D-Day
Il était un peu moins de 10 heures à présent.
James et ses hommes avaient toujours, le calme régnait sur la plage à présent, seul le bruit des vagues salées contre le sable était perceptible ainsi que quelques détonations lointaines.
- C’est mort ici, c’est la-bas qu’il faut qu’on aille.
- C’est où la-bas ?
- Fox red.
- Mais c’est à l’autre bout de la plage ! Vous tenez tant que ça à mourir ?
- Au moins on aura essayé.
Il fallut une bonne dizaine de minutes aux gars pour parcourir les milliers de mètres qui séparaient dog white de fox red, mais ils ne furent pas déçus de ce qu’ils trouvèrent à l’arrivée.
Des centaines de soldats tentaient d’avancer en hauteur, en vain, les blockhaus représentaient pour eux une barrière infranchissable à cause de la puissance de feu redoutable qu’ils balançaient. Le sable du champ de bataille était à présent aussi rouge que celui de Mars. Un soldat se pencha et ramassa quelque chose, son œil, il fut alors vaporisé par l’explosion d’une grenade balancée depuis le blockhaus.
James était horrifié.
- Officier radio…transmettez…fox red est bloquée, demandons assistance d’urgence, nous ne tenons pas la plage.
- Oui Cap…
La radio de l’opérateur se prit 3 balles, lui se prit un mortier en plein visage.
- Là on est mal. Dit James.
Un groupe de soldats vint se réfugier près d’eux. James demanda.
- Qui est ce qui commande ici ?
- C’est vous Capitaine, tous nos officiers sont morts.
- Eh regardez !
Des dizaines de barges d’infanterie arrivèrent et débarquèrent des centaines d’hommes.
- Des renforts !
- Déjà ?
- Apparemment d’autres avaient eu l’idée de les appeler avant Capitaine.
A partir de là, les échanges de balles fusèrent de partout. Résistance acharnée.
Un officier rejoignit James.
- Capitaine je suis le sergent Rider de la 29éme, vous devez aller ailleurs, les destroyers vont bombarder cet endroit.
- Nom de Dieu ! Que tout le monde évacue vers Easy Red ! La plage va être nettoyée !
Tout le monde obéit et se met à courir vers le point de sécurité, les mitrailleuses fauchent quelques hommes au passage. Le blockhaus vole en éclats, la plage se voile derrière un large écran de poussière, au large, les silhouettes des destroyers sont visibles. Le calme vient très vite.
- Omaha est sécurisée.
- Pas encore, on signale de la résistance sur le point Charlie.
- On s’en occupe, allez à Gold beach et convergez sur Vierville.
- Oui Sergent.
- Capitaine, on peut se reposer un moment ? J’ai faim.
- Bouffe tes chewing-gum.
- Ils sont dégeulasse et ils puent la mer !
- Bouffe les quand même.
Il fallut du temps pour rejoindre Gold beach mais quand James y arriva, il comprit que ce débarquement aurait de grandes chances d’être sans fin.
Canons et mitrailleuses crachaient leur feu sans arrêt et de plus, les soldats se faisaient avoir par le champ de mines caché sur la plage. James et ses hommes allèrent se planquer derrière un rocher où se trouvait une autre compagnie.
- Sawyer, 29éme.
- Bouvier, 3éme canadienne, vous êtes d’Omaha ?
- Oui et vous de Juno c’est ça ?
- Oui, on est bien loin de nos positions, vous parlez d’un jour de merde !
- Vous pouvez le dire, on devrait être à Vierville puis au moins deux heures.
- Pourquoi vous êtes encore là alors ?
- On attend les ordres.
- Vous pouvez désobéir vous savez.
- Je me ferai virer.
- Mais non, vous avez une très bonne excuse.
- Ah oui ? Laquelle ?
- La guerre.
- Non merci.
Après quelques secondes de silence sur fond de tapage continu, le Canadien reprit.
- Et que venez-vous faire ici ?
- Vous aider.
- Oh ! Merci, c’est réussi.
- On a fait sauter les blockhaus d’Omaha vous savez.
- Ah oui ? Mais ici c’est pas pareil, on se fait exploser depuis 4 heures continuellement sans aucun appui d’aucune sorte, sans parler de ce foutu champ de mines.
- Eh bien ça va changer, Cartman, Goldberg, allez piquer le char là-bas et détruisez moi ce blockhaus.
- Mais Capitaine…le champ de mines…
- L’angle de tir sera bon de là où vous serez.
- Bon, c’est vous le Capitaine, Capitaine.
- Je vous donne deux hommes en plus, Radek, Jared, allez les aider.
- Oui Capitaine.
Les 4 soldats longèrent la tranchée étroite qui bordait le blockhaus jusqu’à rejoindre le blindé en question, Cartman et Goldberg faisaient diversion pendant que les 2 canadiens prenaient les commandes du char.
Cartman jeta 2 grenades dans le blockhaus, les tirs de mitraillettes cessèrent.
- J’les ai eu ! J’lai ai eu !! T’a vu ça Goldberg ?
Goldberg acquiesça avec un sourire, juste avant que sa tête ne vole en l’air.
Cartman leva les yeux vers le blockhaus, il eut juste le temps de voir un canon de 20 millimètres pointer sur lui avant de se prendre de sa part une vingtaine de balles dans la poitrine dans les secondes qui suivirent. Le char lui, fut détruit par un mortier.
La situation était vraiment désespérée.
Les tirs des destroyers résonnèrent alors, les blockhaus éclatèrent, des barges arrivèrent et des hommes débarquèrent en renfort.
James approcha leur Capitaine.
- Compagnie red au rapport, nous venons vous aider.
- J’ai peur que vous arriviez trop tard.
- Je…je suis désolé.
James avança et regarda les cadavres au sol, son regard s’arrêta sur 2 qu’ils connaissait bien : Cartman et Goldberg. James s’effondra à côté d’eux et pleura, la colère le submergea, il se retourna vers le capitaine des renforts et lui dit :
- Cela aurait pû être évité, si seulement vous étiez venu plus tôt.
- Je…je suis désolé, les ordres m’imposaient de…
- Quand vous savez qu’un ordre est aberrant vous devez désobéir !
- Je ne pouvais pas…
- Si vous pouviez ! Si vous aviez voulu ! Vous saviez ce qu’il se passait ici. Et vous n’avez rien fait !
- Je suis désolé.
- Que Dieu ait pitié de vous.
Simon arriva en courant.
- Capitaine…capitaine…Vierville a été prise avec succès, les forces ennemies sont encerclées.
- Nous n’avons plus à y aller alors ?
- Non Capitaine.
- Alors ça y’est, notre mission est terminée.
- Euh Capitaine…il y a autre chose.
- Quoi ?
- Le haut-commandement veut vous parler dès qu’il aura pris position sur la plage.
Ils ont une autre mission à vous confier.