste ici pour surveiller.

- D’accord.

Les cinq autres filent dans le couloir armes braquées.

- Salle de réunion B-2.

La radio s’enclenche.

- Chef, on a un problème, le facteur…

- Laisse le entrer…et sortir.

- O.k.

- Et évite de me déranger pour ce genre de conneries.

Il coupe la radio.

- Chef, c’est cette porte.

- Grenades aveuglantes ?

- Non, nous ne risquons rien, mieux vaut les garder pour plus tard, on ne sait jamais.

- Il y a 87 personnes là-dedans. On pourra toutes les contenir ?

- Nous n’aurons pas besoin de tous, nous pourrons nous permettre de lâcher du lest de temps en temps.

- Ça me va.

- Allez, on entre.


- …et la côte boursière a atteinte un niveau record que nous n’avions pas espéré jusqu’à ce que…

La double porte s’ouvre à la volée, cinq hommes entrent en brandissant leurs armes. Ils encerclent les convives.

- Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Dit le Directeur.

- C’est une prise d’otages, répond Marek.  

Laisser un commentaire ?