The Darkside
Chapitre 8 : The Darkside, par delà le miroir
1578 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 07/05/2026 17:50
- Comment tu as dit que tu t appelais déjà ? Hélice ?
- C est Ulysse, répliqua celui-ci, renfrogné.
- Oh ça va, pas la peine d être aussi désagréable, lâcha Susanna. C est juste que je trouve ton prénom bizzare, c est tout. Chez nous, tout nos noms se terminent par - a ou -en, alors ne m en veux pas si je trouve cela étrange.
- Et pourquoi vos noms suivent ils cette règle ? Demanda Ulysse, dont la curiosité avait été piquée.
- Parce que c est la tradition, tout simplement, répondit la jeune Ombre, guère décidée de s étendre sur le sujet.
Bon et si on se mettaient en route ? Tora déteste quand ses " invités " arrivent en retard. Quand cela se produit, il se met vraiment dans un état pas possible. Il fait peur, conclut elle, en frissonnant.
- Il fait donc parti de ce fameux conseil ? La questionna Ulysse, en emboîtant le pas de la jeune Ombre.
- Tu verras... Se contenta t elle de dire, mystérieuse.
Face à son mutisme, le jeune homme décida d observer le camp sous toutes les coutures, afin de s occuper l esprit. Pour commencer, l endroit dont il foulait le sol était caché dans une profonde dépression et protégé par d étranges barrières qui ressemblaient à des champs de force.
- Qu est ce que c est ? Demanda le jeune homme qui pensait perdre la tête.
- Oh, ce sont simplement les barrières de mana érigées par nos meilleurs Protecteurs. Elle empêchent les personnes de voir ou de trouver le camp, déclara Susanna, avec nonchalence.
Puis elle se mura de nouveau dans le silence, comme si elle réfléchissait à quelque chose. Ulysse retourna donc à son observation. Il constata que des personnes de tout âges peuplaient le Camp. Ils ressemblaient tous traits pour traits à Susanna, en passant du vieillard ridé au plus jeune des enfants. Ils semblaient tous vivre dans des huttes assez rudimentaires, faites de roseaux tissés et de bois blanc aux reflets irisés, comme le nacre. Guère concentré sur là où il mettait les pieds, Ulysse ne remarqua que trop tard que le terrain montait en pente pour donner naissance à une colline. Le jeune homme s étala de tout son long dans la terre battue, s entaillant les paumes. Il se releva, honteux, sous le regard scrutateur des habitants du Camp, les oreilles brûlantes.
- Ca va rien de cassé ? Lui demanda Susanna en l attrapant par le bras pour l aider à se relever.
- Ca va, juste quelques égratinures, maugréa l adolescent.
- Tends tes mains, lui intima la jeune Ombre.
Le garçon obtempéra. Aussitôt, des flammèches d un violet profond jaillirent des doigts de la jeune femme. Elles s enroulèrent autour des paumes lacérées du jeune homme qui sentit immédiatement la douleur s estomper. Lorsque Susanna claqua des doigts, les flammes disparurent. Ulysse regarda alors ses mains et constata, à son grand étonnement, que les plaies s étaient complètement refermées.
- Comment as tu fait ça ?! S exclama le garçon, sous le choc.
Mais Susanna n eut pas le temps de répondre car déjà, le son puissant d un cor de chasse retentit soudain.
Va t elle un jour se décider à m éclairer ? Pensa Ulysse, las.
- On est en retard, lâcha brusquement Susanna, dissimulant mal son malaise croissant.
La jeune Ombre, accompagnée du jeune homme, s empressa de gravir les dernières mètres les séparant du sommet de la colline, pour ensuite se diriger vers une grotte lugubre qui surplomblait la combe. La Grotte du Jugement, l avait appelé Susanna. Beaucoup de personnes s étaient agglutinées devant l entrée, curieux de voir le condamné de leurs propres yeux. Ulysse remarqua que tous le regardaient à la dérobée. Il se força tout de même à avancer. Quand le jeune homme passa devant les Réfugiés, les hommes lui lancèrent des regards noirs suivis de grognement tandis que les femmes le dévisageaient en silence, tout en serrant leurs enfants contre leurs poitrines. Lorsque le duo improbable parvint au centre de l assemblée, tous s éloignèrent en marmonnant. Ulysse sentit en retour une vive douleur lui déchirer la poitrine, irradiant dans tout son être. Il en avait tellement marre d être jugé sur son apparence. Pourquoi personne ne parvenait il à y voir au delà ? Quand l adolescent entra enfin dans la grotte loin des regards haineux, il fut tellement soulagé qu il poussa un profond soupir. Mais son répit fut de courte durée.
- Vite Ulysse, dépêchons nous, lui intima Susanna, d un ton pressant.
Ils s enfoncèrent dans la caverne glauque, qui dégageait une forte odeur de renfermé. Sur ses murs noirs et rugueux, étaient fixés des flambeaux brûlant d un feu bleu vif qui nimbait la caverne d une lueur fantomatique. La lumière de l extérieur ayant complètement disparu derrière eux, le halo tamisé des chandeliers comme seul moyen d éclairage, Ulysse ne put empêcher ses pensées de divaguer.
Qui était Tora, l homme, non l Ombre, que Susanna semblait tant redouter ? Lui laisserait il la vie sauve ? Ou au contraire déciderait il de mettre fin à ses jours ? Après tout, l adolescent ne le connaissait pas. Et si ce personnage s avérait tout aussi fou et tyrannique que le l Empereur auquel il avait échappé de justesse ? Les interrogations du garçon tournaient en boucle dans sa tête, sans qu il puisse y trouver réponse par lui-même. Il fut tenté de demander à Susanna de l éclairer, mais vu comment elle avait éludé ses questions jusqu à maintenant, Ulysse doutait qu elle ne se montre soudain plus coopérative. Le garçon se concentra à la place sur le dos couvert de mailles de sa guide, afin de ne pas se perdre dans le dédale que formait l ensemble des galeries. Au moment où le jeune homme se demandait si ce tunnel avait réellement une fin, lui et la jeune Ombre arrivèrent dans une vaste anti-chambre, qui ressemblait vaguement à une salle de tribunal. Une large ouverture perçait le plafond, de sorte que la chambre soit éclairé par un halo bleuté. Sur une estrade, trois sièges gisaient, ressemblant étrangement à des trônes, pour le plus grand malheur d Ulysse. Sur ceux-ci, trois personnes étaient assises. L individu du milieu s exprima d abord :
- Vous êtes en retard, déclara t il, d une puissante voix masculine.
- Veillez m en excuser, plaida Susanna, en s inclinant.
Voyant qu Ulysse restait debout, la jeune Ombre le tira vers l avant afin que ses genoux touchent le sol.
- Hé mais ça va pas ?! L engueula t il, oubliant durant un instant toute forme de bienséance.
- SILENCE !! Cria l homme du milieu, d un ton impétueux.
Il se leva et s avança, de telle sorte qu Ulysse puisse voir son visage dans la lumière tamisée.
- Personne ne t as donc appris à respecter tes aînés ? Tonna t il, en foudroyant le jeune homme du regard.
Ulysse sursauta à la vue de l Ombre qui lui faisait face. Le conseiller avait des yeux orangés presque rouges et en amande ainsi que la peau du même bleu profond que Susanna, quoique un rien plus clair. Ses cheveux noirs avaient des reflets cuivrés et étaient savamment ébouriffés, comme la crinière d un lion. Une longue estafilade barrait son oeil droit et il arborait un sourire féroce comme si Ulysse était sa proie et lui le prédateur.
On dirait Scar dans le Roi Lion pensa aussitôt le garçon, trouvant que les deux personnages allaient parfaitement de paire.
- Alors ? Insista l inconnu aux allures de fauve.
Même si ce type commençait à énerver fortement Ulysse avec son arrogance. Il se força à répondre d un ton qu il espérait respectueux :
- Pardonnez moi si je vous ai offensé. Si c est le cas je m en excuse fortement...
- Conseiller Tora, murmura Susanna à son oreille.
- Conseiller Tora, conclut le garçon qui ne pouvait réfréner son amertume.
Alors c était lui l Ombre dont parlait Susanna.
J aurais dû m en douter, songea l adolescent.
- J aime mieux cela, déclara Tora, en fixant toujours Ulysse de son regard flamboyant. Susanna, tu peux disposer, ajouta t il, en jetant un regard à l interpellée. J aimerais que le Conseil s entretienne seul à seul avec ce jeune homme.
- Mais Maître... Tenta t elle de protester.
- S il te plaît ne discute pas, répliqua Tora, sur un ton où perçait la menace.
- Fort bien, abandonna Susanna en s inclinant.
En rebroussant chemin elle murmura :
- Quel détestable personnage.
Et Ulysse la comprenait parfaitement.Comparé à Tora, le soldat qui les avaient escortés lui et sa soeur, même accompagné de son dragon, tenait franchement de la rigolade.
- Bien. A présent, commençons, déclara le conseiller qui avait enfin retrouvé son sang-froid.