The Darkside

Chapitre 18 : The Darkside, par delà le miroir

1238 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 14/08/2026 12:33

L Astre brillait déjà haut dans le ciel lorsque les deux voyageurs se remirent en route. Ils marchaient d un bon pas, priant pour ne pas être ralentis par une nouvelle péripétie. En effet, même si Susanna se sentait encore faible à cause de sa blessure reçue la veille, elle ne voulait pas retarder la quête en étant un fardeau pour le garçon. La jeune rebelle voulait qu ils arrivent à la lisière du Bois des Damnés le lendemain soir au plus tard, là où, espérait elle, la voie menant à leur destination finale serait toute tracée. Elle marchait donc clopin-clopant, en grimaçant de temps en temps.

- Susanna, tu es sûre que tu ne veux pas qu on s arrête ? Tenta Ulysse, inquiet pour elle.

- Non ne t en fais pas... Ca va aller, assura t elle, en serrant pourtant les dents.

Excédé, Ulysse ordonna une halte et obligea Susanna à s allonger sur le sol.

- Mais puisque je te dis que je vais bien !

S emporta la jeune Ombre, en refusant la dose de Flamme Ardente que lui présentait le jeune homme.

- Bon, tu ne veux pas prendre tes plantes, autant pour moi. Mais par pitié, laisse moi au moins changer ton bandage ! Rétorqua Ulysse, en sortant plusieurs bandes de gaze propre.

Susanna voulut contrer ses paroles, mais l adolescent lui coupa aussitôt l herbe sous le pied :

- Et ne me fais pas croire que tu ne sens pas le sang frais maculer tes vêtements , car je n y croirais pas un seul instant...

De mauvaise grâce, la jeune rebelle laissa Ulysse changer le bandage, la mine boudeuse. Mais de son côté, le jeune homme se sentait un petit mal. Il n avait pas l habitude de s énerver de la sorte.

- Désolé, je n aurais pas dû m enflammer à ce point, S excusa piteusement Ulysse, en nouant les bandes de tissus autour de la poitrine de la jeune rebelle.

- Cela m apprendra à oser défier les règles imposées par le grand et prestigieux Ulysse, répliqua Susanna, en feignant l agacement.

Elle sourit, dévoilant les petites canines de sa mâchoire supérieure. Le garçon, lui, soupira de soulagement, en constatant que la jeune Ombre ne lui tenait pas rigueur de son effervescence. Parvenant à un embranchement, les deux voyageurs s engagèrent sur un petit sentier bordé de buissons aux branches épineuses. Après ce qu Ulysse estimait être une heure de marche, une lueur familière apparut dans le regard ambré de Susanna, juste avant que son aura de mana ne l enveloppe complètement. Il ne lui avair fallut qu un quart de journée à peine pour recharger sa magie.

- Elle se recharge plus vite que mon ancien téléphone, ricana le jeune homme.

En un instant, sa plaie au flanc ne fut plus qu un vague souvenir.

- Ah, voilà qui est mieux, déclara la jeune Ombre, enfin soulagée.

Comme pour appuyer son affirmation, elle commença à sautiller dans les herbes hautes, en chantonnant à tut-tête.

- Elle vient tout juste de se remettre d une blessure quasi-mortelle et pourtant elle se met déjà à gambader comme un lapin lors de la saison des amours... Constata Ulysse.

Décidément, je ne comprendrais jamais cette fille...

Suite à la remise sur pieds de Susanna, les deux comparses purent accélérer la cadence, si bien que bientôt les Marais sans Fond furent loin derrière eux. En milieu du journée, Ulysse et Susanna se contentèrent d un maigre quignon de pain en guise de dîner, ne voulant pas perdre de temps en allumant un feu. Ils s empressèrent de repartir une fois leur repas achevé, arpentant les plateaux déserts et stérils du Sud. En se concentrant sur l Est, Ulysse aperçut une chaîne de montagnes qui se dessinait lentement à l horizon. Les monts ne semblaient pas très hauts, seulement atrocement escarpés.

- Ce sont les Monts Akuma, expliqua Susanna, en suivant le regard de l adolescent. On raconte que des oiseaux mangeurs d Ombres y nichent en masses et se repaissent des cadavres de ceux qui ont eu le malheur de s approcher d un peu trop près...

En entendant cela, Ulysse frissonna, priant pour qu ils n aient pas à passer par là lors de la prochaine étape de leur quête... Après un moment de silence, Ulysse décida de changer de sujet :

- Au fait, tu ne m as jamais dit comment s appelait ton arc, demanda t il, par simple curiosité.

- C est juste que c est un peu délicat...

Les yeux de Susanna s embuèrent.

- Je... Je l ai nommé en hommage à quelqu un qui était m était cher, et qui m a toujours protégée. Mais elle est morte à présent, conclut elle, alors que les souvenirs commençaient à ressurgir.

Le coeur d Ulysse se serra.

- J imagine sans mal la tristesse qui doit de ronger depuis le drame. Moi...Moi aussi j ai perdu la personne qui a toujours compté le plus pour moi, hormis ma soeur, depuis ma naissance, avoua le jeune homme, compatissant. Pas un jour ne passe sans que l image de ma mère ne me vienne à l esprit, même après toutes ces années.

Il posa gauchement son bras sur l épaule de la jeune rebelle, dans un geste qu il se voulait réconfortant.

- Comment s appelait elle ? Demanda timidement Ulysse.

- El... Elrina, lâcha Susanna après un long silence. C était ma... petite amie.

Une larme argentée roula sur sa joue, à la mention de son amante disparue.

- Ce sont les subordonnés de l Empereur qui l ont assassinée et ma mère ( elle cracha le mot d un ton acerbe ) n a rien fait du tout pour la sauver.

Les mains de Susanna se mirent à trembler de manière incontrôlable. La prise du garçon sur son épaule se fit plus forte, plus protectrice.

- Tu n es pas obligée de m en parler si c est trop douloureux.

- Si... Je pense que ça me fera du bien... D enfin me confier à quelqu un, murmura la jeune Ombre, tout contre son compagnon de voyage. Tu as cru en moi et m as épaulé, Ulysse. C est à mon tour de te traiter de la même façon, je te dois au moins cela, conclut elle, en reniflant.

- Je te remercie de me faire confiance. Je sais que l on ne se connaît pas depuis très longtemps, mais à mes yeux, tu es déjà la meilleure amie que je n ai jamais eu... La seule à vrai dire, mise à part ma soeur.

Susanna esquissa un sourire, d une manière différente de d habitude. Ce sourire-ci était sincère. Véritable. Susanna se dégagea des bras d Ulysse et prit son courage à deux mains. Elle savait que cela lui ferait du bien d enfin parler de l évênement qui avait boulversé sa vie à jamais. Surtout à un ami. La jeune Ombre essuya alors les dernières qui maculaient ses joues, avant de se lancer.


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